Wikiwand AI

Parc Léopold (Bruxelles)

parc à Bruxelles, Belgique From Wikipedia, the free encyclopedia

Le parc Léopold (en néerlandais : Leopoldpark) est un site bruxellois constitué d'un parc public et de bâtiments historiques. Auparavant sur le territoire de la commune d'Ixelles, il est annexé par la ville de Bruxelles en 1913, dont il fait partie de son extension est. Il est situé dans la vallée du Maelbeek et jouxte le centre historique de la commune d’Etterbeek.

PaysDrapeau de la Belgique Belgique
Subdivision administrativeDrapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
CommuneBlason de Bruxelles Bruxelles
Altitudeentre 55 et 75 m
Faits en bref Géographie, Pays ...
Parc Léopold
Image illustrative de l’article Parc Léopold (Bruxelles)
L'étang du parc Léopold avec le lycée Émile Jacqmain en arrière plan.
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Subdivision administrative Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Commune Blason de Bruxelles Bruxelles
Altitude entre 55 et 75 m
Superficie 6,43 ha
Cours d'eau Maelbeek
Histoire
Création 1850
Personnalité(s) Jean Jules Linden
Caractéristiques
Type jardin à l'anglaise
Gestion
Propriétaire Ville de Bruxelles
Ouverture au public gratuite de 7 à 21 h[1].
Protection  Patrimoine classé (1976)
Lien Internet www.bruxelles.be
Accès et transport
Gare Bruxelles-Schuman,
Bruxelles-Luxembourg
Métro (M) (1) (5) Maelbeek / Schuman
Bus (B) (21) (27) (59) Parc Léopold
Localisation
Coordonnées 50° 50′ 17″ nord, 4° 22′ 43″ est

Fermer

Dans le parc se trouvent le Muséum des sciences naturelles de Belgique, le Bâtiment Paul-Henri Spaak du parlement européen, et divers bâtiments de l'ancien campus de l'université libre de Bruxelles.

Histoire

Demeure de plaisance (XVe au XIXe siècle)

La tour d'Eggevoort (XVIe ou XVIIe siècle), dernier vestige de la demeure de plaisance.

Pendant des siècles la domaine dite "d'Eggevoort" sert comme demeure de plaisance. Au XVe siècle il est dans les mains d'une Jeanne de Bouchout, de 1819 à 1851 de la famille Dubois de Bianco[2], dont un membre est bourgmestre d'Etterbeek dans les années 1830. Le seul vestige de cette époque est la tour d'Eggevoort accompagné d'un petit pavillon. Ce petit ensemble de chasse en brique et pierre blanche date du XVIe ou XVIIe siècle[3]. Il devient pêcherie au XVIIe siècle et fait partie d'une auberge appelée Petit Paris au XVIIIe siècle[4]. Il est restauré d'une manière historisante vers 1939 d'après les plans dessinés 1914 par l'architecte L.-F. De Pauw[3].

Jardin zoologique (1851-1880)

Vue des principaux sites du Jardin zoologique de Bruxelles, 1856.
Serres et maison de Jean Linden, 1856.

Tout commence avec le nouveau Quartier Léopold, dont les habitants aisés ont besoin d'un lieu de promenade. Un portail au bout de la Rue Montoyer donne accès au domaine, transformé en parc élégant. C'est en 1851 que la Société royale de Zoologie, d’Horticulture et d’Agrément acquiert le domaine et fait appel à l'architecte Alphonse Balat et le paysagiste Louis Fuchs pour l'aménagement. Est donc né un parc à l'anglaise[5].

Le but premier de la société est d'aménager un parc d'agrément. Pour ce faire on cherche d'attirer des actionnaires avec la promesse d'un rendement de 4%, dès la première année. Mais comment générer des bénéfices avec un simple parc? Pour présenter un plus-value aux visiteurs, on se lance dans l'aménagement d'un zoo. Sans aucune expérience dans la matière. Les animaux coûtent cher, les actions ne se vendent pas assez vite, en 1857, les recettes couvrent à peine l'amortissement d'un emprunt. On accumule des dettes[6].

Le zoo accueille un restaurant, un kiosque à musique, une salle des fêtes, patinage à roulette et glace[7]. Et les animaux? On ne pensait qu'à les mettre en scène, pas de réfléchir de quoi ils auraient besoin pour survivre. Déjà en 1853, le rapport annuel constate un taux excessif de mortalité. Un animal après l'autre meurt du gel en hiver, de l'humidité de sa cage[8].

En 1860, le zoo achète un bâtiment en construction, juste à coté. Ce sont les Dames Rédemptoristes qui en avaient entamé la construction, à partir de 1856, mais le projet devenant trop cher, elles le cèdent à la Société royale de Zoologie et d’Horticulture. Le zoo propose ces nouveaux locaux en 1861 au Muséum des sciences naturelles, mais reçoit un refus. L'immeuble accueille donc, moyennant des adaptations architecturales par Henri Beyaert, un café-restaurant, une salle de concert, des cabinets de lecture, la collection zoologique propre au zoo et le logement du directeur[9].

Action de la Société royale de Zoologie, d’Horticulture et d’Agrément, 16 mars 1874.

La seule partie du projet qui marche bien, c'est l'horticulture. Le botaniste Jean Jules Linden gère cette partie des installations. Il y cultive des plantes rares et les propose à la vente, entre elles, 600 variétés d'orchidées et 230 de palmiers. En 1854 le futur architecte de la Cour de Léopold II, Alphonse Balat, conçoit une petite serre pour y héberger la Victoria amazonica, nénuphar géant d'Amazonie. Conscient que la Société de Zoologie gère mal le parc, Linden rachète, en 1868, la partie sur laquelle se trouvent ses serres. Son fils la vend à la ville de Bruxelles en 1908[10],[11]. Un buste de Jean Jules Linden trône à l'emplacement de l'ancienne serre de la Victoria amazonica[12].

La société est dissoute en 1876, et après trois essais de mettre le jardin en vente, sans que personne ne se porte candidat, c'est la ville de Bruxelles qui reprend le domaine, le [13].

Parc Léopold, Cité de la Science (1891-)

Congrès Solvay de 1927. La photo a été prise devant l'actuel bâtiment central du lycée Émile Jacqmain.

La ville de Bruxelles vend, le , les bâtiments du couvent et les 3 ha les entourant à l'État qui va, avec 30 ans de retard, quand même y installer le musée des sciences naturelles, ouvert après travaux en 1891[9]. À la même époque, la ville exproprie la partie de l'étang que le zoo n'avait que louée[14].

Quand la ville n'arrive pas à faire revivre le zoo en 1878, elle procède à la vente des animaux en 1879/80, ferme le zoo[15]. La ville se décide enfin, en 1880, à ouvrir le Parc Léopold au public. Mais, à cause des dégradations occasionnées, on le ferme déjà deux ans après. À partir de 1883, la ville loue le parc occasionnellement à des associations les plus diverses pour l'une ou l'autre fête[16].

L'université libre de Bruxelles, de son côté, n'a, à ce fin du XIXe siècle, ni de personnalité juridique, ni de fonds propres. Elle dépend de la ville de Bruxelles. À une époque, à laquelle les universités introduisent de plus en plus des cours pratiques dans l'enseignement, elles avaient besoin d'investissements. L'ULB a déjà réussi de monter des laboratoires, entre autres un de botanique en 1884, un autre de psychologie en 1889. Mais en , la faculté de médecine déclare, dans le nom du rapporteur Paul Héger, d'avoir besoin d'une "école pratique", composé, dans l'immédiat, de quatre instituts : ceux d'anatomie humaine, d'histologie, de physiologie, de pathologie et d'hygiène. Suivi, dans un avenir un peu plus éloigné, de quatre autres : ceux de physique et de chimie médicales, d'anatomie et de physiologie pathologique, de thérapeutique expérimentale. Les coûts estimés dépassent de loin les moyens de la ville[17].

Un institut de physiologie, Héger le réclame sans succès depuis 1873, année pendant laquelle il en avait visité un à Vienne. En 1885 il rencontre Ernest Solvay, inventeur et industriel, qui voit aussi le besoin d'un tel institut, après d'en avoir visité un à Berlin, en 1881. Les deux hommes partagent l'idée que la science n'est rien sans l'expérience[18].

Commence une longue collaboration, qui se solde dans la construction de cinq nouveaux bâtiments dans le parc, accueillant autant d'instituts scientifiques.

De 1892 à 1893 est mis en place un double "Institut de Physiologie", double, parce que la moitié du bâtiment sert à l'enseignement, organisé par l'ULB, alors que l'autre moitié comme institut de recherche, indépendant de l'université[19].

C'est à Alfred Solvay, frère d'Ernest, de financer le deuxième bâtiment et institut dans le parc, l'Institut d'hygiène, de bactériologie et de thérapeutique pour la recherche et la production des vaccins et médicaments[20].

Entre 1893 et 1898 est construit le troisième institut, l'Institut d'Anatomie et Histologie. Cette fois Paul Héger trouve un investisseur privé dans l'industriel Raoul Warocqué, mais c'est la ville de Bruxelles qui le finance à deux tiers[21].

Ce troisième bâtiment n'étant pas encore prêt, la ville et l'université passent, du au , à l'inauguration festive de l'ensemble, en présence de délégations étrangères : discours, concours, cortèges, concerts, réceptions, spectacles, bals, etc.[22].

Ernest Solvay n'est pas juste un mécène qui soutient financièrement les projets des autres. Ses fondations à lui, suivent ses propres idées et projets. Son soutien aux projets médicales de Paul Héger s'explique par sa volonté de ramener les phénomènes de la vie à des déterminismes physico-chimiques. Vite, il a la conviction, que les phénomènes sociaux s'étudient aussi à partir de fondements physiques et chimiques. Les phénomènes sociaux, il faut les étudier, selon lui, pour savoir améliorer le sort des ouvriers, avant que des conflits néfastes pour l'industrie n'éclatent. "Il faut hâter ces progrès économiques et intellectuels, parce que, si nous ne le faisons pas on nous forcera à le faire au-delà de ce qui est pratique, avec violence et dans de mauvaises conditions", dit-il dans sa fonction de sénateur libéral, le , et demande d'abord au gouvernement de fonder un institut des sciences sociales. Et comme le gouvernement ne donne pas suite à sa demande, il se lance lui-même[23].

Son Institut de Socologie, mieux connu sous le nom de Bibliothèque Solvay, devient en 1901/02 le quatrième institut du parc, la ville donne le terrain, mais Solvay s'en garde l'organisation, indépendant de l'ULB, il installe Émile Waxweiler comme premier directeur[24].

Le cinquième institut du parc vient de la Province du Brabant. Elle ne veut plus être dépendant de l'étranger pour les vaccins et médicaments et installe son Institut Pasteur directement derrière l'institut d'hygiène, sur un terrain juste en dehors du parc. Décision prise en 1900, les recherchent commencent directement dans des locaux provisoire, les bâtiments sont opérationnel en 1903[25].

Le sixième institut au parc est l'Institut de Commerce, construite en 1904/05, qui prend place entre l'Institut de Physiologie et celui de sociologie. Entièrement financé par Ernest Solvay, son fonctionnement est, cette fois, dans les mains de l'ULB[26].

Avec l'exception de l'Institut d'Hygiène, les bâtiments de l'époque sont toujours visibles aujourd’hui, et font du parc un lieu de grand intérêt architectural. Mais tout d'abord il s'agit d'un manifeste pour une science basé sur la recherche expérimentale et de l'interdisciplinarité. La cité scientifique est un projet global, mêlant les aspirations des grands industriels à celles des scientifiques, la recherche expérimentale aux applications concrètes ainsi que les sciences naturelles aux sciences sociales[27].

C'est dans ces instituts que se tiendront tous les 3 ans les fameux « Congrès Solvay ». Pendant une semaine, une vingtaine de spécialistes discute un problème d'actualité soigneusement préparé par des rapporteurs. La première édition de 1911 réunira 11 futurs prix Nobel parmi lesquels figurent notamment Marie Curie et Albert Einstein. À la cinquième édition de 1927, ont participé 17, qui obtinrent le Prix Nobel dont Albert Einstein et Marie Curie[28]. Dans la foulé, Solvay fond l'Institut International de Physique (1912) et l'Institut International de Chémie (1913) qui prennent siège dans les locaux de son institut de Physiologie[29].

En 1913, s'opère un changement des limites communales : le parc passe d'Ixelles à la ville de Bruxelles[30].

Abandon par l'ULB (1919-)

L'université ambitionne, à partir de 1909, de transférer la totalité de ses locaux depuis la rue des Sols vers le parc. Des projets pour une grande cité universitaire sont proposés par les architectes Constant Bosmans et Ernest Acker. Mais, interrompu par la Première Guerre Mondiale, les discussions se terminent dans le constat qu'au parc Léopold il n'y a pas assez de place. On commence donc, en 1919 de transferer les instituts au nouveau campus Solbosch[31].

Le Muséum des sciences naturelles, quant à lui, reste au Parc Léopold. En 1930, le lycée Émile Jacqmain s’installe dans l’ancien institut de Physiologie, et occupe à partir de 1955 aussi l'ancienne École de Commerce. À la place de l'ancien bâtiment Eastman apparaît en 2007 la Maison de l'Histoire européenne. Depuis 2013, la bibliothèque Solvay, est le lieu d'activité de la société Edificio SA qui y organise toutes sortes d'évènements culturels, sociaux et caritatifs. L'ancien institut de l'Anatomie devient le laboratoire intercommunal de chimie et de bactériologie. L'ancien Institut Pasteur étant occupé par le bureux de lobbying du Land de Bavière.

En 1993 est inauguré le bâtiment Paul-Henri Spaak du Parlement Européen et intégré dans le parc.

Les différents bâtiments

1891: Institut des sciences naturelles et musée d'histoire naturelle

Louis Dollo supervisant le montage d'un squelette d'iguanodon vers 1882-1885.

Le musée d'Histoire Naturelle, fondé par arrêté royal le , déménage à partir de 1889 de l'ancien Palais de Charles de Lorraine dans ses nouveaux locaux au parc. L'inauguration et ouverture au public ont lieu le [15]. Le musée y amène la trentaine des squelettes des iguanodons de Bernissart, trouvés dans les mines de charbon, à plus de 300 mètres de profondeur. C'est la plus extraordinaire découverte paléontologique de l'époque et la principale attraction du musée. Pour les mettre en valeur, il faut une salle spéciale[32]. L'architecte Charles-Émile Janlet se voit donc confié un projet d'extension, pour lequel on passe aussi à l'expropriation d'un terrain privé, contigu au parc. Les travaux pour la nouvelle aile sud débutent en 1898 et se terminent en . L’aile nord, prévu pour abriter les collections ramenées du Congo belge ne sera jamais construit, le musée colonial de Tervuren remplira à partir de 1910 cette mission[9],[33].

Dans les années 1930 un nouveau chantier d'agrandissement est lancé. Le projet est conçu par l'architecte moderniste Lucien de Vestel. Il s'agit d'un imposant immeuble-tour, voué à abriter les laboratoires de l'Institut des Sciences Naturelles dont dépend le muséum. Les travaux pour sa réalisation durent de 1936 aux années 1980. Les anciennes parties sont classées le [9].

Des restaurations et modifications sont entamés, pendant des années 1980, par le bureau d'architecture CERAU. Qui couvre aussi, entre 1997 et 1999 les espaces entre les bâtiments existants pour une meilleure circulation des visiteurs[34],[9].

Des travaux de restauration de l'aile Janlet sont entamés en . Le , le Musée des Sciences Naturelles de Belgique ouvre les portes de sa nouvelle galerie des dinosaures, encore actuellement la plus grande galerie des dinosaures d'Europe[35],[36].

Le bâtiment abrite non seulement le musée, mais aussi des unités et des services de recherche.

1893: Institut de Physiologie

Ancien institut de physiologie, siège du 5e Congrès Solvay en 1927 et actuel bâtiment central du lycée Émile Jacqmain.

Le , la ville signe un accord avec Solvay. Comme l'université n'a pas assez de place dans ces locaux au Palais Granvelle, la ville de Bruxelles met des terrains à disposition dans le Parc Léopold. Solvay s'engage à faire construire à ses frais un double institut de physiologie. Double, parce qu'un aile est mis à disposition de l'ULB pour l'enseignement, mais l'autre aile réservé pour la recherche sous les auspices de Solvay lui-même. Le l'ULB se donne son accord. Après un an de travaux, les cours commencent dans le nouveau bâtiment en 1893. Deux instituts à structure juridique différents, mais le professeur Paul Héger, qui devient le directeur de tous les deux. La recherche suit le programme définit par Solvay : créer une biophysique qui permettrait de réduire les phénomènes de la vie à des lois physiques[19].

Le bâtiment, de son côté, se réalisé à l'endroit de l'ancien château Dubois de Bianco, ultérieurement l'endroit de l'aquarium du zoo. Il est, en 1892-1893, le travail de l'ingénieur Léon Gérard et l'architecte Jules-Jacques Van Ysendyck. Pour accueillir deux instituts, il se présente d'une manière symétrique : Vestibule et escalier sont communs, également un auditoire pour une centaine de personnes. Mais l'Institut Solvay s'étend à gauche, l'Institut universitaire à droite. Des laboratoires isolés réservés aux chercheurs se trouvent aux étages pour permettre le dégagement des vapeurs désagréables[37].

La structure de l’édifice est une structure métallique autoportante faite d’éléments préfabriqués. Les façades sont largement ouvertes de grandes baies s’élevant sur toute la hauteur. Ces baies à double vitrage, invention de l’ingénieur Léon Gérard, se composent d’une paroi de glace (extérieur) et de vitre (intérieur) séparées d’environ 14 cm d’air. La façade principale, en pierre blanche, comporte cinq travées: les deux latérales en ressaut et plus hautes coiffées de dômes à plusieurs pans percés de lucarnes[38].

Ce château moderne consacré à la science est conçu de telle sorte à donner à la science une image positive. À l'intérieur, dans un souci d'hygiène, le fer émaillé règne en maître, tandis que de larges fenêtres laissent entrer la lumière.

C'est depuis 1930 le bâtiment principal du lycée Émile Jacqmain, après des travaux importants, ajoutant des étages intermédiaires et remplaçant les châssis en métal par des modèles en chêne. Après la construction des annexes en 1950 et 1997, une restauration de 2007 à 2011 a redonné aux façades un état plus proche de l’état d’origine[38].

1894: Institut d'Hygiène ou bâtiment Georges Eastman

Bâtiment originel de l'Institut d'Hygiène, de Bactériologie et de Thérapeutique (1894-1934).
Ancien institut dentaire George Eastman (1935-2016?).
Maison de l'Histoire européenne (2017-).

Pour le deuxième institut au parc, Paul Héger peut compter sur l'industriel Alfred Solvay, frère d'Ernest. Celui-ci a failli de perdre un enfant atteint de la diphtérie, et finance, aidé par les banquiers Georges Brugmann, Fernand Jamar et Léon Lambert, l'Institut d'hygiène, de bactériologie et de thérapeutique. Un accord fut signé, le , entre la ville, les investisseurs et l'université. Comme l'autre, ce bâtiment passe, une fois les travaux terminés, en 1894 à la ville. Contrairement au premier institut celui-ci est concentré sur la recherche et n'accueille pas des cours[20].

Le bâtiment original de ce deuxième institut, est construit à droite de l'entrée principale du parc, également par l'architecte Van Ysendyck, de 1893 à 1894. Une tourelle le rend reconnaissable. Mais il est démoli en 1933[39].

L'architecte Michel Polak construit en 1933-34 un deuxième bâtiment, inauguré par l'Institut dentaire Eastman le . Le bâtiment s'organise par une grande salle pour les dentistes, une aile pour la stomatologie et une autre aile pour l'orthodontie[40]. En 1985, le Parlement européen le loue, pour y installer des services administratives, une imprimerie et une crèche. Avec le temps, le service du Médiateur Européen et le Cour des comptes européenne y trouvent place[41].

C'est en 2008, qu'il fut acquis par le Parlement européen pour un bail de très longue durée de 99 ans. Un concours national eut lieu pour la transformation du bâtiment en Maison de l'Histoire européenne. Le , le consortium Chaix & Morel et associés (France)[42], JSWD Architekten (de) (Allemagne)[43] et TPF ingénierie (Belgique)[44], lauréat du concours, est chargé de mener à bien les travaux. Le bâtiment est donc encore une fois démoli, et derrière les anciennes façades on construit un nouveau immeuble trois niveaux plus élevé[45]. Pour pouvoir le faire, il fallait faire sortir le bâtiment du périmètre du classement du parc comme site du , parce que sa démesure détériore l'esthétique du parc[46].

Le musée fut ouvert le et dispose aujourd'hui d'espaces d'expositions permanentes, d'expositions temporaires ainsi que d'une salle pour l'occasion d'événements spécifiques[47].

1898: Institut d'Anatomie et Histologie ou Institut Warocqué

Ancien institut d'anatomie et actuel bâtiment Warocqué.

Héger a toujours des postes sur sa liste de desiderata. Pour assister à une dissection, les étudiants doivent aller à un des hôpitaux Saint-Jean ou Saint-Pierre, dans des locaux exigus et malpropres. Héger amène donc, en 1892, un jeune héritier de charbonnages de 22 ans, Raoul Warocqué assister à une dissection. Comme prévu, celui-ci est assez choqué des circonstances pour promettre son aide financier à un futur Institut d'Anatomie et Histologie. Il était moins riche qu'il avait l'air, signant juste un énorme crédit pour couvrir des dettes de son frère, mais se déclare prêt, après quelques tractations, de financer un tiers des coûts estimés. La ville et les hôpitaux devront financer le reste. Deux problèmes apparaissent : Le ministère d'intérieur use de sa tutelle et interdit aux hôpitaux d'y participer, la ville doit donc couvrir la totalité. Les travaux commencent en 1893, on construit à l'endroit de l'ancienne fosse aux éléphants du zoo. Un deuxième problème surgit : Les coûts explosent. Atterrissant sur une somme 70 % plus élevée que prévu au début, quelques votes de budget et quelques petites donations des tiers plus loin, les étudiants peuvent investir les lieux en 1898. La salle spéciale pour les dissections ne se fait qu'en 1905, après une participation supplémentaire de Warocque[21].

Jean-Jules Van Ysendyck est ici, ensemble avec l’ingénieur Léon Gérard, encore l'auteur du bâtiment. Le bâtiment contient d'auditoires et de salles de dissection. L'ULB quitte le lieu en 1920[48].

Comme pour les deux premiers instituts, la construction se base sur une structure métallique monumentale autoportante, faite d’éléments préfabriqués. Plan symétrique en U, trois niveaux et composé de trois unités: un pavillon central, deux ailes latérales plus basses, deux pavillons d’angle plus élevés, chaque partie fonctionnant de manière autonome (accès, cage d’escalier, circulations internes et locaux d’études tels laboratoires, auditoires et bureaux). Côté cour, la façade du pavillon central est plane et devancée d’un large perron, à l’origine sous verrière. L'aspect rigoureux de la façade est atténué par une décoration stylisée (menuiserie, appareillage, sgraffites évoquant les donateurs), conférant un accent Art nouveau à l’édifice. Le bâtiment est classé le [48].

En 2017, un article de presse décrit le bâtiment comme suit: L'aile droite du bâtiment comprend depuis 1930 le laboratoire intercommunal de chimie, de bactériologie (Brulabo). L'aile gauche abrite, entre 1941 et 1972, dans des conditions déplorables, les archives du Mundaneum, avant qu'ils ne déménagent à Mons, puis il est utilisé, de 1985 jusqu'aux années 2010, par le lycée Émile Jacqmain, mais aujourd'hui en abandon. La partie centrale du bâtiment contient toujours un énorme théâtre anatomique en bois, sans équivalent en Belgique dans le domaine des sciences de l’anatomie, construit au XIXe siècle, mais est à l'abandon depuis 1929 et dans un état délabré[49],[48].

1902: Institut de Sociologie ou Bibliothèque Solvay

Ancienne bibliothèque Solvay.

Son premier Institut des Sciences sociales, Ernest Solvay l'installé provisoirement dans les locaux de l'hôtel Ravenstein et confie ses premières recherches à trois socialistes : Emile Vandervelde, Hector Denis et Guillaume De Greef. Au cours des années 1900 et 1901, Solvay décide d'un côté de vouloir installer son institut au parc Léopold et de l'autre, que les convictions, collectivistes, de ses collaborateurs étaient trop éloignés des siennes. Il obtient l'aval de la ville pour la construction d'un bâtiment supplémentaire au parc, le . Le , il présente les statuts pour un nouveau Institut de Sociologie, avec Emile Waxweiler comme directeur et ses anciens collaborateurs comme simples chercheurs. Ces derniers ne sont pas d'accord de perdre la direction, et quittent donc le projet. L'organisation de l'Institut, les plans du bâtiment ainsi que la conception de l'aménagement intérieur furent laissés aux soins du directeur : «cellules», «cabinets scientifiques» et importante bibliothèque où chaque chercheur pouvait avoir accès à tous les livres. L'institut part d'emblée d'un caractère multidisciplinaire, incluant statistique, technologie économique, histoire et anthropologie. En plus de la recherche, il a comme but aussi de devenir un centre international de documentation sociologique. Construits dans le plus pur «modem style», les bâtiments élevés au Parc Léopold sont inaugurés le . L'institut n'a aucun lien institutionnel avec l'ULB, mais le personnel est souvent partagé avec cette dernière[24].

Ernest Solvay meurt en 1922, ces héritiers transfèrent l'institut de Sociologie à l'université en 1923, après avoir essayé de le donner à la Société des Nations[50].

Plus connu sous le nom de Bibliothèque Solvay, le bâtiment est un exemple d'architecture éclectique due aux architectes bruxellois Constant Bosmans et Henri Vandeveld. Entre 1967 et 1981 la Bibliothèque hébergea les Éditions de l'Université, après, elle est laissée à l'abandon'[51].

Dés 1983, les associations Inter-Environnement Bruxelles et celui du Quartier Léopold poussent pour qu'on classe le bâtiment. C'est qui est fait en 1988, accompagné de la promesse que les lieux rénovés devraient servir pour un usage public de caractère pédagogique, culturelle et scientifique, excluant tout usage commercial. En 1991, la ville de Bruxelles, propriétaire, conclut un bail emphytéotique de 99 ans avec la SDRB, réaffirmant un engagement pour une affectation d’intérêt collectif[52].

Le bureau d’architecture Deleuze, Metzger & associés S'occupe ensuite de la restauration, en 1993-1994[51]. Le rez-de-chaussée et l'étage ont été restaurés d'après les formes originales sur base des archives, des méthodes de travail et des plans. En revanche, le sous-sol fut transformé dans un style contemporaine[53].

Et, en 2000, une convention d’occupation est signée entre la SDRB et la société de gestion Maison de l'Europe qui change de nome plus tard en Edificio[51], qui gère aussi le Concert Noble. Se présentant comme une "agence événementielle et culturelle"[54], la société loue principalement des locaux à des lobbyistes. En 2013, ce sont les think-tanks "Friends of Europe" et "Security and Defence Agenda" qui s'y sont installés de manière permanente[52].

1903: Institut Louis Pasteur

Ancien Institut Pasteur, 2004.

L'institut d'hygiène et bactériologie du parc est le premier en Belgique de produire les sérums contre la diphtérie et le croup, mais pour le vaccin contre le tétanos ou la rage on dépend toujours de l'étranger. Comme l'État ne montre pas l'intention de s'y engager et comme la province du Brabant subside déjà des associations qui transportent des patients de la rage vers Paris ou Lille, la dernière se résout, de s'y mettre. Pour ne pas substituer une dépendance à l'autre, la province décide donc, le , de mettre en place un L'institut provincial de bactériologie et de sérothérapie et antirabique. Il peut commencer provisoirement dans les locaux de l'institut de physiologie dans le parc. Le directeur de l'institut, Jules Bordet, obtient en 1903 la permission de Marie Pasteur de pouvoir l'appeler Institut Pasteur du Brabant et Institut provincial de sérothérapie, sans lien organisationnel avec l'institut de Paris. Pour profiter des synergies avec l'institut d'hygiène existant, la province achète un terrain derrière celui-ci, juste en dehors du parc[25]. Sont construits plusieurs bâtiments : Les écuries en 1902, le bâtiment principal en 1903, la maison du directeur en 1905[55].

L'ensemble éclectique est construit par Valère Dumortier et Daniel Francken[55].

En 1987, l’Institut quitte le site pour de plus grands locaux à Uccle. A l’abandon pendant cinq ans, le château se délabre, la Province du Brabant vend la propriété au promoteur Société Espace Léopold (SEL), qui occupera le site pendant la durée des travaux du Parlement Européen. En 1989, la commune d’Ixelles place l’Institut Pasteur en zone d’équipement collectif. Initialement cette propriété devrait former une nouvelle entrée du parc, visible du centre ville par la rue Montoyer. Finalement, l'ensemble est vendu au land de Bavière, qui en fait sa représentation auprès de l'UE, clôturant complètement le site[56].

Le projet de rénovation, qu'à entrepris la Bavière, incluant une extension par une verrière accolée à l’ancien bâtiment des écuries, est mené par les bureaux d’architecture CERAU et Archi+I[55].

1904: École de Commerce

Ancienne école de commerce et actuel bâtiment Solvay (annexe section secondaires du lycée Jacqmain).

Pour le dernier bâtiment scientifique au parc Léopold, encore une autre construction juridique va s'opérer. Le , Ernest Solvay propose à l'université de lui financer un Institut de Commerce. Construit sur un terrain qu'il a déjà, parce qu'entre l'Institut de Physiologie et celui de Sociologie. Solvay vire une somme à l'université qui devrait couvrir les coûts de la construction du nouveau bâtiment ainsi que les frais de fonctionnement pour les premiers dix ans, accompagné d'une promesse de financement pour les dix ans suivants. L'institut fait, cette fois, partie intégrante de l'université, mais son premier directeur n'est personne d'autre qu'Émile Waxweiler, qui est déjà directeur de l'Institut de Sociologie, indépendant, lui, de l'université. Le bâtiment inauguré le , les cours commencent immédiatement, alors que le statuts du nouvel Institut ne sont fixés qu'en 1905. Ils avère par la suite que la somme allouée ne couvre pas complètement les frais, c'est la ville qui se charge de la différence[26]..

Conçue à la même époque que la bibliothèque Solvay par les mêmes architectes et à l'initiative du même industriel, l'école de commerce de 1903 tranche architecturalement par rapport à cette dernière par la sobriété de son style. En façade, deux bas-reliefs symbolisant le négoce et le voyage rappellent la vocation première du bâtiment. L'école de commerce ne quitte le lieu qu'en 1955 pour le Solbosch, le bâtiment passe alors au lycée Émile Jacqmain[51] .

L'espace vert

L'étang du parc, 2018.

En 2011 commence l'association Citymine(d) d'organiser des activités dans la friche abandonnée entre la tour Eggevoort et l'avenue du Maelbeek afin de convaincre les autorités de l'integrer dans le parc[57]. En 2019, c'est fait et une entrée supplémentaire est aménagée, avenue du Maelbeek[58].

Vestige du Maelbeek, un étang et ses abords accueillent une faune locale de canards colvert, hérons cendré, poules d'eau et foulques ou plus exotique d’oies du Nil et de perruches à collier.

Arbres remarquables

Platane d'Orient (pour l'échelle, voir la personne qui se tient à droite de l'arbre).

Plus de 50 arbres remarquables sont répertoriés sur le site par la Commission des monuments et des sites, parmi lesquels un impressionnant et remarquable platane d'Orient, exemplaire unique à Bruxelles, qui étale sa large ramure bicentenaire sur les hauteurs du parc :

Davantage d’informations nom français, nom latin ...
nom français nom latin cir. en cm coordonnées
Platane d'Orient Platanus orientalis 586 50° 50′ 15″ N, 4° 22′ 43″ E
Marronnier commun Aesculus hippocastanum 444
Hêtre d'Europe Fagus sylvatica 391
Tulipier de Virginie Liriodendron tulipifera 342
Fermer

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks