Le quartier Léopold, entre petite ceinture et parc Léopold, est urbanisé entre 1837 et 1860. C'est pendant 100 ans le quartier de la noblesse et haute bourgeoisie, caractérisé au début par des hôtels de maître avec porte cochère et écuries. Le quartier Schuman est l'extension tardive du quartier Léopold, urbanisé à partir de la construction du pont de la rue de la Loi sur le Maelbeek en 1855, caractérisé au début par des immeubles à appartements pour la classe moyenne. Le quartier des Squares est un quartier tracé en 1880, composé des maisons de maître pour la classe moyenne supérieure des années 1890 à 1900. Le petit quartier du Cinquantenaire autour de l'école militaire est caractérisé par des maisons unifamiliales de la classe moyenne des années 1890 à 1910. Ces quartiers, ainsi que le parc du Cinquantenaire, aménagé entre 1880 et 1905, se trouvent sur un territoire annexé par la ville de Bruxelles en 1853. Le parc Léopold est annexé en 1913. Le quartier Léopold s'étend également sur la commune d'Ixelles, et le parc du Cinquantenaire est en partie situé sur Etterbeek[2],[3],[4].
Histoire
Situation du périmètre en 1840.
Tilman-François Suys a conçu le quartier Léopold en 1837. Cette banlieue était située alors sur le territoire de Saint-Josse-ten-Noode et a été construite par la société privée Société civile pour l'Agrandissement et l'Embellissement de Bruxelles. À l'époque, ce quartier s'étendait jusqu'à la chaussée d'Etterbeek, parallèlement à la vallée de Maelbeek, qui constituait un obstacle naturel. Dans le quartier des Squares, au nord-est, aucun développement urbain n'existait à l'époque c'est-à-dire au milieu du XIXesiècle[5].
En 1845, il est proposé de construire un pont de sept arches et 350 mètres de long sur la vallée de Maelbeek en continuation de la rue de la Loi pour permettre le développemet du futur quartier Schuman. Une place à deux branches serait construite de l'autre côté du pont. La branche au sud-est (avenue d'Auderghem) aboutirait sur la chaussée de Wavre. La branche au nord-est (l'avenue de Cortenbergh) finirait alors sur la chaussée de Louvain. Une crise survient en 1847 et la proposition est révisée en 1852: le pont ne reçoit qu'une seule arche et le reste doit être construite. Le , ce plan a été approuvé par décision collégiale[5].
Toujours en 1852, il a été décidé de construire une nouvelle plaine des manœuvres, car la ville était obligée d'en avoir une pour la garnison, et celle-ci a été choisie pour l'emplacement à l'est de la place à l'est du pont sur le Maelbeek (le site du Cinquantenaire)[5]. En 1852-1856, des travaux ont été effectués dans lesquels le site a été nivelé, des égouts ont été construits et de larges avenues bordées d'arbres ont été construites[6].
Carte de l'Institut cartographique militaire, 1894.
Avec la loi du , la ville de Bruxelles a pu annexer la superficie de 194 hectares, la superficie du quartier Léopold et la zone nord-est de celui-ci, le futur quartier des Squares. Avec cette annexion, Saint-Josse-ten-Noode a perdu 58% de son territoire, Etterbeek a perdu la zone qui forme aujourd'hui le cinquantenaire et Schaerbeek a perdu une bande de terrain à la rue du Noyer. La même année, la ville de Bruxelles commence à canaliser et à dominer la Maelbeek (entre la rue Belliard et l'étang du square Marie-Louise). Au cours des vingt années qui ont suivi, différents plans ont été élaborés avec deux obstacles: le grand étang et la voie ferrée[5].
En 1874, l'architecte Gédéon Bordiau est nommé pour concevoir le quartier des Squares. En 1875, la conception de Bordiau est approuvée et les travaux commencen[5].
En 1866, il avait déjà été proposé que la plaine des manœuvres devienne un parc avec un palais de l'industrie[6]. Le , la Ville de Bruxelles et l'État conviennent de déplacer la plaine des manœuvres dans la zone au sud-est de la caserne lieutenant-général Baron de Witte de Haelen et la caserne Major Géruzet, tandis que l'ancien terrain des manœuvres est converti en parc où un édifice monumental serait érigé. En 1876, la garnison quitta le terrain et en 1877, une proposition fut faite d'organiser une exposition nationale ici en 1880 en l'honneur de 50 ans de l'indépendance de la Belgique. Dans le cadre de ce projet, l'arc de Triomphe du Parc du Cinquantenaire a été construit, avec deux pavillons de chaque côté.
Dans les années 1880, le quartier à l'est de l'avenue de Cortenbergh n'était pas encore construite et la ville de Bruxelles s'en inquiétait. En 1889, elle propose donc de créer l'école militaire dans ce lieu, pour qu'elle quitte aussi le site de l'abbaye de la Cambre. Cette zone n'était en plus pas loin du champ de tir national, qui a également été construit sur le plateau de Linthout en 1889. En 1895, le ministre de la Guerre choisit finalement un emplacement à l'est du quartier des Squares sur l'avenue Renaissance et en 1899, les sites sont restructurés comme cela[5].
En 1888, le Cinquantenaire organise le Grand Concours International des Sciences et de l'Industrie[6].
En 1913, l'extension est s'est encore agrandie avec le parc Léopold[7], qui appartenait à la commune d'Ixelles avant.
Au XXesiècle, diverses organisations de l'Union européenne à Bruxelles se sont installées dans les quartiers Léopold et Schuman, formant ainsi le quartier européen.
↑Agora, PCD Ville de Bruxelles - Quartier Nord-Est – Dossier de Base Septembre 2000, 1 ère partie: situation existante issue du dossier de base - 1. Situation existante de fait, (lire en ligne), p.19-23
↑Thierry Demey, Bruxelles, capitale de l'Europe, Bruxelles, Badeaux, , 526p.
↑Stefan Van Camp, «Bruxelles et ses communes, une région, un patrimoine...», dans Serge Jaumain, Histoire et patrimoine des communes de Belgique - La Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, Dexia/Racine, (ISBN9782871933359), p.520-529