Quartier Léopold

quartier à Bruxelles, Belgique From Wikipedia, the free encyclopedia

Le quartier Léopold (en néerlandais : Leopoldswijk) est un quartier de l'extension est de la ville de Bruxelles, incluant quelques îlots sur le territoire de la commune voisine d'Ixelles. Il se trouve entre la petite ceinture d'un côté et la gare du Luxembourg de l'autre. Il occupe un plateau peu dénivelé, idéal pour son plan en damier. Il est limité au sud par la rue du Trône, au nord par la rue Joseph II et au nord-est par le Maelbeek[1],[2]. Pendant 100 ans le quartier de la noblesse et de la haute bourgeoisie, il est aujourd'hui englobé dans le quartier européen, avec lequel il est parfois confondu.

Faits en bref Administration, Pays ...
Quartier Léopold
Quartier Léopold
Église Saint-Joseph au centre du quartier
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Ville Bruxelles
Arrondissement Bruxelles-Capitale
Géographie
Coordonnées 50° 50′ 20″ nord, 4° 22′ 12″ est
Transport
Gare Gare du Luxembourg (Bruxelles)
Métro Trône, Arts-Loi
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Bruxelles
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Quartier Léopold
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Extension est de la ville de Bruxelles, quartiers et parcs.

Au XXe siècle, la plupart des hôtels de maître et des maisons bourgeoises du quartier sont remplacés par des bâtiments administratifs, d'abord liés au gouvernement belge, puis aux institutions européennes. S'ensuit un afflux de bureaux de lobbying venus s'installer à proximité des institutions européennes.

Historique

Situation au XVIIIe siècle

La seconde enceinte qui entoure depuis le XIVe siècle marque la limite entre ville et campagne jusqu'au début du XIXe siècle. Depuis les portes de Louvain et de Namur, les chaussées de Louvain, de Wavre et d'Ixelles permettaient de traverser la vallée du Maelbeek.

Le tracé du Maelbeek vient définir le tracé de la chaussée d'Etterbeek qui relie alors la chaussée de Wavre et la chaussée d'Ixelles à la chaussée de Louvain, elle se fait paver, en 1720, au coût des meuniers et agriculteurs de la vallée[3]. Sur le plateau entre le Maelbeek et la ville on trouve à l'époque sept fermes à cens, trois maisons, granges et étables, huit vergers, cinq potagers, trois parcelles de champ et dix prairies[4].

Démantèlement des fortifications

L'empereur Joseph II ordonne, le (publication le ), le démantèlement de la plupart des places fortes des Pays-Bas, dont Bruxelles[5]. L'énorme surface ainsi libérée est principalement vendu aux enchères à 15 acheteurs particuliers, avec comme but d'en faire des terres agricoles. Il n'est point question d'une éventuelle extension de la ville[6]. Le décret du qui organise les terres annexées à la France en départements limite la ville de Bruxelles par ses remparts : Les terrains des anciennes fortifications, comme tout ce qui se trouve au-delà passent aux nouvelles communes de Saint-Josse-ten-Noode, Etterbeek, Ixelles etc.[7].

L'époque napoléonienne est pour Bruxelles une des ordonnances non réalisées : ni l'utilisation des fossés à l'ouest de la ville pour la construction d'un canal de Charleroi (1804), ni la permission à la ville d'annexer à nouveau Saint-Josse, Ixelles et Etterbeek (1804), ni l'aménagement d'un boulevard à la place des remparts et les terres des anciennes fortifications avancées () ne se réalisent dans les faits[8].

Le roi Guillaume retourne, par décret du le terrain des anciennes fortifications à la ville[9]. Le , la ville organise un concours pour l'aplanissement des ruines des remparts et leur remplacement par des boulevards[10]. Le , le projet de l’ingénieur Jean-Baptiste Vifquain en sort vainqueur. Vifquain prévoit deux conceptions des boulevards différents. À l'ouest, où les terrains « acquerraient difficilement des occupants bâtisseurs », il milite pour la construction du canal de Charleroi. À l'est, qui présente « des emplacements convenables pour la demeure de nos princes », il prévoit des larges artères, avec plantations, jardins et fontaines[11].

Vifquain se concentrant d'abord sur le côté nord[12],[13], c'est l'architecte Charles Vander Straeten qui réalise la section entre les portes de Louvain et de Namur, entre 1821 et 1826, selon un plan plus simple et moins onéreux que prévu par Vifquain[14]. Le nouveau boulevard et sa grille de l'octroi collent, sur tout le côté est, à la limite extérieure des anciennes fortifications, et il prend moins de place que celles-ci. La ville gagne donc plein d'îlots à bâtir[15]. Les nouveaux îlots entre le parc de Bruxelles et la petite ceinture, ainsi aménagés, et surtout le palais du Roi Guillaume, qui s'y trouve, vont servir comme exemple pour le futur quartier Léopold[16].

En 1816, la ville compte quatre petits noyaux de faubourgs : devant les portes de Flandre, de Louvain, de Namur et de Hal. En 1840, ce sont surtout ceux des portes de Flandre et de Namur qui se sont développés, et deux grands faubourgs s'y sont ajoutés, devant la porte de Schaerbeek d'un part et entre les portes du Rivage et d'Anvers d'autre part. Un septième faubourg est alors en préparation : Le quartier Léopold, entre les portes de Namur et de Louvain[17].

Le quartier du « gratin de Bruxelles »

Plan de Tilman-François Suys.
Débuts du quartier Léopold sur une carte de 1840.

L'ingénieur Félix Dubois de l'Établissement géographique de Bruxelles est le premier de proposer, en 1836, un plan d'ensemble pour l'extension de la ville par des faubourgs. Il transpose la vision de Vifquain sur des boulevards de caractère différents sur les futurs quartiers au-delà : le « quartier du Travail » pour les pauvres la vallée de l'ouest de la ville, et le « quartier de Repos » pour les riches sur les hauteurs de l'est. Mais il situe le futur quartier résidentiel des riches aux abords de la future « avenue Louise ». L'emplacement du futur quartier Léopold est, chez lui, encore désigné d'accueillir une extension du quartier gouvernemental, avec nouveau palais du Roi, des casernes, un champ de Mars etc.[18].

Le quartier est finalement le produit d'une initiative privé. Le , Ferdinand de Meeûs et ses associés Jacques Coghen et François Xavier Benard créent une première société civile pour l'acquisition de biens immeubles et achètent les terres de Saint-Josse-ten-Noode[réf. nécessaire]. Quand, le ils créent, avec un capital de 5 millions de franc-or de la Société Générale de Belgique et de ses filiales la Société civile pour l'agrandissement et l'embellissement de Bruxelles, ils peuvent déjà apporter 42 hectares de terrain[19]. Les statuts de la société mentionnent déjà le nom prévu pour le quartier à construire : Quartier Léopold, d'après le roi Léopold Ier, qui fait partie des actionnaires[20]

La société achète dans la suite encore 33 hectares en plus et fait prolonger les rues aménagées en 1821 entre le parc de Bruxelles et la petite ceinture droite vers l'est, reproduisant ces îlots plusieurs fois, ce qui donne au nouveau quartier un plan en damier. Les plans pour ce projet sont de la main de l'architecte Tilman-François Suys et approuvés par sanction royale le [21]. Son projet sert comme modèle pour les debut des travaux, mais n'est jamais complètement réalisé[22]. Suite à une démande de la société dès 1837[23], la ville ouvre des nouvelles portes pour rendre le nouveau quartier accessible : La porte Léopold, rue Belliard (1839), la porte de la Loi, rue de la Loi (1842) et la porte du Jardin Zoologique, rue Montoyer (1846)[21].

Suys prévoit une hiérarchisation claire des rues : Les rues de la Société Civile (aujourd'hui rue de la Loi), Belliard et Guimard étant les plus larges et plus prestigieuses, suivi par les rues parallèles Joseph II, Montoyer et du Luxembourg[24]. Tous assez larges pour permettre à une carosse de faire démi-tour[23]. Ces axes devraient accueillir des demeures aristocratiques avec portes cochères et écuries, les rues perpendiculaires, plus étroites, accueillir des maisons bourgeoises avec jardin. Les actuels square de Meeûs (d'abord appellé Place de l'Industrie), square Frère Orban (d'abord Place de la Société civile) et place du Luxembourg ferment leur perspective, au debut prévu sans plantations[24],[25].

Les débuts du nouveau quartier sont lents. La société démande un prix élévé pour les terrains, comparé au faubourg de Cologne, dont le dévéloppement commence en même temps. Le sol n'est pas encore nivellé. Mais peu à peu le succès vient. Jean-Pierre Cluysenaar construit un grand hôtel pour le baron Goethals en face au Palais des Académies, Alphonse Balat le Palais du marquis d'Assche sur làctuel square Frère-Orban. D'autres suivent[26].

Des édifices prestigieuses prévus, la plupart ne se réalisent pas, entre autres parce que des institutions nationales devraient se trouver dans la capitale, et le quartier se trouve toujours dans la commune de Saint-Josse. Seule, l'église Saint-Joseph (Bruxelles) (1849) et le jardin zoologique (1851) se réalisent dans un premier temps [27]. L'église rentre dans le programme, que Ferdinand de Meeûs prévoit pour le nouveau quartier : il est censé rassembler un milieu conservateur et catholique. Elle ne devient jamais une paroisse. Une fois achevée,elle est cédée en 1849 à l’ordre des Rédemptoristes, et le beau monde s'y retrouve à la messe[28].

En style néoclassique homogène, les maisons suivent le même modèle : entresol avec cuisine et buanderie, bel étage à trois pièces en enfilade, étage des chambres et combles pour les domestiques. Le quartier Léopold acquiert très vite la réputation d'être le plus riche et le plus en vogue de la capitale. En , 115 hôtels particuliers y sont déjà construits et abritent quelque 500 habitants[29].

Une partie du quartier Léopold sur la vue de Bruxelles de Stroobants, en 1854.
Carte de l'Institut cartographique militaire, 1894.

Après avoir réussi de repousser, en 1835, le sécessionnisme de certains habitants du Faubourg de Schaerbeek autour de la rue Royale qui voulaient créer leur propre commune[30], Saint-Josse doit se résigner à la loi du , qui la fait perdre plus que la moitié de son territoire, 142 hectares sur 253, le quartier Léopold et le territoire du futur quartier des Squares à la ville de Bruxelles[31], et ce pour une indemnisation de seulement 50 000 FB et après avoir soutenue la Société du quartier Léopold pendant des longues années[32]. Une première demande de la ville dans ce sens ayant échoué au niveau national, en 1847, maintenant elle obtient la très large majorité des parlementaires avec l'argument qu'elle seule savait financer le viaduc, par lequel la rue de la Loi est prolongé vers le futur quartier Schuman et la nouvelle plaine de manœvres[33].

La ville de Bruxelles regagne de cette manière 3 212 habitants, en grande partie des nobles fortunés, riches industriels ou commerçants qui ont quitté le centre-ville, ainsi que leurs domestiques[34].

« L'érection du Quartier Léopold est une des phases les plus marquantes de la transformation et de l'agrandissement de la ville de Bruxelles. C'est, en quelque sorte, le signal de l'abandon, par les classes opulentes, des résidences dans la vieille cité pour le séjour dans les régions supérieures, d'où le mouvement commercial et l'activité des affaires étaient absents, de l'abandon des antiques et familiales demeures bourgeoises du centre pour les bâtiments neufs, brillants et plus luxueux de ce que l'on se mit, dès lors, à appeler le haut de la ville. »

 Paul Hymans et Henri Hymans[35]

Dans le quartier on trouve les familles de Blommaert, d’Oultremont, Desmanet, de Rouillé, de Liedekerke[36], Goffinet, d’Huart, van der Burch, Spoelberch, van den Steen, Terlinden, Snoy, Houtart, van der Straten, della Faille, de Ligne, de Lichtervelde, de Beauffort[37], Warocqué, Guinotte, Boël, Malou, Lippens, Lambert, Cassel, Allard, Brunner, Empain, Brugmann, Loewenstein [38], Hirsch, May, Goldschmit, Philippson[39], d’Aspremont Lynden[40] ...

La plus grande partie des propriétaires du quartier se définit comme rentiers ou rentières. L’aristocratie y est dominante. Il y a cependant des nobles qui habitent ailleurs, et la haute bourgeoisie dans le quartier. Au cours du XXe siècle, en Belgique, ces deux milieux fusionnent par des nombreuses intermarriages[38]. Plus que la moitié des nobles que recense l'annuaire mondain High Life de Belgique à Bruxelles en 1900, habitent le petit quartier Léopold[41]. Le nom du quartier, encore plus dans sa forme abrégée, devient un designateur social : « Elle est vraiment très Q.L.! » signale la « manière d’être de la haute société bruxelloise, un style de vie, un état d’esprit, une mentalité, très conventionnelle, traditionaliste et bien pensante »[42].

En 1864, le quartier Léopold atteint la rue d'Arlon, au bout du plateau à déclivité faible. En 1865, la Société Civile est liquidé[43]. Pour ce qui est le terrain plus raide qui descend vers la Maelbeek. c'est la Compagnie immobilière de Belgique, une autre filiale de la Société générale, qui prend le relais, et se charge du lotissement sur 12 hectares supplémentaires. Les nouvelles rues s'y remplissent rapidement des maisons bourgeoises[44].

Square Frère-Orban, en 1910.

Au début du XXe siècle l'ambassadeur américain décrit le quartier comme suite :

« Le gratin de Bruxelles vivait dans ces hôtels de maître aux très hauts plafond ouvragés, aux rideaux lourd, aux escaliers de marbre, aux entrées cochères conduisant à des jardins ombreux. Nombre de ces demeures semblaient toujours closes, avec leurs persiennes baissées, comme si les propriétaires étaient absents... En fait, ils n'étaient pas là pour tout le monde. »

 Brand Whitlock, [45]

Le quartier vie principalement en hiver. Le reste de l’année, bien des hôtels sont fermés, sous la garde des concierges, et leurs propriétaires partis à la campagne. Pendant l'hiver c’est une suite ininterrompue de visites, politesses faites et rendues, de dîners et déjeuners, de bals, de thés de dames, qu'y s'opèrent [38].

Le beau monde se rassemble au Concert Noble ou Waux Hall, grande bâtisse de la rue d'Arlon, construit par Henri Beyaert en 1872, pour des fêtes et de bals. Deux dames tiennent des salons à prétention littéraire dans le quartier : la vicomtesse de Sousberghe et la vicomtesse de Spoelberch. Le club aristrocratique le plus huppé est le Cercle du Parc, établi en 1867 dans le grand hôtel du Baron de Blommaert, sis au coin de l’avenue des Arts et de la rue Guimard, où il reste jusqu’en 1969[46].

La gare

La gare du quartier Léopold et la place du Luxembourg, v. 1900.

Après être resté longtemps stationnaire, le quartier a pris quelques accroissements avec l'élévation de la station du chemin de fer entre quartier et parc Léopold. En 1854, la gare du Quartier Léopold, plus tard rébaptisé gare de Luxembourg permet de voyager jusqu'à La Hulpe, en 1858 Arlon et atteint, en 1859 Luxembourg. La ligne est prolongée, le vers la Gare du Nord[47].

Alors que la partie bruxelloise du quartier, principalement résidentielle, n'accueille que quelques commerces de luxe et de proximité, les alentours de la gare, sur territoire ixelloise, rue et place du Luxembourg, attirent des nombreux cafés, brasseries-restaurants et hôtels pour voyageurs[39].

Colonie d'artistes

Au milieu du XIXe siècle, le peintre Antoine Wiertz est très en vogue en Belgique. Il arrive à convaincre le ministre de l'intérieur, Charles Rogier, que l'État devrait lui financer un atelier à mesure de ses peintures monumentales. Sur un terrain derrière la nouvelle gare, aujourd'hui rue Vautier, apparaît donc la maison-atelier, que le peintre va occuper de la fin des travaux, en 1853, jusqu'à sa mort, en 1865. L'opération coûte 87 000 francs à l'État, qui reçoit après le décès du peintre, son œuvre et le bâtiment en échange qui se transforment en musée[48],[49].

Un an avant la mort du peintre. la rue Wiertz est tracé, et à la même époque, la rue du Financier se voit rebaptiser rue Godecharle. Suivant l'exemple de Wiertz, d'autres artistes choisissent de s'installer au bord de la ville, mais près de leurs clients et mécènes. Le public aisé évitant les nuisances des trains à vapeur, le terrains autour de la gare restent bon marché. Les trois rues Vautier, Wiertz et Godecharle de ce bout ixellois du quartier Léopold accueillent donc une colonie d'artistes. Jusqu'en 1940, près d'une centaine de créateurs vont se succéder dans ces atéliers et soupentes[48].

Au milieu du XXe siècle, la vocation culturelle du quartier est en déclin, avant de revivre dans les années 1970, dans le sillage du cinéaste Benoît Lamy[50].

En 1989, la Région de Bruxelles-Capitale autorise la construction d'une dalle visant à couvrir la gare du Quartier Léopold. L'ensemble du bâti situé entre la rue Godecharle et les voies ferrées ont dû être démolis. L'histoire des derniers habitants face au chantier est l'objet du film documentaire Bruxelles Requiem d'André Dartevelle[51].

Le dernier habitant de la rue Godecharle racconte :

« Je refusais de partir. J'ai eu droit aux coupures d'eau, de téléphone, et à la boule de plomb à travers le mur. Comme au cinéma... Finalement, j'ai arraché 25 millions [FB] à cet enfer et je suis parti de Bruxelles. À ce prix là, il n'y avais pas moyen de trouver un atelier équivalent compte tenu de la flambée de l'immobilier. Mais je regretterai toujours ce lieu magique, où l'art transpirait entre la gare des tableaux de Delvaux, le Musée WIertz et les iguanodons de Bernissart. »

 Benoît Lamy, [52]

En 2002, un permis sera délivré pour la réalisation d'un hôtel et de nouveaux logements à la place de ceux démolis à l'angle des rues Godecharle et d'Idalie, à côté de la nouvelle entrée de la gare de Bruxelles-Luxembourg.

Quartier des bureaux

Immeuble de bureaux au 113 rue du Commerce.
Coin rue de Trêves/rue Belliard, en 1981.

Avec l'apparition de l'automobile, les propriétaires aisés abandonnent leurs grandes demeures dans le quartier « sans regret et avec plus-value pour habiter en banlieue »[53],[54]. Ils échangent le quartier Léopold étriqué pour des quartiers plus aérés, aux parcelles plus larges[55].

L'infiltration des bureaux dans le quartier commence dans l'entre-deux-guerres, mais accélère avec le développement de l'État-providence, accompagné d'une forte croissance des espaces de bureaux. À partir de 1950, le quartier Léopold devient « le centre administratif et d'affaires par excellence » de la capitale, avec ses ministères, ses ambassades et ses sièges sociaux de compagnies d'assurances et de banques[56]. Au début, les hôtels de maître sont juste adaptés aux bureaux[57], mais après la seconde guerre mondiale, la plupart des bâtiments se font remplacer par des nouvelles constructions. Les premiers sont l'œuvre de l'Union des assurances de Paris, les assurances d'Utrecht (nl), la Petrofina, la SABAM[57]. Pour convaincre les habitants de partir, les immeubles d'angles sont détruits et les autres laissés à l'abandon[58]. La multiplication des bureaux et le remplissage systématique des intérieurs d'îlot détériorent à tel point le climat résidentiel qu'encore plus des habitants quittent le quartier[59].

Les anciens demeures de la classe dirigéante s'excellent par une architecture de qualité, à haute valeur patrimoniale. Par laxisme généralisé, les autorités ne protègent que très peu de ces immeubles. Par contre, pour éviter le problème du quartier Nord où les promoteurs n'arrivent pas a rassembler les fonds nécessaires aux immeubles-tours projetés, les autorités limitent, dans le quartier Léopold, l'hauteur des immeubles à huit étages[60], en observant une servitude de vue pour les arcades du Cinquantenaire[61].

Quand Guy Cudell, secrétaire d'État pour les affaires bruxelloises du gouvernement Leburton I, fait élaborer, en 1973, un projet de plan de secteur, avec comme but de défendre l'habitat, le quartier Léopold y est déjà abandonné à l’activité administrative qui l’a investi et transformé en grande partie[62]. Quand le plan de secteur est finalement adopté, sous l'houlette du gouvernement Vanden Boeynants II, mais avec à nouveau le même secrétaire d'État, en 1979, ce plan a valeur réglementaire et ne contient qu’une large zone administrative dans le quartier Léopold[63].

Après la jonction Nord-Midi et le quartier Nord, les quartiers combinés Léopold et Schuman arrivent à la troisième place des « constructions modifiant profondément le paysage urbain » dans les années 1950 à 1970, ce qui va continuer dans les décennies depuis. Les trois autres zones sont marqués par des constructions qui occupent des îlots entiers, alors que dans le quartier Léopold ce genre de constructions se limitent à l'époque aux rues de la Loi et Joseph II. Dans le reste du quartier on trouve une multitude des immeubles qui ne remplacent qu'une poignée des maisons d'habitation à la fois[64].

Partie du quartier Européen

En 1958, l'Euratom et la commission européenne s'installent rue Belliard au numéro 51 et 53[65]. Pour quelques années, ça reste la seule implantation européenne dans un quartier d'adminstrations et entreprises belges. Ègalement en 1958, la commission commence son implantation dans le quartier Schuman, qui, lui, devient le premier véritable quartier européen de Bruxelles, en commençant de grignoter l'îlot entre la rue de la Loi et les avenues de la Joyeuse Entrée et Cortenbergh[66].

En 1962/63, la commission loue brièvement les bâtiments rue d'Arlon 80 et rue de la Loi 89, pour les abandonner déjà en 1966, quand le Charlemagne devient disponible[67]. Par contre, l'occupation des îlots entre la rue Joseph II et la rue de la Loi, va se faire progressivement dès les années 1960 jusqu'aux années 2020[68].

En 1978, lors d'une table ronde du Maelbeek avec les comités d'habitants, les autorités s'engagent de jamais faire traverser les bureaux de la C.E.E. la Maerbeek, excepté le centre Borschette, rue Froissart, à Etterbeek[69], alors que c'est exactement ce qui va se passer les années qui viennent :

C'est le Parlement Européen qui va s'installer dans le quartier. D'abord, en 1981, à la rue Belliard 99/101 (aujourd'hui bâtiment Jacques Delors)[70], pour s'agrandir en face, en 1989, au coin de la rue van Maerlant[71].

En mai 1986, le sécretaire d'État aux affaires bruxelloises, Jean-Louis Thys, annonce d'avoir commandité une étude Espace Bruxelles-Europe pour sonder comment le mieux intégrer les institutions européennes dans la ville. Début 1987, Thys s'envoie une démande de permis à lui-même, pour un projet de couvrir la gare du Quartier Léopold par une gigantesque dalle en béton, allant de la place du Luxembourg à la rue Wiertz et de la rue Belliard jusqu'á la chaussée de Wavre et d'y construire un énorme complèxe de bureaux. À ce moment, les plans régulateurs ne permettent que 200 m2 de bureaux à cet endroit. Le , une société appelé Espace Léopold présente des plans pour le projet de Thys au public. Les associations d'habitants sont horrifiés. En , Thys donne son accord à sa propre démande de permis. Le même mois, le gouvernement Martens VI conclut une convention sécrete avec les promoteurs de passer à la construction d'un centre international de congrès. Le la société Espace Léopold se mue en société anonyme du même nom, prend en passant encore d'autres investisseurs à bord. But de la société : la construction d'un centre international de congrès avec 200 000 m2 de bureaux, un hémicycle pour 750 personnes, 20 autres salles de réunion, des facilités pour interprètes dans 12 langues. Dans toute l'Europe il y a un seul locataire possible pour un bâtiment pareil : Le Parlement Européen[72].

En réaction au projet du prétendu Centre International de Congrès, des habitants survivants du quartier de se constituent en asbl Association du Quartier Léopold (AQL), le , association qui devient membre d'Inter-Environnement Bruxelles[73]. Elle regroupe habitants et entreprises entre petite ceinture, chaussée de Wavre, rue de la Loi et chaussée d'Etterbeek, donc le quartier Léopold plus quelques rues d'Ixelles[74]. L'AQL à comme objectif « de favoriser la qualité de la vie urbaine, la rénovation de l’habitat le développement des services urbains et des équipements publics, en vue de préserver et de développer la mixité sociale, économique et culturelle »[73].

Du complèxe Espace Léopold, le bâtiment Paul-Henri Spaak est prèt en 1993, le bâtiment Altiero-Spinelli en 1996[75], le bâtiment Willy Brandt en 2007, le József Antall en 2008. La même année, le parlement reprend aussi les bâtiments Stefan Zweig et Sophie Scholl qui jusque-là étaient loués à d'autres locataires[76]. Et ce n'est pas fini, à partir de 2005, le parlement s'etend encore aux bâtiments rue Montoyer 15, 30, 46, 63, 75, square de Meeûs 8, rue Belliard 73 et 80[77].

Entretemps, la commission europénne doit digerer ĺ'élargissement vers l'est, et s'etend aussi vers le quartier Léopold : rue de la Science 11, rue Joseph II 79, rue de la Loi 15, 51, 82, Square Frère-Orban 8, rue Philippe Le Bon 1-3, rue Montoyer 15, rue d'Arlon 75-77, rue du Commerce 46, rue Van Maerlant 2, rue Guimard 10 [78],[79]

Suite à la construction de l'Espace Léopold la commune d'Ixelles lance, en , un plan de réaménagement de la place du Luxembourg : Le terre-plein du milieu s'agrandit, la statue va être illuminé, les trottoirs latéraux élargis pour permettre un agrandissement des terrasses de l'horeca, les arbres existants remplacés par une espèce qui pousse moins haut. L'association Inter-Environnement Bruxelles se plaint que les guichets de la gare quittent son ancien bâtiment ce qui enlève à la place sa fonction de place de gare[80].

L'échevin Henri Simons de la ville de Bruxelles, entretient de 1996 à 2001, un Comité de Suivi qui est censé de rassembler toutes les acteurs publics du quartier Européen ainsi que les comités d'habitants. Les habitants se sont investi avec beaucoup d'énergie et des maintes prises de positions élaborés. Mais la plupart des autorités n'ont pas pris au sérieux la concertation, jusqu'au point où, pour l'aménagement de la nouvelle place Jean Ray, Beliris balaye la décision commune de ville, région et comités, en l'an 2000, pour que la nouvelle place, selon leur plan à eux, soit prèt pour la présidence belge de l'UE en 2001[81].

Les institutions sont, en plus, bien entourées d'ambassades, journalistes, sous-traîtants… En 2010 on recense des lobbyistes à 1433 adresses à Bruxelles, dont une bonne partie au quartier Léopold[82].

Entre 2012 et 2025, l'AQL, IEB, l'ARAU et BRAL se livrent une bataille juridique contre deux projets de tours du promoteur Atenor sur la rue de la Loi : The One et Leaselex/Realex. Ils arrivent à faire sauter les permis d'urbanisme plusieurs fois devant le Conseil d'État, parce que les tours dépassent largement l'hauteur et la superficie prévu dans les plans régulateurs[74]. Mais les deux projets se réalisent quand même[83],[84].

Projets autoroutiers

Dès 1964, les travaux routiers suivent, en Belgique, un document de synthèse interne à l'administration des Routes, confectionné sous la direction de Henri Hondermarcq. Il prévoit des autoroutes interurbaines et urbaines. Dans l'esprit de ce plan, l'avenue de Tervuren est élargie en 1963, l'avenue de la Couronne est débarassée des rails de tram en 1966, les rues Belliard et de la Loi sont modernisées et mises en sens unique en 1967, le tunnel Kennedy est construit en-dessous goulet et rond-point Schuman en 1965-1968, les deux tunnels Montgomery 1969-1973, le tunnel en dessous les arcades du Cinqantenaire 1971-1974[85].

Pour la suite, et sur démande des parlementaires bruxellois Marc-Antoine Pierson, Paul Vanden Boeynants et Albert Snyers d'Attenhoven le ministre des travaux publics, Jos De Saeger met en place une intercommunale pour les autoroutes de la périphérie bruxelloise, dite intercommunale B1. Censé d'accèlerer les travaux, les resultats sont toutes autres. Dans le conseil d'administration de cette intercommunale il n'y a pas place pour tout le monde. Outre les autorités nationales et provinciales, seules les villes de Bruxelles et de Waterloo y sont representées. Ce qui fait que les autres communes concernées se sentent obligés de passer par les médias pour faire entendre leus avis. Ce qui, de son côté, déclenche des protestations populaires, des nombreuses comités de quartier naissent à ce moment-là[86],[87].

En ce qui concerne le quartier Léopold, c'est le plan de l'autoroute du Maelbeek qui marque les esprits : l'E411 devrait continuer à partir de Delta sur une dalle au-dessus de la ligne 161 des chemins des fers, puis bifurquer vers le nord par un viaduc remplaçant la rue Gray pour ensuite suivre la vallée de Maelbeek par la chaussée d'Etterbeek, le square Marie-Louise jusqu'au bas de l'avenue Louis Bertrand et la place Verboekhoven[88]… D'un largeur de 28 mètres, sa construction nécessite la destruction de 80 îlots sur sept communes, Une série d'îlots sur Etterbeek et Bruxelles-ville disparaissent[89]. Alors que le bourgmestre d'Ixelles, Charles Janssens est pour le projet, qu'il voit comme un d'assainissement de la rue Gray, le nouveau bourgmestre d'Etterbeek, Léon Defosset est fermement contre, comme l'ARAU, des nombreux comités de quartier, membres d'IEB [90]. Dans un premier temps, le le minister De Saeger déclare de ne plus donner priorité aux autoroutes urbaines mais au ring[91]. Le plan de secteur de 1979 met la vallée du Maelbeek, donc aussi la chaussée d'Etterbeek, en zone d'habitation. Mais cette rue, qui marque la limite entre les quartiers Léopold et Schuman est quand même aménagée avec deux fois deux bandes avec une berme central et les habitations y font place à des terrains vagues pendant des décennies[92].

L'habitat dans le quartier

Les tours Eggerickx, en 2016.

Les deux premiers immeubles tours du quartier (tours Eggerickx) sont destinés au logement. La société Sobeco en fait construire sur le côté ixellois de la rue du Luxembourg et du square de Meeûs d'après les plans de Jean-Jules Eggerickx, exécutée par Blaton en 1935-1937. La commission royale des Monuments et des Sites proteste en vain contre la rupture d'échelle et de symétrie - la résidence Léopold compte 15 étages et 62 mètres de hauteur. Ensuite le promoteur se bat contre l'administration de la ville de Bruxelles, pour « reconstituer la symétrie » en construisant une tour jumelle côté bruxellois du square, la résidence Albert, en 1938-1940. Cette deuxième tour n'est pourtant jamais habitée, étant réquisitionnée directement par l'occupation allemande[93]. Ces tours jumelles sont classées le [94].

En 1976, une filiale de la Banque Bruxelles Lambert achète les bâtiments de l'école des Sœurs de la Charité de Jésus et de Marie (1865 à 1976 installées à l'endroit), rue du Trône, et les abat. Ils projettent une combinaison de bureaux, des commerces et du logement. La première partie de cette cité Parnasse est réalisé en 1982, la deuxième dix ans plus tard[95]. Cette « version miniature de Louvain-la-Neuve »[96], travail des architectes André et Jean Polak, ainsi que René Stappels reste déserte. En faite, le design, comme zone piétonne avec une architecture variée et à petite échelle est en contradiction avec la structure : Les habitants rentrent en voiture dans le garage souterrain et montent dans l'ascenseur sans jamais se montrer a l'extérieur[95],[97].

Ignorant les protestations des propriétaires qu'y voient fondre la plus-value de leurs immeubles, le sécretaire d'État Didier van Eyll du gouvernement Picqué I fait classer à la hâte les quelques hôtels de maître rescapés au début des années 1990[58].

Certaines extensions des bureaux, du Juste Lipse et dans le Résidence Palace, des compensations en logements sont éxigés, mais se font attendre des décennies. Au début du XXIe siècle, on commence quand même à reconstruire des logements dans la zone "habitat", composée d'une rangée des terrains vagues, de la chaussée d'Etterbeek. Ça commence avec l'aile des célibataires du Résidence Palace, pour continuer avec l'angle de la rue Pascale, et l'îlot Van Maerlant en ce qui concerne le quartier Léopold[98].

En 2003, on cite le chiffre de quelques 12 000 habitants dans l'extension est de Bruxelles, dont 700 dans les deux rues de Pascale et de Toulouse seules, pour les quartiers Léopold et Schuman ça répresente une chute de 70% dépuis 1970[99],[100].

Au cours des années 2002-2003, pas moins que trois ministres sortent leur propre schéma directeur pour le quartier européen, Isabelle Durant, François-Xavier de Donnea et Guy Verhofstadt - ils sont en commun de promettre d'augmenter l'habitat dans le quartier. Inter-Environnement se montre stupéfait de cette avalanche des plans, alors qu'en même temps des permis délivrés continuent à réduire le nombre de logements dans le quartier[99].

En 2002, trois maisons rescapés de la rue de Commerce (numéros 49 à 59) sont l'objet d'une démande de démolition pour permettre la construction d'un immeuble de bureaux de huit étages. Une d'elles contient l'atelier de Marcel Hastir, artiste et résistant, qu'y réside alors toujours et l'ouvre à des activités culturelles[101]. La mobilisation citoyenne qui en suit, mène au classement du bâtiment, par le gouvernement Picqué III, en 2006, et l'achat par la ville, dirigée par Freddy Thielemans, en 2010. La ville le passe ensuite, en , par un bail emphytéotique à l'Fondation Atelier Marcel Hastir, qui continue donc, d'y organiser des concerts etc.[102].

En 2006, un accord tripartite sera conclu entre l'État fédéral, la Région et la Ville de Bruxelles, reconnaissant « qu'il convient de consolider la fonction résidentielle dans le quartier » avec pour objectifs la création de nouveaux espaces de logement par le biais de nouvelles constructions ou de travaux de rénovation afin de favoriser la mixité du quartier et l'établissement progressif de la mixité de fonctions.

Sur le terrain, la transformation d'immeubles de bureaux en logements se fait rare. Le premier exemple est le bâtiment square de Meeûs 24, avec 600m² transformés[103].

Avec le schéma directeur de 2008 ayant pour priorité la réintroduction du logement et la diversité fonctionnelle, plus de 165.000 m2 de nouveaux logements ont vu le jour dans le quartier européen depuis 2008.

« Lors d'une journée portes ouvertes organisée par l'agence chargée par la vente des appartements de la tour Van Maerlant, un riverain a demandé au sémillant vendeur ce qu'il pensait du recours contre la hauteur démesurée de son si beau projet. Le vendeur rembruni s'est écrié que les Bruxellois n'avaient pas le droit de s'exprimer à ce sujet puisqu'ils sont étrangers pour la moitié d'entre eux, que les autres sont devenus trop peu nombreux pour revendiquer et les mécontents doivent s'installer ailleurs plutôt que d'empêcher les travailleurs de travaliller, les promoteurs de pomouvoir et les vendeurs de séduire on ne sait quels autres habitants qui ne devraient surtout pas être bruxellois. »

 AQL[104]

Contre la tour de bureaux The One (2025) est accolé une deuxième, elle vouée au logement. Le tout se répartit de la manière suivante : 74,1 % de bureaux, 24,5 % de logements, 1,4 % de commerces[105].

Bâtiments rémarquables

L'« austérité administrative » du quartier à façades « souvent insipides »[106] est interrompu par quelques bâtiments de qualité.

En ce qui concerne des architectures « néo », c'est le palais du marquis d'Assche, rue de la Science 33, de l'architecte Alphonse Balat, aujourd'hui siège du Conseil d'État, qui sort du lot. Sinon l'ensemble de la Place du Luxembourg.

Côté prouesse de construction, on peut encore citer la Banque Brunner, rue de la Loi 78, contenant une des rares coupoles en béton armé du début du XXe siècle toujours debout à Bruxelles[107].

Un seul bâtiment de l'architecture moderne de l'après-guerre, si prolifique dans le quartier, vaut le détour[108] : Le siège de la feu Banque Lambert, aujourd'hui, ING Belgique (nl), avenue Marnix 24. L'œuvre de l’architecte américain Gordon Bunshaft « avec sa façade qui la fait ressembler à un palais vénitien, son parvis orné d'une sculpture de Henry Moore, ses bureaux paysagers, son étage de direction avec sa collection d'œuvres d'art contemporain » fait sensation lors de son inauguration, en 1964[109]. Surtout intéressant est sa façade portante constituée des éléments cruciformes en béton, reliés entre eux par des rotules en acier inoxydable[110].

Une curiosité de l'architecture post-moderne est la passerelle, liant deux bâtiments de part et d'autre de la rue Belliard, 99 et 102, Group Planning, 1983-1990[111].

Habitants illustres du quartier

Notes et références

Voir aussi

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