Parlement du Maroc

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Le Parlement du Maroc (en arabe : البرلمان المغربي (Barlaman al-Maghrib) ; en berbère : ⴰⴱⵕⵍⴰⵎⴰⵏ ⴰⵎⵖⵔⵉⴱⵉ) est l'organe législatif bicaméral du Maroc. Il est composé de deux chambres siégeant à Rabat, la capitale.

Faits en bref Type, Chambres ...
Parlement du Maroc
(ar) Barlaman al Maghrib
(ar) البرلمان المغربي
(ber) ⴰⴱⵕⵍⴰⵎⴰⵏ ⴰⵎⵖⵔⵉⴱⵉ

XIe législature de la Chambre des représentants
VIIe législature de la Chambre des conseillers

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Présentation
Type Bicaméral
Chambres Chambre des représentants
Chambre des conseillers
Création [1]
Lieu Rabat
Présidence
Chambre des représentants Rachid Talbi Alami (RNI)
Élection
Chambre des conseillers Naam Miyara (UGTM)
Élection
Structure
Membres 515 :
395 représentants
120 conseillers
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Composition actuelle.
Groupes politiques
(Chambre des représentants)

Gouvernement (270)

Opposition (125)

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Composition actuelle.
Groupes politiques
(Chambre des conseillers)

Gouvernement (63)

Soutien (10)

Opposition (47)

Élection
Système électoral
(Chambre des représentants)
Proportionnel plurinominal
Dernier scrutin 8 septembre 2021
Système électoral
(Chambre des conseillers)
Scrutin indirect
Dernier scrutin 5 octobre 2021

Bâtiment du Parlement du Maroc

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Photographie du lieu de réunion.
Divers
Site web parlement.ma
Voir aussi Politique au Maroc
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La Chambre des représentants compte 395 membres élus pour un mandat de cinq ans au suffrage universel direct, au scrutin de liste à la représentation proportionnelle.

La Chambre des conseillers comprend 120 membres élus pour un mandat de six ans au suffrage indirect par des collèges électoraux représentant les collectivités territoriales, les chambres professionnelles et les salariés.

Fonctionnement

Le Parlement est l'organe dépositaire du pouvoir législatif. À ce titre, il exerce trois fonctions principales :

  1. l’élaboration et le vote de la loi ;
  2. le contrôle de l’action du gouvernement ;
  3. l’évaluation des politiques publiques.

Les parlementaires sont répartis au sein de commissions permanentes spécialisées par domaine (notamment les commissions des finances ou de l’énergie). Ces commissions jouent un rôle central dans le processus législatif : elles examinent les projets et propositions de loi avant leur inscription en séance plénière.

Elles contribuent également à l’évaluation des politiques publiques, notamment par l’audition d’experts, de responsables administratifs ou économiques, ainsi que par l’organisation de missions d’information sur le terrain. Leurs travaux donnent lieu à la publication de rapports.

Les textes législatifs sont examinés en commission avant d’être débattus en séance plénière. Ils sont ensuite transmis à l’autre chambre pour examen et adoption. En cas de désaccord persistant entre les deux chambres, la Chambre des représentants a le dernier mot, conformément aux dispositions constitutionnelles.

Afin d’exercer ses missions, le Parlement dispose de plusieurs moyens d’action :

  • l’initiative législative (propositions de loi) ;
  • le droit d’amendement ;
  • les questions orales et écrites adressées au gouvernement ;
  • la mise en jeu de la responsabilité du gouvernement, notamment par la motion de censure ;
  • la création de commissions d’enquête parlementaires ;
  • l’audition de responsables publics ou privés dans le cadre de ses travaux.

Chaque chambre est dirigée par un président et un bureau élus au début de la législature.

Textes juridiques

Le fonctionnement du Parlement est encadré par plusieurs textes juridiques :

  1. la Constitution (articles 60 à 86) ;
  2. la loi organique relative à la Chambre des représentants ;
  3. la loi organique relative à la Chambre des conseillers.

Certaines procédures spécifiques sont régies par des lois particulières :

  1. l’examen du projet de loi de finances, encadré par la loi no 130.13 relative à la loi de finances ;
  2. les commissions d’enquête parlementaires, régies par la loi no 085.13.

Chaque chambre dispose en outre de son propre règlement intérieur.

Limites

Malgré un renforcement de ses prérogatives depuis la Constitution de 2011, le Parlement est souvent considéré comme relativement limité face au pouvoir exécutif[2].

Selon le chercheur Abderrahim Radouani, l’histoire politique du Maroc montre une tendance à la prééminence de l’exécutif sur le législatif[3].

Par ailleurs, si le Parlement peut auditionner les dirigeants d’entreprises publiques et examiner les projets de loi de finances, son contrôle sur certains établissements publics demeure limité. Ainsi, il n’exerce pas de contrôle direct sur la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), contrairement à certains dispositifs existant dans d’autres pays[réf. souhaitée].

Enfin, la composition sociologique du Parlement est parfois critiquée, certains observateurs évoquant un profil jugé « élitiste » de ses membres[4].

Histoire

Avant l’instauration d’institutions modernes, le régime représentatif au Maroc reposait sur des structures traditionnelles telles que les assemblées d’oulémas au niveau local ou régional, ainsi que les assemblées tribales (jemâa). Ces instances n’étaient pas élues, mais composées selon des mécanismes de cooptation.

À partir des années 1880, le Maroc engage une série de réformes visant à moderniser ses institutions, notamment sous l’influence des modèles administratifs européens. Un poste de grand vizir est instauré, doté d’un appareil gouvernemental structuré comprenant plusieurs départements (affaires étrangères, finances, défense, etc.). Dans ce contexte, le sultan Moulay Abdelaziz crée en 1904 une assemblée consultative, le Majliss al-Ayane[5]. Cette assemblée participe notamment à la convocation de la conférence d’Algésiras et à l’élaboration d’un projet de constitution en 1908, qui ne sera toutefois pas appliqué en raison des troubles politiques.

Le Majliss al-Ayane est dissous en 1913 à la suite du traité de Fès instituant le protectorat. À partir de 1947, sous l’impulsion du résident général français Erik Labonne et du sultan Mohammed V, des chambres consultatives sont créées pour représenter les populations musulmanes et israélites. Ces assemblées, élues en 1947 et en 1951, disposent de pouvoirs limités et s’inscrivent dans le cadre des concessions du régime du protectorat face aux revendications nationalistes. Le Parti de l'Istiqlal participe aux élections de 1947, avant de boycotter celles de 1951.

À la suite du retour d’exil de Mohammed V en , un Conseil consultatif national est institué en 1956 afin de préparer la mise en place d’institutions représentatives[6]. Cette assemblée, présidée par Mehdi Ben Barka, est composée de membres désignés à l’issue de consultations politiques.

La première Constitution adoptée en 1962 instaure un Parlement bicaméral composé de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers. La première législature débute à la suite des élections législatives de 1963[6].

La Constitution de 1970 instaure un système monocaméral. Le bicaméralisme est réintroduit ultérieurement, notamment avec les révisions constitutionnelles des années 1990. La Constitution de 1992 renforce les prérogatives du Parlement, en permettant notamment la création de commissions d’enquête parlementaires.

Durant la période dite des années de plomb, sous le règne de Hassan II, le fonctionnement des institutions parlementaires est marqué par des restrictions importantes. L’état d'exception est proclamé en 1965 et reste en vigueur jusqu’en 1970. Bien que la Constitution prévoie que cet état n’entraîne pas la dissolution du Parlement, le fonctionnement normal des institutions représentatives est alors fortement limité. Jusqu’en 1977, aucune législature élue ne parvient à s’achever dans des conditions normales[7].

Constitution de 1996

La révision constitutionnelle du réintroduit le bicamérisme au Maroc. Le Parlement redevient composé de deux chambres et le processus législatif est réorganisé, notamment par l’instauration d’une procédure de navette entre la Chambre des représentants et la Chambre des conseillers. Les projets et propositions de loi doivent ainsi être examinés successivement par les deux chambres. En cas de désaccord persistant, la Chambre des représentants a le dernier mot.

Le rôle du Parlement connaît une évolution progressive à partir de 1999, avec l’accession au trône du roi Mohammed VI.

Constitution de 2011

Place du Parlement du Maroc à Rabat.
Place du Parlement du Maroc à Rabat.

La Constitution de 2011 introduit plusieurs réformes visant à renforcer les prérogatives du Parlement et à rééquilibrer les pouvoirs institutionnels.

Parmi les principales dispositions :

  • le chef du Gouvernement est nommé par le roi au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants[8] ;
  • le chef du Gouvernement dispose du pouvoir de dissoudre la Chambre des représentants, sous certaines conditions ;
  • le changement d’appartenance politique des parlementaires (transhumance) entraîne la perte du mandat ;
  • les commissions parlementaires peuvent auditionner les responsables des administrations, des établissements et des entreprises publics, en présence des ministres concernés ;
  • les conditions de création des commissions d’enquête parlementaires sont assouplies, le seuil requis étant fixé au tiers des membres.

Ces réformes s’inscrivent dans le contexte des mouvements de protestation de 2011 et visent à renforcer le rôle du Parlement dans le fonctionnement des institutions.

Commissions permanentes

Les commissions permanentes sont des organes parlementaires composés d’un nombre limité de membres, spécialisés par domaine de compétence.

Elles sont chargées d’examiner les projets et propositions de loi, ainsi que les amendements qui y sont apportés, avant leur discussion et leur vote en séance plénière[9].

Chaque commission est dirigée par un président, chargé d’organiser les travaux et d’établir l’ordre du jour. Bien qu’il assure la coordination des activités de la commission, il ne dispose pas d’une autorité hiérarchique sur ses membres.

Davantage d’informations Chambre des représentants, Commission ...
Chambre des représentants[10]
Commission Président Groupe
Commission des Affaires étrangères et de la défense nationale, des affaires islamiques et des Marocains résidant à l'étranger Salma Benaziz Groupe du Rassemblement national des indépendants
Commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville Mohamed Ouadmine Groupe Authenticité et modernité
Commission de la justice, de la législation et des droits de l'Homme Said Baaziz Groupe Socialiste - Opposition Ittihadi
Commission des finances et du développement économique Lahcen Saadi Groupe du Rassemblement national des indépendants
Commission des secteurs Sociaux Hamid Noughou Groupe Constitutionnel démocratique et social
Commission des secteurs productifs Abdelaziz Lachheb Groupe Istiqlalien de l'unité et de l'égalitarisme
Commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement Ibrahim Aaba Groupe Haraki
Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication Addi Chajri Groupe du Progrès et du socialisme
Commission du contrôle des finances publiques Mohamed El-Hejira Groupe Authenticité et modernité
Chambre des conseillers[11]
Commission Président Groupe
Commission des Affaires étrangères et de la défense nationale, des affaires islamiques et des Marocains résidant à l'étranger Neila Mia Tazi Groupe CGEM
Commission de la justice, de la législation et des droits de l'Homme Aziz Mknif Groupe Socialiste
Commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville Abderrahmane Ablila Groupe du Rassemblement national des indépendants
Commission des finances et du développement économique Messaoud Agnaou Groupe Authenticité et modernité
Commission des secteurs productifs Othmane Tarmounia Groupe Istiqlalien de l'unité et de l'égalitarisme
Commission de l'enseignement, de la culture et des affaires sociales Abderrahman Drissi Groupe Haraki
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Notes et références

Voir aussi

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