Paso péruvien

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Le Paso péruvien (en espagnol : Caballo peruano de Paso) est une race de chevaux légers, sélectionnés au Pérou pour la selle. Ce cheval de loisir est connu pour la douceur de ses mouvements. Il se distingue par un amble naturel à quatre temps, latéral, appelé le paso llano, sélectionné sur un mouvement spécifique des membres antérieurs. En raison de son isolement pendant 400 ans et de la sélection faite par ses éleveurs, le Paso péruvien est très particulier dans ses proportions corporelles et par ses allures caractéristiques. Il est souvent monté lors d’exhibitions populaires qui mettent en valeur ses allures et son dressage. Typique des régions du nord du Pérou dont il provient, il a été exporté vers de très nombreux pays, et se trouve désormais dans une grande partie des Amériques, ainsi qu'en Europe et en Australie.

RégionDrapeau du Pérou Pérou
Taille1,42 m à 1,55 m
Faits en bref Région d’origine, Région ...
Paso péruvien
Jument Paso péruvien alezan et son poulain.
Jument Paso péruvien alezan et son poulain.
Région d’origine
Région Drapeau du Pérou Pérou
Caractéristiques
Morphologie Cheval d'allures
Taille 1,42 m à 1,55 m
Robe bai, gris, alezan, noir ou rouan
Tête Petite, généralement rectiligne
Pieds Petits
Caractère Sensible, proche de l'humain
Autre
Utilisation Randonnée équestre principalement
Fermer

Symbole de statut social élevé, le Paso péruvien fait partie intégrante de la culture péruvienne. Il est monté avec un équipement et un habit spécifiques, différents de ceux utilisés dans les autres pratiques équestres. La selle est particulièrement confortable, et comprend des étriers pleins de forme triangulaire.

Dénomination

Cette race est nommée Peruano de paso ou Paso peruano en espagnol[1]. Le nom de « Criollo péruvien » est une terminologie générique qui désigne toutes les races de chevaux élevées au Pérou[2].

Le nom Paso est commun à plusieurs races de chevaux d'allures élevées en Amérique du Sud en en Amérique centrale, notamment le Paso péruvien, le Paso cubain et le Paso Fino[3],[4]. Paso signifie « pas »[3] ou « allure » en espagnol[5],[6],[7], et désigne tout cheval allant l'amble rompu à quatre temps[4]. Une majorité d'auteurs considèrent qu'il ne faut pas confondre le Paso péruvien avec le Paso Fino, l'histoire, les allures et la conformation de chacune de ces deux races étant différentes bien qu'elles aient la même souche d'origine[6],[8],[9]. Cependant, l'auteur autrichien Martin Haller considère que ces deux races « se différencient peu »[10].

Une variété de Paso propre à la côte du Pérou est nommée Costeño (espagnol : El caballo costeño de paso aclimatado a la altura[11]) ; cette variété est parfois distinguée du groupe du Paso pérurien en raison de son biotope spécifique[12]. C'est le Costeño, principalement, qui été exporté vers les États-Unis où il est depuis élevé sous le nom de Peruvian Paso[13]. Cette race est aussi nommée Peruvian Stepping Horse en anglais[7], ou Peruvian National Horse (cheval national péruvien)[1].

Histoire

Cheval et cavalier vue de profil droit à l'arrêt
Paso péruvien monté avec le harnachement traditionnel.

Origine

Les chevaux du continent américain descendent tous plus ou moins directement d'animaux espagnols, et en particulier du Genet d'Espagne[10],[14]. Le Paso péruvien provient vraisemblablement de ce dernier[2], ainsi que du Barbe et de l'Andalou[W 1],[15],[16],[8],[4],[17].

Ces chevaux arrivent en Amérique du Sud avec la conquête espagnole[14]. Ils sont élevés dans ce pays dès le XVIe siècle[15]. Lima importe alors de nombreux chevaux espagnols de qualité[18], fréquemment dotés de l'amble plutôt que du trot[19]. Lorsque le Pérou devient indépendant de l'Espagne en 1823, le mélange entre plusieurs souches de chevaux importées entraîne l'émergence de trois types distincts : le cheval de la côte ou Costeño de Paso, qui se fera connaître sous le nom de Paso péruvien ; le cheval d'altitude, et l'Andin[14],[6]. Il existe alors une grande diversité de types de chevaux[20], ainsi qu'une tendance à distinguer les animaux en fonction de la richesse de leurs propriétaires[6]. Les efforts de sélection subséquents portent sur la recherche d'endurance et de brio[5]. Ce cheval est alors monté par des propriétaires terriens lorsqu'ils inspectent leurs cultures, et plus largement pour tous les déplacements des individus fortunés[15],[6].

XXe et XXIe

Le Paso péruvien reçoit vraisemblablement l'influence de l'Arabe, du Hackney, du Pur-sang et du Frison après l'indépendance du Pérou, au XIXe siècle[2],[6],[7].

L'usage et l'élevage de ce cheval déclinent après la construction de grands axes routiers qui permettent aux chevaux trotteurs, puis aux véhicules à moteur, de remplacer l'ambleur[19],[W 2],[W 3]. La plupart des éleveurs importants de la région donnent leurs meilleurs chevaux aux paysans qui vivent à l'écart, dans les quebradas (vallées) des alentours[W 2]. C'est à cette occasion que l'éleveur Gustavo de la Borda obtient le cheval qui devient l'étalon fondateur moderne le plus important de la race, Sol de Oro (Viejo)[W 2]. Le stud-book centralisé est créé en 1946, et placé sous la responsabilité de la Asociación national de Criadores y proprietarios de caballos peruanos de paso[15], active depuis 1947[S 1].

Le Paso péruvien continue de prospérer dans les régions septentrionales, car il est nécessaire au transport sur les haciendas. La réforme agraire du gouvernement de Juan Velasco Alvarado en 1969, remet en cause cette situation, rendant l'élevage de ce cheval compliqué : Les zones de reproduction sont divisées en parcelles plus réduites et le cheptel reproducteur est perdu. De plus, l'intérêt grandissant pour le Paso péruvien, aux États-Unis et en Amérique centrale, pousse les éleveurs à exporter les animaux réputés les meilleurs, ce qui conduit à un déclin du Paso dans sa propre patrie[W 3].

Les trente années qui suivent voient un regain pour le cheval Paso au Pérou. Le salon annuel national à Lima devient un événement majeur dans la vie culturelle du pays. Des lois restreignent l'exportation des chevaux élus champions nationaux. En 1982, un stud-book européen est créé par Paso Peruano Europa pour centraliser les chevaux d'élevage du continent européen[15].

Description

C'est un cheval d'assez petite taille[21] ou de taille moyenne[22], dont les origines andalouses plus marquées se traduisent par une taille supérieure à celle du Paso Fino[17]. Les encyclopédies de race fournissent des mesures similaires : 1,43 à 1,55 m selon Jessica Bunjes[15], 1,44 à 1,55 m selon Gianni Ravazzi[17], 1,44 à 1,52 m selon CAB International[2], 1,42 à 1,54 m selon le guide Delachaux[1] et 1,42 à 1,52 m selon l'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards[7]. Le poids va de 400 à 500 kg[23]. Anatomiquement, le Paso péruvien a un grand cœur et de grands poumons par comparaison à sa taille[7],[24].

Le génome du Paso Péruvien a été entièrement séquencé, donnant lieu à une publication scientifique en [S 2]. Il démontre les origines européennes de cette race, qui appartient au même clade que des chevaux germaniques et serbes, dont le Westphalien et le Maremmien[S 2].

Morphologie

Leur morphologie diffère de celle du Criollo, qui est plus grand et plus épais[25]. Le type est nettement celui du cheval ibérique[15],[24], le Paso péruvien faisant partie des races modernes qui continuent d'arborer cette morphologie ibérique[26]. Compact et musclé[7],[24], taillé pour l'endurance plutôt que pour la vitesse[21], il s'inscrit dans un carré, la longueur des membres étant sensiblement égale à la profondeur du corps[23].

Tête

La tête ressemble à celle du Barbe[27],[17] ; petite et fine[5] ou bien de taille moyenne[23],[28], elle est bien proportionnée au corps[16]. Le profil en est rectiligne ou légèrement convexe[5],[1],[24], voire légèrement concave selon le standard nord-américain de la race[23],[16],[19],[28]. Cela marque une différence avec la souche ibérique d'origine, car le Paso péruvien n'a que rarement un profil de tête franchement convexe[2]. Les yeux sont grands[1], ronds et bien écartés l'un de l'autre[5], donnant une tête d'apparence large et plate[16],[24]. Les ganaches sont relativement fortes et prononcées, mais bien séparées l'une de l'autre au niveau de la gorge[23],[5]. Cette dernière a une tendance à s'épaissir[16].

Les oreilles sont petites[16],[24] ou de longueur moyenne, fines et légèrement incurvées vers l'intérieur[23],[29], pointues[16]. Le nez et la bouche sont petits et fins[23],[28], avec un bout de nez fin[16]. Selon Dutson, les naseaux sont oblongs et prennent facilement de l'ampleur[23],[28]. Edwards les décrit comme ouverts[16].

Avant-main, corps et arrière-main

L'encolure est courte selon une majorité d'auteurs[5],[7],[24], de longueur moyenne selon le standard nord-américain[23],[30]. Épaisse par comparaison au volume du corps[23],[5],[16],[30], elle présente une forme arquée[23],[5],[30]. Elle est greffée haut[15] et flexible[5], donnant un port de tête haut[31].

Le garrot est rond et relativement sorti[5],[16]. La poitrine est large et profonde[23],[5], modérément musclée[23],[30]. L'épaule est longue et inclinée[5], permettant l’élévation des membres antérieurs lors de l’exécution des allures[16]. La musculature est développée au niveau du garrot[23]. Le tour de poitrine est profond[30]. Le dos est musclé mais légèrement creux[5] et souple[15], court à moyen en longueur[23],[24],[30]. La cage thoracique est bien arrondie[23], le ventre est aussi rond[5]. Le rein est large[30] et long, mais musclé[5]. La croupe est inclinée, avec une musculature très développée[5], longue et large[23],[30], donnant une arrière-main puissante et arrondie[23],[15],[21],[1]. La queue est attachée bas[2],[23], de port droit[23] et tombant[24]. Elle est tenue proche des membres postérieurs lorsque le cheval est en mouvement[28].

Membres et crins

Les jambes sont assez courtes selon Edwards[21], alors que Ravazzi les décrit plutôt longues[17]. Fines[31] et musclées, elles sont dotées d'un avant-bras court[5]. L'avant-bras est droit[7]. Le canon des antérieurs est long, alors que celui des postérieurs est court[5]. Les postérieurs sont exceptionnellement forts[7], avec des jarrets anguleux[19]. Les tendons sont droits et bien définis[5],[23]. Les paturons sont flexibles et inclinés[5], de longueur moyenne[23],[30] mais notablement plus inclinés que chez la majorité des autres races de chevaux[23]. Le pied est petit et solide[5], adapté aux terrains difficiles[21].

Les crins sont longs, soyeux, luxuriants et abondants[5],[15],[7],[28]. Ils peuvent être lisses ou ondulés[28].

Robes

La robe est le plus souvent d'une couleur sombre classique comme l'alezan, le noir ou le bai sous toutes ses variantes, dont bai-brun[32],[5], le bai et l'alezan étant les plus fréquentes[16],[1],[17]. Il existe une vaste palette, incluant les différentes manifestations du gène Dun, le palomino, le gris et le rouan[23],[5],[28]. Les robes unies, et grises avec la peau foncée, sont considérés comme les plus souhaitables et les plus recherchées au Pérou[5],[28]. Des marques blanches sont acceptables sur les jambes et la tête[1]. Cependant, la peau doit être noire[28].

Les robes pie sont déconseillées et découragées, ce qui les a rendues très rares[33], voire absentes[15] en raison de leur interdiction[22]. La robe blanche (albino) est également interdite[15]. Les yeux doivent être foncés[28],[23], des yeux bleus étant sanctionnés en concours d'élevage[23].

Allures

Cheval noir monté en déplacement, levant haut les jambes
Démonstration de paso llano par le cheval Wallach Colonel vom Vogelstockerhof.

Une allure supplémentaire sélectionnée, le paso llano, est typique de cette race de chevaux[34],[15],[32],[S 1]. C'est l'équivalent du tölt des chevaux islandais[15], officiellement défini comme un amble rompu à quatre temps[22],[S 1]. Paso llano signifie « pas doux », et désigne cette allure souple de vitesse moyenne, permettant d'atteindre 10 à 15 km/h[5],[35], voire 16 à 18 km/h[27]. Cette allure se développe naturellement chez les poulains de pure race, sans besoin d'utiliser des techniques d'entraînement artificielles[34],[5],[31],[36]. Le mouvement des membres postérieurs vers l'avant dépasse lors du poser au sol celui des antérieurs[7]. Ce cheval se déplace en gardant l'arrière-main basse et les jarrets sous le corps, le dos droit et rigide[7],[4]. Une autre allure est occasionnellement pratiquée, le paso sobreandando[15],[30], plus rapide, moins rompue et donc plus proche de l'amble classique[24],[37]. Le déplacement au pas est une allure de base chez cette race[30], le Paso péruvien pratiquant rarement le trot[15]. Il peut galoper, mais cela lui est rarement demandé[16].

Le Paso péruvien a fait l'objet d'une étude visant à déterminer la présence de la mutation du gène DMRT3 à l'origine des allures supplémentaire : l'étude de 22 sujets a permis de détecter la présence de cette mutation chez 100 % d'entre eux, confirmant ainsi l’existence de chevaux d'allures parmi la race[S 3].

Tempérament et entretien

La race est réputée rustique et capable de s'adapter à de nombreux climats[5],[34],[W 4], en plus de son biotope montagneux d'origine[1]. Le Paso péruvien a le sens de l'orientation[1]. Il s'attache facilement à l'humain et montre souvent une grande sensibilité[34],[15]. Il est réputé facile à monter, car gentil et discipliné[6],[24],[17].

La fertilité des juments est estimée à 85-90 % ; ces dernières sont aptes à pouliner jusqu'environ 15 ans[W 4]. Le Paso péruvien a fait l'objet d'une étude concernant les qualités de son sperme après réfrigération et processus de congélation-décongélation[S 4].

Sélection

Démonstration de paso llano avec un couple cavalier-cheval portant le harnachement et le costume traditionnels péruviens.

Cette race de chevaux est sélectionnée par la Asociación national de Criadores y proprietarios de caballos peruanos de paso (Association d'éleveurs et de propriétaires de chevaux de paso péruviens, ANCPCPP)[15],[18],[S 1]. Un enregistrement dans le stud-book des États-Unis n'entraîne pas de reconnaissance automatique au Pérou[23].

Le Paso péruvien fait l'objet d'une sélection très poussée, axée notamment sur des actions distinctives[S 1] et extrêmes dans ses allures[32] ; cela en fait la plus extrême des races de Paso[2],[38]. En effet, un cheval capable de lever les jambes antérieures si haut qu'elles atteignent le niveau de l'étrier est culturellement valorisé[35]. Ainsi, les allures sont non seulement recherchées relevées, mais en plus, un mouvement en arc de cercle spécifique du genou et du boulet des antérieurs nommé termino a été sélectionné, comparable au mouvement de bras d'un nageur humain de crawl[39],[5],[15],[2],[16]. Cela rend l'amble du Paso péruvien spécifique par comparaison à toutes les autres races de chevaux qui le pratiquent[16],[S 1]. Ce mouvement procure beaucoup de confort aux cavaliers sur tous types de terrains[15],[7],[9]. Martin Haller qualifie le Paso péruvien de « cheval d'équitation le plus confortable »[10]. Un cavalier montant un Paso péruvien au paso llano doit pouvoir tenir un verre d'eau dans sa main sans le renverser[7],[4].

D'autres qualités sont recherchées en plus de la douceur et de l'élégance des allures, notamment une bouche qui répond au mors et une sensibilité aux actions d'un cavalier[5]. Le Paso péruvien est typiquement débourré à l'âge de quatre ans, avec un bosal[24].

La race a parfois des problèmes de consanguinité[15].

Utilisations

Cavalier et danseuse en costumes traditionnels péruviens
Paso péruvien en démonstration au salon national de la race à Lima, en 2009.

Le Paso péruvien est un cheval de selle[5], qui peut être monté pour la randonnée équestre et toutes les formes d'équitation de loisir[15],[6],[19],[40]. C'est aussi un cheval utilisé pour le travail du bétail[15],[1],[4], en particulier sur les haciendas[4]. Il dispose d'un sens du bétail[1]. Dans son pays d'origine, il sert encore de moyen de transport[W 4]. Il est également apte à l'endurance[15],[28]. Il arrive qu'il soit attelé[15],[19].

Parades et exhibitions

Le Paso péruvien est présent lors d'exhibitions et de parades équestres[15],[6],[28]. Au Pérou, les exhibitions spécifiques à cette race sont nommées Enfrenadura, et peuvent être assimilées à des démonstrations d'équitation péruvienne[37]. Les chevaux y sont jugés sur leur exécution des allures et leur docilité en déplacement, comportant différentes figures dont un cercle et une succession de cercles concentriques de plus en plus petits puis de plus en plus grands, une figure nommée caracol[37]. Aux États-Unis, le Paso péruvien est monté dans des exhibitions d'amateurs au niveau national, et dans des épreuves halter[28].

Croisements

Croisé avec un baudet, la jument Paso péruvien donne naissance à une mule dotée d'allures supplémentaires, particulièrement réputée[41]. De telles mules sont enregistrées par une association américaine spécifique[42].

Le Paso péruvien a influencé le Paso du Costa Rica[12]. Il intervient aussi dans la reconstitution du Spanish Jennet, un cheval de type ibérique ancien doté d'allures supplémentaires et d'une robe pie ou tachetée[43],[44].

Diffusion de l'élevage

Le Paso péruvien dispose d'associations d'éleveurs et d'un stud-book dans différents pays[2]. En plus du Pérou, cette race est élevée au Mexique[17],[45], dans le Salvador, en Uruguay[1], en Argentine et aux États-Unis[15],[1], avec une large distribution dans les Amériques et en Europe[15]. La race a été exportée jusqu'en Australie et en Asie de l'Est[28]. Le Paso péruvien est importé pour la première fois en Europe en 1973, par Jean-Claude Dysli, un cavalier d'équitation western d'origine suisse[15]. En 2013, environ 700 Paso péruviens sont enregistrés dans le stud-book européen[15].

En 2003, le nombre de chevaux Paso dans le monde est estimé à 25 000. Par ailleurs, l'ouvrage Equine Science (4e édition de 2012) le classe parmi les races de chevaux de selle connues au niveau international[46].

Au Pérou

Une jument et son poulain vus de profil, tenus en main par leur éleveur.
L'éleveur Guillermo Ganoza avec deux Paso péruviens à la Haciendita de Moche, près de Trujillo.

Le Paso péruvien est considéré comme une race localement adaptée au Pérou, signifiant que ses ancêtres lointains ne sont pas autochtones[W 4]. Il est surtout élevé dans le nord du pays[1], dans les régions côtières[W 4]. Une exhibition annuelle est organisée à Lima, contribuant à le faire connaître[W 5].

Aux États-Unis

Selon Dutson, la American Association of Owners and Breeders of Peruvian Paso Horses (Association américaine de propriétaires et d'éleveurs de chevaux Paso péruviens, AAOBPPH) est fondée en 1962[23]. Selon l'autrice américaine Fran Lynghaug, c'est au début des années 1970 que deux associations de race visant à promouvoir le Paso péruvien aux États-Unis sont fondées : le Peruvian Paso Horse Registry of North America (Registre du cheval Paso péruvien d'Amérique du Nord, PPHRNA) et l'AAOBPPH, qui importent toutes deux des chevaux de cette race depuis le Pérou[47]. Le Paso péruvien se fait progressivement connaître aux États-Unis[48], devenant particulièrement populaire durant les années 1990 et 2000[49], notamment grâce aux efforts de ces associations d'éleveurs importantes et actives[5]. Selon Lynghaug, ce succès s'explique par la correspondance de la race avec la notion d'American way of life[50]. De nombreux cavaliers américains sont en effet à la recherche d'un cheval confortable à monter, et les éleveurs sont rassurés par le fait que la transmission des allures amblées s'effectue à 100 % au sein de cette race[51].

Il est surtout élevé dans le sud du pays[17]. En 2005, l'AAOBPPH enregistre plus de 12 500 chevaux et une cinquantaine de nouvelles naissances chaque année[23]. Cette même année, les deux associations de race fusionnent dans le Peruvian Paso Horse Registry of North America (Registre du cheval Paso péruvien d'Amérique du Nord)[47].

Dans la culture

Il forme la plus connue et la plus populaire des races de chevaux péruviennes[7], ainsi que l'une des plus grandes réussites de l'élevage de ce pays[21]. Le Paso est protégé par le gouvernement péruvien en tant que symbole national depuis 1992[1], avec le décret n° 25 919, promulgué le . La race a été déclarée patrimoine culturel de la nation par l'Institut National de la Culture (INC)[W 6].

Ce cheval reste un symbole de statut social élevé[15],[4], notamment à travers la recherche du brio, une expression locale qui s'applique à son aspect exubérant et gracieux[15],[52], omniprésente dans le vocabulaire des éleveurs et utilisateurs de Paso péruviens[22]. L'autrice américaine Fran Lynghaug l'assimile à un cheval de luxe et le compare à la Cadillac des races de chevaux[38]. Les ventes aux enchères de Paso péruviens atteignent de hautes sommes dans toute l'Amérique du Sud, lors des concours de modèle et allures[53].

Un matériel équestre spécifique s’associe à cette race de chevaux dans son pays natal[54]. Le cavalier porte traditionnellement un poncho blanc ou coloré, un sombrero et un foulard blanc[15],[54]. Ce costume dit « chalan » est plutôt réservé aux parades[54]. Le Paso péruvien est monté en bosal avec une embouchure à palette, branche et gourmette[22]. Il porte une croupière flottante qui touche ses jarrets, la baticola, associée au floron, un morceau de cuir très décoré qui lui recouvre la queue[54]. La selle péruvienne est adaptée à sa morphologie, caractérisée par des épaules larges et un dos court[24].

Notes et références

Annexes

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