Paul Emond

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Paul Emond
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Biographie
Naissance
(81 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Maja Polackova
Enfant
Kristof Emond, Suzanne Emond
Autres informations
Membre de
Distinction
Prix Emmanuel Vossaert (1974), Prix triennal du roman de la Communauté française de Belgique (1982), Prix triennal du théâtre de la Communauté française de Belgique (1993), Prix de consécration Herman Closson de la SACD (1995), Prix André Praga (2006)

Paul Emond (né à Bruxelles en 1944) est un romancier, auteur dramatique et essayiste belge, membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Né à Bruxelles le 3 août 1944[1], Paul Emond a passé son enfance dans le Brabant wallon[2], a suivi des études secondaires à Bruxelles puis des études supérieures à l'université catholique de Louvain. Licencié en philologie romane en 1967, il devient assistant du professeur Michel Otten au Centre de stylistique et de sémiotique littéraires. En 1973, il soutient une thèse de doctorat sur l’œuvre du romancier Jean Cayrol, qui est publiée dans une version remaniée en 1974 sous le titre La Mort dans le miroir[3] ; « il y pose la question de la représentation littéraire qui va sous-tendre toute sa démarche de création : montrer « le caractère mensonger de toute fiction romanesque qui prétend raconter une histoire vraie, qui entend cacher son caractère fictif »[4].

Il séjourne en Tchécoslovaquie de 1973 à 1977, d’abord lecteur de français à Bratislava, puis boursier à Prague. C’est dans cette ville qu’il écrit son premier roman, La Danse du fumiste, publié en 1979[5],[6].

Ce roman est présenté sous la forme d'« Une seule phrase [qui] se déploie de la première à la dernière page entrecoupée uniquement de virgules et débouchant sur un point d'exclamation »[7]. Une dépêche de l'AFP reprise par plusieurs média évoque la présence d'un « point-virgule en plein milieu »[8], ce qui est réfuté par l'auteur lui-même et par d'autres sources[9]. Dans ce roman, Paul Emond joue des possibilités métonymiques et, en racontant les aventures d'un certain Caracala, livre en fait la « rocambolesque histoire d'un langage en quête éperdue de son histoire »[10],[11].

C’est à Prague également qu’il rencontre Maja Polackova, avec laquelle il se marie en 1977 et qui développera une œuvre originale d’artiste plasticienne par une création de collages ponctuée par de nombreuses expositions et des publications[12].

De retour à Bruxelles en 1978, Paul Emond devient bientôt attaché scientifique aux Archives et Musée de la Littérature (AML), où il est responsable des archives théâtrales[13] et fait paraître de nombreuses études sur des écrivains belges[14]. Selon Paul Aron, il est « l'auteur de quelques-unes des meilleures études sur l'histoire du théâtre belge »[15].

En 1979, il rencontre Paul Willems[16], dont il admire l’œuvre depuis longtemps. L’amitié qui le lie désormais à son aîné et l’influence de celui-ci ne seront pas sans marquer certains de ses textes[17]. En 1980, Paul Emond participe, à la demande de Jacques Sojcher, à la rédaction d'un ouvrage collectif La Belgique malgré tout, parvenant, écrit Marc Quaghebeur, à « nouer en un discours cohérent toutes les formules usuelles de la vie quotidienne en Belgique francophone », utilisant la « langue interdite, celle qui se parle mais ne peut soutenir le surmoi du modèle français »[18].

À partir de 1988, il enseigne la littérature et l’histoire du théâtre à l'Institut des Arts de Diffusion (IAD) de Louvain-la-Neuve, à temps partiel d’abord, puis à temps plein à partir de 1993. Il est également, pendant quelques années, professeur à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre (ENSAV).

Si, après La Danse du fumiste, Paul Emond publie d’autres romans et récits – on citera particulièrement le gros roman La visite du plénipotentiaire culturel à la basilique des collines[19] et son livre peut-être le plus emblématique, Les Aventures de Mordicus, histoires plaisantes et à dormir debout[20], mises en images par Maja Polackova –, il ne s’en tournera pas moins très largement vers l’écriture théâtrale. L’occasion lui en est donnée par Philippe Sireuil, alors directeur du Théâtre Varia, qui lui commande sa première pièce ; ce sera Les Pupilles du tigre[21], créée en 1986, qui traite des questions de mort et de représentation en art. Le cinéaste Michel Jakar en a conservé la trace par une adaptation cinématographique pour la RTBF en 1987[22]. Selon Marc Quaghebeur, la pièce intériorise « à l'excès la veine goguenarde, alimentée dans une langue drue, qui fait le talent de l'auteur de Tête à tête, et qui irrigue les lettres belges depuis La Légende d'Ulenspiegel »[23].

Une cinquantaine de pièces et d’adaptations suivront, représentées en Belgique et en France, parfois aussi en traduction dans d’autres pays. Autant de textes qui ont permis à leur auteur des compagnonnages artistiques avec des metteurs en scène et des acteurs d'esthétiques très différentes.

Parmi les pièces originales, Inaccessibles Amours[24],[25] et Malaga[26] sont créées en France en 1995 et 1996 au Théâtre du Gymnase à Marseille, dans une mise en scène d’Abbès Zahmani (sous le titre Talk about love[27], la traduction américaine d’Inaccessibles Amours est jouée à New York au Ubu Repertory Theater en 1993[28]) ; Caprices d’images est mis en scène à Bruxelles par Jean-Claude Berutti[29] au Théâtre National Wallonie-Bruxelles en 1998 et Le Sourire du diable est produit en 2007 par l’Atelier théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve dans une mise en scène de Patrice Kerbrat[30] ; quant à Histoire de l’homme, sous-titrée « pièce fleuve, mobile, chaotique et à suivre[31] », probablement son texte théâtral le plus joué, elle est créée dans sa première version dès 2006 par le Théâtre de l’Escalier et mise en scène par Éric De Staercke.

Parallèlement, les adaptations de textes non dramatiques ou de pièces étrangères se multiplient au fil des années et amènent l’auteur à des collaborations prolongées avec un metteur en scène. C’est ainsi qu’au Rideau de Bruxelles, le directeur et metteur en scène Jules-Henri Marchant lui commande une « trilogie de l’errance »[32] : L’Odyssée (1996)[33], Don Quichotte (1998)[34], Le Château (1998)[35] ; puis, c’est encore L’Iliade (2004)[36], monté par le même Jules-Henri Marchant. Sa complicité avec la metteuse en scène Elvire Brison et son Théâtre du Sygne donne lieu à cinq spectacles : Ferdydurke (2000)[37] d’après le célèbre roman de Witold Gombrowicz ; Kafka Circus (2001)[38] ; La Tempête, d’après Shakespeare (2003)[39] ; Borges et moi (2004)[40] ; Miroirs de Fernando Pessoa (2013)[41]. Son adaptation de la légende de Tristan et Yseut (2007)[42] permet un des grands spectacles sous chapiteau de Nele Paxinou, directrice des Baladins du Miroir ; sous chapiteau encore, Bruno Thircuir, l’animateur de la compagnie grenobloise La Fabrique des Petites Utopies crée Nous sommes tous des K. (2013)[43], seconde adaptation par Paul Emond du Château de Kafka. À Paris, c’est avec la compagnie La Fiancée du pirate de Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps qu’il adapte Madame Bovary (2015)[44] et L’Éducation sentimentale (2023)[45], deux spectacles créés au Théâtre de Poche Montparnasse, de même que L’Écume des jours de Boris Vian jouée au Théâtre de la Huchette (2017)[46].

Dans un essai paru en 2024, Une Fabrique de personnages[47], l’auteur, tout en commentant de nombreux aspects de l’écriture théâtrale, évoque l’écriture et la création de plusieurs de ses pièces et adaptations.

En 1998, Paul Emond a été l’invité de la Chaire de Poétique de l’UCL. Ses conférences ont été publiées sous le titre Une forme du bonheur[48].

Le , il est élu au fauteuil 1, précédemment et successivement occupé par Henry Carton de Wiart, Hilaire Duesberg, Charles Moeller et Lucien Guissard, de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique[49],[50].

Œuvres

Théâtre

Adaptations théâtrales

  • Les Châteaux magnifiques[79], d’Eugene O’Neill, inédit, créé en 1990.
  • Le Journal intime de Sally Mara[80], de Raymond Queneau, inédit, créé en 1994.
  • Le Roi Lear[81], de Shakespeare, Bruxelles, Cahiers du Rideau de Bruxelles, n° 22, 1994, 141 p. (ISBN 978-2-87295-028-7).
  • Le Marchand de Venise[82], de Shakespeare, Carnières, Lansman, 1995, 72 p. (ISBN 2-87282-102-3).
  • L’Odyssée[83], d’Homère, inédit, créé en 1996.
  • Lettres d’amour de Pirandello à Martha Abba[84], inédit, créé en 1997.
  • Les Bacchantes[85], d’Euripide, Carnières, Lansman, 1997, 35 p. (ISBN 2-87282-179-1).
  • Don Quichotte[86], de Miguel de Cervantes, inédit, créé en 1998.
  • Le Château[87], de Franz Kafka, inédit, créé en 1998.
  • Ferdydurke[88], de Witold Gombrowicz, inédit, créé en 2000.
  • Kafka Circus[89], d’après l’œuvre de Franz Kafka, inédit, créé en 2001.
  • Moby Dick : monologue théâtral librement adapté du roman d'Herman Melville, Carnières, Lansman Éditeur, coll. « Théâtre à vif », , 37 p. (ISBN 978-2-87282-990-3)[90]
  • La Nuit des rois[91], de Shakespeare, inédit, créé en 2002.
  • La Grande Magie[92], d’Eduardo de Filippo, Bruxelles, Le Cri, 2003, 85 p.
  • La Tempête[93], de Shakespeare, inédit, créé en 2003.
  • L’Iliade[94], d’Homère, inédit, créé en 2004.
  • Borges et moi[95], d’après l’œuvre de Jorge Luis Borges, inédit, créé en 2004.
  • Tristan et Yseut[96], d’après la légende médiévale, préface de Nele Paxinou, Bruxelles, Maelström, 2007, 96 p. (ISBN 978-2-9303-5573-3).
  • Sur les traces de Siddhârta[97], de Thich Nath Hanh, en collaboration avec Christine Delmotte, inédit, créé en 2008.
  • Dracula toujours vivant[98], d’après Dracula de Bram Stoker, Bruxelles, Le Cri, 2009, 59 p.
  • Le Producteur de bonheur[99], de Vladimír Mináč, inédit, créé en 2012.
  • Miroirs de Fernando Pessoa[100], d’après Fernando Pessoa, inédit, 2013.
  • Nous sommes tous des K.[101],[102], libre adaptation du Château de Kafka, Carnières, Lansman, 2013, 74 p. (ISBN 978-2-87282-928-6).
  • Madame Bovary[103], de Gustave Flaubert, Bruxelles, Maelström, 2015, 132 p. (ISBN 978-2-87505-223-0).
  • L’Écume des jours[104], de Boris Vian, inédit, créé en 2017.
  • L’Éducation sentimentale[105], de Gustave Flaubert, inédit, créé en 2023.

Romans et récits

  • La Danse du fumiste[106], Bruxelles, Jacques Antoine, 1979, réédité Bruxelles, Les Éperonniers, 1988, 103 p. (ISBN 2-8713-2183-3), réédité en Espace Nord.
  • Plein la vue[107], Bruxelles, Jacques Antoine, coll. Ecrits du Nord, 1981, 206 p., réédité en Espace Nord.
  • Paysage avec homme nu dans la neige[108], Bruxelles, Dur-an-ki, 1982, réédité suivi de Le théâtre et le froid, Bruxelles, Les Éperonniers, coll. Passé Présent, 1989, 119 p. (ISBN 2-8713-2195-7), réédité en Espace Nord.
  • Tête à tête[109], Bruxelles, Les Éperonniers, coll. Maintenant ou jamais, 1989, 142 p. (ISBN 2-8713-2207-4), réédité en Espace Nord.
  • Profils presque perdus, dans Maja Polackova, Jacques De Decker, Paul Emond, Claude Javeau, L’Homme des villes, Bruxelles, CFC-Éditions, 1998 (ISBN 978-2-930018-13-3) .
  • La visite du plénipotentiaire culturel à la basilique des collines[110], Bruxelles, Labor, coll. Espace Nord, 2005, 290 p.
  • Abraham et la femme adultère[111], dans Jacques De Decker et Paul Emond, Histoires de tableaux, Bruxelles, CFC-Éditions, coll. La ville écrite, 2005, 109 p. (ISBN 2-930018-57-7).
  • L’Homme aux lunettes blanches et autres fictions[112], Bruxelles, La Muette, 2011, 158 p. (ISBN 978-2-35687-107-7).
  • Les Vingt-quatre Victoires d’étape du peintre Belgritte[113], Bruxelles, Maelström, 2013, 82 p. (ISBN 978-2-87505-151-6).
  • Les Aventures de Mordicus, histoires plaisantes et à dormir debout[114], images de Maja Polackova, Bruxelles, Maelström, 2014, 110 p. (ISBN 978-2-87505-172-1).
  • Quarante-neuf têtes dans le miroir[115],[116], images de Maja Polackova, Châtelineau, Le Taillis Pré, 2019 (ISBN 978-2-87450-160-9).
  • Ultime Passion[117], images de Léon Wuidar, Bruxelles, La Pierre d’Alun, 2023, 58 p. (ISBN 978-2-87429-135-7).
  • Une vie de palais, dans Une vie de palais, Nouvelles, Bruxelles, Académie royale de Langue et de Littérature françaises, 2023 (ISBN 978-2-8032-0077-1).

Essais

  • La Mort dans le miroir[118], Bruxelles, Jacques Antoine, 1973.
  • Le théâtre et le froid, Alternatives théâtrales, n° 31-32, mai 1988, réédité avec Paysage avec homme nu dans la neige, Bruxelles, Les Eperonniers, 1989 (ISBN 2-8713-2195-7), réédité remanié dans Une fabrique de personnages, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 2024, p. 113 (ISBN 978-2-8032-0083-2).
  • Lettre à l'acteur au pied de nez[119], Alternatives théâtrales, n° 47, décembre 1994, réédité remanié dans Une fabrique de personnages, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 2024, p. 13 (ISBN 978-2-8032-0083-2).
  • Une forme du bonheur[120], Carnières, Lansman, 1999, 115 p. (ISBN 2-87282-242-9).
  • Une fabrique de personnages[121], Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 2024, 261 p. (ISBN 978-2-8032-0083-2).

Entretiens

  • Lettres françaises de Belgique. Mutations. Bruxelles, Éditions Universitaires, Archives du futur, 1980, 165 p.
  • Jeff Kowatch, Conversation avec Paul Emond[122], Éditions Tandem, Gerpinnes, 2016, 119 p. (ISBN 978-2-87349-125-3).

Traductions (avec Maja Polackova)

  • Dominik Tatarka (en), Une saison à Paris[123], traduit du slovaque, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, 1993, 156 p.
  • Vladimír Mináč, Le Producteur de bonheur[124], traduit du slovaque, Bruxelles, Labor, 1994, 201 p., puis avec des images de Maja Polackova, Bruxelles, Maelström, 2012, 314 p. (ISBN 978-2-87505-106-6).

Distinctions

Notes et Références

Bibliographie

Liens externes

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