Paul Rebstock
Résistant français pendant la Seconde Guerre mondiale
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Paul Rebstock, né le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un industriel alsacien qui, durant la Seconde Guerre mondiale, agit comme agent du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) et anime à la BBC une émission radiophonique en dialecte alsacien destinée à la population de l'Alsace annexée de fait.
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Paul Michel |
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Biographie
Paul Rebstock est le fils de Gathilie Rebstock, commerçant, et de Jeanne Netter. Il épouse Lily Julie Wolff, avec qui il a deux filles.
Après la défaite de juin 1940, il est démobilisé en zone libre. Le , il prend un poste d'auxiliaire à la sous-préfecture de Montluçon. En , les lois anti-juives de l'État français le contraignent à quitter son poste ; le préfet lui trouve alors un emploi au siège social de l'usine Dunlop à Montluçon[1].
C'est à Montluçon que Paul Rebstock établit ses premiers contacts avec la Résistance. Fort de son expérience dans les services spéciaux acquise lors de son service militaire, il est recruté en par Michel Hardiviller, responsable du poste 2 du réseau Kléber pour la région de Montluçon. Rattaché ultérieurement au réseau Marco Polo, il contribue à centraliser des renseignements d'ordre industriel sur un territoire couvrant Montluçon jusqu'à Lyon, où il se rend régulièrement pour recueillir des informations politiques et économiques sur la situation en Alsace annexée de fait. Il participe également à la préparation du bombardement de l'usine Dunlop par la Royal Air Force, qui intervient dans la nuit du au [1].
L'invasion de la zone libre par les troupes allemandes en le force à quitter précipitamment la France. Traqué par la Gestapo en raison de ses activités clandestines, il passe la frontière espagnole en en se faisant passer pour Herbert Wilson, ingénieur américain. Arrêté le par les autorités espagnoles, il est successivement interné à Saragosse, Irun puis au camp de Miranda. Libéré le , il rejoint la mission française de Gibraltar avant de gagner Londres le [1],[2].
Il y subit de longs interrogatoires menés par l'Intelligence Service puis par le BCRA. Fin , opérant successivement sous les pseudonymes de Paul Martin puis Paul Michel, il intègre la section renseignement du BCRA au grade d'adjudant, en qualité d'adjoint au chef de bureau, chargé des archives et de la correspondance. Il y traite les informations en provenance de France, transmises par les petits avions Lysander — rapports, courriers personnels, coupures de presse — et en rédige des synthèses à l'intention du bureau[2].
À la BBC, le « quart d'heure français du soir » est alors assuré par l'avocat colmarien Jacques Kalb, alias Jacques d'Alsace, avant son départ pour Radio-Alger. Les Britanniques sollicitent le BCRA afin d'obtenir les services d'un locuteur alsacien pour contrebalancer la propagande nazie en Alsace annexée de fait et préparer les esprits à la Libération. Désigné après un premier essai concluant, Paul Rebstock anime une émission bihebdomadaire intitulée « Un officier strasbourgeois vous parle en dialecte », diffusée le mardi et le vendredi entre 18 h 30 et 18 h 45 pour une durée de trois minutes et demie. Il reçoit rapidement le surnom de « The little Alsatian » en raison de sa petite taille. Sa rémunération s'élève à quatre guinées par émission[2],[1].
Les textes, rédigés en français puis traduits en alsacien par le speaker, sont préalablement soumis à la censure britannique. Paul Rebstock puise dans la documentation du BCRA sur la situation en Alsace et en Moselle annexées, et consulte également des exemplaires des Strassburger Neueste Nachrichten (SNN) parvenus à Londres via la Suisse. Certaines interventions documentent les crimes nazis, telle celle du consacrée au Gauleiter Wilhelm Kube, assassiné à Minsk ; d'autres visent à dénoncer les collaborateurs alsaciens, comme le rédacteur en chef des SNN, Franz Moraller[2].
Lors de la première émission, le , Paul Rebstock salue la résistance des Alsaciens et appelle à constituer des dossiers documentant les crimes perpétrés par l'occupant. Le , il désigne publiquement un délateur ayant livré des Alsaciens et des Lorrains à la Gestapo à Clermont-Ferrand. À deux reprises, en , il encourage les incorporés de force alsaciens et mosellans combattant sur le front de l'Est à déserter pour rejoindre les lignes soviétiques, puis les unités françaises combattant aux côtés des Alliés. Ces appels suscitent des réserves en Alsace, où les familles redoutent les représailles (Sippenhaft)[2],[1].
En , Paul Rebstock est affecté au service Alsace-Lorraine rattaché au Commissariat à l'Intérieur[3].
De retour à Paris en , il est un temps affecté à la Direction de la surveillance du territoire (DST) avant de regagner la vie civile et de rentrer à Strasbourg pour reprendre la direction de son entreprise[3].
Il préside pendant de nombreuses années la Fédération des engagés volontaires alsaciens et lorrains aux armées françaises (FEVAL)[3].
Distinctions
Officier de la Légion d'honneur par décret du [4];
Croix de guerre - avec étoile de vermeil avec la citation suivante[1] :
« Alsacien actif, énergique et courageux, n'a jamais cessé la lutte contre l'ennemi en territoire occupé par l'ennemi. De 1941 à 1943, s'est toujours employé à contrarier l'action de Vichy et des Allemands. A réussi à sauver un grand nombre d'ouvriers et d'employés en préparant et guidant le bombardement et destruction par la RAF du plus important centre de fabrication de pneumatiques travaillant au service de l'ennemi à Montluçon. »