André Bord
homme politique français
From Wikipedia, the free encyclopedia
André Bord, né le à Strasbourg (Bas-Rhin) et mort le à Holtzheim (Bas-Rhin), est un homme politique français.
| André Bord | |
André Bord aux journées parlementaires du RPR à Strasbourg le 29 septembre 1980. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (3 ans, 1 mois et 19 jours) |
|
| Élection | 19 mars 1978 |
| Circonscription | 2e du Bas-Rhin |
| Législature | VIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | RPR |
| Prédécesseur | Ernest Rickert |
| Successeur | Jean Oehler |
| – (1 mois et 3 jours) |
|
| Élection | 11 mars 1973 |
| Circonscription | 2e du Bas-Rhin |
| Législature | Ve (Cinquième République) |
| Groupe politique | UDR |
| Prédécesseur | Ernest Rickert |
| Successeur | Ernest Rickert |
| – (1 mois et 1 jour) |
|
| Élection | 23 juin 1968 |
| Circonscription | 2e du Bas-Rhin |
| Législature | IVe (Cinquième République) |
| Groupe politique | UDR |
| Prédécesseur | Ernest Rickert |
| Successeur | Ernest Rickert |
| – (1 mois et 4 jours) |
|
| Élection | 5 mars 1967 |
| Circonscription | 2e du Bas-Rhin |
| Législature | IIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | UD-Ve |
| Prédécesseur | Ernest Rickert |
| Successeur | Ernest Rickert |
| – (7 ans et 30 jours) |
|
| Élection | 30 novembre 1958 |
| Réélection | 18 novembre 1962 |
| Circonscription | 2e du Bas-Rhin |
| Législature | Ire et IIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | UNR (1958-1962) UNR-UDT (1962-1967) |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Ernest Rickert |
| Secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement | |
| – (6 mois et 11 jours) |
|
| Président | Valéry Giscard d'Estaing |
| Gouvernement | Barre II |
| Prédécesseur | Christian Poncelet |
| Successeur | Jacques Limouzy |
| Secrétaire d’État aux Anciens combattants[N 1] | |
| – (5 ans, 2 mois et 20 jours) |
|
| Président | Georges Pompidou Valéry Giscard d'Estaing |
| Gouvernement | Messmer I, II et III Chirac I Barre I et II |
| Prédécesseur | Henri Duvillard |
| Successeur | Jean-Jacques Beucler |
| Secrétaire d'État à l'Intérieur | |
| – (6 ans, 5 mois et 27 jours) |
|
| Président | Charles de Gaulle Georges Pompidou |
| Gouvernement | Pompidou III et IV Couve de Murville Chaban-Delmas |
| Prédécesseur | poste créé |
| Successeur | poste supprimé |
| Président du conseil régional d'Alsace | |
| – (3 ans, 1 mois et 11 jours) |
|
| Prédécesseur | poste créé |
| Successeur | Pierre Schielé |
| Biographie | |
| Nom de naissance | André Alphonse Bord |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Strasbourg (Bas-Rhin, France) |
| Date de décès | (à 90 ans) |
| Lieu de décès | Holtzheim (Bas-Rhin, France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | UNR UNR-UDT UDR RPR |
| Profession | Employé |
| modifier |
|

Biographie
Enfance
Né à Strasbourg dans le quartier populaire du Schluthfeld, et élevé au sein d’une famille ouvrière, – son père Alphonse avait été mineur en Moselle puis grutier au Port du Rhin –[1], André Bord étudie au Collège épiscopal Saint-Étienne de Strasbourg. Il chante comme soliste à la manécanterie des Petits chanteurs du Schluthfeld et joue au basket et au football. Ses parents n’ayant pas les moyens nécessaires pour qu’il puisse faire de longues études il entre en apprentissage à la librairie, maison d’édition et imprimerie de livres religieux F.-X. le Roux & Cie à Strasbourg.
Seconde Guerre mondiale
Réfractaire à l’incorporation de force lors de l’annexion de l’Alsace par les Nazis, André Bord rejoint en 1941 la Dordogne et les maquis du Sud-Ouest, agent P2 dans les réseaux « Andalousie » et « Martial »[2], il est arrêté en 1943 par la Gestapo mais est libéré faute de preuves puis une seconde fois par la milice. Il réussit à s’évader grâce à une action menée par ses camarades (Alfred Clauss) du maquis de Vergt en Dordogne. Il est condamné à mort par contumace par la Cour martiale de Limoges. André Bord participe au recrutement et à la mise sur pied des commandos qui composeront la brigade Alsace-Lorraine d’André Malraux (commando Verdun auquel il appartiendra, Valmy, Bir-Hakeim et Bataillon de Strasbourg). Il se trouve ensuite engagé dans les combats de la libération de l’Est de la France, en particulier dans les Vosges, Ronchamp, Ramonchamp, Froideconche, Bois-le-Prince, Ballersdorf, Dannemarie, et dans les combats défensifs sur le Rhin en au moment de l’offensive de Von Rundstedt où il est encerclé avec le commando Verdun à Gerstheim pendant plusieurs jours. Avec certains de ses camarades, il réussit à franchir l’encerclement pour rejoindre la brigade Alsace-Lorraine à Plobsheim. Il termine la guerre par la Campagne d’Allemagne jusqu’en 1946[3].
Démobilisé, il retrouve son emploi à la librairie Le Roux, puis travaille un temps à la Compagnie française de navigation rhénane avant de se lancer dans la vie publique.
Veuf et remarié à Francine Heisserer, André Bord est père de deux fils, Pierre et Michel. Sa seconde épouse est morte en 2022.
André Bord meurt le , à l’âge de 90 ans[4] dans la commune de Holtzheim, où il résidait et dont il était citoyen d’honneur[5].
Engagement politique

Dès les années cinquante, André Bord entame une carrière politique qui lui fera occuper de nombreuses fonctions électives.
Élu député (UNR) en 1958, il est constamment réélu et siège à l'Assemblée nationale jusqu'en 1981. En 1961, il est élu conseiller général du Bas-Rhin, représentant le canton de Strasbourg-8 et préside cette instance de 1967 à 1979, date à laquelle il est battu dans son canton par Daniel Hoeffel.
Le , André Bord devient président de l'Association d'entr'Aide en Faveur des Anciens Militaires d'Origine Nord-Africaine (AFAMONA)[réf. souhaitée].
André Bord est élu au conseil municipal de Strasbourg de 1959 à 1989. Le il devient le premier président du Conseil régional d'Alsace[6].
Il est également représentant de la France à l'Assemblée parlementaire européenne (devenue le Parlement européen) de 1961 à 1966 et député européen du au .
En outre, André Bord préside le Racing Club de Strasbourg de 1979 à 1985, qu’il conduit en Coupe d’Europe et dirigera pendant une quinzaine d’années la section omnisports du Club.
En 1981, André Bord devient conseiller personnel de Jacques Chirac pour les Affaires Européennes. Depuis 1986, il préside la Commission interministérielle de coopération France-Allemagne et depuis 2002 la Fondation Entente franco-allemande [7],[8].
Fonctions gouvernementales

- Secrétaire d'État à l'Intérieur du gouvernement Pompidou III (du au )
- Secrétaire d'État à l'Intérieur du gouvernement Pompidou IV (du au )
- Secrétaire d'État à l'Intérieur du gouvernement Couve de Murville (du au )
- Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur du gouvernement Chaban-Delmas (du au )
- Ministre des Anciens combattants du gouvernement Messmer I (du au )
- Ministre des Anciens Combattants et des Victimes de guerre du gouvernement Messmer II (du au )
- Secrétaire d'État auprès du ministre des Armées, chargé des Anciens Combattants et des Victimes de guerre du gouvernement Messmer III (du au )
- Secrétaire d’État aux Anciens combattants du gouvernement Chirac I (du au )
- Secrétaire d’État aux Anciens combattants du gouvernement Barre I (du au )
- Secrétaire d’État aux Anciens combattants du gouvernement Barre II (du au )
- Secrétaire d’État auprès du Premier ministre (relations avec le Parlement) du gouvernement Raymond Barre (2) (du au )
Distinctions

André Bord est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur par décret du [9] et grand-croix de l'ordre national du Mérite en [10],[11]. Il est aussi titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec palmes, de la médaille de la Résistance française[12], de la Médaille de la France libre, de la Médaille d’Or de la jeunesse et des sports et de nombreux ordres étrangers, dont la Grande Croix du Mérite avec étoile dans l’Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.
Hommage
Dans un communiqué, François Hollande, président de la République française, lui rend hommage au lendemain de son décès en déclarant qu’« avec André Bord disparaît un résistant de la Seconde Guerre mondiale, une figure de la politique alsacienne et un européen convaincu. (…) Des maquis du Sud-Ouest au banc des ministres, il s’est battu toute sa vie pour ses convictions et son pays[13]. »
En 2017, un pont en arc ferroviaire et piéton, nommé à son nom, est inauguré à Strasbourg, dans le cadre du prolongement de la ligne D du tramway vers Kehl.