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Pays Bamiléké

région du Cameroun From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Pays bamiléké est une région historique, culturelle et géographique située dans les hautes terres de l'Ouest du Cameroun. Il correspond à la partie de la région de l'Ouest principalement occupée par les Bamilékés, à l'ouest de la vallée du Noun. Son principal centre urbain est Bafoussam.

PaysCameroun
Villes principalesBafoussam, Dschang, Mbouda, Bafang, Bangangté
Siège du paysBafoussam
Faits en bref Région, Villes principales ...
Pays bamiléké
Image illustrative de l’article Pays Bamiléké
Vallée du Noun vue depuis Bandjoun.

Pays Cameroun
Région Ouest
Villes principales Bafoussam, Dschang, Mbouda, Bafang, Bangangté
Siège du pays Bafoussam
Superficie approximative 8 200 km2
Géologie Roches cristallines, métamorphiques et volcaniques
Relief Hauts plateaux, massifs volcaniques et vallées encaissées
Cours d'eau Noun, Nkam, Mifi
Flore remarquable Savanes d'altitude, raphiales et vestiges forestiers
Production Cultures vivrières, café, maraîchage et élevage
Régions naturelles
voisines
Pays bamoun, Grassfields, plaine des Mbo
Régions et espaces connexes Hauts plateaux de l'Ouest
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Le territoire associe des hauts plateaux d'origine volcanique, des massifs montagneux, des vallées encaissées et des paysages agricoles façonnés par une occupation humaine ancienne. Il se distingue par de fortes densités rurales, un habitat historiquement dispersé et des systèmes agraires comprenant des champs entourés de haies vives. L'expression « Pays bamiléké » désigne un espace géographique et culturel, et non une circonscription administrative du Cameroun.

Géographie

Situation et limites

Le Pays bamiléké couvre une superficie estimée à environ 8 200 km2[1]. Il occupe la partie occidentale de la région administrative de l'Ouest, entre les 5e et 6e degrés de latitude nord et les 10e et 11e degrés de longitude est[2].

À l'est, la vallée du Noun forme une zone de transition avec le Pays bamoun. Au nord-ouest, le territoire rejoint le massif des Bamboutos et les Grassfields de la région du Nord-Ouest. Au sud et au sud-ouest, les plateaux dominent les basses terres du Nkam et la plaine des Mbo par des escarpements qui peuvent dépasser 1 000 m de dénivelé[3].

Les limites du Pays bamiléké ne coïncident pas exactement avec celles de la région administrative de l'Ouest. Le département du Noun, peuplé en majorité de Bamouns, n'en fait généralement pas partie. Le territoire comprend principalement les départements des Bamboutos, du Haut-Nkam, des Hauts-Plateaux, du Koung-Khi, de la Menoua, de la Mifi et du Ndé.

Relief et géologie

Le Pays bamiléké appartient aux hautes terres associées à la Ligne du Cameroun, un alignement tectonique et volcanique orienté du sud-ouest vers le nord-est. Son sous-sol associe un socle ancien composé de granites et de gneiss à des formations volcaniques plus récentes[2].

Le plateau principal atteint une altitude moyenne proche de 1 450 m[4]. Il est dominé au nord-ouest par le massif volcanique des Bamboutos, dont les sommets dépassent 2 700 m. Les plateaux centraux se situent généralement entre 1 200 m et 1 500 m, tandis que plusieurs reliefs dépassent 2 000 m[5].

Les épanchements volcaniques recouvrent une partie du socle ancien et forment des plateaux basaltiques, des coulées, des cônes et de grands appareils volcaniques. Les surfaces basaltiques du nord présentent des pentes plus régulières que le sud du territoire, où les vallées encaissées, les reliefs granitiques et les escarpements occupent une place plus importante[6].

Dans le Bamiléké méridional, les versants à forte pente occupent une part importante du territoire. Le ruissellement, la mise en culture des pentes et la réduction de la couverture végétale favorisent l'érosion des sols et la formation de ravines[7].

Climat

Le climat est tropical d'altitude. Il comprend une longue saison pluvieuse et une saison sèche plus courte. L'altitude réduit les températures par rapport aux plaines voisines, tandis que les reliefs favorisent d'importantes variations locales de pluviométrie[8].

Les masses d'air humides venues du golfe de Guinée apportent des précipitations abondantes sur les versants exposés du sud-ouest et sur le massif des Bamboutos. Les secteurs situés à l'est des principaux reliefs reçoivent des quantités de pluie plus faibles. Les conditions climatiques des plateaux de Bafoussam, de Dschang et de Mbouda permettent le développement de cultures vivrières, fruitières, maraîchères et caféières[8].

Hydrographie

Le réseau hydrographique est dense. Les cours d'eau prennent naissance sur les hauts plateaux et alimentent les bassins du Noun, du Nkam et du Wouri. Le Noun longe la bordure orientale du Pays bamiléké et reçoit plusieurs affluents issus des plateaux, dont la Mifi.

La vallée du Noun forme une large dépression séparant les plateaux bamiléké et bamoun. Au milieu du XXe siècle, elle présente une occupation humaine plus faible que les terroirs densément peuplés de Bandjoun, de Bafoussam et de Bangangté. Cette différence est liée au relief, à la qualité des sols et à l'histoire du peuplement[9].

Sols et végétation

Les sols diffèrent selon le relief, l'altitude et la nature des roches. Les plateaux volcaniques portent des sols rouges ou bruns développés sur les basaltes et les cendres volcaniques. Leur profondeur et leur fertilité favorisent une agriculture intensive. Les terrains granitiques et les pentes méridionales comportent des sols moins profonds et plus sensibles à l'érosion[2],[10].

La végétation ancienne comprend des forêts montagnardes, des savanes arborées et des formations de raphias dans les bas-fonds. Plusieurs siècles d'agriculture, de prélèvement du bois et d'occupation humaine transforment cette couverture végétale. Des fragments forestiers subsistent dans les bois sacrés des chefferies, sur certains versants abrupts et dans des vallées peu accessibles[11].

Paysages ruraux

Bocage bamiléké

Le paysage rural est associé à un bocage formé de concessions familiales, de champs, de pâturages et de chemins délimités par des haies vives. Ces haies comprennent des raphias, des arbres fruitiers, des arbustes, des bambous et des plantes fourragères. Elles marquent les limites foncières, protègent les cultures, fournissent du bois et des fibres, nourrissent le bétail et limitent le ruissellement[4].

Le bocage ne couvre pas uniformément le Pays bamiléké. Il est plus continu sur les plateaux volcaniques du nord, où les sols fertiles et les fortes densités de population favorisent une exploitation intensive des terres. Dans le sud granitique, les formations bocagères alternent avec des savanes arborées, des pâturages et des champs ouverts[10].

L'habitat rural traditionnel est dispersé à l'intérieur des concessions. Les bâtiments des chefferies forment des ensembles plus concentrés, organisés autour de cours, de places, de lieux rituels et de bois sacrés.

Transformations du paysage

L'introduction et le développement de la caféiculture, l'urbanisation, l'ouverture des routes et l'essor du maraîchage modifient les paysages ruraux au cours du XXe siècle. Les regroupements forcés de population organisés pendant la guerre d'indépendance du Cameroun, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, entraînent l'abandon de nombreuses concessions dispersées et la dégradation d'une partie des haies[4].

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, l'extension des agglomérations, la hausse de la valeur foncière et la transformation des systèmes agricoles fragmentent le bocage dans les secteurs périurbains. Dans les zones de maraîchage d'altitude, des agriculteurs créent ou renforcent au contraire des haies afin de protéger les cultures du vent, des animaux et de l'érosion[11].

Population et organisation territoriale

Chefferies et peuplement

Le Pays bamiléké est historiquement organisé en plusieurs dizaines de chefferies, également appelées groupements. Chacune possède un territoire, une autorité politique, des institutions et une histoire propres. L'appellation « Bamiléké » regroupe ainsi plusieurs populations qui parlent des langues apparentées et partagent certaines formes d'organisation politique et culturelle[12].

Les populations établies à l'ouest et au nord-ouest, dans les Grassfields anglophones, partagent avec les Bamilékés plusieurs institutions politiques, techniques agricoles et formes artistiques. Elles sont toutefois désignées par des appellations propres, comme les Ngemba, les Bafut ou les Kom. La frontière entre les territoires placés sous administration française et britannique après la Première Guerre mondiale renforce la distinction politique entre ces ensembles[3].

Densités de population

Le Pays bamiléké compte parmi les régions rurales les plus densément peuplées du Cameroun. Les cartes dressées au début des années 1950 montrent déjà de fortes concentrations humaines sur les plateaux de Bandjoun, de Bafoussam, de Mbouda et de Dschang, tandis que la vallée du Noun et plusieurs secteurs périphériques restent moins occupés[9].

Lors du recensement de 1987, la densité moyenne atteint environ 169 habitants/km2, contre 89 habitants/km2 dans les Grassfields et 38 habitants/km2 en Pays bamoun. Plusieurs terroirs du nord volcanique dépassent 200 habitants/km2[13].

Ces densités contribuent à l'intensification agricole, à la subdivision des terres et à la compétition foncière. Elles alimentent aussi des migrations anciennes vers les villes camerounaises et les régions agricoles du Moungo, du Littoral et du Sud-Cameroun[14].

Les réseaux familiaux et commerciaux établis entre les chefferies, les zones d'émigration et les centres urbains jouent un rôle majeur dans l'intégration du Pays bamiléké à l'économie camerounaise[14].

Agriculture et utilisation des terres

L'agriculture familiale associe des cultures vivrières, des arbres, des plantes fourragères et un petit élevage. Les productions comprennent le maïs, le haricot, le taro, le macabo, l'igname, l'arachide, la pomme de terre, la banane, le plantain et différents légumes. Les bas-fonds humides accueillent des raphiales et des cultures exigeant une alimentation régulière en eau[15].

La forte densité de population favorise l'intensification des cultures et l'utilisation continue d'une partie des terres. Les exploitations associent plusieurs plantes sur une même parcelle et emploient des matières végétales, des déjections animales et des déchets domestiques pour entretenir la fertilité des sols[16].

La culture du café arabica se développe sur les hauts plateaux pendant la période coloniale et après l'indépendance. Elle facilite l'intégration des exploitations familiales à l'économie marchande. La baisse des cours du café à partir des années 1980 pousse de nombreux agriculteurs à renforcer les cultures vivrières, fruitières et maraîchères destinées aux marchés urbains[17].

Sur les fortes pentes, la réduction de la couverture végétale, le travail répété du sol et la concentration des eaux de pluie provoquent des ravines et des pertes de terre arable. Les haies, les billons établis suivant les courbes de niveau, les associations de cultures et le maintien d'arbres dans les champs limitent cette dégradation[4],[7].

Urbanisation et mobilités

Bafoussam constitue le principal centre administratif, économique et commercial du Pays bamiléké. Dschang, Mbouda, Bafang et Bangangté forment d'autres pôles urbains importants. Leur croissance transforme les espaces agricoles périphériques et accroît la pression sur les terres.

Les migrations bamiléké vers les régions du Moungo, du Littoral, du Centre et du Sud commencent avant la période coloniale et s'accélèrent au cours du XXe siècle. Elles contribuent à la création de réseaux commerciaux reliant les chefferies d'origine aux villes et aux zones de plantation[14],[18].

Notes et références

Voir aussi

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