Pekka Siitoin

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Naissance
Décès
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VehmaaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Pekka Siitoin
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
VehmaaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Partis politiques
Parti de la coalition nationale (années 1960)
Parti rural de Finlande ()
Finnish People's Unity Party (en) (entre et )
Isänmaallinen Kansanrintama (-)
Kansallis-Demokraattinen Puolue (en) (-)
National Union Council (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Idéologie
Néonazisme, anticommunisme, nazisme ésotérique (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par
Condamné pour
Incitation à commettre un crime (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Pekka Siitoin, né le 29 mai 1944 à Varkaus (Savonie du Nord) et mort le 8 décembre 2003 à Vehmaa (Finlande-Propre), est un militant néonazi et occultiste finlandais.

En 1971, il fonde la Turun Hengentieteen Seura (THS, Société occulte de Turku). À partir de 1974, il développe une doctrine syncrétique mêlant occultisme, néonazisme et satanisme. Il crée plusieurs organisations d'extrême droite, notamment l'Isänmaallinen Kansanrintama (IKR, Front patriotique populaire) en 1976, qui organise les premières manifestations ouvertement nazies en Finlande depuis les années 1940 et mène de nombreuses activités violentes. Elle est dissoute par le ministère de l'Intérieur en vertu du traité de Paris en 1977.

Condamné à cinq ans de prison en 1978 pour avoir incité à l'incendie criminel d'une imprimerie communiste, il poursuit ses activités politiques et ésotériques après sa libération, mais son influence décline progressivement jusqu'à sa mort.

Situation personnelle

Pekka Siitoin naît le 29 mai 1944 à Varkaus. Il passe sa jeunesse à Loimaa (Finlande-Propre) avant de s'installer à Turku avec sa mère à l'adolescence. Dans les années 1960, il est d'abord cinéaste amateur et travaille comme apprenti au théâtre municipal de Turku. Il fonde également un magasin de photographie et une société d'import[1],[2].

Il se marie à l'âge de 22 ans et a six enfants avec trois femmes différentes. En 1973, il s'installe à Naantali, près de Turku, où il développe ses activités politiques et métaphysiques. Il déménage à Vehmaa en 1997[2].

Il prétend être le fils biologique d'un Obersturmbannführer, Peter von Weltheim, et publie parfois sous ce pseudonyme[2].

Ésotérisme

Au début des années 1970, suivant des difficultés financières touchant son magasin de photographie, il devient l'élève de la voyante Aino Kassinen qui l'initie au satanisme[1].

Il crée en 1971 la Turun Hengentieteen Seura qui sert de base pour son commerce de vente par correspondance de littérature ésotérique. Il y pratique aussi la guérison spirituelle à distance[1],[2]. Selon Kassinen, la THS compte une trentaine de membres au début des années 1970[2].

Pour étendre son commerce de littérature ésotérique aux pays nordiques, il fonde en 1972 la Föreningen Veronica (Organisation Veronica)[1]. Sous divers pseudonymes comme Hesiodos Foinix et Peter Siitoin, il publie plusieurs ouvrages sur la magie noire, les OVNI et l'occultisme entre 1973 et 1989[2].

Ses positions et son militantisme politiques provoquent le rejet de la communauté ésotérique au milieu des années 1970. Kassinen met en garde contre lui et Ultra, l'unique magazine spirituel alternatif de Finlande, refuse ses articles et publicités dès l'été 1974. La THS est dissoute par le ministère de l'Intérieur en marge de ses organisations politiques en 1977[2].

Après sa sortie de prison en 1981, il crée la Kansallis-mytologinen Seura (Société nationale de mythologie) sous laquelle il publie ses derniers ouvrages[2]. En 1993, il rejoint la Church of the Luciferian Light (Église de la lumière luciférienne) américaine et s'autoproclame archevêque de Lucifer sans le consentement de l'église[1].

Militantisme

Débuts en politique

Siitoin est d'abord sympathisant du Parti de la coalition nationale à la fin des années 1960, puis est candidat pour le Parti rural de Finlande (Suomen Maaseudun Puolue, SMP) aux élections municipales de 1972 (fi) à Turku. Il devient ensuite membre du Suomen Kansan Yhtenäisyyden Puolue (fi), une scission du SMP[2].

Passage au néonazisme

En 1974, sa lecture de The Spear of Destiny de Trevor Ravenscroft lui fait intégrer des éléments d'occultisme nazi dans son système de pensée[1]. Il crée ensuite plusieurs organisations d'extrême droite : la Pegasos-seura (Société Pégase) en 1975, puis Isänmaa ja Vapaus (Patrie et liberté) et notamment l'Isänmaallinen Kansanrintama en 1976[1],[2]. Il se met également à utiliser la THS pour promouvoir ses idées politiques[2].

L'IKR utilise une rhétorique nazie et anticommuniste[2]. Pour contourner les restrictions du traité de Paris, le parti évite initialement d'utiliser ouvertement les termes « fascisme » et « nazisme » et se présente à la place comme étant d'extrême droite[3],[4]. Il compte environ 70 membres[5]. L'organisation fait des apparitions médiatiques où ses membres affirment ouvertement leur préparation à l'insurrection armée[1] et organise les premières manifestations ouvertement nazies en Finlande depuis les années 1940[5].

Pekka Siitoin lors de son arrestation.

En 1977, plusieurs de ses membres mènent une campagne terroriste incluant du vandalisme antisémite, l'envoi de bombes fumigènes au journal et à l'organisation de jeunesse de la Ligue démocratique du peuple finlandais, l'envoi de menaces de mort à des politiciens et d'autres personnalités et l'incendie criminel d'une imprimerie communiste. Cette dernière action mène à l'arrestation de Siitoin et deux autres membres, l'interdiction de l'ensemble des organisations de Siitoin puis à sa condamnation à cinq ans de prison en 1978 pour avoir incité à cet incendie[1],[2],[5]. Il s'agit de la première fois que des organisations sont interdites en vertu du traité de Paris en Finlande[4].

Déclin et marginalisation

Après sa sortie de prison en 1981, il fonde le Kansallis-Demokraattinen Puolue (Parti national démocratique, KDP), mais il devient alcoolique et son influence décline. Il s'autodésigne Führer finlandais et commence à être perçu comme une caricature[1],[2]. Il commence à apparaître dans des magazines pornographiques pour promouvoir sa cause, et réduit considérablement ses apparitions publiques après la mort de son fils aîné en 1985, passant le reste des années 1980 principalement en correspondance avec ses contacts étrangers dans les milieux néonazis et néofascistes[2]. Durant cette période, une tentative de putsch interne au mouvement éclate, les membres du KDP étant mécontents de Siitoin[6].

Logo du Kansallinen Liittoneuvosto.

Il connaît un regain d'activité dans les années 1990 avec la montée du mouvement skinhead néonazi[2]. En raison de la chute de l'URSS, Siitoin délaisse sa rhétorique anticommuniste devenue obsolète pour adopter les idéaux du suprémacisme blanc et de l'opposition à l'immigration. Il cofonde le Kansallinen Liittoneuvosto (Conseil national de la fédération) avec d'autres figures de l'extrême droite finlandaise[1]. Néanmoins, ils sont éclipsés par les nouveaux mouvements d'extrême droite[6]. Il se présente aux élections municipales de Naantali en 1992 (fi), puis en 1996 (fi), et échoue dans ces deux élections[2].

Alliances internationales

Durant les années 1960, Siitoin est en contact régulier avec le National Renaissance Party américain, qui a une idéologie similaire mêlant nazisme et occultisme sataniste[7].

Siitoin maintient des liens avec Nils Mandell, un dirigeant finno-suédois du Parti du Reich noridque (Nordiska rikspartiet, NRP) suédois qui participe à ses marches et l'introduit à un cercle nationaliste international lors d'une réunion à Dixmude (Flandre-Occidentale). Bien que le NRP coupe officiellement ses liens avec Siitoin en 1977, Mandell assiste à son procès en 1978 et la collaboration entre le NRP et Siitoin pour le matériel de propagande se poursuit apparemment jusqu'à la fin des années 1990, comme en témoigne la condamnation d'un ancien membre finlandais du NRP pour avoir diffusé du matériel commandé en Suède[5].

Le Kansallis-Demokraattinen Puolue est accepté comme membre associé de la World Union of National Socialists en 1981[5].

En 1983, Siitoin invite en Finlande le leader du mouvement fasciste norvégien Nasjonalt Folkeparti. En 1985, il héberge deux de ses militants, dont l'un est recherché pour avoir menacé la cérémonie du prix Nobel de la paix en 1984 et qui finit arrêté après une semaine de surveillance[5].

Mort

Il meurt d'un cancer de l'œsophage le 8 décembre 2003 à Vehmaa[1],[2]. Ses anciens associés rapportent qu'il aurait invoqué Lucifer sur son lit de mort[1].

Croyances

Postérité

Références

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