Philippe Desloubières

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Philippe Desloubières
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Naissance
(75 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement

Philippe Desloubières est un sculpteur français né à Paris le .

Il réside à Woignarue (Somme) et travaille également aux ateliers Les Arches à Issy-les-Moulineaux.

Jean Bertholle

Philippe Desloubières entre en 1972 à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris où il est l'élève de Jean Bertholle pour l'art monumental et d'Albert Lenormand pour l'art de la fresque)[1], en même temps que ses dessins sont remarqués d'Étienne-Martin.

Dans un premier temps, Philippe Desloubières s'engage dans un travail de mise en scène et d'installations à caractère sociopolitique où des objets d'apparence hétéroclite  des jouets, entre autres  côtoient des matériaux divers. Dans un second temps, il assemble du métal ouvragé, de la pierre roulée de rivière et du bois, façonnant un équilibre où s'insinue un sentiment d'instabilité et de précarité.

En 1999, il se rend à Harare dans le cadre d'échanges d'artistes organisés par une institution privée du Zimbabwe, puis en Corée du Sud en 2001 pour la réalisation d'une sculpture monumentale.

À compter de 2010, utilisant l'acier Corten comme matériau de prédilection, Philippe Desloubières conçoit une suite de sculptures intitulées Entre nous avant de lier son œuvre au concept de Germination. Le processus de la germination  qu'il soit indéfiniment végétal ou animal , avec ce qu'il sous-tend de fécondante dualité masculin-féminin, lui servant de modèle, les œuvres portent l'idée de « double », se créent l'une à la suite de l'autre, ainsi que leurs titres (Germination 1, Germination 2…) le signifient en les situant dans une chronologie. Offrant à Jean-Louis Poitevin d'y ressentir « ambivalence et ambiguïté »[2], à Jean-Pierre Delarge d'y voir une « schématisation à la Jean Arp »[3], chacune d'entre elles fige un état de la maturation, la réalisation de l'une engageant dialectiquement la forme de la suivante : « chacune, explique Philippe Desloubières, est comme un arrêt sur image dans l'ensemble du développement »[4]. Jean-Mary Thomas rejoint cette approche de l'œuvre : « La diversité des espèces, leur ambiguïté sexuelle et leur transformation dans les différents cycles de leur croissance sont un “terreau” favorable à la réalisation de formes “mutantes” »[5].

Desloubières décrit son travail ainsi : « J'utilise l'acier. Bien que de fabrication industrielle, aucun autre matériau n'a pour moi ce caractère vivant, cette sensuelle densité. J'aime ce paradoxe. Mes sculptures ont des formes plutôt organiques, simples, sans anecdote. Elles peuvent évoquer des espèces, des genres indéfinis : féminin, masculin, végétal, animal et humain s'y retrouvent. L'équilibre, le rapport à l'espace lié à leur monumentalité, l'aspect de la matière parfois oxydée, peinte ou patinée, parfois lisse ou granuleuse, la ligne exclusivement courbe et le volume totémique ou au contraire déployé à l'horizontale sont leurs composantes. »[4]

Expositions

Jardin du Carmel d'Abbeville, 2012
Parc du château d'Eu, 2013
Jardins de Valloires, Argoules, 2017
Musée Paul-Belmondo, Boulogne-Billancourt, 2018
Chapelle du collège des Jésuites d'Eu, 2022
Abbaye de Saint-Riquier, 2023

Expositions personnelles

  • Galerie Pierre, Paris, 1999.
  • Pierre Gallery, Harare, 2000.
  • Galerie Regard croisés, Paris, 2003.
  • Galerie Mille Plateaux, Paris, 2006.
  • Hôtel de Mézières, Eaubonne, 2006.
  • Philippe Desloubières (sculptures) et Patrick Poulain (photographies), Le Bien-Venant, Domvast, mai-[6].
  • Galerie JMD, Paris, 2009.
  • Galerie de l'Entrepôt, Paris, 2009.
  • Domaine de Samara-Picardie, 2009.
  • Les Germinations de Philippe Desloubières, chez David Prot, Marché Serpette, 4e Mondial de l'antiquité, Puces de Saint-Ouen, 2009[7].
  • Skoufa Gallery, Athènes, 2010.
  • Espace Jacques-Prévert, Mers-les-Bains, 2010.
  • Fondation Datris, L'Isle-sur-Sorgue, 2010, 2011, 2014.
  • Galerie Réjane Louin, Locquirec, mars- (avec Dominique De Beir)[8], 2011, 2013, 2014.
  • Absolute Art Gallery, Knokke, 2012, 2013, 2014, 2015[9], juin-.
  • We are different, Bruxelles, 2012.
  • Huit sculptures monumentales de Philippe Desloubières, les jardins du Carmel, Abbeville, 2012.
  • Leonhard's Gallery, Anvers, 2013[10].
  • Philippe Desloubières et Jean-Marc Thommen, Centre d'art de l'Atelier Blanc, Villefranche-de-Rouergue, mai-[11],[12],[13].
  • Six sculptures monumentales de Philippe Desloubières, parc du château, Eu (Seine-Maritime), 2013[14],[15].
  • Philippe Desloubières (sculptures) et Jean-François Provost (peintures), Espace Jacques-Prévert, Mers-les-Bains, janvier-[16].
  • Wesrkapelle, West-Vlaanderen (Absolute Art Gallery, Knokke), janvier-[17].
  • Espace Monte-Cristo, Paris, 2014.
  • Galerie Jean Greset, Besançon, 2014.
  • Galerie Ammarrage, Saint-Ouen, 2014.
  • Centre d'art la Couleuvre, Saint-Ouen, 2014.
  • Moments artistiques, galerie Christian Aubert, Paris, 2014.
  • Philippe Desloubières (sculptures) et Catherine Larré (photographies), galerie Réjane Louin, Locquirec, avril-[18].
  • Philippe Desloubières - Germination, Lieu d'art contemporain La Mouche, domaine de Pradines le Bas, Béziers, juin-[19].
  • Germination, jardins de Valloires, Argoules, juillet-[20].
  • Germinations - Sculptures, galerie Arnaud Biard, Boulogne-Billancourt, mai-[21].
  • Philippe Desloubières - Germinations, sculptures, musée Paul-Belmondo, Boulogne-Billancourt, mai-[22].
  • Les 3 CHA, Châteaugiron, septembre-novembre 2020[23].
  • Sculptures en plein air - Philippe Desloubières, falaise de Mers-les-Bains, été 2022[24],[25].
  • Abbaye de Saint-Riquier, septembre-décembre 2023.
  • Oumuamua ? par Philippe Desloubières, chapelle du collège des Jésuites d'Eu, novembre 2022 - janvier 2023.
  • Abbaye de Saint-Riquier, septembre-décembre 2023[26].

Expositions collectives

Happening

  • Cloc par Philippe Desloubières, expérimentation impromptue, création Anaïs Lelièvre, Wattwiller, [48].

Citations

Dits de Philippe Desloubières

  • « J'accorde la plus grande importance aux lignes et aux courbes, et je veux créer des formes harmonieuses et sereines. Je considère que l'espace qui entoure une sculpture est éminemment important et que l'interprétation de l'œuvre peut émaner à la fois de la sculpture elle-même, mais également du vide qui l'entoure. » - Philippe Desloubières, 2020[23].
  • « En m'inspirant du végétal et parfois du monde animal sans les capter, je réalise des formes abstraites mais néanmoins évocatrices que chacun d'entre nous peut reconnaître sans précisément savoir ce que cela représente. L'évocation peut être multiple, elle est personnelle à chacun, ma sculpture les renferme toutes et plus encore car à travers sa forme, elle touche à notre identité. » - Philippe Desloubières, 2022[49]

Réception critique

  • « Ample et large, de face, de profil, indécise, la forme peut-être saisie comme l'ombre. Elle est envahissante et, par la matière aux nuances profondes, résonne comme si elle n'en finissait pas de nous placer à contre-jour. En effet, miroir, elle nous renvoie à l'enfance, images, bonshommes ou arbres de toute espèce. » - Nadine Cossin[50]
Maïté Bouyssy
  • « Ces sculptures monumentales inventent le mouvement. Une touche, une inclinaison les engage dans un ralenti cinématographique. Leur secret, une majestueuse lenteur, tient au dialogue du matériau noble, quelle qu'en soit l'échelle, en tension avec un rigoureux travail d'évacuation de la matière pour modeler le vide, un vide constitutif qui fait respirer l'espace. Le vide s'en trouve façonné de main d'artiste, enserré dans la tôle soudée, car ces pièces ne sont que rarement fondues, mais il est également le vide interstitiel montré, celui que désignent les duplications de Germinations. Ces figures ne font pas que nous toucher, ce qui serait réducteur, elles nous atteignent. » - Maïté Bouyssy[51]
  • « En fait, les sculptures de Philippe Desloubières nous mettent face à un problème qui nous dépasse parce qu'il nous englobe. C'est celui de l'identité dans ce qu'elle touche de plus profond en nous. Le problème, c'est en fait celui de l'articulation entre les deux faces du monde qui sont comme le double l'une de l'autre. La première, c'est l'ambivalence. Etre ambivalent, c'est pouvoir dire “je suis ceci et cela, homme et poisson, arbre et tête”. La seconde, c'est l'ambiguïté. C'est pouvoir dire “je ne suis ni ceci ni cela, ni homme ni femme, ni animal ni végétal, ni matière ni esprit”. » - Jean-Louis Poitevin[2]
  • « Les œuvres de Philippe Desloubières ne sont pas tant un déploiement qu'un dépliement. Leurs arêtes fines articulent des surfaces qui ne se découvrent que par déplacement, conjoignent des aplats épidermiques, mats ou luisants, sur lesquels glisse le regard. Aussi ne sont-elles pas écran au paysage où elles se trouvent placées, seraient-elles laquées de couleurs franches, unies, hardiment anti-naturalistes. Avec Philippe Desloubières, l'artefact n'impose pas son étrangeté. Il reprend au contraire sa place dans une parcelle du monde qui l'aurait vu naître et dont il serait la métaphore : la sculpture comme figure du monde vu de loin ou de très près. » - Jean-François Cocquet[52]
  • « Il accomplit des sculptures dont le seul matériau est l'acier. L'artiste associe à cette matière froide une couleur laquée franche. De plus, s'ajoute, à ce paradoxe d'utilisation de la tôle, la forme du dessin. En effet, pour certains, son style fait allusion à une sculpture plutôt féministe. Philippe Desloubières donne à ses sculptures des figures à l'aspect organique, végétal, voire animal. Ses œuvres, destinées à être exposées en extérieur, émergent dans le paysage telles des pousses en plein développement. » - Siloé Pétillat[38]

Récompenses

  • Prix du Salon d'art contemporain de Saint-Cloud, 1998.
  • Prix de sculpture du Salon MAC 2000, Paris, 2003.
  • Prix de sculpture du Salon du Vésinet, 2005.

Collections publiques

Corée du Sud

[ France

Luxembourg

Collections privées référencées

Notes et références

Annexes

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