Philippe Forest
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Famille
Dans Le Siècle des nuages, Philippe Forest relate l'histoire de sa famille, originaire de Mâcon, et évoque son enfance à Paris. Son père est un fils de confiseur, sa mère est fille de libraire. Ils se rencontrent le sur les routes de l'exode. Son père devient pilote de chasse aux États-Unis pendant la guerre, puis pilote de ligne à Air France.
Formation et enseignement
Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1983[2] et docteur en lettres de l'université Paris IV en 1991[2] avec une thèse intitulée « Les romans de Philippe Sollers » (sous la direction de Pierre Brunel), il enseigne durant sept années dans des universités britanniques : Heriot-Watt (Édimbourg), St John's College de Cambridge, St Andrews (Écosse), Birkbeck College (université de Londres).
Depuis 1995, il enseigne à l'université de Nantes, d'abord comme maître de conférence en littérature comparée, puis, à partir de 2002[3], comme professeur en littérature française[2].
Écrivain
Il est l'auteur d'essais consacrés à la littérature et à l'histoire des courants d'avant-garde (notamment Histoire de Tel Quel et sur Philippe Sollers) et de romans[4],[5],[6]
Collaborateur régulier des pages littéraires de la revue Art Press[7], il lui arrive de signer des articles dans d'autres revues ou journaux.[source secondaire souhaitée] De 2011 à 2015, il a été, avec Stéphane Audeguy, co-rédacteur de La Nouvelle Revue française des éditions Gallimard[8].
Il a été membre du jury du prix de littérature André-Gide de 2015 à 2017.
Décorations
Quelques aspects de l'œuvre
Son écriture est marquée par le thème de la disparition de l'enfant. Sa fille, Pauline, est morte d'un cancer à l'âge de quatre ans, en 1996, ce qui constitue le sujet de ses premiers romans, L'Enfant éternel et Toute la Nuit[11], ainsi que d'un essai écrit dix ans après, Tous les enfants sauf un, dont le titre reprend une des premières phrases « Tous les enfants, sauf un, grandissent » du Peter Pan de J. M. Barrie au début de son. Le premier roman de Philippe Forest citait cette phrase qui donne son titre à cet essai, car la mort d'une enfant constitue en soi une exception à la règle de la vie[12]. Ainsi, l'expérience du deuil constitue le point de départ de son œuvre et demeure son sujet essentiel. Il s'en explique notamment dans Le Roman infanticide : Dostoïevski, Faulkner, Camus[13].
Lauréat de la Villa Kujoyama, il a effectué en 1999 un long voyage au Japon, dans le but de rompre avec le passé. Dans Sarinagara, il évoque ce thème à travers la culture de trois artistes japonais, dont Soseki. Son but est de rendre sensible leur œuvre, ce qu'ils ont en commun, loin d'un exotisme factice. Son style rappelle celui de Tatsuo Hori. Il a consacré depuis plusieurs ouvrages à l'art et à la littérature du Japon et notamment au romancier Kenzaburō Ōe et au photographe Nobuyoshi Araki.
Malgré les distances qu'il a prises à l'égard de l'autofiction, il en est généralement considéré comme l'un des principaux représentants et théoriciens[14]ainsi qu'en témoignent, parmi d'autres exemples, le chapitre que lui consacre Philippe Gasparini dans Autofiction, une aventure du langage (Seuil, 2008).