Philippistes
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On appelle philippistes (ou mélanchthoniens, ou adiaphoristes) les partisans de la doctrine du réformateur allemand Philippe Melanchthon, et plus particulièrement un groupe de théologiens qui s'est formé à partir de querelles doctrinales internes aux protestants au xvie siècle.
En 1548, l'empereur Charles Quint et les États protestants concluent l'interim d'Augsbourg, et en Saxe, une variante en est proposée, connue sous le nom d'Articles de Leipzig ou intérim de Leipzig. Cela déclenche une série de disputes entre théologiens protestants, portant sur six points de désaccord : la querelle adiaphoriste, la querelle majoriste, la querelle antinomiste, la querelle synergique, la querelle osiandrique et une deuxième querelle sur la Cène. Les partisans de Martin Luther se divisent alors en philippistes, modérés, et en gnésioluthériens orthodoxes[1].
Pour les philippistes, la question centrale est de savoir de quelle façon les actes cultuels doivent être pratiqués. Les philippistes acceptent que le culte protestant conserve certaines particularités liturgiques de l'Église catholique.
Ils sont considérés comme des médiateurs entre les fronts confessionnels du luthéranisme et du calvinisme. Depuis la conclusion de la Formule de Concorde, les adversaires les plus virulents des philippistes sont les gnésioluthériens. Ces derniers reprochent aux philippistes de contribuer sciemment, par leur ligne de conduite, à l'établissement du réformisme, et les classent parmi les « crypto-calvinistes (en) »[2]. Le courant perd alors en influence et en adeptes, dont des princes qui se tournent vers le calvinisme.