Photographie de ruines
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La photographie de ruines, parfois appelée ruin porn[2], est un courant photographique qui a pour sujet la dégradation du milieu bâti (villes, bâtiments, infrastructures, etc.). Si le terme « ruines » peut désigner de manière large les vestiges de réalisations humaines (par exemple les restes de la Mésopotamie ancienne ou de Machu Picchu), la photographie de ruines se concentre généralement sur la capture de la dégradation urbaine dans les zones post-industrielles. Elle catalogue surtout l’abandon et le déclin des villes, et suscite des débats sur le rôle de l’art dans les projets de renouvellement urbain, de restauration et de conservation à travers le monde[3],[4].
Les origines de la photographie de ruines remontent aux notions populaires du pittoresque, qui mettaient souvent en scène des motifs liés à l’esthétique de l’architecture abandonnée et délabrée[5]. Les thèmes récurrents de ce courant incluent des maisons abandonnées, des usines laissées à l’abandon après la révolution industrielle ou les périodes de prospérité de l’industrie automobile, ainsi que des ponts, des terrains vagues, des immeubles d’habitation désertés ou encore des théâtres et bureaux éventrés.
Le photographe Camilo José Vergara (en) contribue à faire connaître davantage ce style dans les années 1990 avec ses ouvrages The New American Ghetto et American Ruins. Dans les années 2010, les photographes Yves Marchand et Romain Meffre publient The Ruins of Detroit, suscitant un regain d’intérêt pour ce genre[6].
Ce style repose fortement sur l’éclairage, les gros plans sur les détails, les prises de vue en plan large et l’imagerie numérique. La photographie de ruines se distingue de la photographie architecturale historique en ce qu’elle ne cherche pas à comparer le passé et le présent, mais se concentre sur l’état actuel du sujet et sur les circonstances ayant conduit à sa dégradation.
