Pier Giulio Magistretti

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Nom de naissancePier Giulio Magistretti
NationalitéItalienne
Pier Giulio Magistretti
Présentation
Nom de naissance Pier Giulio Magistretti
Naissance
Milan, Royaume d'Italie
Décès
Milan, RSI
Nationalité Italienne
Mouvement Novecento, Rationalisme
Diplôme Politecnico di Milano
Œuvre
Agence Studio Magistretti, Milan
Réalisations Palazzo dell'Arengario, Palais Bolchini, Galleria del Corso
Entourage familial
Père Pietro Francesco Magistretti
Mère Ester Anna Tosi
Famille Vico Magistretti (fils)

Pier Giulio Magistretti, né en 1891 et mort le à Milan, est un architecte italien actif principalement en Lombardie durant l'entre-deux-guerres[1].

Actif sur la scène architecturale milanaise des années 1920 et 1930, il adhère au mouvement du Novecento et collabore avec Piero Portaluppi, Giovanni Muzio et Enrico Agostino Griffini pour la conception du Palazzo dell'Arengario sur la Piazza del Duomo[2]. Père du designer et architecte Vico Magistretti, il lui lègue son studio professionnel[3].

Origines familiales

Pier Giulio Magistretti naît en 1891 à Milan, au sein d'une famille bourgeoise lombarde[4]. Il est le fils de Pietro Francesco Magistretti et d'Ester Anna Tosi. La famille Magistretti possède une longue tradition dans les métiers de la construction et de l'architecture, une lignée qui se poursuivra avec son fils Vico et remonte à son beau-père, l'architecte Gaetano Besia, qui a édifié le Palazzo Archinto, devenu par la suite le Reale Collegio delle Fanciulle Nobili de Milan[3].

Formation

Pier Giulio Magistretti effectue ses études d'architecture au Regio Politecnico di Milano, institution de formation des ingénieurs et architectes[5]. Durant cette période, il étudie les courants architecturaux européens et s'intéresse à l'intégration des formes classiques dans une expression moderne[6].

Carrière professionnelle

Après l'obtention de son diplôme, Pier Giulio Magistretti établit son cabinet d'architecture à Milan, dans un immeuble qu'il conçoit lui-même en 1933 à l'angle de la via Conservatorio et de la via Vincenzo Bellini, au cœur du centre historique de la ville[7]. Ce studio, composé de trois petites pièces au rez-de-chaussée et d'un sous-sol servant d'archives, deviendra plus tard le lieu de travail de son fils Vico pendant toute sa carrière, et abrite aujourd'hui la Fondazione Vico Magistretti[8].

Durant les années 1920 et 1930, Magistretti est actif tant dans le secteur public que privé à Milan[9]. Il participe à des projets qui contribuent à la transformation du tissu urbain de la métropole lombarde[10].

Vie familiale et descendance

Pier Giulio Magistretti épouse Luisa Tosi, avec qui il a un fils, Ludovico dit « Vico », né le [3]. Ce dernier, après des études au lycée Parini puis à la faculté d'architecture du Politecnico di Milano, rejoint le studio paternel dès l'obtention de son diplôme en 1945[11]. Vico Magistretti devient l'un des principaux designers et architectes italiens du XXe siècle[12].

Décès

Pier Giulio Magistretti meurt le à Milan, quelques mois avant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Italie[1]. Son fils Vico, qui venait d'obtenir son diplôme d'architecte le , lui succède à la tête du studio familial et poursuit son œuvre[13].

Œuvres architecturales

Palazzo dell'Arengario (1936-1956)

Le Palazzo dell'Arengario est l'œuvre la plus connue de Pier Giulio Magistretti. Ce complexe monumental, situé sur la Piazza del Duomo, est conçu en collaboration avec Piero Portaluppi, Giovanni Muzio et Enrico Agostino Griffini à la suite d'un concours remporté en 1937[2]. Le terme « arengario » dérive de « broletto », désignant dans l'Italie médiévale le siège municipal d'une commune[10].

L'édifice se compose de deux bâtiments symétriques revêtus de marbre de Candoglia, le même matériau utilisé pour la construction du Dôme de Milan[14]. Les façades présentent une double série d'arcades en plein cintre aux premier et deuxième niveaux, tandis que la base s'ouvre par des portails rectangulaires ornés de bas-reliefs à motifs végétaux, œuvre du sculpteur Arturo Martini[10].

Le projet, commencé en 1936, connaît de nombreuses interruptions dues à la Seconde Guerre mondiale et n'est achevé qu'en 1956[15]. Depuis 2010, le palais abrite le Museo del Novecento, musée consacré à l'art italien du XXe siècle, après une rénovation dirigée par les architectes Italo Rota et Fabio Fornasari[16].

Palais Bolchini (1927-1930)

Le Palais Bolchini est une commande importante de la carrière de Magistretti. Situé sur la Piazza Filippo Meda, anciennement Piazza Crispi, cet imposant édifice occupe l'intégralité du côté nord de la place[17].

Commandé par l'avocat Ferruccio Bolchini et son épouse Ada dell'Acqua, le palais est conçu entre 1927 et 1930[18]. L'édifice présente un style Art déco enrichi d'éléments évoquant le néoclassicisme de la proche Piazza Belgioioso, notamment par l'utilisation d'obélisques, de statues et de balustrades comme éléments décoratifs à l'étage supérieur[18].

Le rez-de-chaussée s'ouvre sur un portique public revêtu de ceppo, une pierre typiquement lombarde, tandis que les étages supérieurs présentent une façade en stuc[18]. En 2020, la Galleria Bolchini a fait l'objet d'un projet de réhabilitation confié au studio Parisotto + Formenton Architetti[19].

Galleria del Corso (1925-1930)

La Galleria del Corso, galerie marchande conçue à partir de 1925 et achevée en 1930, relie la Piazza Beccaria au Corso Vittorio Emanuele II[1]. Elle compte parmi les premiers grands projets de Magistretti.

L'édifice se distingue par son dôme octogonal central en fer et verre, composé de 1 420 panneaux de verre, chacun de forme et de dimension uniques[20]. La construction s'étend sur près de dix ans et suscite de nombreuses critiques à l'époque. L'édifice est aujourd'hui classé parmi les témoignages de l'architecture commerciale milanaise de l'entre-deux-guerres[20].

En 2016, un important projet de restauration est lancé, d'un coût de huit millions d'euros, entièrement financé par des fonds privés[1]. Les travaux, achevés en 2023 à l'occasion du centenaire de l'édifice, ont concerné les façades, les sols et la couverture du dôme central[1].

Villa Ci (Casa Bocchi) (1939)

En collaboration avec Gio Ponti, Pier Giulio Magistretti conçoit en 1939 la Villa Ci, également connue sous le nom de Casa Bocchi, située via Marco de Marchi, à proximité de la Piazza Cavour[21].

Cette villa urbaine, commandée par l'industriel Francesco Plodari sur un terrain ayant appartenu aux sœurs Bocchi, est l'une des rares grandes demeures privées conservées dans le centre historique milanais[21]. Les deux architectes ont dessiné l'ensemble des éléments intérieurs, des escaliers aux poignées de porte[22].

En 2025, la villa a été vendue pour cinquante millions d'euros à la famille Nassimiha, deux ans après le décès de son dernier propriétaire, l'ingénieur Minucci[21].

Immeuble de la via Conservatorio (1933)

L'immeuble situé à l'angle de la via Conservatorio et de la via Vincenzo Bellini, conçu en 1933, est un édifice d'habitation et de bureaux de dimensions modestes, intégré dans le tissu urbain du centre historique milanais, à proximité de l'église Santa Maria della Passione et du Conservatoire Giuseppe Verdi[4],[23].

L'architecte y installe son propre studio au rez-de-chaussée, qu'il transmettra à son fils Vico après sa mort[3]. Le bâtiment présente une intégration du vocabulaire classique dans une expression architecturale moderne, dans le contexte du centre historique milanais[13]. Son fils Vico construira plus tard, entre 1963 et 1966, un immeuble immédiatement adjacent[13].

Participation au projet de la Ca' Granda

Pier Giulio Magistretti participe également aux travaux de restauration et de transformation de la Ca' Granda, l'ancien hôpital majeur de Milan fondé au XVe siècle par François Sforza, en siège de l'Université de Milan[24].

Ce projet d'envergure, mené aux côtés des architectes Ambrogio Annoni, Amerigo Belloni, Adalberto Borromeo, Liliana Grassi et Piero Portaluppi, s'étend des années 1940 aux années 1980[24]. Les travaux de restauration et de reconstruction, particulièrement délicats en raison des graves dommages causés par les bombardements de 1943, témoignent d'une approche résolument rationaliste, les parties reconstruites respectant la planimetrie quattrocentesque du Filarète tout en affirmant leur modernité[24].

Style architectural

Adhésion au mouvement Novecento

Pier Giulio Magistretti appartient au mouvement du Novecento, courant architectural italien né dans les années 1920 qui prône un retour à l'ordre classique tout en intégrant les apports de la modernité[25]. Ce mouvement, distinct du rationalisme italien plus radical représenté par Giuseppe Terragni, recherche une synthèse entre tradition et innovation[26].

Caractéristiques stylistiques

L'architecture de Magistretti présente plusieurs caractéristiques récurrentes :

  • L'utilisation de matériaux tels que le marbre et la pierre de ceppo, d'origine lombarde[18].
  • Une attention particulière portée à l'intégration des édifices dans leur contexte urbain, caractéristique de l'école milanaise[13].
  • Le recours à des éléments décoratifs issus du vocabulaire classique (arcades, colonnes, frontons), réinterprétés dans une expression moderne[10].
  • Une collaboration fréquente avec des artistes, notamment le sculpteur Arturo Martini pour les bas-reliefs de l'Arengario[10].

Appartenance à l'école milanaise

Magistretti s'inscrit dans la tradition de l'école d'architecture milanaise, aux côtés de Giovanni Muzio, Piero Portaluppi, et plus tard Franco Albini, Luigi Caccia Dominioni et Marco Zanuso[9]. Cette école se caractérise par une attention aux usages de la ville et au contexte urbain, dans le cadre d'un rapport à la tradition architecturale classique[27].

Héritage et postérité

Transmission familiale

Son fils Vico Magistretti (1920-2006) devient l'un des principaux designers et architectes italiens de la seconde moitié du XXe siècle[11]. Vico reprend le studio paternel dès 1945 et y travaille pendant plus de soixante ans, dans la continuité de la tradition architecturale familiale qui remonte à l'arrière-grand-père Gaetano Besia[3].

Fondazione Vico Magistretti

Le studio de la via Conservatorio, conçu par Pier Giulio Magistretti en 1933, abrite aujourd'hui la Fondazione Vico Magistretti, créée après la mort de Vico en 2006[28]. Cette fondation conserve les archives professionnelles des deux générations d'architectes, comprenant esquisses, dessins, plans, photographies et documents relatifs à l'ensemble de leur production[28].

Reconnaissance patrimoniale

Plusieurs œuvres de Pier Giulio Magistretti font l'objet de programmes de conservation ou de mise en valeur :

  • Le Palazzo dell'Arengario abrite le Museo del Novecento depuis 2010, après une rénovation conduite par Italo Rota et Fabio Fornasari[2].
  • Le Palazzo Bolchini a fait l'objet d'un projet de réhabilitation confié au studio Parisotto + Formenton Architetti[18].
  • La Galleria del Corso a été restaurée entre 2016 et 2023, pour un coût de huit millions d'euros financés par des fonds privés[1].

Influence sur l'architecture milanaise

L'œuvre de Magistretti se situe entre les réalisations de Muzio et Portaluppi des premières décennies du XXe siècle et le « style milanais » développé après-guerre par Ignazio Gardella, Luigi Caccia Dominioni, Marco Zanuso et son propre fils Vico[9]. Ses bâtiments associent des références à la tradition classique et des éléments de l'architecture moderne[6].

Liste des œuvres

Notes et références

Voir aussi

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