Pierre Fyot

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Pierre Fyot
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 102 ans)
TalantVoir et modifier les données sur Wikidata
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Pierre Fyot, né à Dijon le et mort le à Talant, est un médecin, écrivain, résistant et militaire français.

Descendant de la branche charolaise de la famille Fyot[1], une des grandes dynasties catholiques de Bourgogne qui compte également les maisons de noblesse parlementaire dijonnaises Fyot de la Marche et Fyot de Mimeure[1],[2], il est le fils d'avocat Louis Fyot, bâtonnier du Barreau de Dijon et premier adjoint au maire de la ville Félix Kir[1], et le petit-fils de l'historien Eugène Fyot[1],[3], membre de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon et de la Société française d'archéologie, correspondant du Ministère de l'instruction publique et président de la Commission des antiquités de la Côte-d’Or.

Il passe son enfance entre la maison dite «Fyot», rue Turgot à Djion, et la campagne autunoise. Il est très marqué par les récits de guerre de son père[4], qui combattit à Verdun, et le souvenir héroïque de son oncle, aviateur de l'escadrille 62 Les Coqs combattants, mort au combat en 1917 et dont le corps ne fut jamais retrouvé. Il effectue sa scolarité à l'école Saint-François-de-Sales[4] où il prépare le concours de l'École de l'Air jusqu'à ce qu'il décide, à la dissolution de celle-ci, en 1940, de s'inscrire à la Faculté de médecine de l'Université de Dijon[4].

En 1943, il s'engage, à vingt ans, dans la Résistance, au sein du réseau «Arc-en-Ciel»[3]. N'écoutant d'abord que son intuition nationaliste anti-allemande, il comprend petit à petit ce qui constitue la véritable horreur de l'Europe fasciste[4]. Le 30 juin 1944, il est l'un des deux seuls survivants du maquis de Voisines, où il voit tomber quinze de ses camarades[5],[6],[7],[8]. Il sera hanté toute sa vie par ce qu'il appellera «le complexe du survivant»[1]. A la Libération, il est incorporé dans le 121ᵉ régiment d’infanterie, au sein de la 1re armée du général de Lattre, et participe à la campagne d'Alsace puis d'Allemagne[3],[9].

Après la guerre, il poursuit ses études de médecine[1] puis, convaincu par les discours de de Gaulle sur le maintien de la grandeur de la France par le retour de ses colonies et en quête d'aventure[4], il rejoint, en 1947, les troupes de marine du Corps expéditionnaire français engagé dans la Guerre d'Indochine[10] (5ᵉ bataillon chasseurs laotiens). Au Laos, il est particulièrement touché par la beauté du pays et par ses habitants, il en gardera toujours une certaine nostalgie[4].

Démobilisé en 1949, recruté en 1950 comme médecin fonctionnaire par l'Assistance médico-sociale (AMS) d'Algérie[11], organisme responsable de la santé publique dans les localités les plus reculées et les plus isolées des départements algériens, il ouvre son cabinet de «médecin du bled» aux Ouadhias, en Kabylie[12],[4]. Il y vit des années très heureuses[4], pendant lesquelles il se marie et a deux enfants. Très aimé des locaux, populations pauvres et rurales des montagnes[5], dont certains sont fellagas, il se tient volontairement à l'écart du conflit[4]. Finalement, en 1956, l'assassinat du nouveau lieutenant chargé de la section administrative spécialisée locale, Gérard Jacquotte qui, par coïncidence, se trouvait être le frère de son ami, Hubert, tombé sous ses yeux au maquis, le heurte profondément[4]. Il prend alors, pour le venger, la tête d'un commando au sein du 5e régiment de tirailleurs marocains[12],[4].

Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, il retrouve brièvement son activité de médecin de campagne puis décide de retourner en France et d'y retrouver sa famille[3]. Il reprend des études pour fonder et diriger, à Dijon, un laboratoire de biologie médicale d'une quarantaine de personnes[3],[12].

Bien qu'ayant quitté l'armée d'active cette même année, au grade de lieutenant-colonel d'infanterie[13], il est versé dans la réserve et fréquentera l'IHEDN à plusieurs reprises, comme en 1977-1978. S'il a de nombreuses fois prodigué des soins médicaux à ses camarades sur le champ de bataille, il n'a jamais servi comme médecin militaire.

Il publie en 1967 son premier roman, Le Vent de la Toussaint, sur ses années en Algérie[14]. Le Vent de la Toussaint, sorti en 1991, en sera l'adaptation cinématographique par Gilles Béhat[15],[16].

En 1968, répondant à une annonce de la Croix-Rouge[3], il rejoint une équipe médicale dépêchée au Biafra en guerre[5],[3]. Révolté par les massacres et le blocus alimentaire dont il est témoin et désireux de rompre le silence en échange duquel la Croix-Rouge pouvait accéder au terrain du conflit[1],[3], il participe, aux côtés de Bernard Kouchner et Max Récamier, aux premières initiatives à l'origine de l'association Médecins sans frontières[3]. Il en est membre fondateur[17] et a participé à toutes ses missions jusqu'en 1980, date à laquelle il suivra Bernard Kouchner pour rompre avec l'association, cofonder Médecins du monde et s'engager en Mer de Chine au secours des boats people[5],[18],[19],[3].

En 1969, il est médecin de la Présidence de la République, le temps de l'intérim d'Alain Poher[3],[4]. En 1982, ce-dernier signera la préface de la réédition du Vent de la Toussaint (1967)[20].

A présent convaincu que, dans «le cycle absurde des guerres pourries»[1], il lui faut choisir «le camp des perdants»[18],[19], ses missions le mènent pendant deux décennies vers les conflits et catastrophes d'Afghanistan, d'Angola, du Bangladesh, du Brésil, du Cambodge, d'Érythrée, de Haute-Volta (Burkina Faso), du Kurdistan, du Pérou ou encore du Vietnam[3],[4]. Il y séjourne la plupart du temps clandestinement[4]. En 1984, il se rendra dans la jungle du Nicaragua, aux côtés des populations Miskitos victimes la guerre civile et dénoncera les atteintes aux droits de l'homme par les sandinistes[13]. C'est sur le théâtre de la Guerre de libération du Liban, en 1989, qu'il servira pour son dernier engagement humanitaire[3].

En 1974, il cofonde la clinique de Fontaine-lès-Dijon, intégrée depuis 2017 à l'Hôpital privé Dijon Bourgogne, avec l'objectif de doter le département d'une plateforme moderne de cardiologie.

Président d'honneur de la Guilde européenne du Raid[21], il est invité régulier au Forum d'Agen[22] où il défend, en 1984, l'importance du témoignage qui doit, selon lui, répondre à l'éthique plutôt qu'aux règles politiques[23]. Suivant cette ligne, il poursuit la mise en récit de son expérience dans quatre autres romans où se lit son esprit d'aventure, son goût du risque et sa passion de la liberté[24],[25].

Ami des réalisateurs Pierre Schoendoerffer et Jacques Perrin[26], il voit ce dernier adapter son roman Les Remparts du silence (1985) à la télévision avec la série Médecins des hommes (1988), où l'on retrouve Fanny Ardant, Bruno Cremer, Jane Birkin, Richard Bohringer et Michel Blanc[17],[3]. Sa collaboration avec Jacques Perrin se poursuivra, avec notamment le documentaire pour le Mémorial de Caen Espérance (1994)[27], le documentaire Mémoire d'armée (1997)[28] et le film L'Empire du milieu du Sud (2011)[26],[29].

En 1992, il est à l'initiative de la création des Écrans de l'aventure, festival international du film d'aventure ayant lieu chaque année à Dijon[30]. Il a été membre du jury du Prix littéraire de la vocation jusqu'à l'édition 2016[31].

Pierre Fyot meurt le , à l'âge de 102 ans, en maison de retraite, à Talant[32],[33]. Il est inhumé au Cimetière des Péjoces, à Dijon.

Distinctions

Œuvres

  • Le Vent de la Toussaint : Un médecin dans le djebel, Nouvelles éditions latines,
  • Les Remparts du silence, Robert Laffont,
  • Les Années vert-de-gris, Delérins,
  • Quand souffle la folie, Robert Laffont,
  • Le Carnaval des ardents, Éditions de l'Armançon,

Filmographie

Notes et références

Liens externes

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