Pierre Lefaucheux

PDG de Renault et résistant français From Wikipedia, the free encyclopedia

Pierre-André Lefaucheux, né le à Triel-sur-Seine, et mort accidentellement le à Saint-Dizier, est un industriel français et un Compagnon de la Libération.

Décès
Nom de naissance
Pierre-André Lefaucheux
Faits en bref Président-directeur général Renault, 1945-1955 ...
Pierre Lefaucheux
Fonction
Président-directeur général
Renault
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Pierre-André Lefaucheux
Pseudonyme
GildasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Formation
Activités
Conjoint
Parentèle
Casimir Lefaucheux (arrière-grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Compagnie des chemins de fer du Nord
Compagnie Générale de Construction de Fours (d)
RenaultVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Conflits
Lieux de détention
Distinctions
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Biographie

Origine familiale

Arrière-petit-fils de l'inventeur Casimir Lefaucheux, Pierre Lefaucheux naît à Triel en 1898. Il est le deuxième des quatre enfants d'André Lefaucheux et de Madeleine Dulac.

Jeunesse

Engagé volontaire, il rejoint le front en en tant que canonnier, aspirant puis sous-lieutenant. Il est cité deux fois et reçoit la croix de guerre[1]. De retour à la vie civile, il intègre l'École centrale des arts et manufactures dont il est diplômé en 1922[2].

Début de carrière

Il commence sa carrière à la Compagnie des chemins de fer du Nord, puis chez Dyle et Bacalan. Mais c'est à la Compagnie générale de construction de fours qu'il effectue l'essentiel de sa carrière avant guerre, de 1925 à 1939. Il occupera à la fin la fonction de directeur.

En parallèle, il commence en 1929 une thèse de doctorat qu'il soutiendra en 1935 : La peseta et l'économie espagnole depuis 1928[3].

Seconde Guerre mondiale

La guerre change le cours de la vie de Lefaucheux, qui est remobilisé en 1939 comme capitaine d'artillerie[1] et nommé en directeur de la Cartoucherie du Mans. Mais c'est aussi et surtout son implication dans la Résistance (sous le nom de « Gildas ») qui va avoir des conséquences importantes.

Membre de l'Organisation Civile et Militaire (OCM), il rejoint les FFI et, à la suite de l'arrestation de plusieurs de ses chefs, devient le chef des FFI de la Région Parisienne de à son arrestation début [2],[4],[5]. Par ailleurs, il est le « 9e sage de la Résistance »[6], dernier membre du Comité Général d'Études (CGE), l'organisme créé par Jean Moulin pour penser l'après-guerre.

Arrêté par le SD de la rue des Saussaies le 3 lors d'une réunion clandestine[7],[4],[5], interné à Fresnes[4],[5], puis déporté à Buchenwald par le dernier convoi nazi quittant la région parisienne le  convoi des 57000 »)[7],[4],[5], il ne doit son salut qu'à l'action de sa femme Marie-Hélène Lefaucheux (née Postel Vinay, qu'il a épousée en 1925) : elle parvient à convaincre un membre de la Gestapo de le faire transférer à Metz pour interrogatoire complémentaire[4],[5]. Le nazi, de retour dans une ville désertée à cause de l'avancée du front, abandonne son prisonnier[2],[4],[5].

A la tête de Renault

De retour à Paris en , il est nommé le administrateur provisoire des usines Renault réquisitionnées. Puis, après la nationalisation de Renault le , il en devient officiellement le PDG le [8].

Sous sa direction, il fera de la Régie Renault le premier constructeur français d'automobiles et l'un des premiers d'Europe. Il prendra la décision de lancer la 4CV, la Frégate mais aussi la Dauphine, et préparera la « toute petite voiture » que sera la R4.

Il fera également construire l'usine Renault de Flins et préparera celle de Cléon. Il est aussi le père de ce qui sera connu sous le nom de l'« accord Renault de 1955 », signé par son successeur en septembre.

Décès

Monument dédié à Pierre Lefaucheux, sur le site de l'accident de voiture qui lui fut fatal en 1955. Le monument se situe au bord de l'autoroute à l'ouest de Saint-Dizier, le site réel de l'accident ayant été lourdement modifié à la suite d'une vaste refonte de l'intersection.

Alors que l'entreprise amorce un âge d'or (tous les indicateurs étant au vert depuis le second semestre de 1953), il est prévu que Pierre Lefaucheux en fasse une présentation aux étudiants catholiques de Strasbourg le . Automobiliste passionné, il décide au dernier moment de voyager en voiture malgré les conditions particulièrement défavorables. Il place sa valise non pas dans le coffre, mais sur le siège arrière de sa Renault Frégate.

Approchant de Saint-Dizier par l'ouest, sur la Route Nationale 4 (N4), il est surpris par une pancarte de déviation temporaire et braque au dernier moment pour suivre la route imposée, tentant de freiner sur ce qui s'avère être une plaque de verglas. Après plusieurs tonneaux, le véhicule termine sa course dans un champ. Il est en grande partie intact ainsi que l'habitacle, mais sa valise non immobilisée a jailli du siège arrière et lui a brisé la nuque. On retrouvera dans sa poche le billet de train, inutilisé, qu'il avait initialement acheté[9].

Comme 30 ans plus tard lors de celle, criminelle, de Georges Besse, sa disparition provoqua un choc considérable dans l’entreprise et en France[10]. À Saint-Dizier, mis en cause, André Penin, ingénieur chargé de la subdivision des Ponts et Chaussées, réussit à prouver aux enquêteurs que le panneau avait été bien placé et que seules la vitesse excessive et une plaque de verglas étaient responsables de l'accident. Un monument à la mémoire de Lefaucheux a été érigé sur le bord de la N4 près de Saint-Dizier. L'usine Renault de Flins a été rebaptisée en son honneur ainsi qu'un boulevard du Mans. La promotion 2016 de l'École centrale des arts et manufactures a été baptisée en son honneur. Il est enterré à Saint-Quentin-des-Prés (Oise).

Site du monument dédié à Pierre Lefaucheux : 48° 38′ 26,559″ N, 4° 55′ 03,52″ E

Décorations

Notes et références

Annexes

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