Pierre Lehardy
personnalité politique française
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Pierre Lehardy, né le 10 février 1758 à Dinan (intendance de Bretagne, actuel département des Côtes d'Armor), mort guillotiné le 10 brumaire an II (10 octobre 1793) à Paris, est un homme politique de la Révolution française.
| Louis le Montagner | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (1 an, 1 mois et 10 jours) |
|
| Élection | |
| Circonscription | Morbihan |
| Successeur | Louis-Urbain Brüe |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Dinan (Bretagne, France) |
| Date de décès | (à 35 ans) |
| Lieu de décès | Paris ( France) |
| Nationalité | |
| Parti politique | Droite |
| Profession | Médecin |
| modifier |
|
Biographie
Mandat à la Convention
La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Pierre Lehardy, alors médecin et procureur-syndic du district de Josselin, est élu député du département du Morbihan, le deuxième sur huit, à la Convention nationale[1].
Le 26 novembre 1792, aux côtés de Jean-Baptiste Charles Mathieu-Mirampal (député de l'Oise) et de Gabriel Hyacinthe Couppé (député des Côtes-du-Nord), il est envoyé en mission dans le département de la Sarthe[2].
Le 18 avril 1793, aux côtés d'Aubin Bigorie du Chambon (député de Corrèze) et de Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant (député du Calvados), il est élu secrétaire sous la présidence de Marc David Lasource (député du Tarn)[3].
Pierre Lehardy siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[4],[5] :
Je regarderais la liberté de mon pays comme entièrement anéantie, si nous étions à la fois accusateurs, jurés, juges et législateurs. Non, nous ne sommes pas juges. [...] Je demande que Louis soit mis en état de détention tant que la République courra quelques risques, ou jusqu'au moment où le peuple acceptera la constitution ; alors, et seulement alors, vous décrèterez son bannissement et celui de tous les Bourbons.
Le 26 février 1793, il dénonce Jean-Paul Marat, après que Jean-Augustin Pénières (député de Corrèze) a lu un extrait de son journal[6] :
Il est temps de savoir si la Convention, prenant la l'attitude qui lui convient, saura prononcer entre le crime et la vertu. Il est temps de savoir si la moitié de la Convention est composée de scélérats, ou si Marat est coupable d'attaquer chaque jour la souveraineté du peuple dont il se dit l'ami.
Le 13 avril, Pierre Lehardi vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[8].
Pierre Lehardy est dénoncé par la Montagne et par les sans-culottes. Le 15 avril, il fait partie des vingt-deux députés dénoncés par les sections de Paris pour avoir « ouvertement violé la foi de leurs commettants »[9]. Le 9 mai, Marat le dénonce dans son journal comme membre de la « faction des hommes d’État »[10].
Au terme des journées du 31 mai et du 2 juin, Pierre Lehardy est décrété d'arrestation[11]. Le 3 octobre, au terme du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, il est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire. Il est condamné à mort et guillotiné le 10 brumaire an II (le 31 octobre 1793).