Pierre Roffet
relieur français
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Biographie
Il était établi tout au commencement du XVIe siècle, ainsi qu'il résulte de l'ordonnance qui suit, faisant partie de la collection A. Bonnardot, vendue par M. Claudin le :
« De par le Provost des marchans et esche-vins de la ville de Paris. Philippe Macé, receveur du domaine de la ditte ville, baillez et payez à Pierre Rouffet, relieur de livres à Paris, la somme de soixante solz parisis que ce jourd'hui avons ordonnée et ordonnons par ces présentes, pour avoir de nos ordonnances, tympanisé, blanchy, colé, relyé, doré, jaulny et couvert de cuyr neuf les deux livres d'ordonnances royaulx de la prevoste des marchans et eschevins d'icelle ville qui estoient vielz, descouvers et mal relyés, et auxdits deux livres mis et fourny de fermeture, et à chacun d'iceulx adjusté trois cayerz de parchemin blanc, iceulz réglés, l'un desquelz livres servant en l'auditoire de l'Ostel de la dite ville et l'autre au Greffe d'icelle. Et rapportant ces présentes et quittances dudit Rouffet, la dite somme de soixante solz parisis sera allouée en vos comptes, etc. etc., le vendredi vingt-deuxième jour daoûst mil cinq cens et onze. » Signé de Montmirel, J. Croquet, G. Souchay, Disomé, Hesselin. — Suivait la quittance de Pierre Rouffet. »
Ce relieur était de plus libraire, et avait pour enseigne un Faucheur, d'où lui vint son surnom, que portèrent aussi ses descendants. Il demeurait rue Neuve-Notre-Dame à Paris, devant l'église Sainte-Geneviève-des-Ardents, et édita un grand nombre d'ouvrages. Selon La Caille :
« la veuve Nicole Vostre imprima pour Pierre Roffet, Simon Hadrot et Nicolas Prévost, le Diurnal à l'usage des RR. PP. Celestins, in-24 rouge et noir, en 1528; Breviarium adusum Cœlestinorum, in-8°, et plusieurs autres usages rouge et noir. »
Il réalisa des reliures pour François Ier, de facture simple, en cuir et maroquin noir. Il publia aussi Larbre de lame de Hugues de Saint-Victor, et Geoffroy Tory imprima pour lui les œuvres des Marot père et fils : L’Adolescence Clémentine de Clément Marot (août 1532) et Sur les deux heureux voyages de Gênes et de Venise de Jean Marot (janvier 1533, nouveau style). Pierre Roffet meurt avant la fin de l'année 1533, car le privilège de La Translation en françoys de la bulle decernee par nostre sainct pere le pape (21 décembre 1533) est accordé à sa veuve et à son fils André[1].
Les autres Roffet
- Son fils, Étienne Roffet, continua de publier des œuvres de Clément Marot et d’autres auteurs. Il est le premier à obtenir la charge de relieur du roi (créée par François Ier) de 1537 à 1548.
- Jacques Roffet, dit le Faucheur lui aussi, publia un des livres illustrés les plus remarquables du XVIe siècle : Ordre qui a esté tenu à la nouvelle et joyeuse entrée du roi Henri II à Paris le .
- À la même époque deux autres Roffet, André et Ponce, exerçaient l’imprimerie.
- Nicolas Roffet s’établit libraire vers 1570. Il pratiqua sans doute lui aussi la reliure et demeurait toujours rue Neuve-Notre-Dame « en la maison où pend pour enseigne le Faulcheux ». Il mourut vers 1582 et sa veuve prit la succession jusqu’en 1606.
Bibliographie
- Jean de La Caille, Histoire de l'imprimerie et de la librairie, où l'on voit son origine et son progrès, jusqu'en 1689 (version numérisée disponible à la BNF)
- Ernest Thoinan, Les Relieurs français, Paris, Paul, Huard et Guillemin, 1893.
