Rue Neuve-Notre-Dame
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Anc. 9e arrt Rue Neuve-Notre-Dame
(supprimée en 1874) | ||
Eduard Gaertner, La rue Neuve-Notre-Dame (1826), Potsdam, Fondation des châteaux et jardins prussiens de Berlin-Brandebourg. | ||
| Situation | ||
|---|---|---|
| Arrondissement | Ancien 9e arrondissement | |
| Quartier | Cité | |
| Début | Parvis de Notre-Dame | |
| Fin | Rue du Marché-Palu et rue de la Cité | |
| Morphologie | ||
| Longueur | 76 m | |
| Largeur | 6 m | |
| Historique | ||
| Création | 1163 | |
| Disparition | Années 1870 | |
| Ancien nom | Rue Neuve-Sainte-Geneviève Rue Sainte-Geneviève Rue Neuve Rue de la Raison |
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| Géolocalisation sur la carte : Paris
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La rue Neuve-Notre-Dame est une ancienne voie de Paris située sur l’île de la Cité, quartier de la Cité. Elle disparaît durant les travaux de transformation de Paris menés par le baron Haussmann dans les années 1860. Elle est désormais englobée dans le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris et son emplacement historique est marqué par de gros pavés de couleur claire.
La rue était située dans l'ancien 9e arrondissement, quartier de la Cité.
La rue, toute droite, d'une longueur de 76 mètres et d'une largeur de 6 mètres, commençait place du Parvis et finissait rue du Marché-Palu (rue de la Cité après 1834). Elle était parallèle à l'axe de la Seine et en était séparée par l'ancien Hôtel-Dieu. Elle était prolongée à l'ouest par la rue du Marché-Neuf. Trois petites rues adjacentes joignaient la rue Neuve-Notre-Dame à la rue Saint-Christophe[N 1] qui lui était parallèle : il s'agissait des rues aux Coulons[N 2], de Venise-en-la-Cité[N 3] et de la Huchette[N 4],[1].
Les numéros de la rue étaient rouges[2]. Le dernier numéro impair était le no 23 et le dernier numéro pair était le no 8.

Origine du nom
On lui donna ce nom car elle conduisait directement à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Historique
Des origines incertaines
Les origines de la rue sont discutées. Pour beaucoup d'historiens, la rue aurait été tracée dans le cadre des grands travaux bouleversant le groupe épiscopal situé au cœur de la Cité vers 1163[3].
En 1163, sous le règne de Louis le Jeune (le père et prédécesseur de Philippe-Auguste), Maurice de Sully propose un ambitieux projet de rénovation de la partie la plus peuplée de l'île de la Cité, constituée de ruelles étroites devant la cathédrale Saint-Étienne[4]. Il s'agit de raser l'église Saint-Étienne afin de reconstruire totalement, à une plus vaste échelle, la cathédrale Notre-Dame qui lui est adjacente. Un pâté de maisons existantes est également rasé pour aménager un parvis devant ce nouvel édifice et percer une rue large face au centre de sa façade. Cette rue doit être assez large pour pouvoir apporter les matériaux nécessaires à la construction de la nouvelle cathédrale et ensuite à en faciliter l'accès à une population nombreuse[5]. En effet, sans le percement de la nouvelle rue, l'accès à l'emplacement n'aurait pu se faire que par l'étroite rue du Sablon.
Cependant l'historien Michel Fleury fait remarquer que Grégoire de Tours, décrivant dans son Histoire des Francs (LIB. VI, 32), la sortie du comte Leudaste de la cathédrale en l'an 583, utilise le terme latin platea[N 5] qui désigne une « grande rue » ou « place ». Cette platea était située devant la basilique mérovingienne Saint-Étienne et débouchait dans la voie unissant le Grand et le Petit Pont. La rue Neuve-Notre-Dame ne serait donc qu'un prolongement de cette voie existante[3].
Henri Sauval indique que cette rue existe depuis l'origine de Paris et qu'elle s'est initialement appelée « rue Neuve-Sainte-Geneviève » et « rue Sainte-Geneviève » parce qu'elle passait devant l'église Sainte-Geneviève-des-Ardents[6],[7].
Du XIIIe siècle au milieu du XIXe siècle
Cette rue est alors appelée « rue Neuve » et, à la fin du XIIIe siècle, on lui donne le nom de « rue Neuve-Notre-Dame » car elle conduit directement à Notre-Dame de Paris.
Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « rue Neuve-Nostre-Dame ». En 1539 elle est citée dans La Vengeance et destruction de Hierusalem par personnaiges, exécutée par Vaspasien et son filz Titus, contenant en soy plusieurs cronicques et hystoires romaines, tant du régne de Néron empereur que de plusieurs aultres, imprimée derniérement é Paris. On les vend é Paris, en la rue Neufve Nostre Dame, é l'enseigne de l'escu de France, par Alain Lotrian[8].
Elle est écrite sous le nom de « rue neufve Nostre dame » dans l’adresse de l’imprimeur-libraire Deny Ianot citée dans l'ouvrage de 1540 de Tristan de Lascagne "le Lys très - Chrétien, florissant en la foy Chrétienne", puis « rue Neufve Notre Dame » dans l’adresse de l’imprimeur-libraire Jean Bonfons (mort en 1568, père de Nicolas Bonfons), ainsi que dans un manuscrit de 1636.
En 1702, la rue, qui fait partie du quartier de la Cité, possède 28 maisons et 7 lanternes[9].
En 1793, sous la Révolution, elle est renommée « rue de la Raison[10] ».
Depuis la disparition de la rue à la fin du XIXe siècle
Dans le cadre des transformations de Paris sous le Second Empire, l'île de la Cité est entièrement structurée. Le 22 mai 1865, la reconstruction de l'Hôtel-Dieu sur son site actuel est déclarée d'utilité publique[11]. Le baron Haussmann décide également d'agrandir le parvis Notre-Dame. Le bâtiment de l'Assistance publique est démoli en mai 1874[12],[13]. Les bâtiments de l'Hôtel-Dieu, situés le long de la Seine, sont démolis quant à eux en 1877-1878[14].
En 1970, on décidera de marquer au sol l'emplacement des anciens bâtiments à l'aide de gros pavés de couleur plus claire que le revêtement du sol du parvis. On peut encore voir des restes des maisons détruites (fondations, puits…) dans la crypte archéologique du parvis Notre-Dame.
