Pierre de Limoges (archevêque de Césarée)
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Pierre de Limoges, mort en 1237, fut archevêque de Césarée de 1199 jusqu'à sa mort.
Né en France, Pierre était un jeune homme en 1199 lorsqu'il fut consacré archevêque par le patriarche Aymar de Jérusalem, précédent archevêque de Césarée qui venait d'être transféré au patriarcat[1]. Sa nomination eut lieu en septembre ou plus tard, puisqu'il scella les documents du début de l'année avec son vidimus[2]. L'année de sa nomination, il fit don d'une dîme à l'abbaye Sainte-Marie de la vallée de Josaphat[3]. En , le pape Innocent III le chargea de résoudre un différend entre le siège de Tyr et la république de Venise.
En 1203, Pierre fut de nouveau choisi pour succéder à Aymar Le Moine, cette fois au patriarcat latin de Jérusalem. Les électeurs patriarcaux n'ayant pu parvenir à un accord, ils déléguèrent la décision à l'archevêque de Tyr Clarembaud de Broyes, qui choisit Pierre. Cette élection fut cependant annulée par Innocent III, qui délégua la décision au cardinal Soffredo, lequel organisa sa propre nomination au poste de patriarche[4]. En 1204, Pierre signa une lettre conjointe au pape l'informant du déclenchement de la guerre de succession de la principauté d'Antioche. En 1205, il rédigea une lettre, dont le destinataire reste incertain, annonçant la mort du roi Aimery II de Lusignan et déplorant l'état du royaume de Jérusalem[2].
En , Pierre assista au couronnement de Jean de Brienne[2]. En , Innocent III ordonna à l'archidiocèse de Nicosie d'organiser une nouvelle élection et de soumettre son candidat à l'approbation de Pierre de Limoges[5]. En , Pierre assista au concile d'Acre en prévision de la cinquième croisade[2]. Le pèlerin et écrivain Thietmar (en), qui visita la Terre sainte en 1217 et 1218, le décrivit comme très gros[6]. En 1220, quand Malik al-Mu'azzam Musa envahit les États croisés et Césarée fut prise. Pierre cosigna en octobre une lettre adressée au roi Philippe Ier de France appelant à l'aide[2],[7]. Le , il était avec la croisade à Damiette[2].

En , le pape Honorius III ordonna à Pierre de soumettre les églises non latines à son autorité dans son diocèse[2]. En 1226, à la suite d'un différend entre le patriarche Rainier d'Antioche et le prince Bohémond IV d'Antioche, Honorius III autorisa Pierre à intervenir et à restaurer tous les droits qui avaient été retirés au patriarche[2],[9]. En , Pierre cosigna une lettre au pape Grégoire IX sur l'état du royaume[2].
Pierre gouverna le patriarcat de Jérusalem entre la mort du patriarche Raoul de Mérencourt en 1224 et l'arrivée de son successeur, Gérold de Lausanne, en 1228[10]. Lorsque l'empereur Frédéric II, excommunié, débarqua à Saint-Jean-d'Acre à la tête de la sixième croisade en , Pierre fut de ceux qui le rencontrèrent[2]. Sans l'approbation ecclésiastique, Frédéric négocia le traité de Jaffa et les croisés reprirent Jérusalem. Pierre arriva dans la ville le et, sur ordre de Gérold, la plaça sous interdit[11]. Dans l'ensemble, il apparaît très fidèle au patriarche Gérold[2]. L'incident de Jérusalem semble cependant l'avoir quelque peu embarrassé. Sommé par l'empereur de s'expliquer, il ne se présenta pas[12].
Durant la guerre civile, appelée Guerre des Lombards, qui frappa le royaume dans les années 1230, l'Estoire d'Eracles présente Pierre comme un médiateur entre les factions[13]. Il joua un rôle actif en 1232[2]. En 1234, il fit don d'une église aux chevaliers de Saint-Lazare[3],[14]. En 1235, il fut excommunié par le légat pontifical incompétent, l'archevêque de Ravenne Théodoric, mais en , Grégoire IX leva l'interdiction[15].
La dernière apparition connue de Pierre dans les archives historiques remonte à et il est décédé au début de 1237, alors que Gérold était en Italie[16]. Les Annales de Terre Sainte rapportent sa mort cette année-là et son successeur était en fonction en mai[6].
Références
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 245–246.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Harry W. Hazard 1975, p. 92.
- 1 2 Bernard Hamilton 1980, p. 292.
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 248.
- ↑ Nicholas Coureas 1997, p. 10.
- 1 2 Harry W. Hazard 1975, p. 109.
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 225.
- ↑ Harry W. Hazard 1974, p. 363.
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 224-225.
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 256–257.
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 258–259.
- ↑ Thomas C. Van Cleve 1972, p. 224.
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 259.
- ↑ Malcolm Barber 1994, p. 445.
- ↑ Harry W. Hazard 1975, p. 92–93.
- ↑ Bernard Hamilton 1980, p. 259–260.
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- Emmanuel Guillaume-Rey, Les familles d'outre-mer de du Cange, Paris, Imprimerie Impériale, , 998 p. (lire en ligne).
- (en) Malcolm Barber, « The Order of Saint Lazarus and the Crusades », The Catholic Historical Review, no 80, , p. 439–456.
- (en) Nicholas Coureas, The Latin Church in Cyprus, 1195–1312, Routledge, .
- (en) Bernard Hamilton, The Latin Church in the Crusader States : The Secular Church, Ashgate, .
- (en) Harry W. Hazard, « The Sigillography of Crusader Caesarea », Near Eastern Numismatics, Iconography, Epigraphy, and History: Studies in Honor of George C. Miles, American University of Beirut, , p. 359–368.
- (en) Harry W. Hazard, « Caesarea and the Crusades », Bulletin of the American Schools of Oriental Research. Supplementary Studies, vol. 19, , p. 79–114.
- (en) Thomas C. Van Cleve, The Emperor Frederick II of Hohenstaufen : Immutator Mundi, Clarendon Press, .