Place Bertin
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| Place Bertin | |||
La place Bertin et la Maison de la Bourse | |||
| Situation | |||
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| Coordonnées | 14° 44′ 29″ nord, 61° 10′ 35″ ouest | ||
| Pays | |||
| Région | Martinique | ||
| Ville | Saint-Pierre | ||
| Quartier(s) | Mouillage | ||
| Morphologie | |||
| Type | Place | ||
| Fonction(s) urbaine(s) | Activités commerciales et portuaires (avant 1902).
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| Forme | rectangulaire | ||
| Histoire | |||
| Création | 1803 | ||
| Monuments | Phare, fontaine Agnès et chambre de commerce | ||
| Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles
Géolocalisation sur la carte : Martinique
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La place Bertin est la place principale de la ville de Saint-Pierre en Martinique, et était le centre des activités commerciales et portuaires de la ville avant l'éruption de la montagne Pelée en 1902.
La place Bertin est située sur la façade maritime de Saint-Pierre, au cœur du quartier du Mouillage.
Toponymie
La place tient son nom du préfet colonial de la Martinique et Sainte-Lucie, Louis Charles Henri Bertin, qui administre les deux colonies de 1802 à 1804 sous l'autorité du Capitaine général de l'île de la Martinique et dépendances, Louis Thomas Villaret de Joyeuse.
Histoire
La Paix d'Amiens restitue la Martinique à la France en 1802. Le préfet colonial Bertin entreprend alors des travaux afin d'embellir la ville de Saint-Pierre. La place Bertin est créée en 1803 par l'élargissement de la rue Bouillé. Longeant la mer, ce vaste espace libre dévolu au stockage temporaire des marchandises, face à la zone de mouillage des navires, permet aux voyageurs, comme aux marchandises, d'accéder à la ville ou de la quitter par le débarcadère du port qui débouche au centre de la place. Celle-ci joue le rôle d'embarcadère, de débarcadère et d'entrepôt pour le port de Saint-Pierre par lequel transite 90 % du commerce de la Martinique et tout le trafic commercial en provenance des Antilles, de la Guyane, de Saint-Pierre-et-Miquelon et de l'Amérique depuis l'indépendance de Saint-Domingue en 1804. Il s'y ajoute le rôle de bourse en plein air, de rendez-vous d'affaires, voire de promenade. La place grouillait dès le lever du jour de toute l’activité du port, par un va-et-vient continu de gens affairés : débarquement et entreposage de marchandises (fûts de morue séchée en provenance de Saint-Pierre-et-Miquelon, tonneaux de mélasse, de sucre ou de rhum en provenance de Martinique et de Guadeloupe, et caisses diverses), vérifications par les douaniers, tonnellerie.
Le port de Saint-Pierre et de la place Bertin en 1900. Le débarcadère de Saint-Pierre, avec dans le fond la place Bertin, la chambre de commerce et la cathédrale. Tonneaux de rhum, mélasse et sucre entreposés sur la place Bertin. Fête nautique du 14 juillet sur la place Bertin .
La place est aussi un lieu de réjouissance pour les Pierrotins, comme lors de la fête nautique qui s'y déroule chaque année pour la fête nationale du 14 juillet.
La place est dévastée par la terrible éruption de la montagne Pelée du 8 mai de 1902 qui rase la ville, tuant plus de 28 000 personnes. Du phare-sémaphore, il ne reste alors plus que la base, le reste du bâtiment ayant été soufflé par l'éruption, tout comme la chambre de commerce qui ne résiste pas plus à l'éruption et dont l'activité émigre ensuite à Fort-de-France.
Vue de la place Bertin le 10 mai 1902. La place Bertin et les ruines de la fontaine Agnès le 10 mai 1902. Les ruines du phare-sémaphore le 10 mai 1902. La chambre de commerce et la place Bertin dévastées le 10 mai 1902.
Le [1], le gouverneur Guy inaugure la sculpture « Saint-Pierre renaissant de ses cendres » offerte à la ville par l'artiste Madeleine Jouvray, collaboratrice de l'atelier d'Auguste Rodin. La statue faite de roches volcaniques est installée près de l'embarcadère de la place Bertin, puis est finalement déplacée dans un coin de la terrasse supérieure des ruines du théâtre en 1928[2].
Alors que Saint-Pierre se repeuple et redevient une commune en 1923, la place Bertin est dégagée de ses ruines et son sol pavé retrouve la lumière du soleil. Des cahutes sont construites au centre de la place, entre le rivage et le bassin subsistant de la fontaine Agnès, afin d'abriter un petit marché pour les quelques habitants revenus vingt ans après la catastrophe. Il est remplacé en 1924 par la grande halle métallique du marché couvert dont l’édification scinde en deux l’ancienne place. L'embarcadère est reconstruit à la fin des années 1920 et permet à nouveau d'assurer les liaisons maritimes avec Fort-de-France.
Le marché de la place Bertin en 1922. La halle du marché et la statue Saint-Pierre renaissant de ses cendres sur la place Bertin en 1929. La grande halle en fonte du marché couvert de la place Bertin en 1929. Le nouveau débarcadère de la place Bertin à la fin des années 1920.
En 1991, la municipalité et le conseil général restaurent entièrement l'embarcadère de la place Bertin, en lui conservant son style des années 1920. L'année suivante voit l'érection au sud de la place, sur son emplacement d'origine, de la Maison de la Bourse, réplique à l'identique de la chambre de commerce détruite par les éruptions de 1902. Enfin, en 1995, la place Bertin est entièrement redessinée par J. Nouel pour lui donner son aspect contemporain.
Au cœur de la vie pierrotine, la place Bertin est aujourd'hui la seule grande place publique de la ville dont elle accueille toutes les manifestations.