Plan Grand Froid

dispositif d'aide aux sans-abris en France From Wikipedia, the free encyclopedia

Le plan Grand Froid est un dispositif en France prévoyant des dispositions d'aide aux sans-abris en cas de grandes vagues de froid. Des hébergements d'urgence sont mis en place dans l'objectif d'accompagner les populations les plus touchées par le froid lorsque les températures descendent au dessous d'un certain seuil.

Gymnase à Lyon transformé en lieu d'accueil dans le cadre du plan Grand Froid.

Histoire

Contexte

Depuis longtemps, l'arrivée de l'hiver pose la question de l'aide aux sans-abris, particulièrement touchés par le froid. Cette problématique se développe fortement pendant les années 1990[1].

Développement

En 2007, la ministre du Logement et de la Ville Christine Boutin précise la mise en place du dispositif et met fin aux paliers automatiques liés à la température, même si des critères objectifs sont conservés. La notion de température ressentie est mise en avant à la place de celle de température mesurée[2]. Depuis 2008, le plan n'est plus déclenché au niveau national, mais plutôt au niveau départemental par le préfet, qui juge de la situation locale[3].

La question de l'accueil des migrants se pose pendant le développement de la crise migratoire. En 2015, alors que le plan Grand Froid a des difficultés à accueillir les populations situées autour de Calais, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve met en place les centre d'accueil et d'orientation dans l'objectif de déplacer les migrants dans des centres d'hébergement autre part en France[4].

Fonctionnement

Déclenchement

Le plan est déclenché en cas d'une installation sur la durée de temps froid. Lorsque celui-ci dépasse deux jours de durée, et est particulièrement intense et étendu géographiquement, le préfet peut déclencher le dispositif[3].

Effets

L'objectif est de venir en aide aux personnes mal logées qui sont touchées par les vagues de froid. Le dispositif coordonne l'action d'un ensemble d'acteurs actif dans l'aide aux sans-abris, comme la Croix-rouge, la protection civile, ou encore les Restos du cœur[2].

Lors du déclenchement du plan en 2018, une cellule de crise est installée à la préfecture de région pour coordonner l'application du dispositif. Le nombre de maraudes est lui augmenté pour venir en aide aux sans-abris en détresse[3].

Niveaux

Le dispositif comporte trois niveaux de crise différents. Le préfet est responsable du choix du niveau approprié pour son département[1].

Niveau 1

Le premier niveau, dit de « mobilisation hivernale » est généralement activé de novembre à la fin de l'hiver, même si le préfet peut le mettre en place en dehors de cette période s'il existe un besoin. Des capacités d'accueil supplémentaires sont créées pour héberger les personnes qui en ont besoin[1]. Ce niveau est associé à des températures positives la journée, mais négatives la nuit[2].

Niveau 2

Le deuxième niveau, dit « grand froid », prévoit une augmentation supplémentaire des capacités d'accueil dans le département. Le 115 est chargé de répondre aux appels qu'il reçoit pour rediriger les sans-abris vers des hébergements d'urgence. Des équipes mobiles sont constituées pour réaliser des rondes auprès des sans-abris, notamment ceux qui ne souhaitent pas rejoindre des hébergements. Pour ces derniers, le plan prévoit une ouverture la nuit des accueils de jour[1]. Ce niveau est associé à des températures négatives en journée, et comprises entre -5°C et -10°C la nuit[2].

Niveau 3

Le troisième niveau, dit « froid extrême » est lié à un froid intense et nécessite d'identifier un nombre suffisant de sites destinés à accueillir une population importante, notamment celle vivant dans des logements précaires, comme dans des squats par exemple. Des équipes mobiles sont chargées d'entrer en contact avec les personnes qui peuvent être en besoin d'aide[1]. Ce niveau de crise est associé à des températures négatives en journée et en dessous de -10°C la nuit[2].

Limites

Le nombre de place d'hébergement d'urgence est limité et ne permet pas d'accueillir tous les sans-abris qui en ont besoin. Les associations sont amenés à faire des choix entre les demandes pour définir celles qui leur semble prioritaires[5].

Une partie des sans-abris ne souhaite pas rejoindre les abris d'urgence, et n'ont pas d'obligation à le faire. Une hospitalisation forcée peut être engagée si la température corporelle descend en dessous de 34°C[2].

Notes et références

Voir aussi

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