Plouëc-du-Trieux
commune française du département des Côtes-d'Armor
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Plouëc-du-Trieux [pluɛk dy tʁijø] (Ploueg-an-Trev) est une commune située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.
Géographie
Situation
Plouëc-du-Trieux est situé sur la rive gauche du Trieux, fleuve côtier qui arrose Guingamp, à environ vingt kilomètres de son débouché dans la Manche, non loin de l'île de Bréhat.
Les villes les plus proches (Lannion au nord-ouest, Paimpol au nord-est (sur le littoral), Guingamp au sud) sont situées entre 15 et 20 km. Le bourg de Pontrieux se trouve à environ 3,5 km de celui de Plouëc, en aval, bien que les deux communes ne soient pas limitrophes.
Saint-Brieuc (chef-lieu du département) est atteignable en 40 minutes (50 km au sud-est), Rennes (chef-lieu de la région) en 1 h 40 (145 km au sud-est) et Brest (Finistère) en 1 h 25 (121 km à l'ouest) par Morlaix (à 55 km).
Communes limitrophes
Voies de communication
La commune est traversée par plusieurs voies de circulation dont deux axes importants :
- la route départementale no 8 (Guingamp → Tréguier / Lannion)
- la route départementale no 15 (Bégard → Pontrieux / Paimpol).
Sa gare est desservie par le TER (ligne Paimpol / Guingamp) permettant ainsi aux voyageurs de rejoindre la gare de Guingamp (desservie par le TGV).
Activités économiques
Son activité est plutôt agricole et agro-alimentaire, mais la population résidente travaille principalement dans le tertiaire dans les bassins d'emploi de Lannion, Guingamp, voire Saint-Brieuc.
Elle bénéficie également de l'activité de la carrière départementale[pas clair], située au lieudit « Châteaulin », et de la station d'enrobé, situées à l'est de la commune.
Relief et hydrographie
Située dans le bassin Loire-Bretagne, la commune de Plouëc-du-Trieux est située entre le Trieux, fleuve côtier qui la borde à l'Est, et le Théoulas, affluent du Jaudy, à l'Ouest, sur un plateau atteignant jusqu'à 110 mètres d'altitude.
Elle est drainée par le Trieux, le Théoulas, le Coat an Guern[1] et l'Étang de Launay[2],[3],[Carte 1].
Le Trieux, d'une longueur de 72 km, prend sa source dans la commune de Kerpert et se jette dans la Manche entre Lézardrieux et Ploubazlanec, après avoir traversé 21 communes[4]. Les caractéristiques hydrologiques du Trieux sont données par la station hydrologique située sur la commune de Saint-Clet. Le débit moyen mensuel est de 5,29 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 81,8 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 106 m3/s, atteint le même jour[5].
Le Théoulas, d'une longueur de 13 km, prend sa source dans la commune de Plouisy et se jette dans le Jaudy à Coatascorn, après avoir traversé huit communes[6].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[7]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[8]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[9]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[10]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[11],[12].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 847 mm, avec 14,2 jours de précipitations en janvier et 7,3 jours en juillet[7]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à 10 km à vol d'oiseau[13], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 887,1 mm[14],[15]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,5 °C, atteinte le [Note 3].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[16], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Typologie
Au , Plouëc-du-Trieux est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[17]. Elle est située hors unité urbaine[18] et hors attraction des villes[19],[20].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (84,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (58,3 %), terres arables (25,2 %), forêts (10,3 %), zones urbanisées (4,6 %), mines, décharges et chantiers (1,3 %), prairies (0,3 %)[21]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Le territoire de l'actuelle commune est occupé à la fin de la Préhistoire, comme l'atteste le menhir de Camarel.
Dans l'Empire romain, le site est occupé par une garnison romaine[réf. nécessaire]. On a aussi relevé les traces d'une voie romaine.
Moyen Âge
Vers l’an mil, le territoire est connu pour sa forteresse, Castellum super Triticum (« Châteaulin sur Trieux »), détenue par les ducs de Bretagne.
Le bourg prend ensuite de l’importance auprès de cette forteresse. Le nom de « Ploec » apparaît plus sûrement[pas clair]. Plouec est une paroisse attestée en 1266, relevant du diocèse de Tréguier. Elle a pour succursale l'église de Runan. La Belle-Église (ancien prieuré-cure appartenant à l'abbaye de Saint-Jacut) et le Petit-Plouëc étaient autrefois des trèves sans avoir le titre de paroisses succursales.[pas clair]
Le château a même été propriété de la duchesse Anne qui l’avait fait réparer. Elle fit ensuite partie de la baronnie d'Avaugour[pas clair].
C’est le vicomte de Rohan Jean II (1452-1516) qui le démolit après en avoir fait le siège pendant plusieurs mois durant la « guerre folle » (1485-1488[24]) entre le duc de Bretagne François II et le roi de France Charles VIII. Jean II de Rohan, maître de Josselin, Pontivy, Blain, etc., époux de Marie de Bretagne, fille du duc François Ier, est bien placé dans l'ordre de succession de Bretagne[25]. Il s'allie au roi de France durant cette guerre, ses troupes étant présentes notamment dans la région de Guingamp.
Temps modernes (1492-1789)
On y retrouve la dernière noblesse jusque vers 1780[pas clair].
À la fin de l'Ancien Régime, les terres sont régies par la baronnie d'Avaugour et le comté de Goëlo et appartiennent au prince de Soubise[26].
De la Révolution française à la Première Guerre mondiale (1789-1914)
En 1790, au début de la Révolution française, la paroisse de Plouëc devient une commune (du même nom) du département des Côtes-du-Nord, circonscriptions créées par l'Assemblée nationale constituante. Elle fait aussi partie d'un canton et d'un district. À partir de 1800, elle fait partie d'un arrondissement, nouvelle circonscription créée par le Premier Consul Napoléon Bonaparte.
La même année, la constitution civile du clergé établit que dans le royaume de France, les diocèses catholiques auront désormais le même territoire que les départements. Le diocèse de Tréguier disparaît, absorbé par le diocèse de Saint-Brieuc.
Au début du XXe siècle, la commune est desservie par deux compagnies de chemins de fer secondaires : la Compagnie des chemins de fer des Côtes-du-Nord (réseau des chemins de fer des Côtes-du-Nord) et la Société générale des chemins de fer économiques (réseau breton)
Le site de la gare de Plouëc a été l'un des lieux du tournage du film « Petits Meurtres en Famille » diffusé sur France 2 en . La gare avait été repérée par les producteurs grâce à la commémoration de son centenaire en .
De 1914 à nos jours
Les guerres du XXe siècle
Le monument aux morts de Plouëc porte les noms de 102 soldats originaires de la commune morts pour la Patrie[27] :
- 88 pendant la Première Guerre mondiale ;
- 10 pendant la Seconde Guerre mondiale ;
- 2 pendant la guerre d'Indochine (1947-1954) ;
- 2 pendant la guerre d'Algérie (1954-1962).
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, au moment de la libération de la France, la commune est le lieu de violents affrontements entre l'armée allemande et la Résistance dans la première semaine d'. Plusieurs résistants sont tués. Une stèle en leur honneur a été placée dans le bourg. Ces combats sont commémorés tous les deux ans[réf. nécessaire] le premier week-end d'août.
Changement du nom de la commune (1962)
Plouëc est rebaptisée Plouëc-du-Trieux par un décret du . Cette décision résulte d'un problème d'acheminement du courrier en ce qui concerne trois communes des Côtes-du-Nord au noms assez proches : Plouëc, Plouer et Plœuc. Plouer devient Plouër-sur-Rance et Plœuc Plœuc-sur-Lié.
La carrière de Châteaulin
Aujourd'hui, il ne reste plus de traces de l'ancien château des ducs de Bretagne.
Sur son emplacement, a été exploitée une carrière, d'abord entreprise privée, puis acquise par le département en 1976, cas unique en France pour ce genre d'activités.
Héraldique
| Blasonnement :
Écartelé : au premier et au quatrième de gueules aux six quintefeuilles d'or ordonnés 3, 2 et 1, au deuxième et au troisième d'argent au sautoir de gueules cantonné de quatre billettes du même.
Commentaires : Attention : il semble y avoir une confusion avec le blason de Plouër-sur-Rance (cf. Régis de Saint-Jouan, 1990, p. 508; et Froger et Pressensé. 2008, p. 46). La Commune de Plouëc n'utilise qu'un logo. Observation JC Even. 05.07.2010. |
Politique et administration
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[30]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[31].
En 2023, la commune comptait 1 140 habitants[Note 4], en évolution de +0,53 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Lieux et monuments
- La gare de Brélidy-Plouëc.
- Église Notre-Dame.
- Chapelle Saint-Jorand.
La commune compte un monument historique :
- La gare de Brélidy-Plouëc, inscrite par arrêté du [34], retenue par l'édition 2019 du loto du patrimoine, inscrite aux monuments historiques, va être restaurée pour abriter une salle d'expositions temporaires et une salle de spectacle.
Autres monuments et sites :
- Menhir de Camarel.
- Le château de Kercabin (XVIIIe siècle) ; privé.
- L'église Notre-Dame de Plouëc (XIXe siècle) : située au bourg, l'église a été reconstruite en 1895 et rénovée en 1995. Son architecture est fine et élancée. Son Pardon est fêté le jour de l'Assomption ().
- La chapelle Notre-Dame des Neiges de Kerprovost (début XVIe siècle) : située sur la route communale reliant Plouëc à Squiffiec, elle dépend du domaine privé de Kerprovost. Une fontaine rénovée existe à proximité. Début août a lieu la fête patronale.
- La chapelle de Saint-Jorand située dans le village de la Belle Église (XVe siècle). La chapelle Saint Jorand située à la Belle-Église est un ancien oratoire dédié à la Trinité datant de la fin du XVe siècle et agrandi au XVIIIe siècle. La chapelle fut en partie détruite par un incendie en . Elle fut reconstruite, mais perdit alors de son lustre. Elle présente :
- Un chevet de 1619,
- Un ossuaire de 1619 également,
- Un clocher mur a trois chambres de cloches,
- Une sacristie de 1730,
- Une poutre de gloire, en bois polychrome, du XVIe siècle,
- Une fontaine, du XVIIe siècle
- Le tombeau de Saint Jorand (un moine du XIIIe siècle qui ne serait pas le même qu'un autre moine dénommé aussi saint Jorand, qui fut un ermite vivant à Kergrist puis à Pédernec, décédé en 1340 et honoré à Gommenec'h[35]), en granit, du XVe siècle aussi. Le pardon de Saint Jorand, qui fut très renommé, est célébré le et le jour de la Trinité. Selon la légende, l'eau de la fontaine de Saint-Jorand guérit les animaux malades, en particulier les vaches.
- l'ancienne voie romaine
Personnalités liées à la commune
- Famille de Lannion ;
- Sœur Pauline, née Anne-Marie Guiomar le à Plouëc-du-Trieux, décédée presque centenaire le à Guilvinec, religieuse des Filles du Saint-Esprit. Elle joua un rôle important lors de la création du "fourneau économique" de Guilvinec, une "soupe populaire" qui fonctionna entre 1903 et 1905 lors de la crise de la sardine dans ce port de pêche, puis dans la création et la direction d'ateliers de dentelle au point d'Irlande, devenu le picot bigouden pendant une soixantaine d'années[36].
