Politique étrangère de l'Ouganda
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La politique étrangère de l'Ouganda désigne l’ensemble des relations internationales de la république d'Ouganda depuis son indépendance obtenue du Royaume-Uni le . L'Ouganda est membre de l'Organisation des Nations unies, de l'Union africaine, du Commonwealth, et de l'Organisation de la coopération islamique, bien qu'ayant une population majoritairement chrétienne.
Relations avec les autres pays africains
Relations avec l'Algérie
En mars 2023, une importante délégation ougandaise chapeautée par le président Yoweri Museveni se rend en visite à Alger, sur l'invitation de son homologue Abdelmadjid Tebboune. Cette visite aboutit sur la conclusion de sept accords de partenariats bilatéraux en particulier dans les domaines de l'énergie, du tourisme, du commerce, de l'agriculture, de la santé animale ou encore de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique[1],[2].
Relations avec le Kenya
Le Kenya partage avec l'Ouganda situé à l'ouest, une frontière de 933 km.
En , le Kenya et l'Ouganda signent un accord tripartite incluant également le Rwanda, dans le but d'améliorer leurs attractivités en tant que destinations touristiques via une promotion commune et coordonnées de leurs territoires[3].
La construction d'un oléoduc transitant par le Kenya pour acheminer le pétrole extrait d'Ouganda (pays sans accès à la mer) a été envisagée, avant que son tracé soit finalement détourné vers la Tanzanie, dont les incitations fiscales et les droits de passage étaient plus avantageux[4].
En , 36 membres du Forum pour le changement démocratique, un parti politique ougandais d'opposition sont expulsés du Kenya vers l'Ouganda et inculpés pour « terrorisme »[5].
Relations avec la république démocratique du Congo
L'Ouganda et la république démocratique du Congo partagent une frontière de 877 km[6].
En et , plusieurs attentats ont lieu en Ouganda et causent 5 morts (en plus des kamikazes dans le cas des attentats-suicide). Les Allied Democratic Forces (ADF), basés près de la frontière ougando-congolaise, revendique ces attentats et la police ougandaise les attribue effectivement aux ADF. Ces attentats marquent le retour des ADF en Ouganda[7],[8]. Pour lutter contre ce retour, l'Ouganda obtient de la RDC l'autorisation, pour l'armée ougandaise, de pénetrer sur le territoire congolais afin d'attaquer les bases des ADF dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu[9]. Une opération conjointe entre l'armée ougandaise et les FARDC est menée à partir du , avec des frappes aériennes visant les camps des ADF[10]. Les troupes ougandaises pénètrent ensuite en RDC pour mener l'opération Shujaa (qui signifie « héros » en swahili)[11]. Leur nombre initial est estimé à 1 700[12].
Un rapport d'experts de l'ONU paru en 2025, considère que l'opération congolo-ougandaise Shujaa n'a pas réussi à contrer les ADF. Un nouveau mémorandum est signé par la RDC et l'Ouganda en . Les armées congolaises (FARDC) et ougandaise (UPDF) mènent une nouvelle offensive contre les ADF à partir de près de Lolwa, non loin de l'Ouganda[13].
L'Ouganda et la RDC sont engagés dans des travaux d'infrastructure avec la construction de routes entre les deux pays (de Mpondwe à Beni et de Bunagana à Goma). L'objectif pour l'Ouganda est de pouvoir exporter ses produits sur le marché congolais. Sa présence militaire sur le sol congolais vise aussi à protéger les chantiers et les voyageurs des exactions des différentes milices qui sont actives dans l'est de la RDC[14].
Relations avec le Soudan
Avec l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, le Soudan partageait avec l'Ouganda une frontière de 435 km, autre pays membre de l'Union africaine[15]. Après l’Éthiopie, l'Ouganda devient dans les années 1990 l'un des principaux soutiens extérieurs de l'armée populaire de libération du Soudan et de son chef sudiste chrétien John Garang[16]. Allié des États-Unis, le président ougandais Yoweri Museven parvient à obtenir un soutien américain aux rebelles du Sud, alors que le régime de Khartoum est désormais sous sanctions américaines[16].

Le , John Garang décède dans un accident d'hélicoptère en revenant d'une rencontre à Kampala, capitale de l'Ouganda, avec le président ougandais Yoweri Museveni[17]. Alors que la plupart des observateurs et analystes affirment que les mauvaises conditions météorologiques sont la principale cause de ce crash, sa mort déclenche de violentes émeutes à Khartoum, le gouvernement soudanais étant soupçonné d'avoir organisé l'assassinat de John Garang, son ancien adversaire dans la guerre civile soudanaise[17].
Yoweri Museveni, de son côté, est la cible de critiques dues au fait que John Garang soit mort dans un hélicoptère présidentiel ougandais, et que l'autorisation de décoller de l'aéroport international d'Entebbe n'aurait pas lui être accordé compte tenu des conditions climatiques[17]. Sur la défensive, celui-ci rejette toute accusation de négligence, et déclare douter également qu'il s'agisse d'un accident, alimentant les soupçons d'un assassinat[17]. Le président soudanais Omar el-Béchir, appelant au calme, affirme que la mort de John Garang renforce sa détermination à poursuivre le processus de paix[17].

En , Yoweri Museveni invite son homologue soudanais au sommet de l'Union africaine à Kampala alors que celui-ci est recherché par la Cour pénale internationale[18]. En , Omar el-Béchir, se rend de nouveau à Kampala pour assister à la cérémonie d'investiture pour un cinquième mandat de Yoweri Museveni[19]. Le président ougandais apporte soutien à son homologue soudanais en le qualifiant de « président légitime de la République du Soudan », et la Cour pénale internationale de « corps inutile »[19].
Après le renversement d'Omar el-Béchir, Yoweri Museveni organise secrètement le à Entebbe une rencontre entre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le général Abdel Fattah Al-Burhan, alors Conseil souverain soudanais, afin d'entamer une normalisation des relations israélo-soudanaise[20]. Cet acte de médiation du président ougandais proche des deux États est historique. Il marque la première étape de la reprise progressive des relations israélo-soudanaise, officiellement rétablies le [21].
Le , cinq mois après le début du conflit soudanais opposant l'armée soudanaise aux forces de soutien rapide, le général Al-Burhan, à la recherche de soutiens étrangers, se rend en Ouganda pour s'entretenir avec Yoweri Museveni des « relations bilatérales et des questions d'intérêt commun »[22].
