Première bataille d'El Djorf

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La première bataille d'El Djorf, est un engagement armé de la guerre d'Algérie se déroulant du 22 au sur le mont d'El Djorf dans la région des Aurès, cette bataille oppose l'ALN à l'Armée française. Elle s'achève sur une défaite de l'armée française.

Date
Lieu Mont d'El Djorf dans les monts Nemenchas
Issue Victoire de l'ALN
Faits en bref Date, Lieu ...
Première bataille d'El Djorf
Informations générales
Date
Lieu Mont d'El Djorf dans les monts Nemenchas
Issue Victoire de l'ALN
Belligérants
Armée française Drapeau de l'Algérie ALN
Commandants
Général Jean Noiret
Général Henri Lorillot
Général Jeannot
Colonel Moissenet
Commandant Crespin
Bachir Chihani
Adjel Adjoul
Lazhar Cheriet
Abbas Laghrour
Forces en présence
25,000 soldats avec le soutien de l'artillerie et de l'ALAT 300-400 moudjahidines
Pertes
cf. les pertes des deux camps cf. les pertes des deux camps

Guerre d'Algérie

Batailles

Coordonnées 34° 55′ 19″ nord, 7° 31′ 50″ est
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Première bataille d'El Djorf
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Prélude de la bataille

La première bataille d'El Djorf est précédée de plusieurs embuscades meurtrières. L'une d'entre elles, du , à Guentis, voit l'administrateur Maurice Dupuy et le lieutenant Guillomot être tués par balle. Une seconde, du , se déroule sur la route Taberdga-Djellal, où 26 légionnaires et 13 moudjahidines sont tués[1].

En dehors des embuscades, l'armée française avait arrêté en, , Mustapha Benboulaïd, à la tête de l'ALN dans la même région. Il fut alors remplacé par le colonel Bachir Chihani qui décida de convoquer les différents chefs des Aurès-Nemencha de l'ALN, ainsi que leurs troupes, entre le 18 et [2], à Ras Tarfa, distant de 12 kilomètres d'El Djorf[3], dont le but était une réorganisation des troupes afin de relancer les opérations militaires dans la région. Les habitants et les dignitaires de la région furent eux aussi convoqués, ce afin de leur présenter un rapport sur la révolution algérienne depuis son déclenchement et de leur formuler parallèlement une demande de soutiens financier et logistique[4].

Informée de la présence d'un important groupe de moudjahidines sur le mont El Djorf, l'armée française décide de lancer l'opération Timgad (appelée aussi opération Pavot[5]) afin d'encercler la mont d'El Djorf, ignorant que s'y tiendrait une réunion des chefs de l'Aurès-Nemencha[6].

Composition des armées

Armée française

Au sein des forces militaires engagées, on compte le 4e régiment de tirailleurs tunisiens, le deuxième bataillon du 2e régiment étranger d'infanterie ainsi que des Goumiers marocains (notamment le 1e[7.1], 8e[8] et le 10e Tabor[9]), avec pour objectif d'attaquer par l'est puis de déborder par le nord depuis Cheria. L'est de la région est ensuite isolé par le 1er BEP provenant de Tébessa et se déplaçant entre l'oued Hallaïl et la frontière tunisienne. Le bouclage au sud d'El Djorf est assuré par trois compagnies portées de la légion étrangère (notamment la 23e CPLE[10]) disposant de véhicules légers (EBR) en provenance de la région de Ferkane. Trois bataillons de la 13e demi-brigade de Légion étrangère assurent le bouclage à l'ouest en provenance de Khenchela et Guentis, soit 7000 à 8000 hommes[11] selon les estimations de Dominique Farale, ancien officier de la légion étrangère et historien[12].

Cependant cette liste ne semble pas complète, la présence du 1re RTA, 2e RTA, du groupe mobile 221 (GM 221), 45e RTRS, du 5e RCA et du 513e Groupe de transport ainsi que du groupement mobile d'artillerie (GMA) commandé par le colonel Moissenet sont attestés par les archives de l'ECPAD[13], ainsi que la présence du 3e BPC[14] et du 65e régiment d'artillerie[15] qui est aussi rapportée.

La présence des généraux Noiret[16], Lorillot, Jeannot[17], de Sainte Opportune[5] et du commandant Crespin[18] est aussi attestée par les archives de l'ECPAD.

Le dispositif militaire est complété par l'emploi de l'ALAT et l'utilisation d'hélicoptères pour le transport de troupes[19]. Ces éléments supplémentaires appuient le nombre de 25.000 hommes engagés dans la bataille pour l'armée française.

Armée de libération nationale

Les effectifs de l'ALN lors de cette bataille sont estimés entre 300 et 400 moudjahidines commandés notamment par Adjel Adjoul, Lazhar Cheriet, Bachir Chihani et Abbas Laghrour[20].

Déroulement de la bataille

La bataille commença le 22 septembre[21] depuis Cheria, au nord du mont d'El Djorf, avec un premier accrochage durant lequel la 6e compagnie de la 2e REI perd 5 de ses hommes dont le lieutenant Grandsard[22], commandant la compagnie, et abat 22 moudjahidines dont le chahid Farès Benadjroud qui dirigeait la patrouille.

Après cette accrochage, Bachir Chihani et son état-major ordonnent aux hommes de l'ALN de se regrouper au cœur même du mont d'El Djorf[4], possédant des pitons rocheux et des grottes difficile d'accès[20].

Le , après l'échec de l'offensive du 22 au 24 septembre de l'armée française[3], les tirailleurs tunisiens avec l'appui de nombreuses autres unités[23] reprennent l'offensive dès 9 heures du matin jusqu'à la tombé de la nuit, progressant lentement et subissant de lourdes pertes, le 1er bataillon du 8ème régiment de tirailleurs tunisiens se retire[7.1]. Vers minuit 160 moudjahidines[24] dont Adjel Adjoul et Abbas Laghrour décrochent et forcent le passage aux goumiers du 1er Tabor qui bouclaient les gorges, l'affrontement faisant 21 morts de chaque côté[7.1].

Les pertes des deux camps

Bien que l'estimation des pertes des deux camps lors de la bataille soit jugée « extrêmement difficile »[4], des chiffres ont été avancés par plusieurs historiens, chercheurs et vétérans :

Armée française

  • Entre 400 et 800 morts, plus de 1500 blessés, 100 soldats disparus, 8 avions abattus, 3 véhicules blindés détruits, 50 mitrailleuses récupérées ainsi que divers équipements militaires selon les sources recueillies par Mekideche Aljia[4].
  • Entre 600 et 700 morts selon le moudjahid El Ouardi Guetal ayant participé à la bataille[25].
  • 600 morts, 800 blessés, un avion bombardier et un hélicoptère à bord duquel se trouvaient 14 officiers et soldats (ainsi que 70 armes de guerre et des munitions, les deux récupérés) selon le commandant Brahim Kacem cité par Achour Cheurfi[3].
  • Abdelhai Abdelhafid cite dans son article deux sources qu'il juge contradictoires, la première faisant état de nombreux véhicules détruits et endommagés, d'une centaine d'armes récupérées et d'une quantité de munitions estimée à 20 mules, ainsi que d'une centaine de mules et chameaux tués collatéralement par l'ALN. La seconde source, quant à elle, fait état de 107 morts, 4 avions abattus, 25 armes récupérées (dont 7 mitrailleuses, un mortier de 60 mm, 7 pistolets-mitrailleurs MAT49 et 4 fusils MAS 36), 4 émetteurs servant pour les transmissions et une grande quantité de munitions. Enfin, une troisième évoque l'incendie d'un camion, 3 avions abattus, 4 chars détruits et 7 armes abandonnées[20].

Armée de libération nationale

  • 170 morts selon le moudjahid El Ouardi Guetal ayant participé à la bataille[25].
  • 80 morts et 25 blésées selon Achour Cheurfi[3].
  • 110 morts, 7 prisonniers et 60 armes récupérées selon Jean Balazuc[14].
  • Mekideche Aljia cite 60 à 70 morts et entre 60 à 90 blessés, ainsi que 15 armes perdues[4].
  • 80 morts selon Adjel Adjoul ayant participé à la bataille[1].
  • Ouanassa Siari Tengour cite 45 morts et 40 prisonniers[2].
  • Abdelhai Abdelhafid cite 75 morts et plus de 20 blessés[20].

Conséquences de la bataille

Une des premières conséquences directes de la première bataille d'El-Djorf fût son écho sur la scène nationale qui conforta le moral des troupes de l'ALN[2]. La bataille contribua à l'inscription de la question algérienne à la 10e session de l'Assemblée générale des nations unies le [20]. Par ailleurs, elle fût considérée comme l'un des premiers « chocs frontaux » où l'ALN put engager le combat, frontalement, contre une armée ennemie (armée française) plus nombreuse et mieux équipée[19]. Cela amena à lui conférer le titre de « mère des batailles » de la révolution algérienne[25].

Références

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