Prison de Torrero
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| Prison de Torrero | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Aragon | |
| Localité | Saragosse | |
| Coordonnées | 41° 37′ 39″ nord, 0° 53′ 12″ ouest | |
| Géolocalisation sur la carte : Espagne
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| Architecture et patrimoine | ||
| Construction | 1928 | |
| Installations | ||
| Type | Prison | |
| Fonctionnement | ||
| Date de fermeture | 2005 | |
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La prison de Torrero, ainsi appelée parce qu'elle est située dans le quartier de Torrero (Saragosse) a été la principale prison de la province de Saragosse entre son inauguration comme prison provinciale en 1928 et son remplacement par un nouveau centre pénitentiaire, situé à Zuera, inauguré en juillet 2001, où ont été regroupés les détenus des provinces de Saragosse et de Huesca[1].
Pendant cette période, elle a été témoin du devenir pénitentiaire du XXe siècle à Saragosse, étant un élément clef dans la vie du quartier, scène de la répression franquiste dans la ville pendant la Guerre Civile et l'après-guerre; puis un espace, parfois polémique, pour les mouvements sociaux tels que le mouvement insoumis en Espagne.
La prison a été conçue au début du XXe siècle pour remplacer la prison de Predicadores qui tombait en ruines. Le dictateur Miguel Primo de Rivera l'a inaugurée en octobre 1928, avec une capacité initiale de 160 personnes. Elle se trouvait alors en périphérie de la ville, loin de zones habitées. Dans cette première étape elle a été liée à la répression des mouvements révolutionnaires et anarchistes qui s'étaient développés dans la période politique instable de l'Espagne du début du XXe siècle[2].
Pendant la guerre civile, elle fut le théâtre d'exécutions de prisonniers au garrot ou lacet étrangleur. Des milliers de prisonniers furent exécutés devant les murs du cimetière de Torrero voisin, des épisodes dont la mémoire a été conservée grâce aux écrits de l'aumônier de la prison, Gumersindo de Estella. Ces récits n'ont pas pu être publiés à l'époque à cause des pressions exercées par le gouvernement espagnol et l'Eglise catholique. Ce n'est qu'en 2003 qu'ils furent rassemblés par la mairie de Saragosse sous le titre Fusillés à Saragosse, 1936-1939. Trois ans d'assistance spirituelle aux détenus. Gumersindo a consigné comment il voyait:
« les prisonniers marchant vers le mur, à l'aube, en trébuchant, cassés, rendus fous, pleins de fureur, leurs yeux exorbités, comme de la chair à canon. Nous entendions leurs cris de désespoir, leurs plaintes, leurs respirations lourdes, leurs râles. »
Pendant la dictature de Franco qui a suivi la guerre, les cellules de la prison ont vu passer des dirigeants et sympathisants politiques notables, des syndicalistes, des maquisards et des homosexuels, communément emprisonnés en application de la Loi sur les fainéants et les malfaiteurs. Parmi les prisonniers politiques qui sont passés dans ces murs, on peut citer Mariano Viñuales Tierz ou Soledad Real López.
La section des femmes de la prison de Torrero
Depuis le début du soulèvement nationaliste de 1936 contre le régime légalement constitué de la Seconde République Espagnole, ce fut la fin de l'idée de l'espace carcéral comme celui de la réhabilitation de la population recluse, conçue pendant la première période républicaine par Victoria Kent, directrice générale des Prisons à ce moment-là. Les prisons ont été utilisées par le nouveau régime comme instrument de contrôle et de répression de la dissidence politique et cette répression a été spécialement sanglante pour les femmes et leur progéniture, enfants de moins de quatre ans qui les accompagnaient et qui souvent ont fini dans des institutions de l'Etat[3].
La section de la prison de Torrero dédiée aux femmes disposait de place pour une douzaine de personnes et en a hébergé jusqu'à plus de cinq cents dans des conditions infrahumaines. Pendant toute la durée de la guerre, seules soixante femmes y ont été incarcérées pour des délits de droit commun, pour les autres, leur délit consistait majoritairement à être parentes de républicains[4].
Cependant, il y a aussi eu des sacas de presas, notamment pour Selina Casas, Margarita Navascués et Simona Blasc. Elles ont été fusillées devant les murs du cimetière du même quartier de Torrero, après qu'on leur eût enlevé leurs enfants, comme l'a raconté le religieux Gumersindo de Estella, aumônier de la prison, grâce aux journaux duquel ont pu être étudiés et documentés de nombreux cas[5].
En juillet 1939, 512 femmes et 53 enfants ont été transférés à l'ancienne prison de Predicadores, abandonnée depuis 1928, qui a acquis la réputation d'être l'une des plus dures du pays[6],[7].