Pédagogisme
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En France, le pédagogisme est un terme péjoratif employé pour désigner et critiquer le travail d'enseignants qui utilisent des méthodes d'enseignement scolaire développées par le mouvement de l'éducation nouvelle. Ce terme est utilisé contre les méthodes constructivistes (le constructivisme propose de faire de l'élève le constructeur de ses apprentissages dans le cadre d'une organisation pédagogique construite par l'enseignant à cet effet), qui se ferait au détriment de l'apport de connaissance aux élèves.
Certains « pédagogistes » sont parfois également accusés de ne chercher à servir que leurs intérêts personnels à travers leurs pratiques (travailler le moins possible, vendre des publications, obtenir des postes de prestige, etc.).
Selon ses contempteurs (comme Jacqueline de Romilly, Nicolas Glière, Arnaud Fabre, Jean-Paul Brighelli ou Natacha Polony), l'enseignant « pédagogiste » ne transmet pas de savoirs à ses élèves et participe à une « destruction de l'enseignement » en s'intéressant uniquement à l'épanouissement immédiat de l'enfant et en négligeant la transmission des connaissances et de la culture nécessaires à son émancipation[1]. Ils dénoncent que les lieux d'enseignement deviennent des centre de loisirs, sous l'impulsion d'une hiérarchie et des membres de l'Inspection complices de ce dévoiement des missions de l’État.
Sous couvert d'enseignement ludique, les conséquences immédiates d'un tel enseignement sont des enfants, qui n'ayant plus aucun niveau scolaire, sont sélectionnés grâce à l'argent de leur milieu social dans des filières, souvent à des prix exorbitants, parallèles et en opposition à celles de la méritocratie républicaine. C'est une des thèses développées dans des livres comme L'Enseignement en détresse (1984)[2], La Fabrique du crétin (2005) ou École : le crépuscule du savoir (2023)[3].
On retrouve surtout cette expression dans les textes de plusieurs écrivains et journalistes. Le « pédagogisme » et ses « dogmes » seraient toujours à l'origine des différentes réformes menées par le ministère de l'Éducation nationale depuis la loi Haby de 1974. Ce terme a été utilisé pour critiquer la loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République (2013) lancée par Vincent Peillon et mise en œuvre par Najat Vallaud-Belkacem[4].
Les personnes qui utilisent ce terme critiquent l'influence de plusieurs personnalités, comme Philippe Meirieu, François Dubet et plus récemment Michel Lussault[5], ancien président du Conseil supérieur des programmes (CSP). Elles critiquent généralement des membres d'associations issues de l'éducation nouvelle et des formateurs d'enseignants qui exercent dans les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (INSPÉ) ayant succédé aux IUFM.