Rachad Shawa ou Rashad al-Shawwa (arabe: رشاد الشوا), né en 1909 et mort le , est maire de Gaza de 1971 à 1972 puis de 1975 à 1982. Avant d'être élu, il est déjà une figure éminente dans la vie locale. Il est connu par les Israéliens et les Palestiniens pour être le principal défenseur de la «solution jordanienne». Il est le père de l'artiste Laila Shawwa(en).
Rachad Shawa naît en 1909[1] au sein d'une famille de notables de Gaza, liée à la dynastie hachémite[2]. Sa mère est libanaise. Son père, Saïd Shawa, est maire de Gaza de 1907 à 1917[3]. Il est diplômé de l'Université américaine du Caire en sciences économiques et politiques en 1934[4]. Comme son père, il est désigné du titre de Hajj Shawa[5].
Engagement politique
Dans les années 1936-1939, il participe au soulèvement contre le projet britannique de partition de la Palestine. Il fréquente le militant syrien Ezzeddine al-Qassam. Il doit s'exiler, et revient à Gaza en 1940. Il ouvre le cinéma Samer, le premier de la ville, en 1941[6].
Il crée le journal al-Watan al-Arabi («La nation arabe») en 1950[7].
Lors l’occupation de Gaza par Israël lors de la guerre de Suez, il est arrêté début 1957 par l'armée israélienne. La famille Shawa entretient des liens avec le royaume de Jordanie. L'Égypte le leur fait payer en emprisonnant Rachad et ses frères Saadi et Rushdi Shawa(en). Le procès de Rushdi, qui échappe à la peine capitale, décide Rachad à se tenir à l'écart de la vie politique. Il fonde en 1969 la Société de bienfaisance. Il est le chef de file des propriétaires terriens[8].
Premier mandat 1971-1972
En , il est désigné maire de Gaza par le ministre israélien de la Défense, Moshé Dayan. À ce poste, il facilite la circulation des biens et des personnes entre la Palestine et la Jordanie. Ses autorisations sont connues sous le nom de «permis Shawa». Il soutient le projet du roi Hussein d'intégrer la Cisjordanie, mais aussi la bande de Gaza, au royaume jordanien. Les nationalistes palestiniens de l'OLP sont opposés à ce plan. En 1972, le général Pundak, gouverneur militaire israélien de Gazza, le met en demeure d'intégrer le camp de Shati à la ville. Ce projet est perçu comme une volonté d'installer durablement les réfugiés dans Gaza, sans possibilité de retour. Le refus de Rachad lui vaut d'être destitué le [9].
Second mandat 1975-1982
Il est rétabli dans son poste par les autorités israéliennes le [10]. Il abandonne sa vision d'un royaume arabe uni, sur les deux rives du Jourdain, pour rejoindre le camp nationaliste et défendre l'idée d'un État palestinien indépendant.
En 1981, le gouverneur civil israélien de Gaza, Seguev, partisan d'une politique de dialogue, est écarté et remplacé par un gouverneur militaire. En décembre, Shawa lance une grève des services municipaux. S'ensuivent des troubles puis un couvre-feu. La grève générale reprend en mai. Shawa suspend les services municipaux. Il est déposé en [11].