Rachel Corrie

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 23 ans)
Rafah (bande de Gaza)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Rachel Corrie
Rachel Corrie, face à un bulldozer, le jour de son décès.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 23 ans)
Rafah (bande de Gaza)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Evergreen State College
Capital High School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Distinctions
Ordre de Bethléem ()
LennonOno Grant for Peace (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Rachel Corrie, née le à Olympia (État de Washington), est une militante pacifiste américaine. Membre de l'International Solidarity Movement, elle est tuée le dans la bande de Gaza, durant la Seconde Intifada, par un bulldozer israélien à proximité duquel elle manifestait.

L'armée israélienne affirme que sa mort est due à un accident, tandis que des militants pacifistes présents sur place et des témoins palestiniens accusent au contraire l'armée de l'avoir tuée délibérément. Un documentaire de la BBC confirme la version selon laquelle le conducteur a délibérément tué la jeune américaine[1].

Rachel Corrie naît le 10 avril 1979 à Olympia, dans l’État de Washington aux États-Unis.

Elle commence à militer pour la paix après les attentats du 11 septembre 2001[1].

Rachel Corrie, blessée, gisant sur le sol[1].

Étudiante de 23 ans à Olympia, Rachel Corrie part fin janvier 2003 pour les territoires palestiniens occupés. Elle s'installe à Rafah, dans la bande de Gaza, hébergée par des habitants locaux[1]. La Seconde Intifada est en cours, et l'armée israélienne procède à des bombardements et des démolitions de maisons en représailles contre les attentats commis sur le sol israélien[1]. Prenant conscience de la réalité palestinienne, elle écrit à sa famille : « Je suis en Palestine depuis deux semaines et une heure, et les mots me manquent encore pour décrire ce que je vois. Je ne sais pas si beaucoup d'enfants ici ont jamais vécu sans voir des trous d'obus dans leurs murs et les miradors d'une armée d'occupation les surveillant constamment depuis les proches alentours »[1].

Corrie rejoint un groupe de volontaires américains et britanniques de l'International Solidarity Movement (ISM) qui se positionnent entre la population palestinienne et les tanks, les bulldozers ou les snipers de l'armée israélienne[1]. Ces volontaires estiment que leur nationalité occidentale leur offrira une plus grande protection que les militants palestiniens et que leur vie n'est pas en danger[1].

Rachel Corrie pénètre dans une zone sous contrôle militaire et se fait écraser le par un bulldozer Caterpillar D9 de l'armée israélienne[2] à Rafah, dans la bande de Gaza. D'après ISM, elle essayait avec d'autres membres d'ISM d'arrêter la démolition de la maison d'un médecin palestinien[2]. Le bulldozer de l'armée israélienne ne voulant pas s'arrêter, alors que la militante se trouvait devant, a poussé les gravats devant lui, ce qui a écrasé Rachel Corrie[1].

Rachel Corrie devient la première volontaire étrangère tuée dans la bande de Gaza par l'armée israélienne[1].

Circonstances de sa mort

Selon le rapport d'enquête de l'armée israélienne, Rachel Corrie a été tuée par un bulldozer israélien qui l'a écrasée alors qu'elle l'empêchait de détruire une maison palestinienne[1]. Selon son porte-parole, le conducteur de l’engin ne l’aurait pas vue, car elle était dans un angle mort[1]. L'enquête menée par Tsahal reproche aux militants d'ISM d'avoir eu un « comportement illégal et irresponsable » ayant contribué à la mort de Corrie[1].

Des membres d'ISM présents sur les lieux contestent la version des faits et affirment que le conducteur du bulldozer l'aurait écrasée à deux reprises. Le conducteur l'a délibérément tuée selon eux. La jeune femme s'était placée face à l'engin, dans le but de se faire voir par le conducteur et ainsi l'inciter à ne pas poursuivre son chemin vers la démolition[1]. Des photographies qu'ils ont prises ce jour-là semblent confirmer leur version selon Le Monde[1].

Dreg Sha, l'un des volontaires présent sur les lieux et dont les propos ont été confirmés par d'autres témoins, décrit comme suit les circonstances de la mort de la militante pacifiste : « Rachel a tenu tête au bulldozer seule parce qu'elle connaissait cette famille et parce qu'elle pensait que son action était juste. S'approchant de plus en plus de Rachel, le bulldozer a commencé à pousser la terre sous ses pieds. A quatre pattes, elle essayait de rester au sommet de la pile qui ne cessait de monter. A un moment elle s'est retrouvée assez haut, presque sur la pelle. Suffisamment près pour que le conducteur puisse la regarder dans les yeux. Puis elle a commencé à s'enfoncer, avalée dans la terre sous la pelle du bulldozer. Le bulldozer n'a pas ralenti, ne s'est pas arrêté. Il a continué à avancer, pelle au niveau du sol, jusqu'à lui passer sur tout le corps. Alors il s'est mis en marche arrière, la pelle toujours au sol, et lui est repassé dessus. Rachel gisait sur le sol, tordue de douleur et à moitié enterrée. Sa lèvre supérieure déchirée saignait abondamment. Elle ne put que dire 'je me suis cassé le dos'. Après ça elle n'arriva plus à dire son nom ni même à parler. (...) Mais on pouvait voir son état se détériorer rapidement. Des signes indiquant une hémorragie interne à la tête apparurent bientôt. Après environ un quart d'heure des brancardiers sont arrivés et l'ont emmenée à l'hôpital[1]. »

Peu après son écrasement, Rachel Corrie est emmenée par des brancardiers ; elle meurt à l'hôpital Mohammed Yousef El-Najar[3] des suites de ses blessures[1].

Procédures judiciaires

L'armée israélienne mène une enquête et rend un rapport peu après la mort de Rachel Corrie. Le dossier est clos par le procureur général militaire en 2003. Les parents de Rachel Corrie intentent un procès à l'État d'Israël en 2010[1]. Un soldat présent sur place témoigne lors du procès que de multiples avertissements et sommations de quitter les lieux ont été lancés aux militants d'ISM, mais que Rachel Corrie s'était cachée sous un talus ; le conducteur affirme ne pas l'avoir vue et avoir avancé son bulldozer[1]. Le , le tribunal d'Haïfa rend son jugement. Le juge considère que la mort de Rachel Corrie n'a pas été causée par une faute de l'État mais qu'il s'agit d'un accident et que par conséquent l'État n'est pas responsable[4].

Les parents de Rachel portent plainte aux Etats-Unis contre Caterpillar qu'ils accusent d'avoir fournis des bulldozers malgré le fait qu'ils soient utilisés pour promouvoir « une politique que les plaignants considèrent comme contraire au droit international », mais cette demande est rejetée. En 2017, des médias révèlent que Caterpillar avait engagé des détectives privés pour espionner la famille Corrie[5],[6].

Hommages

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI