Raid de Zouerate (mai 1977)
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| Date | |
|---|---|
| Lieu | Zouerate, Mauritanie |
| Issue | Succès du Polisario |
| 300 à 900 hommes 60 à 150 véhicules |
1 000 à 1 500 hommes |
| Inconnues | Plusieurs tués et prisonniers Lourdes pertes économiques 2 avions |
Batailles
Attaques sur le mur des sables (1980-1991)
Attaques sur le train minéralier Nouadhibou-Zouerate (1975-1978)
| Coordonnées | 22° 41′ 00″ nord, 12° 28′ 00″ ouest | |
|---|---|---|
L'attaque de Zouérate a lieu le . Les forces du Front Polisario attaquent les civils français travaillant dans la cité minière de Zouerate en Mauritanie. L'enlèvement de six otages français et leur détention sur le sol algérien dégrade les relations entre Paris et Alger jusqu'en décembre 1977.

À l'époque, l'activité minière à Zouérate représente 80 % du produit intérieur brut mauritanien[L 2].
Dans une interview parue en 2002, après sa rupture avec le Polisario, Lahbib Ayoub, qui a dirigé l'opération, mentionne la responsabilité directe d'officiers supérieurs algériens, dont Liamine Zéroual, dans la décision de prendre des Français en otage[1].
La ville est protégée par une garnison de 1 000[2] à 1 500 soldats de l'armée mauritanienne. Le commandant de la garnison, le commandant Mohamed Khouna Ould Haidalla, est absent lors de l'attaque, en visite à Nouakchott[L 3]. Zouerate est alors protégée par une tranchée de 3,50 m de profondeur et de 60 km de long construite à l'aide de bulldozers et de pelleteuses, avec la participation des ingénieurs et techniciens français[2].
Déroulement
L'attaque vise spécifiquement la cité européenne et dure deux heures, avec des armes automatiques, des canons et des mortiers. Parties depuis trois points, dont Tindouf ou ses environs et la frontière du Mali, trois colonnes du Polisario d'environ 300[L 4], 500[3] ou 900 combattants sahraouis avec 60 à 150 véhicules[4], convergent vers la ville[5]. Après avoir pris position la nuit autour de la ville[L 5], les polisariens ouvrent une brèche en quatre endroits dans l'obstacle qui protège la ville. 90 combattants réussissent à franchir la tranchée et attaquent à l'aube[5], guidés par d'anciens résidents de la ville[L 5]. Des tirs d'artillerie, notamment d'une batterie de quatre canons de 75 mm dirigée par Abderrahman Ould Souidi Ould Lhoucine[5], couvrent les assaillants[N 2],[6].
L'armée mauritanienne regroupée derrière la tranchée qui entoure la localité[L 3], est surprise et ne réagit pas[7],[8]. Une partie importante des forces sahraouies quadrille la ville européenne et bloque les voies depuis la garnison. Un autre groupe vise les ateliers généraux et les services centraux : ils tirent à bord de Land Rover sur les bâtiments administratifs et la centrale électrique[L 3], tandis que les barils d'huile des ateliers explosent sous les tirs, notamment de bazooka[6]. La centrale électrique et le dépôt de fuel sont endommagés ou détruits[3].
Un troisième groupe vise l'aéroport de Zouerate et le club Ranch à proximité. Six civils français y sont enlevés par les Sahraouis[6],[9]. D'autres Mauritaniens sont capturés de l'autre côté de la ville, dont Mohamed Baba Fall, le préfet de la ville[N 3] et Ely Ould Sid'Ahmed M'khailigue, le secrétaire général de la section syndicale des Mines[6]. Plusieurs civils français et mauritaniens sont blessés[10]. Un médecin français et sa femme sont tués en rentrant du Ranch[L 6]. Le couple français aurait été assassiné de sang-froid selon un témoignage recueilli après la bataille par la femme d'un des otages[8]. L'attaché de direction de la SNIM, Mohamed Ould Khaled, est tué devant sa voiture[6]. Mohamed Baba Fall est également témoin de la mort d'un soldat mauritanien[11]. À midi, les Sahraouis ont quitté la ville[L 5].
La colonne sahraouie se regroupe en une seule colonne et fuit vers le nord, poursuivie par l'armée mauritanienne. Le colonel mauritanien Bouceif annonce que 50 polisariens ont été tués. La France ayant demandé que la poursuite soit abandonnée pour ne pas mettre en danger la vie des otages, cette annonce pourrait être uniquement destinée à relever le moral des troupes mauritaniennes[12]. Les services secrets français suivent le cheminement des otages, sans avoir les moyens d'intervenir[4]. Un avion Breguet Atlantic aurait ainsi suivi la trace des sahraouis jusqu'à la frontière algérienne[12].