Rapport Draghi

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Le rapport Draghi est un rapport publié le qui traite de la compétitivité européenne et de l'avenir de l'Union européenne. Rédigé par l'ancien président de la BCE et ancien Premier ministre italien Mario Draghi, il était l'un des deux rapports très attendus sur les réformes de l'UE en 2024, avec le rapport Letta sur le marché intérieur de l'UE, élaboré par le politologue italien Enrico Letta[1]. Certaines parties des propositions du rapport Draghi ont déjà été adoptées par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour le programme de travail de son mandat à la Commission (2024-2029)[2],[3]. Le rapport pointe le retard de l'Europe en matière d'innovations de rupture et exhorte l'Union européenne à investir dans ce domaine.

Contenu

Constat : déclassement de l'Europe en matière d'innovations de rupture

Bien que l'Europe ait toutes les bases pour s'ériger comme une puissance aussi compétitive que la Chine ou les États-Unis, elle est en train de subir un déclassement compétitif majeur par rapport à ses rivaux. L'essentiel de ce décrochage est attribué à un écart grandissant de productivité avec les États-Unis, résultant d’une incapacité aussi bien à innover qu’à capitaliser sur les innovations de rupture[4].

Sur le retard en matière d'innovation, Mario Draghi s’attarde sur l’absence de champions européens dans le secteur des technologies de rupture, en particulier dans le numérique ou dans les biotechnologies[4].

Le deuxième point qui permettra à l’Europe de retrouver son dynamisme économique, selon Mario Draghi est l’intrication entre la transition écologique et le potentiel de croissance[4].

Le troisième et dernier point de l'adaptation dont doit faire preuve l’Union européenne est la sécurité et la résilience. L'Europe est plus exposée que les autres à l’occurrence grandissante des chocs géopolitiques du fait de sa dépendance vis-à-vis de la Chine pour certaines technologies décarbonées ou des États-Unis pour le numérique[4].

Compétitivité

Le rapport Draghi exhorte l'UE à encourager davantage les investissements pour accroître la productivité européenne. Le rapport propose de nouvelles règles prudentielles pour les banques et les investisseurs institutionnels afin de faciliter les investissements risqués[5]. Draghi a averti que si l'UE ne parvenait pas à rattraper ses rivaux, elle serait confrontée à une « lente agonie ». Il a écrit que l'UE « a besoin d'une politique industrielle beaucoup plus coordonnée, de décisions plus rapides et d'investissements massifs si elle veut suivre le rythme économique de ses rivaux que sont les États-Unis et la Chine. »[6] Le rapport est supposé avoir des répercussions sur les liens transatlantiques dans les années à venir[7].

Le budget européen

Le rapport préconise des emprunts conjoints, ce que von der Leyen et plusieurs États membres ont dans un premier temps immédiatement rejeté[8],[9],[10].

Réactions

Le rapport était attendu avec impatience par certains[11] et les premières réactions des think tanks furent mitigées[12], tandis que The Economist comparait la portée du plan à celle du Plan Marshall de 1948[13]. Un rapport de Chatham House estimait que « certaines recommandations figurant dans le rapport risqueraient d'être contrecarrées par un vide de leadership européen et une absence de sentiment d'urgence »[3].

Les critiques ont souligné le manque de représentativité des parties prenantes consultées pour produire le rapport. L'Europe centrale et orientale ainsi que la société civile et les syndicats étaient sous-représentés, ce qui a conduit le rapport à se concentrer trop sur le noyau central de l'Union et sur les intérêts commerciaux, et à peu aborder les défis sociaux et écologiques[14].

L'économiste français Thomas Piketty a salué le rapport, estimant qu'il « allait dans la bonne direction » et qu'il « avait l'immense mérite de renverser le dogme de l'austérité budgétaire »[15].

Le Réseau Action Climat Europe (RAC Europe) estime que le rapport ne répond pas pleinement à l’impératif d’une approche urgente et coordonnée au niveau de l’UE pour faire face à la crise climatique et garantir la sécurité énergétique, même si le rapport Draghi reconnaît la nécessité de complémentarité entre les politiques climatiques et industrielles et propose des pistes positives pour la décarbonation et l’économie circulaire. Le RAC Europe exhorte les dirigeants européens à privilégier une politique industrielle verte garantissant une durabilité économique et environnementale à long terme[16].

Références

Liens externes

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