Raseteur
profession
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les raseteurs sont les principaux participants de la course camarguaise. Ils affrontent, généralement à deux, parfois à trois ou davantage, un animal appelé cocardier, taureau castré vif et léger, dont ils tentent d'enlever les attributs primés qui décorent sa tête. Ils effectuent un nombre variable de rasets, qui leur permettent de déplacer l'animal. Ils sont assistés par des tourneurs.


Histoire
Autrefois, les raseteurs se recrutaient parmi les ouvriers saisonniers ou les déclassés de la société rurale[1]. Avec l'apparition des écoles taurines dans les années 1980, dans des zones jouxtant le pays de Bouvino, avec aussi, la croissance des banlieues et l'augmentation de l'immigration, de plus en plus de jeunes raseteurs sont issus de familles immigrées. Certains se sont déjà fait un nom, comme Sabri Allouani issu de l'école taurine de Vendargues[1].
Danger
Si la course camarguaise présente moins de danger pour l'homme que la corrida, elle provoque des blessures. La pratique de ce sport nécessite un haut niveau d'entraînement.
Au XIXe siècle, il y a eu des morts parmi les raseteurs à la suite de l'apport de sang espagnol dans la race camarguaise. Ce fut le cas de Rossi, tué dans les arènes d'Arles en 1883 par « Boucabèu », de la manade de Joseph Yonnet[2]. En 1886, Louis Robert mourut sous les cornes de « Méfiez-vous » à Nîmes[3]. Ces drames ont amené à recodifier la « course libre » et à préconiser le retour à la sélection de taureaux de Camargue[4].
En 2020, lors d'une course libre pour les jeunes raseteurs de la Ligue taurine d'Occitanie-Pyrénées-Méditerranée, un élève raseteur, Kevin Bruguiere, est mort de ses blessures après avoir heurté un taureau[5].
Le sportif
Le raseteur est d'abord un sportif qui s'entraîne principalement dans les écoles taurines comme les écoles des raseteurs d'Arles[6], de Saint-Rémy-de-Provence[7] ou de Lunel[8]. De l'école taurine de Vendargues est sorti le champion Sabri Allouani. Bien entraîné, le raseteur doit être rapide à la course et capable de feintes pour tromper la vigilance du taureau cocardier, mobile.
Les raseteurs portent une tenue blanche : tricot, pantalon et chaussures de sport. Certains sont prévus au programme ; d'autres se présentent librement. Le maximum est de seize raseteurs par course. Leur nom est écrit en noir dans le dos de leur tricot[9].
C'est au début du vingtième siècle que le marquis de Baroncelli imposa un costume blanc lors de la création de la confrérie pour marquer leur unité et pour leur conférer un cachet. Les raseteurs étant précédemment habillés librement[10]. Le pantalon blanc est en toile blanche résistante et solide en 100% coton. Celle-ci doit résister à l'usure tout en étant confortable durant l'effort.
Le public n'acclame jamais les raseteurs : uniquement l'animal[11]. Ils sont répartis en droitiers ou en gauchers selon la main dans laquelle ils tiennent leur crochet. Ils appellent le taureau selon le même terme que dans la corrida classique : le raseteur cite l'animal en courant[12].