Raymond Polin
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Raymond Polin, né le à Briançon et mort le , est un philosophe français.
Jeunesse et études
Raymond Polin suit ses études secondaires au lycée d'Évreux. Il effectue sa khâgne au lycée Louis-le-Grand. Il entre à l'École normale supérieure en 1931 et est reçu à l'agrégation de philosophie en 1934. Il choisit alors Maurice Halbwachs comme directeur pour ses deux thèses, qui portent sur l'axiologie et seront publiées en 1944 et 1945.
Parcours professionnel
Il oriente alors ses recherches vers les sciences sociales, en devenant assistant durant trois ans, de 1935 à 1938, de Célestin Bouglé au « Centre de documentation sociale » de l’École normale supérieure. Il fréquente conjointement les membres du Collège de sociologie de Georges Bataille et compte parmi les auditeurs du séminaire d’Alexandre Kojève sur la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel.
Après avoir été nommé professeur à la Faculté des lettres de Lille en 1945, il est élu seize ans plus tard à la chaire de philosophie politique de la Sorbonne, dont il devient président en 1976. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1981 et préside de 1980 à 2001 la Fondation Thiers.
Il est visiting professor à l'université Harvard et à l'université Columbia[1].
En , il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés[2].
Epoux de Marie-Thérèse Blahovec (1907-2011), il est le père du philosophe Claude Polin.
Philosophie
La philosophie de Raymond Polin est avant tout une réflexion sur la liberté et plus particulièrement, selon les termes de Bertrand Saint-Sernin, sur la « tension entre la liberté – qui est éruptive – et l’ordre – qui est raisonnable[3] » : la liberté est une énergie « sauvage » et créatrice, mais elle entre en tension avec l'environnement politique qui, lui, est ordonné.
Raymond Polin a notamment consacré plusieurs ouvrages à la philosophie de Thomas Hobbes.
Pour R. Polin, les valeurs sont caractérisées par la « transcendance », c’est-à-dire que les « valeurs » ont pour essence de « dépasser » le donné brut de la conscience, faisant dire à Polin que ces « valeurs » n’existent pas, car la valeur est ce que la conscience estime. Cela devient un idéal à réaliser. Ainsi, le propre de la « valeur » n’est donc de n’être jamais un donné mais d’être réinventé à chaque instant, il est selon l’expression hégélienne en perpétuel devenir, c’est cette transcendance consciente en train de se réfléchir et de s’exercer.[non pertinent]