Relations entre la Chine et Israël

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Relations entre la Chine et Israël
Drapeau de la République populaire de Chine
Drapeau d’Israël
Chine et Israël
Chine Israël

Les relations entre la Chine et Israël font référence aux relations diplomatiques entre la république populaire de Chine et l'État d'Israël. Les deux pays sont membres des Nations unies. Leurs relations diplomatiques ont commencé très tôt, l’État hébreu ayant été le premier pays du Proche-Orient à reconnaître en 1949 le régime communiste de Mao Zedong. Pour autant, ce n'est qu'en 1992 que les deux États établissent des relations diplomatiques officielles, la Chine ayant privilégié pendant la guerre froide un rapprochement avec les pays arabes dans lesquels le socialisme était en pleine expansion.

Dans les 20 années qui ont suivi l'établissement de leurs liens diplomatiques, leurs échanges bilatéraux ont été multipliés par 200, dépassant les 10 milliards de dollars en 2012, et atteignant 11,6 milliards de dollars en 2018. La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial d’Israël.

Juifs chinois à la fin du 19e siècle

Les liens de la Chine avec les Juifs sont très anciens[1]. La ville centrale de Kaifeng en Chine abrite une communauté juive, descendants de marchands venus de Perse et d'Inde aux alentours du Xe siècle[1].

Dans les années 1930 et 1940, 20 000 juifs fuyant la menace nazie en Europe sont accueillis par la Chine, dont la population juive en Chine atteint près de 40.000 personnes à la fin de la Seconde Guerre mondiale[1].

Dans les années précédents la création de l'État d'Israël. les militants sionistes David Ben Gourion et Moshe Sharett étaient convaincus que la Chine s'éveillerait et surpasserait l'Occident, et que le futur État hébreu devait nouer des relations fortes avec les Chinois[2]. Israël a ainsi été le premier pays du Proche-Orient à reconnaître, en 1949, le régime communiste de Mao Zedong[3].

Néanmoins, pendant la guerre froide, la Chine, à l'instar de l'Union soviétique, privilégie un rapprochement avec les pays arabes, et refuse d’établir des relations diplomatiques avec Israël[1]. Le socialisme est alors un modèle politique en pleine expansion dans le monde arabe, et un vecteur d'affinité entre ces pays et la Chine communiste. Mais les motivations de la Chine dans ce parti pris sont surtout économiques. Mao Zedong, bien que favorable au sionisme, considère avoir plus à gagner dans des relations amicales avec les états arabes producteurs de pétrole et grands foyers de peuplement, qu'avec une enclave juive assiégée et faible sur le plan économique[1].

À partir des années 1970, le réchauffement des relations entre Israël et certains États arabes à la suite des accords de Camp David, ainsi que la rupture sino-soviétique (provoquant un rapprochement sino-américain), poussent la Chine à reconsidérer sa position à l'égard d'Israël[1]. Une collaboration se met secrètement en place d'abord dans les domaines militaires, puis agricoles et dans les hautes technologies[1].

Ce n'est qu'en 1992 que la Chine reconnait officiellement l'État hébreu, mais cette reconnaissance amorce une croissance très rapide de leurs relations bilatérales[1].

En 2009, Benjamin Netanyahu revient de retourner au pouvoir en Israël, après dix ans d’absence, et décide d'accélérer ce rapprochement sino-israélien, convaincu qu’il faut diversifier les sources d’investissement dans un contexte de crise économique et financière mondiale[4]. Alors que les relations entre la Chine et le grand allié américain d'Israël sont encore relativement calmes (ce qui change en 2016 avec l'élection de Donald Trump), le Premier ministre israélien profite de ce contexte géopolitique favorable, alors que Pékin est intéressé par l’industrie de haute technologie de la « start-up nation »[4].

Coopération économique

Les échanges bilatéraux sont passés de 51 millions de dollars en 1992 à 14 milliards en 2018[2].

En la Chine et Israël sont convenus que leur coopération mutuellement bénéfique devait se poursuivre, au cours d’une rencontre à l’issue de laquelle, depuis Tel-Aviv, l’envoyé spécial de la Chine pour les affaires du Proche-Orient Zhai Jun a déclare[3] :

« Cette coopération bilatérale est une aspiration fondamentale des deux parties, se concentrant sur les intérêts et le bien-être des deux peuples et reposant sur le respect réciproque et les avantages mutuels. »

Investissements chinois en Israël

Plus d’un tiers des investissements de haute technologie en Israël sont d’origine chinoise[3]. Les entreprises chinoises Lenovo, Fosun international, Xiaomi, Baidu, Huawei, Haier et Alibaba ont installé un centre de recherche et développement en Israël[2].

En 2016, la Chine et Israël lancent des discussions sur un traité de libre-échange[5].

Jack Ma, fondateur d'Alibaba, se rend en Israël en 2018 et fait l'éloge de l'innovation omniprésente dans l’État hébreu, donnant un nouveau signal au monde d'affaires chinois qui continue d'investir dans la haute technologie israélienne[2].

On observe parmi les principales prises de participations d'entreprises chinoises dans des projets israélien :

  • Le premier chinois à investir massivement en Israël est le milliardaire hongkongais Li Ka-shing, en 1999, dans les télécoms. En 2011, il achète 11 % de la start-up Waze, revendue à Google en 2013 pour 1,3 milliard de dollars[2].
  • En 2011, les entreprises ChemChina et Koor Industries rachètent l'entreprise Adama Agricultural Solutions, spécialiste d'engrais, pour 2,4 milliards de dollars[2] ;
  • En 2011, ChemChina rachète les parts de la société britannique Apax Partners dans la société agroalimentaire israélienne Tnuva, pour 3,8 milliards de dollars[2] ;
  • En 2019, l'opérateur chinois des télécoms Huawei s'est lancé dans l'énergie solaire en Israël[2] ;
  • En 2019, Shenzhen Hifuture Information Technology injecte 50 millions de dollars dans Xjet, société d'impression en 3D de métal et céramique[2]. ;

La Chine investit également dans les infrastructures israéliennes, notamment :

  • Une ligne du tramway de Tel Aviv[2] ;
  • Le nouveau port d'Ashdod[2] ;
  • Une ligne ferroviaire reliant le port d'Ashdod au port d'Eilat[2] en passant par le désert israélien du Néguev, contournant ainsi le canal de Suez[1]
  • Le nouveau port de Haïfa, dont l'appel d'offres a été remporté par la société publique Shanghai International Port Group[2]. Depuis début du mois de septembre 2021, les 18 000 conteneurs du premier hub commercial israélien (le nouveau port de Haïfa) sont officiellement opérés par la SIPG, pour les 25 années à venir, qui promet d’en faire une plaque tournante du commerce régional reliant la péninsule Arabique à la Méditerranée[4] ;

En 2019, plus de 10.000 ouvriers chinois travaillent en Israël, l'État hébreu considérant la Chine comme un réservoir privilégié de main-d'œuvre, alternative aux Palestiniens. En 2017, 6000 ouvriers chinois ont été embauchés dans le bâtiment en Israël dans le cadre d'un accord entre les deux États signé à Jérusalem par le ministre de la Construction et du Logement Yoav Galant et le vice-ministre chinois du Commerce Fu Ziying[6].

Investissements israéliens en Chine

En 2020, près d'un millier d’entreprises israéliennes sont installées en Chine[3], qui abrite également une vaste industrie de l'alimentation casher estimée à 10 milliards de dollars, dont l'essentiel de la production est destiné à Israël[1].

Affinités entre les pays

Enjeux géopolitiques

Références

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