Relations entre la Côte d'Ivoire et la France

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Relations entre la Côte d'Ivoire et la France
Drapeau de la Côte d'Ivoire
Drapeau de la France
Côte d'Ivoire et France
Côte d'Ivoire France
Ambassades
Ambassade de Côte d'Ivoire en France
  Adresse 102, avenue Raymond-Poincaré, Paris
Ambassade de France en Côte d'Ivoire
  Adresse 17 rue Lecoeur, Abidjan
Histoire et événements
1960 Établissement des relations diplomatiques
Relations économiques
Échanges commerciaux Environ 2 milliards d'euros en 2016
Stock d'investissements directs à l’étranger Part de la France dans les actifs étrangers en Côte d'ivoire: 39% (2015)

Les relations entre la Côte d'Ivoire et la France désignent les relations diplomatiques s'exerçant entre d'une part, la république de Côte d'Ivoire, État africain, et de l'autre, la République française, État principalement européen.

La Côte d'Ivoire est un allié historique de la France en Afrique et les liens entre les deux pays sont forts d'un point de vue économique, culturel et politique.

Le tableau suivant fait ressortir certains points communs entre la France et la Côte d'Ivoire, du point de vue culturel comme politique. Néanmoins, les deux États présentent deux réalités très différentes sur un plan économique.

Côte d'Ivoire France
Armoiries
Gouvernement République unitaire présidentielle République unitaire semi-présidentielle
Capitale Yamoussoukro (Afrique) Paris (Europe)
Langue officielle Français Français
Population 24 294 750 67 795 000
Superficie 322 462 km2 674 843 km2
PIB nominal 61,5 milliards de dollars 2600 milliards de dollars
IDH 0,492 0,901
Religion 44 % de chrétiens, 37 % de musulmans, 4 % d'animistes 68 % de chrétiens, 10 % de musulmans, 1 % de juifs
Expatriés 68 300 Ivoiriens en France[1] 20 000 Français en Côte d'Ivoire[2]

Histoire

Louis XIV, roi de France au moment du premier contact avec les Ivoiriens.

Premiers contacts (XVIIe siècle)

Le premier contact entre la France et la Côte d'Ivoire remonte à 1637, date à laquelle des missionnaires catholiques débarquent à Assinie, près de l'actuel Ghana. Des missionnaires et des marchands français s'installent sur ce lieu en 1687, et on y pratique le commerce des esclaves. Les Français, dont Jean-Baptiste du Casse, témoignent d'un vif intérêt pour le commerce de l'or et sont accueillis à la cour du roi Zéna, et des membres de la famille royale sont présentés à Louis XIV.

Période coloniale

Timbre de la Côte d'Ivoire en 1936.

La colonisation française en Côte d'Ivoire commence en terre d'éburnie en 1893. Les Français doivent faire face à la résistance de Samory Touré, fondateur de l'Empire wassoulou. Samory Touré, à la tête d'une armée moderne et bien équipée, fut capturé en 1898.

En 1900, la France souhaite augmenter le niveau d'imposition en Côte d'Ivoire pour y financer des travaux publics, mais elle fait face à une révolte. Les taxes étaient vues comme un symbole de soumission[3]. Afin d'exploiter les ressources naturelles du pays, l'administration coloniale met en place un système de travail forcé, qui devient bientôt l'aspect le plus détesté de la tutelle française. La mise en valeur des forêts et des terres arables demandait des ressources démographiques considérables, que les Français accaparèrent en annexant une partie de la Haute-Volta à la Côte d'Ivoire. En 1905, la France abolit définitivement l'esclavage en Côte d'Ivoire.

La Côte d'Ivoire faisait partie de l'Afrique-Occidentale française. A ce titre, elle était gouvernée depuis Paris et sa population n'avait pas droit à la représentation politique. Les indigènes pouvaient être réquisitionnés pour des travaux d'intérêt général et enrôlés dans l'armée. Ils étaient soumis au système de l'indigénat, allant à l'encontre du principe égalité civique.

Sous la domination française, les populations ivoiriennes doivent prendre part au système français d'association[3] et d'assimilation. Là où l'association suppose le maintien des coutumes et du système local de droit, l'assimilation, elle, affirme ouvertement la supériorité de la culture française. Les Français formèrent en Côte d'Ivoire une élite indigène, assimilée et occidentalisée.

De l'époque coloniale, la Côte d'Ivoire conserve également le palais du gouverneur de Grand-Bassam, siège du premier gouvernement colonial, et divers bâtiments du même style, ayant appartenu à l'élite marchande et construits à partir de matériaux locaux.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Côte d'Ivoire resta aux mains du régime de Vichy jusqu'en 1943, date à laquelle les partisans du général de Gaulle en prirent le contrôle.

La marche vers l'indépendance (1944-1960)

La gratitude de la France vis-à-vis des peuples africains ayant combattu pour elle au cours de la Seconde Guerre mondiale se manifeste lors de la conférence de Brazzaville en 1944 et dans les textes fondateurs de la Quatrième République en 1946. Tous les Africains de l'empire colonial deviennent des citoyens français et le travail forcé est aboli. La loi-cadre de 1956 délègue d'importantes prérogatives aux gouvernements locaux d'Afrique occidentale.

Par le référendum qui crée la Communauté française, la Côte d'Ivoire devient une république autonome en 1958. La Côte d'Ivoire était une colonie riche et, les ressources n'étant plus redistribuées au sud du Sahel, ses ressources budgétaires augmentent considérablement. L'indépendance est effective en 1960.

En 1961, la Côte d'Ivoire et la France signent un accord d'assistance militaire.

La Côte d'Ivoire, bastion de la Françafrique au cœur de la guerre froide

Félix Houphouët-Boigny, Président de la république de Côte d'Ivoire de 1960 à 1993, et fervent défenseur de la Françafrique.

Le terme de Françafrique est élaboré par Félix Houphouët-Boigny et désigne, à ses yeux, la complémentarité économique et politique entre la France et les peuples de son ancien empire colonial. Sous sa présidence, les conseillers français occupent un rôle prééminent en Côte d'Ivoire[4]. De cette symbiose résulte la prospérité ivoirienne, marquée par le rôle dominant que joue la Côte d'Ivoire sur le marché du cacao et du café, et l'émergence d'une classe moyenne.

Signe de l'influence française en Côte d'Ivoire, Houphouët reconnaît, en 1967, l'indépendance du Biafra, proto-État soutenu par la France. Il a également fait construire la basilique Notre-Dame-de-la-Paix, un des édifices religieux les plus vastes au monde.

Désengagement français d'Afrique à la suite de la tragédie rwandaise

S'il survient à l'autre bout du continent, le génocide rwandais modifie profondément les rapports que la France et l'Afrique entretiennent. A Paris, la rhétorique dominante est celle du désengagement et de la vietnamisation[5], et les troupes françaises doivent, à terme, se retirer d'Afrique, Lionel Jospin étant très hostile à l'interventionnisme. Au moment du coup d'état de Noël, la France laisse donc faire. Elle accueille Henri Konan Bédié en exil.

Les néogaullistes ont les mains libres (après l'élection présidentielle française de 2002)

Soldats français déployés en Côte d'Ivoire en 2003.

La France intervient en Côte d'Ivoire en 2002-2003, puis en 2011 pour soutenir les forces pro-Ouattara sous couvert de l'ONU. L'armée française bombarde alors la résidence de Laurent Gbagbo. La France est intervenue dans le cadre multilatéral des institutions internationales.

Période contemporaine

Notes et références

Voir aussi

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