Robert-Aloys Mooser

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Robert Aloys Mooser
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Robert-Aloys Mooser est un musicologue et critique musical suisse né le à Genève et mort le dans cette même ville. Il est l’auteur d’ouvrages de référence sur l’histoire de la musique russe.

Parmi ses travaux principaux figurent Annales de la musique et des musiciens en Russie au XVIIIᵉ siècle (1951) et Visage de la musique contemporaine (1962), ainsi qu’un grand nombre d’articles traitant de divers thèmes musicologiques.

Famille

La famille Mooser est d’origine thuringienne et s’est ultérieurement installée en Alsace. Au début du XVIIe siècle, elle s’établit en Suisse orientale, notamment dans le canton de Thurgovie[1].

La famille Mooser constitue une longue lignée d’organiers, parmi lesquels le plus célèbre est son arrière grand-père, Aloys Mooser (1770–1839), facteur d’orgues actif à Fribourg[1].

Situation personelle

Robert-Aloys Mooser est le fils du pianiste Jean-Louis Mooser (1830–1903) et de Julia Zapolskaya, d’origine russe. Il a une sœur, Marie, née en [1]. Il apprend le russe dans son enfance[2].

Il débute très tôt sa formation musicale, sous l’enseignement de son père, qui lui transmet le piano et l’harmonie, et de Otto Barblan (de), auprès duquel il étudie l’orgue[2]. En , il obtient son premier poste musical en tant qu’organiste de la chapelle de Veyrier (GE). Quatre ans plus tard, en , il est titulaire d’un baccalauréat universitaire ès lettres de l’Université de Genève[3].

En , Robert-Aloys Mooser se rend à Saint-Pétersbourg, où, l’année suivante, il est nommé organiste à l’église réformée française et devient critique musical pour la publication francophone du Journal de Saint-Pétersbourg. Il entreprend également la collecte d’autographes musicaux et consacre de longues années à l’étude de la musique russe dans les archives de la ville. Parallèlement, il suit des cours avec Mili Balakirev et Nikolai Rimski-Korsakov[2]. Entre et , Robert-Aloys Mooser occupe également le poste d’adjoint du chef d’orchestre du ballet de Saint-Pétersbourg[3].

En , Robert-Aloys Mooser prend fait et cause pour Nikolai Rimski-Korsakov, alors menacé d’exclusion du Conservatoire de Saint-Pétersbourg pour avoir soutenu les étudiants lors de la révolution russe de 1905 et critiqué les actions réactionnaires de la direction du Conservatoire et de la Société musicale russe. À la suite de cette prise de position, il est contraint par la police de cesser toute publication de ses critiques dans les médias russes dès 1906[3].

En , Il retourne à Genève, où il devient secrétaire de rédaction puis critique musical pour le journal genevois La Suisse. En , il fonde un cycle consacré à la musique contemporaine, Les Auditions du jeudi, qu’il dirige jusqu’en [4].

En , il fait don de l’ensemble de ses archives musicales à la Bibliothèque du Conservatoire de Genève, qui rassemble 1 617 documents[3]. et, en , il fonde la revue musicale indépendante Dissonances, dont il assure seul la rédaction jusqu’en [3].

Outre son activité au sein du journal La Suisse, Robert-Aloys Mooser donne de nombreuses conférences consacrées à des compositeurs tels que Ludwig van Beethoven et Claude Debussy. Il aborde également différents genres musicaux, notamment la musique religieuse et le jazz. Par ailleurs, il dispense des cours portant sur l’histoire du piano et du luth. En février , il propose la création d’une chaire de musicologie à l’Université de Genève[3].

En , il fait don de sa bibliothèque musicale à la Bibliothèque de Genève. Pour cet acte, il reçoit, la même année, la première Médaille d’argent « Genève reconnaissante »[4].

En , Robert-Aloys Mooser quitte ses fonctions au journal La Suisse, tout en poursuivant la rédaction de critiques musicales jusqu’en 1966. Nombre de ses prises de position suscitent des divergences avec diverses personnalités et institutions, parmi lesquelles Georges de Traz, la Neue Zürcher Zeitung, Henri Gagnebin, Roger Vuataz ou encore Pierre Bouffard[3]. Parallèlement, il poursuit la préparation de son œuvre consacrée à la musique, entreprise dès [3].

Vie privée

En Russie, Robert-Aloys Mooser rencontre Eugénie Sazonov, alors ballerine au Théâtre Mariinsky, qu’il épouse. Le couple a un fils, Alexandre (1902–1980)[5].

Hommages

En 1932, il reçoit la Médaille d’argent « Genève reconnaissante » à la suite du don de ses archives musicales à la Bibliothèque de Genève[4].

Chevalier de la Légion d'honneur Chevalier de la Légion d'honneur en 1936[3].

En 1957, il reçoit le titre de Docteur honoris causa de l'Université de Genève pour ses recherches sur la musique et les musiciens de l’Europe en Russie aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle[4].

Les articles de Mooser pour La Suisse ont été rassemblés dans une publication en quatre volumes, successivement : Regards sur la musique contemporaine : 1921—1946, Panorama de la musique contemporaine : 1947–1953, Aspect de la musique contemporaine : 1953–1957 et Visage de la musique contemporaine : 1957–1961.

Œuvre

  • L'Opéra-comique français en Russie au XVIIIe siècle : contribution à l'histoire de la musique russe, Genève, René Kistner 1932 ; 2e éd. 1955 (OCLC 164765520)
  • Violonistes-compositeurs italiens en Russie au XVIIIe siècle, Milan 1938–1950
  • Opéras, intermezzos, ballets, cantates, oratorios joués en Russie durant le XVIIIe siècle, Genève 1945 ; 2e éd. Bärenreiter 1955 (OCLC 1328977)
  • Regards sur la musique contemporaine : 1921—1946, Lausanne 1946 — préface d'Arthur Honegger
  • Annales de la musique et des musiciens en Russie au XVIIIe siècle, 3 vols. Genève, Mont-Blanc 1948–1951
  • Panorama de la musique contemporaine : 1947–1953, Genève 1953
  • Aspect de la musique contemporaine : 1953–1957, Genève, Labor et fides 1957 (OCLC 459648257) — Préface d'Émile Vuillermoz
  • Visage de la musique contemporaine : 1957–1961, Paris, Éditions Julliard 1962
  • Deux violonistes genevois, Gaspard Fritz (1716–1783) et Christian Haensel (1766–1850), Genève, Éditions Slatkine 1968
  • Correspondance Ernest Ansermet, R.-Aloys Mooser : 1915-1969, Genève, Georg 1983 (OCLC 10431840) — suivi d'un Hommage à Ernest Ansermet, par R.-Aloys Mooser (1969).
  • Souvenirs : Genève 1886-1896, Saint-Pétersbourg 1896-1909, Genève, Georg 1994 (OCLC 231675655)

Avec Robert Godet, il traduit le livret de l'opéra Boris Godounov en français[6].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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