En décembre 1974 il est nommé commissaire résident français aux Nouvelles-Hébrides, c'est-à-dire chef de la moitié française du gouvernement de cette colonie conjointe franco-britannique. Il arrive aux Nouvelles-Hébrides en février 1975, et son pendant est le commissaire-résident britannique Roger Du Boulay(en), puis John Champion. Robert Gauger a alors à composer avec le Parti national des Nouvelles-Hébrides, parti politique indépendantiste fondé en 1971 par des autochtones anglophones, ainsi qu'avec la tenue en 1975 des premières élections municipales et des premières élections législatives de l'histoire de la colonie[1],[3],[4]. Robert Gauger rencontre à plusieurs reprises les responsables des partis considérés comme francophones - l'Union des communautés des Nouvelles-Hébrides de Rémy Delaveuve, le Mouvement autonomiste des Nouvelles-Hébrides de Michel Thévenin et Aimé Maléré, et le Nagriamel de Jimmy Stevens - pour les presser à faire front commun contre le Parti national, et ne pas présenter de candidats les uns contre les autres. De le même temps, il tente de mobiliser politiquement les enseignants des écoles francophones, sans grand succès, et de concilier à la France des électeurs autochtones en leur restituant des terres expropriées par la Société française des Nouvelles-Hébrides[5]. Les élections législatives sont remportées par le Parti national, et Robert Gauger s'entretient alors avec son homologue britannique John Champion pour lui demander de permettre à la France d'empêcher l'Assemblée représentative de siéger avec une majorité indépendantiste. Prétextant la nécessité d'un délai pour permettre d'inclure à l'Assemblée des représentants de chefs coutumiers, Robert Gauger obtient l'assentiment de son homologue pour reporter sine die les sessions de l'Assemblée[6]. En février 1977, dans une atmosphère de tension entre le Parti national et les partis francophones, il prononce la dissolution de l'Assemblée en vue de nouvelles élections[7].
Il quitte ses fonctions aux Nouvelles-Hébrides en décembre 1977 et est nommé sous-directeur des affaires politiques et de l'administration générale des territoires d'outre-mer au secrétariat d'État aux DOM-TOM, succédant à Robert Langlois[1].
↑ Zorian Stech, Une confrontation comme nulle autre dans le Pacifique: la France, la Grande- Bretagne et la vie politique au condominium franco-britannique des Nouvelles- Hébrides (1945-1980), thèse de doctorat, université de Montréal, avril 2017, pp.180-182