Rocket Lab
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| Rocket Lab | |
Logo de Rocket Lab. | |
Lancement de la fusée Electron en mars 2023. | |
| Création | 2006 |
|---|---|
| Fondateurs | Peter Beck |
| Forme juridique | Société à capitaux privés |
| Action | NASDAQ (RKLB) |
| Siège social | Long Beach (Californie) |
| Direction | Peter Beck |
| Activité | Lanceurs spatiaux et petits satellites |
| Produits | Electron, Neutron , plateformes de micro-satellite, équipements spatiaux |
| Filiales | Sinclair Interplanetary (d) (depuis )[1] Advanced Solutions Inc. (d) (depuis )[2] Planetary Systems Corporation (d) (depuis )[3] SolAero Technologies (d) (depuis )[4] |
| Effectif | ~2 600 personnes (2025) |
| Site web | rocketlabcorp.com |
| Chiffre d'affaires | 602 millions US$ (2025) |
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Rocket Lab est une société aérospatiale néo-zélandaise et américaine (depuis 2020) spécialisée dans la fabrication et le lancement de fusées de petite et moyenne capacité et de systèmes spatiaux (bus, équipements). Elle développe entièrement en interne (moteurs compris) le lanceur léger Electron (charge utilise maximale de 300 kilogrammes en orbite basse) et le lanceur réutilisable Neutron (13 tonnes en orbite basse) dont le premier vol est prévu en 2026. Elle fabrique et commercialise également plusieurs familles de petits satellites ainsi que des équipements spatiaux.
La société dispose d'une forte expertise dans le domaine des structures en fibre de carbone qui constitue à l'époque de son apparition la principale spécificité de son lanceur léger Electron. En remplaçant l'aluminium ce matériau permet d'abaisser la masse de la structure. L'Electron est parvenu à dominer le marché des petits lanceurs commerciaux. Depuis 2024, cette fusée a dépassé le seuil des dix lancements annuels (21 en 2025) qui s'effectuent soit depuis la base de lancement de Mahia en Nouvelle-Zélande soit depuis la base de lancement MARS en Virginie (États-Unis).
En 2025, Rocket Lab emploie 2 600 ingénieurs et techniciens dans ses établissements situés principalement à Auckland en Nouvelle-Zélande (établissement initial), où les lanceurs Electron sont construits, assemblés et testés, Long Beach en Californie, siège de la société depuis 2020 et site de fabrication des moteurs et de l'avionique, et dans le Maryland (fabrication d’éléments de structure de la Neutron). Son chiffre d'affaires était de 602 millions de dollars en 2025. L'activité de Rocket Lab s'est largement diversifiée récemment. Le portefeuille de contrats engrangés fin 2025 était valorisé à 1,85 milliards de dollars générés pour 26 % par les lancements et pour 74 % par les systèmes spatiaux (satellites, équipements). 65 % du montant total résultait de contrats passés avec le gouvernement américain.
Création de la société

Rocket Lab est fondée en par Peter Beck, après un voyage aux États-Unis[5],[6]. Rocket Lab développe initialement une fusée-sonde Ātea-1 qui effectue un vol unique en [7].
Une activité aux liens forts avec les agences militaires américaines (décennie 2010)
Durant la décennie 2010, Rocket Lab, qui compte parmi ses actionnaires In-Q-Tel une société de capital-risque de l'agence de renseignement américaine CIA, se développe largement grâce à des contrats passées avec les agences militaires américaines, telles que la DARPA : prototype de moteur-fusée utilisant un ergol visqueux VMC (Viscous Liquid Monopropellant) qui est testé sur banc d'essai de moteur-fusée (2012), développement de la fusée miniature (moins de 500 grammes) lancée à la main Instant Eyes équipée d'une caméra fournissant une image instantanée d'un champ de bataille de un kilomètres de large (2012), mise au point d'un matériau ablatif pour le missile américain Patriot, participation au programme militaire XS-1 de lancement rapide de satellite. Les contrats passés avec la DARPA se montent en 2017 et en 2018 respectivement à 5,7 et 6,5 millions de dollars (en 2018 le chiffre d'affaires de la société était de 13,5 millions de dollars)[8].
Développement du lanceur léger Electron


En , le constructeur néo-zélandais obtient un contrat auprès de l'Operationally Responsive Space Office (ORS), un service du département de la Défense des États-Unis chargé de mettre à disposition des solutions de lancement de petits satellites souples et économiques. Celui-ci lui demande d'étudier la conception d'un lanceur léger à faible coût spécialisé dans le lancement de nanosatellites (satellites d'une masse maximale de quelques dizaines de kilogrammes comprenant les CubeSats). Le développement du lanceur Electron est décidé en reprenant l'objectif d'abaissement des coûts de lancement des nanosatellites, dont le marché est en pleine expansion. Ces petits satellites sont jusque-là placés en orbite en tant que charge utile secondaire par des lanceurs traditionnels[9]. L'objectif n'est pas d'être meilleur marché mais de proposer des lancements fréquents avec un délai d'attente court et une orbite parfaitement adaptée au besoin. Les clients sont prêts à payer cher ce service express : environ 40 000 dollars/kg chez Rocket Lab, contre moins de 3 000 chez SpaceX[10].
Electron vise à fournir une solution plus souple que celle de ces lanceurs. De par sa conception, le lanceur est optimisé pour une fréquence de tirs élevée et pour la desserte de l'orbite héliosynchrone. Rocket Lab table à l'époque sur une croissance de 60 % de ce marché au cours des cinq années à venir. L'Electron est commercialisé avec un coût de lancement de cinq millions de dollars américains. Il peut placer une charge utile totale de 150 kg sur une orbite héliosynchrone (environ 500 km) et de 225 kg sur une orbite terrestre basse. Le financement du développement du nouveau lanceur, évalué à 100 millions de dollars américains, est fourni par plusieurs sociétés de capital risque américaines et néo-zélandaises[11].
Rocket Lab annonce le développement la fusée Electron en 2014. En 2015, la NASA passe commande d'un vol d'essai dans l'objectif d'évaluer l'utilisation du lanceur. Après un premier vol infructueux en 2017, le lanceur, décollant depuis la Base de lancement de Māhia construite à cet effet dans l'Île du Nord en Nouvelle-Zélande), réussit à placer sa charge utile en orbite le . Pour capter une clientèle majoritairement américaine (DARPA, Aerojet Rocketdyne et Lockheed Martin) la société déplace son siège à Los Angeles en 2017, le site de conception et de fabrication des structures en fibre de carbone restant à Auckland en Nouvelle-Zélande[9] jusqu’en début 2017 et l’ouverture d'un site de 14 000 m2 réunissant le site d'assemblage et son siège social au 14520, Delta Lane au Huntington Beach en Californie à cette date[12]. Rocket Lab devient une société de droit américain en 2020.
Après un échec partiel de mise en orbite lors du vol inaugural de sa fusée Electron au printemps 2017, le second test qui a lieu le est un succès. Il place en orbite orbite trois petits satellites de format CubeSat[13]. Rocket Lab suscite la colère des astronomes en mettant en orbite parmi ces CubeSat « Humanity star » : une fausse étoile qui deviendra l’un des objets les plus lumineux du ciel grâce à ses panneaux réfléchissants[14]. Cette boule de miroirs est retombée sur Terre le [15]. Le premier tir commercial a lieu le , mettant en orbite six cubeSat[16].
Rocket Lab prévoit de créer une ligne de fabrication et des installations de lancement également aux États-Unis. En , quatre sites de lancement sont pré-sélectionnés : Cap Canaveral, Wallops Flight Facility (MARS), Vandenberg Space Force Base et Kodiak Launch Complex en Alaska[17]. Finalement, Wallops Flight Facility est sélectionné, et la demande de certification enclenché en 2020. La certification du nouveau site de lancement est complété en et le premier lancement d'Electron depuis Wallops a lieu le [18].
La société prévoit d'augmenter sa capacité de production afin de permettre, si nécessaire, d'effectuer deux tirs par semaine[19]. En , 74 tirs ont été réalisés[20].
Courant 2026, environ 70 Electron ont été lancées et la fréquence annuelle dépasse les 15 tirs depuis 2024.
Développement du lanceur moyen Neutron (2021)
En , le projet d'un lanceur moyen appelé Neutron est annoncé. Capable d'envoyer 13 tonnes en orbite basse (à l'origine 8 tonnes), elle vise le segment des futures méga-constellations de satellites, le ravitaillement de la station spatiale internationale, des missions lunaires, des missions de vol interplanétaire à destination de Mars ou Vénus. Elle sera également qualifiée pour les vols spatiaux habités. Son premier vol était prévu pour 2024 depuis le Mid-Atlantic Regional Spaceport sur la côte est de la Virginie. Tout comme la Falcon 9 de SpaceX, le premier étage de la Neutron sera réutilisable et viendra se poser sur une barge en pleine mer[21]. La différence principale est que le premier étage et la coiffe ne feront qu'un, permettant ainsi de réutiliser cette dernière et d'augmenter la capacité de lancement. Pour financer cette fusée et les futurs projets de la société, et à la suite de la fusion avec Vector Acquisition Corporation, Rocket Lab est maintenant cotée en bourse au NASDAQ[22] sous le nom RKLB. Le premier vol, initialement prévu en 2024 est successivement repoussé à 2026[20].
Le constructeur néo-zélandais décide en de construire l'usine d'assemblage du lanceur Neutron dans le comté d'Accomack dans l’État de Virginie non loin de la base de lancement MARS. La décision a été largement influencée par la subvention de 42 millions de dollars versée par les autorités de cet État[23].
Diversification de l'activité
Produits
Lanceur léger Electron


Le lanceur léger Electron est un microlanceur conçu pour placer en orbite de petits satellites dont premier vol eut lieu en 2017. Ce lanceur présente plusieurs particularités, comme l'utilisation de moteurs électriques pour faire tourner ses pompes, une structure réalisée majoritairement en matériau composite à base de fibre de carbone afin d'alléger sa masse et le recours systématique à l'impression 3D pour la fabrication des composants de ses moteurs-fusées. Electron est un lanceur bi-étages de 18 mètres de haut, de 1,2 mètre de diamètre et d'une masse de 12,5 tonnes. Sa propulsion est assurée par des moteurs-fusées développés par le constructeur et brûlant un mélange de kérosène et d'oxygène liquide. Le lanceur est conçu pour placer une charge utile de plus de 150 kilogrammes sur une orbite héliosynchrone (environ 500 km). Le vol est commercialisé à l'origine au prix de cinq millions de dollars américains[24],[11].
Début 2026, plus de 80 Electron ont été lancées et la fréquence annuelle a atteint 21 tirs en 2025 dont deux lancements de la version suborbitale HASTE[25].
Lanceur moyen Neutron
Neutron est un lanceur spatial de moyenne puissance partiellement réutilisable dont le développement débute en 2011. Cette fusée comporte deux étages propulsés par des moteurs-fusées à ergols liquides Archimedes développés en interne. Le premier vol est attendu au plus tôt en 2026. La fusée Neutron pourra placer 8 tonnes en orbite basse (retour du premier étage à son point de départ) et jusqu'à 15 tonnes dans sa version non réutilisable. Le lanceur est conçu pour déployer des constellations de satellites en orbite basse, lancer des sondes spatiales dans l'espace interplanétaire, et placer en orbite des missions avec équipage. Contrairement à la fusée Electron fabriquée en Nouvelle-Zélande, la Neutron est construite aux États-Unis à Wallops dans l’État de Virginie non loin de la base de lancement MARS d'où elle décollera. Neutron reprend une des spécificités de cette fusée - le recours massif à la fibre de carbone - pour la structure du lanceur. Le moteur-fusée Archimedes, dont 9 exemplaires propulsent le premier étage et un exemplaire unique le deuxième étage, brule un mélange de méthane et d'oxygène et utilise un cycle à combustion étagée. La fusée, d'une masse de 480 tonnes, est haute de 43 mètres pour un diamètre de 7 mètres. La coiffe a un diamètre de 5 mètres. Le premier étage réutilisable reprend la technique de retour au sol du lanceur Falcon 9 et peut revenir sur le site de lancement ou sur une plateforme mobile en mer.
Bus de micro-satellite Photon

Rocket Lab fabrique et commercialise le bus (ou plateforme) pour micro-satellites Photon qui est dérivé de l'étage de transfert utilisé par le lanceur spatial Electron pour placer les satellites sur leur orbite finale. Photon est commercialisé dans plusieurs configurations (Explorer, Lightning, Pioneer, Photon) adaptées à différents profils de mission. Ce bus peut emporter une charge utile allant de 170 kg (mission de longue durée en orbite basse non polaire) à 40 kg (mission interplanétaire). Le premier vol a eu lieu le . Début 2026, ce bus avait été utilisé à sept reprises notamment pour placer en orbite les micro-satellites de la NASA EscaPADE à destination de Mars (2025) et le CubeSat CAPSTONE de l'agence spatiale à destination de la Lune (2022)[25].
Composants spatiaux
Fusée suborbitale HASTE
La fusée suborbitale HASTE (Hypersonic Accelerator Suborbital Test Electron) est dérivée du lanceur spatial Electron et est utilisée pour tester des technologies et mettre au point des engins hypersoniques. Elle permet d'emporter une charge utile de 700 kilogrammes à une altitude de 80 kilomètres. Le premier vol de cette fusée a eu lien le .
En , la société conclut un contrat de 190 millions de dollars avec le département de la Défense américain portant sur 20 lancements de sa fusée hypersonique qui doivent avoir lieu au cours de la décennie dans le cadre du programme MACH-TB 2.0 piloté par la société Kratos[26].
Établissements
Rocket Lab emploie 2 600 ingénieurs et techniciens en 2025 dans ses établissements situés principalement à Auckland en Nouvelle-Zélande (premier établissement), à Long Beach en Californie et dans le Maryland (Neutron).
- L'établissement de Long Beach est à la fois le siège de la société et le site de fabrication des moteurs Rutherford et Archimedes ainsi que de l'avionique de ses lanceurs.
- Près de la base de lancement MARS en Virginie, Rocket Lab dispose de l'usine de fabrication, d'assemblage et de test de son lanceur Neutron dont la surface couverte est de 23 000 m2 et qui doit employer à terme 250 personnes[23].
- Dans le Maryland la société dispose d'un établissement de fabrication des structures de son lanceur Neutron à Middle River de 10 000 m2, qui était un ancien établissement de la société Lockheed Martin (65 emplois prévus fin 2025). Elle y dispose depuis d'une machine-outil de 90 tonnes développée par Electroimpact qui permet d'automatiser la fabrication de larges panneaux en composite[27]. Dans le même état Rocket Lab possède un établissement construisant les système de séparation et les dispenseurs de CubeSats situé à Silver Spring[27].
Installations de lancement
Base de lancement de Mahia


La base de lancement de Mahia (Launch Complex 1)), d'où sont tirés la majorité des fusées Electron, est située dans la péninsule de Māhia sur la côte est de l'Île du Nord en Nouvelle-Zélande. Elle est inaugurée en 2017 avec le premier vol de ce lanceur. Les tirs réalisés depuis ce site permettent d'atteindre toutes les orbites pertinentes pour la clientèle visée en particulier l'orbite héliosynchrone utilisée par les satellites d'observation de la Terre. Le site comprend deux pas de tir (A et B) un bâtiment d'assemblage dans lequel le lanceur et les charges utiles sont assemblés et testés, deux pas de tir (A et B) conçus pour lancer la fusée légère Electron dans ses différentes configurations et permettant une fréquence de lancement élevée et un ensemble de réservoirs d'ergols (oxygène liquide et kérosène). Le centre contrôle ainsi que des installations radar permettant le suivi de la première phase de lancement sont situés à 2,5 kilomètres de la base. Une station terrienne dans installée dans les îles Chatham à 680 km au sud-sud-est de la base assure également un suivi du vol[28],[29]. Début 2026, 70 tirs ont été effectués dont 17 en 2025
MARS
Le deuxième site de lancement de la fusée Electron (Launch Complex 2)) est situé dans le périmètre de la base de lancement Mars (Virginie, Etats-Unis). Il a été choisi parce qu'il permet d'effectuer des lancements sur des orbites qui sont complémentaires de celles permises par Mahia[30]. Il est inauguré avec le lancement de deux satellites Capella le [31].
Pour placer en orbite son lanceur réutilisable Neutron, Rocket Lab choisit en 2022 d'édifier son troisième site de lancement (Launch Complex 3)) dans le périmètre de la base de lancement Mars (Virginie, Etats-Unis). La construction d'une barge pilotable à distance de 122 mètres de long, conçue pour récupérer au large le premier étage récupérable, doit s'achever en 2026[32].