Royaume d'Aquitaine
État du Moyen Âge qui a existé en 584-585, de 629 à 632, puis de 781 à 877
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Le royaume d’Aquitaine est une entité politique du Haut Moyen Âge, constituée à deux reprises dans le cadre des royaumes francs. Une première forme apparaît brièvement à l’époque mérovingienne, notamment avec le royaume attribué à Caribert II entre 629 et 632. Le royaume est recréé à l’époque carolingienne lorsque Charlemagne fait de son jeune fils Louis, futur Louis le Pieux, le roi d’Aquitaine en 781[2]. Cette seconde période s’inscrit dans l’organisation de l’Empire carolingien et se poursuit, sous différentes formes, jusqu’à la fin du IXe siècle.
Reiaume d'Aquitània[1]
628–632
781–877
- royaume de Louis le Pieux comprenant le royaume d'Aquitaine, une partie du royaume de Bourgogne et la Provincia (bordures jaunes)
| Statut | Fief de l'Empire carolingien puis de la Francie occidentale |
|---|---|
| Capitale | Bourges, Chasseneuil-du-Poitou, Ébreuil, Limoges, Toulouse, |
| Langue(s) |
Latin médiéval Ancien occitan |
| 812 | Révolte vasconne |
|---|---|
| 824 | 3e Bataille de Roncevaux et perte de Pampelune. |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
L’Aquitaine carolingienne conserve une importance politique particulière. Elle sert d’espace de gouvernement pour plusieurs membres de la dynastie carolingienne, notamment Louis le Pieux, Pépin Ier d’Aquitaine, Pépin II d’Aquitaine, Charles l’Enfant et Louis le Bègue. Après le traité de Verdun de 843, elle est intégrée à la Francie occidentale, tout en restant un enjeu de rivalité entre les descendants de Louis le Pieux[3].
L'Aquitaine dans l'Antiquité
L'Aquitaine pré-romaine
Dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules (58 à 51 av. J.-C.), Jules César appelle « Aquitaine » (en latin, Aquitania) la région de Gaule encore indépendante située au sud-ouest de la Garonne, jusqu'à l'océan Atlantique et aux Pyrénées[4].
À l'est de Tolosa (Toulouse) (riveraine de la Garonne) s'étend la province romaine conquise vers 120 av. J.-C., nommée Gaule narbonnaise (en latin, Gallia narbonensis[5]).
César nomme aussi Gaule celtique la partie située entre les fleuves Garonne et Seine, et Gaule belgique celle située entre Seine et Rhin[4].
La province romaine d'Aquitaine

Après la conquête (et la mort de César en 44 av. J.-C.), l'empereur romain Auguste crée lors d'un séjour en Gaule (en 27 av. J.-C. ou entre 16 et 13 av. J.-C.)[6] une province d'Aquitaine (chef-lieu : Saintes, puis Bordeaux), elle s'étend des Pyrénées à la Loire ou aux abords de la Loire[7].
Au IVe siècle, cette très grande Aquitaine est divisée en trois :
- l'Aquitaine première, à l'Est (Massif central et Berry) ;
- l'Aquitaine seconde à l'Ouest (entre Loire et Gironde) ;
- l'Aquitaine troisième ou Novempopulanie qui reprend, en gros, le territoire de l'Aquitaine préromaine.
Les territoires attribués en 418 aux Wisigoths, en tant que peuple fédéré, correspondent à l'Aquitaine romaine ; ils adoptent Toulouse comme capitale.
Dans l'ensemble, au début du Moyen Âge, l'Aquitaine continue de désigner l'ensemble situé au sud de la Loire ; mais la spécificité de l'Aquitaine préromaine persiste dans la Vasconie (à l'origine du mot Gascogne), territoire étendu de la vallée de la Garonne aux Pyrénées, dont la principale ville est Toulouse.
Historique du royaume d'Aquitaine
Époque mérovingienne
L'Aquitaine fait partie à la mort de Clovis du royaume des Francs[8]. La coutume successorale chez les Francs qui ont conquis l'ensemble de la Gaule au début du VIe siècle est que les fils du roi partagent le royaume (regnum Francorum) en plusieurs royaumes de rang égal, mais voués de fait à l'instabilité.
L'Aquitaine est intégrée à l'Austrasie après le partage de 561[9].
En 629, Clotaire II, qui avait réunifié le royaume franc, lègue l'Aquitaine à son fils Caribert II, qui porte le titre de Roi d'Aquitaine de 628 à sa mort en 632.
De 660 à 768 (à l'époque où existent les royaumes de Neustrie, d'Austrasie et de Bourgogne), l'Aquitaine se trouve seulement sous l'autorité d'une série de ducs d'Aquitaine et de Vasconie[10].
- Royaume d'Aquitaine en 585 (Gondovald).
- Royaume d'Aquitaine en 628 (Caribert II).
- Royaume d'Aquitaine en 828 (Pépin Ier).
- Royaume d'Aquitaine et de Bourgogne en bleu clair en 880 (Carloman II).
Époque carolingienne
Charles Martel organise plusieurs expéditions militaires dont plusieurs en Aquitaine, ce qui lui permet d'agrandir son territoire[11].
Plusieurs révoltes menées en Aquitaine entre 760 et 780 sont matées par Pépin le Bref[12] et Charlemagne[13].
À l'époque carolingienne, le titre de roi d'Aquitaine est porté de façon assez continue par plusieurs descendants de Charlemagne.
En 781, Charlemagne fait de son fils Louis, alors âgé d'environ trois ans, le roi d'Aquitaine. Le royaume est d'abord confié à un tuteur ou gouverneur, appelé bajulus. Ce n'est qu'après la majorité de Louis, dans les dernières années du VIIIe siècle, que des structures propres au royaume semblent se développer, notamment une administration royale et un réseau de palais aquitains[3].
En 778 et en 781, Charlemagne renouvelle les comtes de la plupart des quatorze comtés d'Aquitaine : Périgord, Poitou, Toulouse, Rouergue, Bourges, Albi, Gévaudan, Agen, Bordeaux, Limoges, Auvergne, Velay, Saintes, Angoulême.
À la mort de Charlemagne (814), Louis le Pieux devient empereur et associe ses fils au gouvernement. En 817, il donne le titre de roi d'Aquitaine à Pépin Ier d'Aquitaine. À la suite d'un différend, Louis le Pieux retire le titre de roi à Pépin Ier d'Aquitaine en 832 pour le confier à Charles II le Chauve, son dernier fils, avant de le rendre en 834 à Pépin, qui le conserve jusqu'à sa mort en 838. Son fils, Pépin II d'Aquitaine, revendique le titre contre son oncle Charles, et ne l'obtint qu'en 845, avant d'être déposé par ses sujets en 848.
Le titre est attribué en 855 à Charles l'Enfant, fils de Charles II le Chauve, couronné et sacré à Limoges, puis à sa mort en 866 à son frère Louis II le Bègue. Le titre fut ensuite porté par le fils de celui-ci, Carloman II, de 880 à 884.
Le titre de roi d'Aquitaine cessa d'être utilisé (vu le dépérissement de la fonction impériale après le traité de Verdun en 843) et fut remplacé par celui de duc d'Aquitaine, d'abord détenu par le comte d'Auvergne Guillaume le Pieux, puis par ses descendants, avant de passer aux comtes de Poitiers à partir de la deuxième moitié du Xe siècle, c'est-à-dire aux ancêtres d'Aliénor d'Aquitaine.
Révolte vasconne
Les Vascons élèvent au pouvoir, après la mort de Loup II de Vasconie, l'un de ses fils, Sanche Ier Loup de Vasconie qui reconnait la suzeraineté de Charlemagne et prend part, à l'expédition organisée par Louis le Pieux, roi d'Aquitaine et fils de Charlemagne, contre Barcelone en 801. Cependant, l'éloignement du souverain carolingien oblige les Vascons à faire à nouveau allégeance à l'émir de Cordoue en 802.
En 812, réprimant une révolte menée par Semen Ier Loup de Vasconie, frère aîné de Sanche Ier Loup de Vasconie qui l'avait remplacé à sa mort, Louis le Pieux parvint jusqu'à Pampelune en passant par Dax. Louis prit la précaution, cette fois-ci, au retour par Roncevaux, de s'emparer d'otages qu'il ne libéra qu'une fois arrivé dans une zone sûre où son armée ne risquait plus d'embuscade.
À la mort de Charlemagne, Louis le Pieux, devenu empereur, associe ses fils au gouvernement. En 817, il donna à Pépin Ier d'Aquitaine, la Vasconie, la marche de Toulouse et une partie de la Septimanie et de la Bourgogne.
Pendant ce temps, dans le duché de Vasconie, Garcia Ier Semen de Vasconie, le fils aîné de Semen Ier Loup avait succédé à son père mort en 816. Mais Garcia Ier Semen, mort en 818, fut remplacé, à son tour, par un cousin germain, Loup III Centulle de Vasconie. En 819, ce dernier, dépouillé de ses biens par Pépin Ier fut banni. Cependant, pour se concilier les Vascons, il leur donna pour chef Aznar Sanche, fils de Sanche, qui l'aida à combattre les révoltes navarraises. C'est l'époque du comté de Vasconie citérieure qui sera érigé en duché de Vasconie en 852.
À la mort d'Aznar Sanche en 837, ce comté puis duché de Vasconie revint à son frère Sanche II Sanche de Vasconie lui-même remplacé, à sa mort vers 855 par son neveu Arnaud de Vasconie qui était le fils de sa sœur Sancia et de Émenon de Poitiers, comte de Poitiers, puis d'Angoulême. Arnaud mourut en 864 et la succession des ducs vascons n'est en rien très claire. Une légende affirme qu'en 864, les Gascons nommèrent comme comte, Sanche II Sanche de Vasconie « Menditarra » (« montagnard » en basque), un petit-fils de Garcia Ier Semen de Vasconie. Ce Sanche II Sanche de Vasconie « Menditarra » serait l'ancêtre des futurs ducs et comtes de Gascogne, qui se sont succédé jusqu'en 1032, date de la mort du dernier prince de cette famille.
