Roure (Alpes-Maritimes)

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Localisation

Le village est situé à 1 100 m à l'entrée de la vallée de la Tinée, en lisière du Parc national du Mercantour.

Communes limitrophes

Les communes limitrophes sont Ilonse, Isola, Roubion et Saint-Sauveur-sur-Tinée.

Géologie et relief

La superficie de la commune est de 40,30 km2 ; son altitude varie de 500 à 2 339 mètres[1].

Entre en 1859 et 1926, de nombreuses mines de cuivre ont été exploitées. Les difficultés d'extraction ont entraîné leur arrêt. On procède encore à des recherches géologiques sur le site de Pitaffe.

Roure est un site géologiquement intéressant car il se trouve au contact entre le permien et le trias. Sur le territoire de la commune, on trouve :

Hydrographie

Cours d'eau sur la commune ou à son aval :

  • rivière la Tinée,
  • rivière La Vionène,
  • 11 ruisseaux de l'ubac, de valabre, de ferroul, de longon, de vionène, de penchiniéra, du lac noir, de la sagne, de l'arcane, de rougios, de pervoux,
  • vallon de mollières, du moulin,
  • riou blanco.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[2]. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec[3]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[4] et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Var, Alpes-Maritimes  » et « Alpes du sud »[5]. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[6],[7].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 9,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 093 mm, avec 6,1 jours de précipitations en janvier et 6,7 jours en juillet[2]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rimplas à km à vol d'oiseau[8], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 908,8 mm[9],[10]. La température maximale relevée sur cette station est de 35,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −10,7 °C, atteinte le [Note 1].

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[11], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme

Typologie

Au , Roure est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[I 1]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nice, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[I 1]. Cette aire, qui regroupe 100 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[13],[14].

Lieux-dits, hameaux et écarts

Outre le chef-lieu, la commune contient cinq hameaux : Rougios, perdu dans la montagne, Tiecs, la Cerise, Puch et Valabres, accessible par le GR 5 où il y avait un curé et une école jusqu'en 1904.

  • hameau de Tiecs,
  • hameau de Rougios
  • hameau de la cerise
  • hameau de Puch
  • hameau de Valabre[15].

Habitat et logement

En 2020, le nombre total de logements dans la commune était de 187, alors qu'il était de 210 en 2015 et de 201 en 2010[I 2].

Parmi ces logements, 39,1 % étaient des résidences principales, 59,3 % des résidences secondaires et 1,6 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 68,2 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 30,7 % des appartements[I 3].

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Roure en 2020 en comparaison avec celle des Alpes-Maritimes et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (59,3 %) supérieure à celle du département (25,3 %) et à celle de la France entière (9,7 %).

Le logement à Roure en 2020.
Typologie Roure[I 3] Alpes-Maritimes[I 4] France entière[I 5]
Résidences principales (en %) 39,1 66,3 82,1
Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) 59,3 25,3 9,7
Logements vacants (en %) 1,6 8,4 8,2

Planification de l'aménagement

La commune est régie par le "plan local d'urbanisme métropolitain", approuvé le [16].

Voies de communications et transports

La commune est accessible depuis Nice par la RN 202 (route nationale 202) en direction de Digne, au pont de la Mescla, puis la RD 2205, la RD 30 et la RD 130.

Le village desservi par le réseau de transport Lignes d'Azur[17].

Risques naturels et technologiques

Le , de nombreux villages des diverses vallées des Alpes-Maritimes (Breil-sur-Roya, Fontan, Roquebillière, St-Martin-Vésubie, Tende...) sont fortement impactés par un "épisode méditerranéen" de grande ampleur[18]. Certains hameaux de la commune restent inaccessibles jusqu'à plus d'une semaine après la catastrophe et l'électricité n'a été rétablie que vers le . L'Arrêté du portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle a identifié 55 communes, dont Roure, au titre des "Inondations et coulées de boue du 2 au "[19].

Commune située dans une zone de sismicité moyenne[20].

Toponymie

La première indication du village date de 1067 sous le nom de Rora, mot peut être dérivé du latin robur qui signifie "chêne".

Le village accueillait et élevait des troupeaux de vaches et de chèvres pour le compte de propriétaires et ceux-ci réglaient leurs affaires sous un grand chêne[21].

Roure pourrait aussi venir du libyque "Arur" signifiant 'dos' ou 'versant', et qui serait une indication géographique du village. La région d'Azur ayant connu la présence des Libyens, Numides puis Maures pendant des millénaires[22].

Histoire

Le fief appartient à la famille de Thorame-Glandèves.

Le fief est ensuite acheté, vers 1340, par François Caïs, jurisconsulte à Nice. Le fief et son château sont convoités par Barnabé Grimaldi de Bueil car ils sont une enclave dans ses terres. Guillaume et Barnabé Grimaldi, fils d'Andaron Grimaldi devenu seigneur de Beuil par son mariage avec Astruge Rostang, demandent alors l'hommage à François Caïs. Barnabé n'ayant pas obtenu cet hommage, il attaque le château, mais est blessé par le fils de François Caïs, Bertrand. Remis de ses blessures, Barnabé Grimaldi réussit à prendre le château avec l'aide de sa parentèle, des habitants de Roure. Pour se venger, il tranche le poignet droit de Bertrand Caïs et lui crève les deux yeux avant de le laisser mourir, en 1353[23]. La reine Jeanne condamne Barnabé de Grimaldi et les habitants à payer 2 000 florins d'or. Mais le fief reste aux mains des Grimaldi de Bueil. Les autres parts du fief qui appartenaient à Pierre Balbi, seigneur de Valdeblore, de Marie, de Rimplas, de Saint-Sauveur, ont été confisquées et données à Jean Grimaldi de Bueil, en 1384. Les deux fils de Barnabé, Jean et Louis, ont été les acteurs principaux de la dédition de Nice à la Savoie, en 1388. Auparavant, le village est confisqué en aux Grimaldi pour être donné à un fidèle de la cause angevine, Pierre Balbi, seigneur de Tende[24].

Le fief a appartenu aux Grimaldi de Bueil jusqu'à l'exécution d'Annibal Grimaldi, en 1621. Le château est alors détruit et le fief donné à la famille piémontaise Allbrione.

Depuis toujours, l'isolement du village obligea ses habitants à vivre en autarcie ne descendant de la montagne qu'à pied ou à dos de mulet. La route ne fut créée qu'après la Seconde Guerre mondiale, cependant en 1927 les habitants mettent en place un câble de 1 850 m de long porteur de wagonnets en bois et actionné par un moteur électrique[25]. Il fonctionna jusqu'en 1962 permettant d'assurer la descente de la production (lait, fromages et farine) et de remonter les provisions et le courrier. La route d'accès n'est arrivée à Roure qu'en 1933. Le tronçon menant à la chapelle Saint-Sébastien date de 1968.

Politique et administration

La mairie.

Rattachements administratifs et électoraux

Rattachements administratifs

La commune se trouve depuis 1926 dans l'arrondissement de Nice du département des Alpes-Maritimes.

Elle faisait partie depuis l'Annexion du comté de Nice à la France en 1860 du canton de Saint-Sauveur-sur-Tinée[1]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.

Rattachements électoraux

Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 du canton de Tourrette-Levens

Pour l'élection des députés, elle fait partie de la cinquième circonscription des Alpes-Maritimes.

Intercommunalité

Roure était membre de la communauté de communes de la Tinée, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé fin 1999 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.

Dans le cadre des dispositions de la loi no 2010-1563 du de réforme des collectivités territoriales qui offre la possibilité à des territoires de plus de 500 000 habitants de s'organiser sous une forme plus intégrée que les intercommunalités existantes jusqu'alors, cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines et la communauté urbaine Nice Côte d'Azur pour former, le , la Métropole Nice Côte d'Azur, dont est désormais membre la commune.

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Jean-Paul Blanc[26]    
mars 2008 mai 2020 René Clinchard[27] DVG retraité commercial GDF
mai 2020 juin 2023[28] Jean-Claude Linck   Démissionnaire
juin 2023[29] en cours
(au 18 décembre 2023)
Yanne Souchet[30]   Aide-soignante salarié

Finances communales

En 2019, le budget de la commune était constitué ainsi[31] :

  • total des produits de fonctionnement : 346 000 , soit 1 715  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 407 000 , soit 2 013  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 404 000 , soit 1 999  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 286 000 , soit 1 415  par habitant ;
  • endettement : 63 000 , soit 310  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 8,79 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 24,89 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 45,54 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés en 2017[32].

Équipements et services publics

Eau et déchets

Roure dispose d'une station d'épuration d'une capacité de 250 équivalent-habitants[33].

Enseignement

Établissements d'enseignements[34] :

  • Écoles maternelles et primaires à Saint-Sauveur-sur-Tinée, Valdeblore,
  • Collège à Saint-Sauveur-sur-Tinée,
  • Lycée à Valdeblore.

Santé

Professionnels et établissements de santé[35] :

  • Médecins à Saint-Sauveur-sur-Tinée, Isola,
  • Pharmacies à Isola, Saint-Martin-Vésubie,
  • Hôpitaux à Saint-Martin-Vésubie, Villars-sur-Var.
  • cabinet médical sur place, médecin, ostéopathe, pédicure…

Population et société

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[36]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[37].

En 2023, la commune comptait 116 habitants[Note 3], en évolution de −32,95 % par rapport à 2017 (Alpes-Maritimes : +4,16 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
652434540577646692572592570
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
440478558504502535517510507
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
26322220319416724714514871
1982 1990 1999 2004 2006 2009 2014 2019 2023
112147167195198216202119116
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2006[38].)
Histogramme de l'évolution démographique

Cultes

Économie

Entreprises et commerces

Agriculture

  • Vacherie du Tréous[40].

Tourisme

  • Gîte d'étape communal[41].
  • Chambres d'hôtes.
  • Refuge de Longon[42].
  • Le Robur[43], restaurant gastronomique qui s'est vu attribuer une étoile Michelin en avant de changer de gérant, depuis l'auberge est tenu par la cheffe Déborah Georges.

Commerces et services

  • Le village de Roure disposait d'une boulangerie qui était ouverte tous les samedis soir (pour la traditionnelle pizza) et dimanches matin, fermé depuis décembre 2020
  • Buvette Communale, Le café intergénérationnel[44], ouvert pendant la période estival (juillet/aout).
  • La commune dispose de services de proximité[45].

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

La commune possède deux bâtiments inscrits sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

  • La chapelle Saint-Sébastien[50] a été construite pour conjurer le danger de la peste de 1510 à 400 m à la sortie du village. Elle est décorée de fresques naïves du peintre Andrea de Cella[51]. Les fresques murales comprennent six panneaux consacrés à la vie de saint Bernard de Menthon et six autres, en vis-à-vis, racontant des épisodes de la vie de saint Sébastien. Sur le mur du fond, on peut voir, au sommet, le Christ sortant du tombeau, en dessous, au milieu, saint Bernard de Menthon tient le diable enchaîné. À sa gauche est représenté saint Sébastien percé de flèches et, côté opposé, saint Roch tenant un bourdon de pèlerin et montrant la plaie de sa cuisse qui est un stigmate de la peste pour la guérison de laquelle on l’invoquait[52].
Une des particularités de la chapelle est la fresque dite des « Vices »[53]. Elle a été commandée par les villageois dans un but moralisateur pour rappeler le châtiment réservé aux personnes ayant fauté par la chair. Cette fresque a probablement été voulue par la communauté villageoise à la suite du péché de chair commis 83 ans plus tôt entre l’abbé Pierre Blanqui et Delphine, femme de Jean Bovis.
À l'extérieur, un bénitier à tête sculptée.

Le patrimoine de la commune présente également plusieurs lieux et monuments :

Église de Valabres.

Patrimoine religieux :

  • l'église Notre-Dame-des-Neiges, du XVIe siècle au hameau de Valabres[54] ;
  • la chapelle Saint-Pierre des Pénitents Blancs[55], construite au XVIIIe siècle, transformée en mairie ;
  • la chapelle Notre-Dame-des-Grâces[56], ou de la Madone, datant du XVe siècle située à l'entrée du village ;
  • la chapelle Sainte-Anne du XVIIe siècle au hameau de Tiecs[57] (la chapelle porte le nom de Saint-Hospice au XVIIIe siècle[58]) ;
  • le monument aux morts[59].

Autres patrimoines :

  • le four communal[60], en service le week-end ;
  • le moulin[61] à farine et à huile[62], qui est, de par sa double fonction, unique en son genre dans les Alpes-Maritimes. Il a été restauré par l'Association 3PR, pour le patrimoine Roure[63] ;
  • le vieux lavoir à trois arches ;
  • les murs et linteaux[64] ;
  • le castel, ancienne maison forte démantelée en 1621 ;
  • l'arboretum Marcel Kroenlein sur quinze hectares entre 1 280 et 1 700 m d'altitude. On y trouve des collections de conifères, de joubarbes, d'érables, de genévriers et de rosiers. Des sculptures y sont présentées[65] ;
  • le plateau de Longon - traversé par le GR 5 - et son refuge, surplombé par les monts Gravières (2 331 m) et Autcellier ;
  • les blockhaus de Valabres principal et annexe, construits entre 1931 et 1935 face au centre de résistance de Rimplas[66] ;
  • au hameau de Tiecs : le menhir ou Peira, monolithe en grès rose de 2,27 mètres de haut, découvert en 1969 par P. Bodard.

Personnalités liées à la commune

Héraldique

Voir aussi

Notes et références

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