Rudolph F. Zallinger
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Jean Zallinger (d) |
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L'âge des reptiles (1947) La Marche du Progrès (1965) L'âge des mammifères (1967) |
Rudolph Franz Zallinger ( Irkutsk, 12 novembre 1919 - Brandford, 1er août 1995) était un artiste américain d'origine austro-russe[1]. Ses œuvres les plus remarquables incluent sa peinture murale L'Âge des reptiles (1947) au Musée d'histoire naturelle Peabody de l'Université Yale, et la Marche du progrès (1965) avec de nombreuses parodies et versions. Sa peinture d'un tyrannosaure a fortement influencé la conception de la créature de Godzilla (1954) des studios Toho.
Né en Russie, Zllinger a grandi à Seattle et est devenu un membre éminent de l'Université Yale après avoir peint ses fresques murales, ce qui lui a valu de multiples prix et distinctions. Il a également réalisé des illustrations pour le magazine Life et pour des livres sur les dinosaures, ce qui a permis de faire connaître son travail sur les fresques murales. Les fresques présentent des erreurs, notamment anatomiques, dues aux connaissances erronées ou incomplètes de l'époque.
Rudolph Franz Zallinger est né à Irkoutsk, en Sibérie, en 1919, de parents réfugiés sibériens, Franz Xavier Zallinger et Maria Maria (Koncheravich) Zallinger. Il a une sœur. La famille Zallinger émigre à Seattle, dans l'État de Washington, en 1924[2].
Zallinger obtient son diplôme au lycée Queen Anne en 1937[3]. En 1938, il obtient une bourse à l'université Yale, encouragé par John Butler, un artiste de Seattle. Il obtient une licence en beaux-arts en 1942. Il obtient ensuite une maîtrise en beaux-arts à l'université Yale en 1971, puis un doctorat en beaux-arts à l'université de New Haven en 1980[4].
Carrière
Zallinger travaille comme professeur de peinture à l'École des Beaux-Arts de Yale de 1942 à 1950, où il peint sa célèbre fresque « L'Âge des Reptiles ». Il y travaille comme instructeur pendant cinq ans, puis deux autres années en tant que professeur assistant jusqu'en 1950. La même année, il retourne à Seattle pour travailler comme artiste indépendant et enseigne à la Burnley School (aujourd'hui l'Art Institute of Seattle) pendant trois ans. Il revient ensuite à Yale après avoir accepté une commande du magazine Life pour créer une seconde fresque intitulée « L'Âge des Mammifères »[4]. À son retour, il « artiste en résidence » pour le musée, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort[5]. Il s'inscrit également comme chercheur en géologie pour préparer son prochain ouvrage[4].
De 1961 à sa mort, il travaille à l'Université de Hartford, dans le Connecticut, où il s'occupe notamment de la fresque « L'Âge des mammifères ». Cette oeuvre lui vaut le prix James E. et Frances W. Bent. Dans le même temps, il continue de travailler sur d'autres projets, comme son ouvrage « Histoire ancienne de Hartford ».
Peintures et dessins
L'Âge des reptiles (1947)

L'œuvre la plus connue de Zallinger, L'Âge des reptiles, est une fresque 34 mètres de large sur 4,9 mètres de haut, occupant toute la longueur du mur est du Grand Hall du Yale Peabody Museum. Elle est peinte de 1943 à 1947. Zallinger prend des cours intensifs durant six mois sur la faune et la flore de la Préhistoire ainsi que l'anatomie comparée, dispensés par des professeurs de Yale. Parmi ces professeurs figurent Carl Owen Dunbar (directeur du Peabody Museum de l'université Yale, 1942-1959), Richard Swann Lull, G. Edward Lewis et George Wieland.
La fresque présente une chronologie de 350 millions d'années d'évolution animale et végétale, montrant l'ascension et le déclin des dinosaures. Zallinger a utilisé des arbres pour la diviser en différentes périodes géologiques, la chronologie se déroulant de droite à gauche. Cette méthode a été inversée plus tard pour passer de gauche à droite en 1952, lorsque l'oeuvre est publiée dans le magazine Life.
Le Grand Hall du musée abritait les reconstitutions fossiles de divers dinosaures, dont celle d'un Apatosaurus au crâne incorrect. Cependant, le mur semblait trop vide pour l'océanographe et directeur du Peabody Museum of Natural History (1938-1942), Albert Eide Parr. Il souhaitait réaliser une série de petites peintures sur le mur est, représentant à quoi ces squelettes auraient ressemblé. En 1941, Parr décida de confier cette tâche à Zallinger, alors étudiant à l'université Yale[6],[7]. La femme de Zallinger aurait déclaré :
« Nous étions à l'école d'art, et il avait réalisé des dessins d'algues pour Albert Parr, directeur du musée d'histoire naturelle Peabody. Lorsque Parr cherchait un motif pour le mur, un professeur d'art lui a conseillé de faire appel à l'artiste qui avait réalisé ses algues. »[6]

En 1942, Zallinger est engagé pour réaliser ce travail, mais il propose de réaliser une fresque murale de grande envergure, plutôt que de petites peintures individuelles, ce qui permettrait d'obtenir une frise chronologique panoramique. Il réalise d'abord une esquisse de plus de 2 mètres de long, assez similaire au résultat final. Il la colorie ensuite et y ajoute des détails à la détrempe à l'œuf, ce qui lui prend près d'un an. En 1943, il commençe le dessin de la fresque au fusain. Il la peint selon la technique de la fresque sèche[7],[8], la plus courante au XVe siècle. La sous-couche est achevée en 1944, et la fresque est entièrement terminée en juin 1947. Une partie de la fresque figure sur un timbre-poste américain en 1970[9].
Grand incendie de Seattle (1953)
Une fresque murale de 3 mètres de haut sur 7,3 mètres de large a été commandée à Zallinger par la General Insurance Company of America (SAFECO) en 1953. Elle représente le grand incendie de Seattle, survenu le 6 juin 1889. Zallinger consacre beaucoup de temps à la recherche et à l'étude de photos historiques et de leurs moindres détails afin de capturer l'instant de cet incendie. La peinture est dévoilée en 1953 au Musée d'histoire et d'industrie, en présence de 50 témoins survivants et de 100 visiteurs[3]. Elle est destinée à célébrer le premier anniversaire de l'ouverture du musée[10].
La Marche du progrès (1965)

La Marche du progrès (comme on l'appelle communément, bien qu'intitulée « La route vers l'Homo sapiens ») est créée pour le volume « L'Homme précoce » de la Life Nature Library, publié en 1965 par Time Life. Elle montre l'évolution de l'homme, du singe à l'Homo sapiens. Beaucoup considèrent cette idée fausse, car elle présente une « évolution linéaire », alors que l'évolution est beaucoup plus complexe et a donc été vivement critiquée malgré son intégration dans la culture populaire. De nombreuses adaptations ou parodies ont été réalisées, car elle reste l'une des images scientifiques les plus reconnaissables[11].
L'Âge des mammifères (1967)
Comme Zallinger a déjà travaillé pour le magazine Life, celui-ci lui commande une nouvelle œuvre d'art sur la Préhistoire, L'Âge des mammifères. Le dessin est publié dans le magazine en octobre 1953, mais les fonds manquent pour commencer la fresque avant les années 1960. En 1961, Zallinger commençe la fresque[12],[13], sur le mur sud du Hall of Mammalian Evolution du Peabody Museum of Natural History de Yale[7]. Sa chronologie se déroule de droite à gauche et représente une variété de plantes, d'animaux et de paysages de l'ouest de l'Amérique du Nord sur une période de 65 millions d'années. Elle illustre la domination des mammifères après l'extinction des dinosaures il y a 65 millions d'années jusqu'à l'ère glaciaire il y a environ 10 000 ans. Elle a été peinte selon la technique de la fresque-secco[13].
Histoire ancienne de Hartford (1986)
Cette fresque, réalisée à la fin de la vie de Zallinger, retrace l'histoire de Hartford, dans le Connecticut, depuis l'arrivée du chef colonial puritain Thomas Hooker jusqu'à la naissance de Zallinger. Elle représente des personnes ayant contribué à la construction de la ville, mais oublie de représenter les esclaves noirs qui ont également contribué à sa construction[14]. Elle est exposée en permanence au rez-de-chaussée de la bibliothèque publique de Hartford[14].
Magazine Life
L'Âge des reptiles vaut à Zallinger la reconnaissance de la Fondation Pulitzer en 1949, mais resta méconnu de la plupart des Américains. Son succès fut limité jusqu'à ce que l'ancien maire de New Haven, Richard C. Lee, alors directeur du Yale News Bureau, porte la fresque à l'attention des rédacteurs du magazine Life. Sa publication dans Life en 1952 lui permet de se faire connaitre du grand public[15].
Zallinger peignit également huit pages de forêts tropicales humides de la Guyane néerlandaise, dessina des animaux et des oiseaux avec sa femme Jean Day Zallinger, recréa des scènes de l'époque minoenne dans la Crète antique, contribua aux illustrations des séries « Le monde dans lequel nous vivons », « Les merveilles de la vie sur Terre », deux des douze chapitres de « L'épopée de l'homme », illustra une série sur la Révolution russe, et bien d'autres[4].
Autres livres
Zallinger réalise également des couvertures de livres. Il collabore avec les auteurs Willy Ley (1906–1969) et Frank H.T. Rhodes. Il illustre pour la première fois le livre de Ley, Worlds of the Past, publié en 1971[16]. L'ouvrage aborde les différentes formes de vie à travers le monde et la science qui les sous-tend, à partir des études des paléontologues. La couverture représente trois dinosaures. Le livre de Rhodes, Evolution, parut en 1974 et fut illustré par Zallinger et Rebecca A. Merrilees (1922–2012)[17]. Il illustra également le livre Dinosaurs pour Golden Press en 1960[18].
Prix et distinctions
La première distinction de Zallinger est une mention honorable pour le Prix de Rome en 1941. Après avoir terminé la fresque « L'Âge des reptiles » en 1947, il reçut le prix Pulitzer en 1949[4]. Il reçut la médaille Addison Emery Verrill pour « contributions exceptionnelles au domaine de l'histoire naturelle », remise par A. Bartlett Giamatti (alors président de l'université Yale) lors d'une cérémonie dans le Grand Hall le 29 février 1980. Il fut le premier non-scientifique à recevoir cette médaille[7]. Il fut également nommé docteur en beaux-arts par l'université. L'inscription se lit comme suit :
Rudolph Franz Zallinger, artiste et professeur, vos magnifiques fresques d'histoire naturelle au musée Peabody allient précision scientifique et génie artistique. Guidé par vos propres recherches assidues et votre collaboration méticuleuse avec des scientifiques, votre imagination nous a permis d'entrevoir des mondes passés qu'aucun œil humain n'a jamais contemplés. Votre innovation a consisté à fusionner les images statiques des âges géologiques successifs en de grandioses panoramas qui traversent le temps, capturant la force dynamique de la vie au fil de son évolution[7].
À 69 ans (1988), Zallinger reçoit le prix James E. et Frances W. Bent, décerné chaque année à un membre du corps professoral de l'Université de Hartford pour « une créativité et une innovation inhabituelles dans la poursuite de ses études ».
Famille
Durant ses études à Yale, il rencontre l'artiste et illustratrice Jean Farquharson Day (1918-2007). Ils se marient le 27 septembre 1941 et ont trois enfants, tous artistes : Kristina Zallinger (1945-), Lisa Day David (1949-) et Peter Franz Zallinger (1943-2025)[18]. L'épouse de Zallinger était une artiste américaine et illustratrice de livres pour enfants, illustrant des dizaines de livres[19].