La rue débute place Bellecour et se termine rue Sala. La circulation se fait dans le sens de la numérotation avec un stationnement d'un seul côté[1].
Odonymie
La rue porte le nom légèrement altéré de la famille Boissat, qui descendait de Pierre de Boissat[2]. Le nom de la rue est attesté en 1680[3].
Histoire
André Athiaud de Boissat, lieutenant général du roi et propriétaire du tènement du Plat, fait ouvrir la rue vers 1645 pour tirer plus grand profit de son terrain[4].
André de Boissat fait construire un hôtel particulier mais faute d’argent, il doit le vendre à Pierre-Joseph Giovo, seigneur de la Haye et conseiller du roi, qui l’agrandit du côté de la rue Victor Hugo. Lors du séjour de Louis XIV à Lyon, Giovo prête son hôtel à Philippe d'Orléans, frère du roi, qui organise une fête avec un ballet réglé par Lulli (1658)[2].
Au XVIIIesiècle, l’hôtel devient la propriété de Monsieur de la Frasse de Seynas, seigneur de Saint-Bonnet et conseiller à la cour des monnaies[5]puis par la famille Croppet de Varissan[6]. Napoléon Bonaparte, alors 1erconsul, y déjeune le , à son retour de la bataille de Marengo[7].
C'est la résidence des préfets jusqu’en 1818, date à laquelle la préfecture est transférée place des Jacobins, dans l'ancien couvent des dominicains[8].
Au n°6, l’hôtel de la famille Claret de la Tourette: Jacques Claude Claret de la Tourette (1656-1741), conseiller du roi en la sénéchaussée, lieutenant-général et président à la cour des monnaies de Lyon, fait décorer son hôtel de peintures mythologiques par Daniel Sarrabat (1666-1748)[10]. Son fils, Jacques Annibal Claret de Fleurieu (1692- 1776), président à la cour des monnaies, prévôt des marchands, et secrétaire perpétuel de l'Académie de Lyon pour les belles lettres[11], y reçoit Voltaire en [12].
L'hôtel est ensuite acheté par la comtesse Marie-Thérèse Bottu de la Barmondière (1756-1842) qui consacre l’essentiel de sa fortune à aider les pauvres. En 1827, elle donne l’hôtel de la rue Boissac aux religieuses de la société du Sacré-Cœur de Jésus pour y établir un pensionnat destiné aux jeunes filles de la noblesse[16]. Madeleine-Sophie Barat, la fondatrice, visite la maison en 1851[17].
Au no9, les écuries de la poste étaient dans un immeuble construit en 1839. Les terrains et bâtiments s'étendaient de la rue Boissac à la rue Saint-Joseph, vis-à-vis de l'église Saint François de Sales[19].
Notes et références
↑«Rue Boissac», sur openstreetmap.org (consulté le ).
123Louis Maynard, Histoire, légendes et anecdotes à propos des rues de Lyon, Lyon, Éditions des Traboules (2-911491-15-7), p.56
↑Maurice Vanario, Rues de Lyon à travers les siècles, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, (ISBN2841471268), p.41.
↑Adolphe Vachet, À travers les rues de Lyon, Lyon, (lire en ligne), p.78-79
↑Félix Desvernay, Le Vieux Lyon à l'Exposition internationale urbaine, Lyon, Rey, , 322p., p.277
↑Louis Baunard, Histoire de Madame Barat fondatrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus, t.I, Lyon, Poussielgue frères, , p.489-491
↑Edmond Letierce, Manuel de la Congrégation des enfants de Marie de la Visitation de Sainte-Marie de Dijon, Lyon, Peillon et Marchet frères, , 703p., p.126