Rue du Dôme (Strasbourg)
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| Rue du Dôme | |
Perspective depuis la place Broglie vers la cathédrale. | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 48° 35′ 01″ nord, 7° 45′ 00″ est |
| Pays | France |
| Ville | Strasbourg |
| Début | place Broglie |
| Fin | rue des Frères |
| modifier |
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La rue du Dôme (en alsacien : Müenstergass ou Müenschtergässel) est une voie de Strasbourg rattachée administrativement au quartier Centre.
Elle va du no 21 de la place Broglie au no 1 de la rue des Frères, à l'arrière de la cathédrale, d'où son nom[1]. « Rue principale » orientée nord-sud (ou cardo) à l'époque romaine, au cœur du quartier canonial au Moyen Âge, bordée d'hôtels particuliers au XVIIIe siècle, elle est devenue une artère commerçante.
Origine du nom
Historique

L'actuelle rue du Dôme coïncide avec l'axe nord-sud (cardo) du camp romain d'Argentoratum[2]. C'est la via principalis sur laquelle empiétera la construction de la cathédrale et du collège des Jésuites. Comme en témoignent les fouilles, la porte Nord (porta principalis dextra) se dresse au carrefour de la rue du Dôme et de la place Broglie. Sous le nom de Porta Lapidea (« porte de pierre »), elle reste en service pendant tout le Haut Moyen Âge, jusqu'en 1250 environ, lorsqu'une autre porte est construite face au Faubourg-de-Pierre[3].
Le musée archéologique de Strasbourg conserve une série d'artéfacts romains en provenance de la rue du Dôme. C'est le cas d'une stèle de la fin du Ier siècle, Chariot à quatre roues ou Stèle du train des équipages, trouvée en réemploi dans le mur d'enceinte du camp, en 1899, lors de travaux au no 2. Figurant un soldat conduisant un lourd chariot à quatre roues chargé de ballots et attelé de deux mules placées de front, elle est surmontée d'une inscription, partiellement brisée : AN(NORUM) XL STIP(ENDIO-RUM) XVI H(IC) S(ITUS) E(ST) H(ERES) F(ACIENDUM) C(URAVIT), ce qui signifie en substance que ce légionnaire est mort à quarante ans après 16 années de service dans l'armée et que le monument a été érigé par l'un de ses héritiers[4]. Le second exemple est celui d'une stèle funéraire d'un personnage portant des tablettes, du IIIe siècle. Le troisième est une frise à deux personnages, avec une ville à l'arrière-plan, du début du IIIe siècle.
- Artéfacts romains au Musée archéologique de Strasbourg.
- Stèle du train des équipages.
- Personnage portant des tablettes.
- Frise à deux personnages.
Au Moyen Âge la rue est bordée par les résidences de chanoines du Grand Chapitre et de divers desservants de la cathédrale[3].
Depuis le Moyen Âge, la voie porte successivement différentes dénominations, en allemand ou en français : Münstergasse (1237), rue du Monstier (1636), rue de la Grande Église (1701), rue de la Cathédrale (1765), rue des Prêtres (1766, 1817), rue du Dôme (1792, 1795, 1817, 1918), rue de la Philosophie (1793), Münster-Gasse (1817), Münstergasse (1872, 1940), et, à nouveau, rue du Dôme en 1945[5].
Des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, sont mises en place par la municipalité à partir de 1995[6]. C'est le cas du Müenschtergässel.
Le quartier subit de lourds dommages lors de la guerre de 1870. Gustave Fischbach, décrit ainsi les destructions occasionnées dans la rue par le bombardement survenu pendant la nuit du 24 août :
« Dans la rue du Dôme, la maison Sütterlin, la maison Laroche, la maison Flach, belles propriétés privées ; [...] sur la place du Broglie, la maison Scheidecker, splendide édifice particulier, le plus beau de la ville, contenant le Cercle du Broglie et de magnifiques magasins, construit tout en pierre de taille, ayant une façade artistement sculptée et d'élégants balcons, ruines tout cela, décombres méconnaissables [...][7]. »
- Auguste Munch : La Maison Scheidecker (1870).
- Joseph Wencker : Maison Scheidecker (Broglie) (1872).
- Joseph Wencker : Maison Gast (Broglie) (1872).




