Réveillez-vous Picards
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Réveillez-vous Picards est un ancien chant guerrier picard, actuellement hymne régional de Picardie[1], et provient de l'air chanté par les soldats et mercenaires picards sous les États Bourguignons avant leur retour à la couronne de France[2]. Les paroles expriment leur fidélité à Charles le Téméraire et à ses héritiers. Selon Gaston Paris, cette chanson a sans doute pour auteur un Picard au service de Maximilien Ier[3].
Le texte semble évoquer la période qui suivit la mort de Charles le Téméraire en 1477 et le dépeçage des États bourguignons par Louis XI. Marie de Bourgogne, héritière de Bourgogne, épousa Maximilien d'Autriche. Le roi de France s'empara alors de la Bourgogne proprement dite et de la Picardie, qui avaient fait partie du royaume de France, mais ne put s'emparer durablement du comté de Bourgogne (Franche-Comté) et d'autres possessions bourguignonnes qui relevaient du Saint-Empire romain germanique[4].
Les paroles montrent l'attachement des Picards à Charles le Téméraire et à « l'État Bourguignon ». On peut en effet comprendre que les soldats bourguignons et picards, qui avaient servi le Téméraire pendant des années contre ceux du roi de France, aient alors supplié leur nouveau maître autrichien de les mener au combat pour reprendre le duché et se défendre contre les Français.
Parution et évolution
En 1503, Réveillez-vous Picards est le tout premier chant de soldat publié avec sa partition imprimée[5], mais sans fournir les paroles dans l'exemplaire disponible à la BnF, uniquement le 1er mot du 1er vers. Il disparaît ensuite du répertoire militaire pour réapparaître dans la publication érudite de Gaston Paris[6] avec quatre couplets. On en trouvera une présentation ICI. Il est cité par Vingtrinier en 1902[7] sans figurer dans la collecte de Chomel (manuscrit à la bibliothèque du musée de l'Armée) ni dans l'ouvrage de Sarrepont (Chants et chansons militaires de France, major Sarrepont, lib. Illustrée, s.d.). Le chant n'est donc plus au répertoire avant la guerre de 14 ni après. Il ne réapparaît qu'en 1942 dans Chansons de l'armée française ([8]).
Son premier enregistrement militaire ne remonte pas plus haut que 1988. C'est donc dans les années 1980 que le chant réintègre le répertoire militaire d’usage. Époque où apparaissent aussi les quatre derniers couplets inconnus antérieurement. Il est donc probable qu'ils soient une construction récente. Ce chant n'est pas le seul à poser des problèmes de datation dans le répertoire militaire (cf. Eugénie ou les Dragons de Noailles). Il témoigne de la difficulté à tracer l'état d'un répertoire de tradition orale à une période donnée et à suivre l'emploi d'un titre dans l'évolution d'un répertoire.