Massacre de Sabra et Chatila

massacre dans un camp de réfugiés palestiniens pendant l'invasion israélienne du Liban de 1982 From Wikipedia, the free encyclopedia

Le massacre de Sabra et Chatila[2] est commis du au par les milices libanaises chrétiennes phalangistes, alliées d'Israël, à l'encontre de Palestiniens dans le quartier de Sabra et le camp de réfugiés de Chatila, situés à Beyrouth-Ouest, alors sous occupation israélienne.

Date -
LieuSabra et Chatila, Beyrouth-Ouest, au Liban
Morts700 à 3 500[1]
Faits en bref Date, Lieu ...
Massacre de Sabra et Chatila
Image illustrative de l’article Massacre de Sabra et Chatila
Cadavres de réfugiés palestiniens s'entassant dans le camp de Chatila, le 20 septembre 1982.

Date -
Lieu Sabra et Chatila, Beyrouth-Ouest, au Liban
Victimes Civils palestiniens
Morts 700 à 3 500[1]
Auteurs Forces libanaises
Ordonné par Elie Hobeika ou Ariel Sharon
Motif Représailles à l'assassinat de Bachir Gemayel
Participants Forces Libanaises
Guerre Guerre du Liban
Coordonnées 33° 51′ 46″ nord, 35° 29′ 54″ est
Géolocalisation sur la carte : Beyrouth
(Voir situation sur carte : Beyrouth)
Massacre de Sabra et Chatila
Géolocalisation sur la carte : Liban
(Voir situation sur carte : Liban)
Massacre de Sabra et Chatila
Fermer

Le massacre se déroule dans le double contexte du conflit israélo-palestinien et de la guerre civile libanaise. Pour le premier, à la suite de la guerre des Six Jours en 1967, la bande de Gaza et la Cisjordanie sont occupés par Israël. Les combattants palestiniens, en particulier ceux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), mènent alors leurs opérations depuis les camps de réfugiés, et notamment, à partir du milieu des années 1970, ceux du sud Liban. Visé par des attaques de l'OLP sur ses villages, Israël mène des raids sur les positions palestiniennes au Sud-Liban. Parallèlement, à partir de 1975, la guerre civile libanaise fait rage, opposant les différentes confessions (essentiellement les musulmans, plus nombreux démographiquement mais qui n'ont pas le pouvoir, aux chrétiens, minoritaires mais qui détiennent les postes clé de l'État), mais aussi les idéologies politiques.

L'élimination de l'OLP est l'objectif commun d'Israël et de leur allié Bachir Gemayel, commandant suprême des Forces libanaises, qui a promis de signer un traité de paix libano-israélien[3]. À partir de , avec l'aide des phalangistes[4], l'armée israélienne occupe la moitié sud du Liban. Le , les combattants palestiniens se retirent du pays, dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu supervisé par la Force multinationale de sécurité à Beyrouth[5]. Bachir Gemayel est ensuite élu à la présidence du Liban le . Avant même son investiture, il est assassiné le par Habib Chartouni, membre chrétien du Parti social nationaliste syrien[6]. Le ministre israélien de la Défense Ariel Sharon, qui n'ignore pas le désir de vengeance des milices chrétiennes, autorise[7] (voire encourage[8] selon les interprétations) ces milices à entrer le dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, situés dans des zones occupées par l'armée israélienne. Supervisés par Elie Hobeika, chef des services de renseignement des Forces libanaises, entre 300 et 400 miliciens pénètrent dans ces camps, qui n'opposent pas de résistance[9]. Durant approximativement 38 heures[6], ils massacrent entre 800[7] et 3 500 civils[1], essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards[7]. Pour les phalangistes, il s'agissait de venger Bachir Gemayel[6].

En 1982, une commission indépendante menée par l'avocat irlandais Seán MacBride conclut qu'Israël a participé à la planification et à la préparation des massacres, a joué un rôle de facilitateur dans les exécutions, et qu'il est juridiquement responsable du massacre du fait de sa position d'occupant[10],[11]. De son côté, le gouvernement israélien nomme sa propre commission, la commission Kahane, afin d'enquêter sur le massacre. Celle-ci conclut à la responsabilité directe des phalangistes, et à la responsabilité indirecte de plusieurs dirigeants israéliens, notamment Ariel Sharon, parce qu'ils n'ont pas suffisamment tenu compte du risque de massacre ni tenté de le prévenir[12].

Contexte

Présence palestinienne au Liban et conflit avec Israël

Réfugiés palestiniens dans le camp d'Ain al-Hilweh (1948).

Le conflit israélo-palestinien est l'un des contexte du massacre. À la suite de la Première Guerre israélo-arabe de 1948, des camps de réfugiés palestiniens sont installés au Liban, notamment ceux de Sabra et de Chatila dans une banlieue de Beyrouth-Ouest. La population pauvre de ces deux quartiers s'accroît avec l'arrivée de Palestiniens et de chiites fuyant les combats au sud[réf. nécessaire].

Défilé de la milice du Fatah, Beyrouth, .

Le Fatah, fondé en 1959 par Yasser Arafat, est un mouvement de libération qui a pour doctrine l’indépendance de la Palestine, la lutte contre l’État hébreu et l’indépendance par rapport aux États arabes[13]. À partir de 1964, la création de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont il deviendra plus tard la composante majoritaire, incite le Fatah à passer à l'action. S'il mène quelques attaques contre Israël depuis le Liban du Sud, où il est installé de façon clandestine[13], la majorité de ses opérations sont menées depuis la Jordanie. En 1971, à la suite du massacre de Septembre noir, opération de l’armée jordanienne contre les fedayins installés dans le pays, le Liban devient la base principale de la résistance palestinienne[14].

Guerre civile au Liban depuis 1975

Le massacre de Sabra et Chatila s'inscrit aussi dans un cycle de violence et de massacres au Liban depuis le déclenchement de la guerre civile en 1975.

Durant le mandat français en Syrie et au Liban (1923-1946), l’influence française entraîne une hégémonie chrétienne sur une population majoritairement musulmane, ce qui aboutit par la suite à de vives tensions intercommunautaires[15]. Celles-ci augmentent encore et donnent lieu à des massacres lorsque la population musulmane s'accroit encore, dans les années 1970, avec l'arrivée des réfugiés palestiniens venus de Jordanie après Septembre noir[réf. nécessaire].

Bachir Gemayel faisant un discours dans le camp d'entrainement Don Bosco.

Les affrontements entre les milices chrétiennes libanaises et les insurgés palestiniens, principalement issus de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), débutent en 1975. Ils opposent le Front libanais, formé par la majorité des chrétiens, au Mouvement national, alliance entre les Palestiniens, les musulmans et druzes libanais, les panarabistes et la gauche (camp palestino-progressiste)[3]. Le conflit sanglant s'intensifie lorsque des puissances étrangères, notamment la Syrie, Israël, l'Iran et l'Union soviétique, s'impliquent aux côtés de différentes factions[15].

La guerre civile commence le , lorsque des miliciens phalangistes mitraillent un bus transportant des militants palestiniens, tuant au moins 22 personnes[16]. Pour les Phalangistes, l'attaque du bus est « le premier acte de résistance face à des Palestiniens armés, en représailles à la tentative d'assassinat qui aurait visé leur chef, Pierre Gemayel, quelques heures plus tôt, dans la même rue[16] ».

Les principaux massacres perpétrés durant cette période :

- le 18 janvier 1976, le massacre de Karantina est commis par des miliciens des Phalanges libanaises contre des réfugiés palestiniens et des musulmans chiites libanais. Il a fait entre 1 000 et 1 500 morts selon les estimations[17];

- en représailles au massacre de Karantina, qui a eu lieu deux jours plus tôt, le massacre de Damour est commis par des unités de l'OLP, appuyées par des éléments palestiniens pro-syriens d'As-Saiqa contre des maronites[18],[19],[20]. Il a fait entre 300 et 582 morts[21]. Durant ce massacre, la famille et la fiancée d'Hobeika sont tuées par des miliciens palestiniens et leurs alliés libanais. Hobeika devient par la suite parlementaire et occupe des fonctions ministérielles[22]. C'est lui qui va superviser, 6 ans plus tard, le massacre de Sabra et Chatila ;

- le massacre de Tel al-Zaatar entrepris le 12 août 1976 par des factions phalangistes qui s’est soldé par plus de 2 000 morts dans ce camp de réfugiés palestiniens (en majorité chrétiens)[23].

Le bilan des différents combats, massacres et exactions qui ont marqué la guerre du Liban serait d'au moins 150 000 morts[24],[25].

À partir de 1981, les Phalanges libanaises chrétiennes (Kataëb), dirigées par Bachir Gemayel, fils de Pierre Gemayel, cherchent à se rapprocher d'Israël, qui leur fournit armement et formation pour combattre les factions de l'OLP[26]. Israël soutient également l'Armée du Liban sud, composée principalement de chrétiens, dirigée par Saad Haddad depuis 1978.

De son côté, l'OLP est soutenue et armée par la Syrie qui l'appuie militairement par des contingents palestiniens de l'armée syrienne comme l'Armée de libération de la Palestine, les commandos d'As-Saiqa, la brigade Yarmouk.

Invasion israélienne en juin 1982

Le camp de réfugiés de Nabatieh, avant et après les bombardements israéliens de 1974.

Depuis le milieu des années 1970, Tsahal mène régulièrement des attaques dans le sud du Liban pour sécuriser sa frontière nord : en effet, à partir des camps de réfugiés palestiniens installés au sud du Liban, l’OLP mène des opérations contre le nord d’Israël[3]. En , l'armée israélienne envahit le sud du Liban jusqu’au fleuve Litani[3].

 : banquet organisé par les phalangistes en l’honneur du haut commandement de l'armée israélienne, après l’entrée au Liban. Au-dessus des officiers se trouve un portrait de Bachir Gemayel.

Le , l'ambassadeur israélien à Londres Shlomo Argov est grièvement blessé dans une tentative d'assassinat. Malgré les éléments indiquant que l'OLP n'est pas responsable de l'attentat (commis par le groupe palestinien Abou Nidal, hostile à l'OLP), Ariel Sharon, ministre israélien de la Défense, ordonne le bombardement des bases de l'OLP à Beyrouth, auquel l'organisation palestinienne répond par une recrudescence des tirs de roquettes contre le nord d'Israël.

Réfugiés palestiniens au Liban pendant l'invasion israélienne de 1982.

L'enchaînement de ces événements fournit à Israël un casus belli qui donne lieu à l'opération « Paix en Galilée » : le , Israël envahit le Liban. L'objectif immédiat est de mettre les roquettes de l'OLP hors de portée d'Israël, et les objectifs plus généraux sont de repousser l'armée syrienne du Liban (notamment les missiles syriens positionnés dans la vallée de la Bekaa)[27], ainsi que s'allier aux milices chrétiennes à Beyrouth pour en chasser l'OLP[28]. Cette invasion est condamnée par la résolution 509 du Conseil de sécurité de l'ONU[29].

Cessez-le-feu

Militants de l'OLP évacués sous la protections des militaires français et américains de la Force multinationale.

Après plusieurs semaines de siège de Beyrouth, encerclée par les Israéliens et dans laquelle sont retranchés plus de 15 000 combattants palestiniens, un plan est proposé le par le diplomate américain Philip Habib, qui prévoit le retrait de l'armée israélienne, l'évacuation des combattants de l'OLP, et le déploiement d'une force internationale des Nations unies (la FINUL) destinée à protéger les civils palestiniens[30].

Le , Bachir Gemayel, chef des phalangistes et unique candidat[31], est élu président du Liban par l'Assemblée nationale. Israël le perçoit comme un contrepoids à l'OLP, soutenue par la Syrie.

Le , le Premier ministre israélien Menahem Begin s'entretient avec Bachir Gemayel à Nahariya, en Israël, et propose la signature d'un traité de paix. Gemayel remet la signature de cet accord à plus tard, arguant qu'il a besoin de temps pour convaincre les forces en présence et les pays arabes et propose un pacte de non-agression[32].

À la demande des Américains, les Palestiniens hâtent leur départ, achevé le 1er septembre. Le surlendemain, considérant que des combattants de l'OLP restent retranchés dans Beyrouth, Israël enfreint les accords de cessez-le-feu et se déploie autour des camps de réfugiés. Les forces internationales franco-italo-américaines, qui surveillaient le départ de l'OLP, et garantes de la sécurité des populations civiles des zones évacuées, se retirent le .

Le , Ariel Sharon communique l'estimation de l'armée israélienne selon laquelle il resterait 2 000 combattants de l'OLP à Beyrouth. Le soir de son assassinat, Bachir Gemayel dit à Ariel Sharon, qu'il y aura « besoin d’un mois pour faire sortir les centaines d’hommes de l’OLP restés à Beyrouth après l’évacuation »[8]. L'armée israélienne s'en plaint à l'administration américaine, qui répond que la plupart des Palestiniens affiliés à l'OLP restés à Beyrouth font partie de la mission diplomatique reconnue par le gouvernement libanais, restée pour assister les familles et superviser le désarmement[33].

Précipitation des événements

Bachir Gemayel, commandant en chef des Forces libanaises chrétiennes, serrant la main à Rafael Eitan, chef d'état-major israélien, devant Avner Azoulay, représentant du Mossad (au centre), le .

Bachir Gemayel, fils de Pierre Gemayel et commandant suprême des Forces libanaises (dont les milices phalangistes sont la principale composante)[34], est élu président du Liban le . Il veut résoudre le « problème palestinien » et faire la paix avec Israël. Le , il est tué dans un attentat. Bachir Gemayel est alors considéré parmi ses troupes comme un « martyr » ou une « icône ». Habib Tanious Chartouni, militant chrétien pro-syrien du Parti social nationaliste syrien[35] (PSNS), est accusé de l'assassinat et emprisonné[36],[37].

De leurs côtés, les Palestiniens et les dirigeants musulmans démentent toute implication[38]. L'armée israélienne répond à l'assassinat de leur allié en investissant Beyrouth-Ouest dès le lendemain, contrairement à son accord avec les Américains qui s'étaient engagés par écrit à protéger les musulmans de l'Ouest de la ville[39]. 88 morts et 254 blessés sont dénombrés dans ces affrontements[40]. Israël justifie ce redéploiement pour maintenir l'ordre et la stabilité après le décès du président libanais. Toutefois, Ariel Sharon déclarera plusieurs jours plus tard à la Knesset : « notre entrée dans Beyrouth-Ouest était destinée à détruire l'infrastructure laissée par les terroristes »[réf. nécessaire].

Chronologie des événements

Avant le massacre

Dans la nuit du 14 au , Rafael Eitan (alors chef d'état-major israélien) s'envole pour Beyrouth, il se rend au siège des Phalanges libanaises et donne l'instruction au commandement phalangiste de mobiliser ses troupes et être prêt pour faire partie de l'attaque contre Beyrouth-Ouest à venir. Les phalangistes répondent qu'ils ont besoin d'un délai de 24 heures pour pouvoir s'organiser[41]. Il est prévu qu'un officier de liaison phalangiste soit présent au quartier général de l'armée. Selon tous les témoins qui visitèrent les lieux des positions avancées israéliennes interrogés par la Commission Kahane, la situation offre une bonne vue générale sur les camps, mais ne permet pas de voir ce qui se passe dans les ruelles, même à la jumelle. Eitan rapportera plus tard avoir eu des contacts avec des miliciens Mourabitoun la nuit du 14, lui disant à quel point ils redoutaient d'être tous tués par les Phalangistes.

Le ministre israélien de la Défense, Ariel Sharon, aux portes de Beyrouth le , veille du massacre.

Le 15 septembre au matin, l'armée israélienne commence à attaquer Beyrouth-Ouest. Passé l'effet de surprise, des combats interviennent à divers endroits, faisant 3 morts et 100 blessés parmi les soldats. Des tirs nourris provenant du camp de Chatila font un mort et 20 blessés dans l'armée israélienne. Ariel Sharon, venu sur place, informe Menahem Begin que la situation est sous contrôle. Ce dernier, lors d'une conférence avec l'ambassadeur des États-Unis, lui confirme que l'armée israélienne contrôle Beyrouth-Ouest, et qu'il fait confiance aux phalangistes. Pendant les journées du 15 et du 16, plusieurs réunions ont lieu entre responsables de l'armée, du Mossad, et des Phalanges. Affirmant qu'il n'était « pas à l'aise » avec l'idée d'envoyer les Phalanges dans les camps, Drori témoignera du fait qu'il a tenté de persuader le commandement de l'armée libanaise de se substituer aux Phalanges ; en vain. L'ordre d'entrée dans les camps est confirmé.[réf. nécessaire]

Déroulement

Selon la Commission d'enquête Kahane, nommée par le gouvernement israélien, les faits et la chronologie sont les suivants[42] :

Les premières exactions commencent le soir du jeudi . Le camp est éclairé à l'aide de tirs de mortiers et d'un avion. À 19 heures, un lieutenant israélien qui assiste aux conversations par radio entre Élie Hobeika, présent au Q.G., et ses troupes, comprend que celui-ci ordonne le meurtre de 50 femmes et enfants, et présente un rapport au général Yaron, présent sur le toit de l'immeuble. À 20 heures, les phalangistes rencontrent une riposte armée, et font état de blessés qu'ils doivent évacuer. L'armée israélienne interrompt provisoirement l'éclairage. À la même heure, un autre rapport fait état de 300 Palestiniens tués, civils et militants confondus. À 20 h 40, lors d'un point enregistré avec le général Yaron, un officier de renseignement fait état de la situation. Il indique que les phalangistes ont eu deux blessés, qu'il semble ne pas y avoir de « terroristes » dans le camp, et que les phalangistes ont rassemblé des femmes, des enfants et des vieillards. Il commence à indiquer que, selon lui, s'il est toujours possible que les phalangistes amènent ces personnes hors du camp, il est au courant du rapport présageant de la volonté de tuer des civils. Il est interrompu par le général Yaron qui réfute l'hypothèse, et indique qu'aucun mal ne sera fait à ces civils. Plus tard dans la nuit, un phalangiste fait état de deux morts dans leur milice, et se plaint au lieutenant-colonel Treiber que le camp n'est pas assez éclairé. Celui-ci répond qu'il est au courant de la mort des 300 personnes, et qu'il ne souhaite pas les aider. Le vendredi matin, un officier israélien présent dans le camp prévient que les massacres ne se sont pas arrêtés. Un autre insiste pour savoir si le rapport concernant les 300 exécutions de la nuit a bien été envoyé aux plus hauts responsables, et insiste pour qu'il le soit. Un journaliste, informé des massacres, prend contact avec le ministre Zipori, pour le convaincre d'agir[réf. nécessaire].

Dans la journée du vendredi, dès l'aube, plusieurs soldats et officiers sont témoins de meurtres de civils aux alentours du camp. L'un d'entre eux souhaite faire un rapport à ses autorités, mais en est dissuadé par ses camarades, qui lui indiquent que le fait a déjà été signalé et que la réponse a été faite de ne pas interférer. Dans l'après-midi, les témoignages oraux sont de plus en plus nombreux. À 16 heures, le commandant en chef de Tsahal, Rafaël Eytan, tient une réunion avec les phalangistes, qu'il félicite. Ceux-ci indiquent avoir fini leur opération. Il en ressort qu'à la suite de pressions américaines, il est nécessaire qu'ils évacuent le camp le lendemain à 5 heures du matin au plus tard. Les phalangistes demandent l'autorisation de faire entrer des troupes supplémentaires, ce qui leur est refusé, et qu'on mette à leur disposition des tracteurs, « afin de détruire des constructions illégales », ce qui leur est accordé.[réf. nécessaire]

Entre 18 heures et 20 heures, du personnel des ministères des Affaires étrangères, tant libanais qu'israélien, reçoit différents communiqués des forces américaines indiquant que des phalangistes ont été vus dans les camps et que leur présence pourrait aboutir à des résultats indésirables, et d'autre part que des plaintes auraient été reçues sur les actions de soldats israéliens dans l'hôpital de Beyrouth. Cela est démenti[réf. nécessaire].

Le samedi matin, entre 6 heures 30 et 7 heures, un groupe de 15 médecins et infirmières de l'hôpital Gaza (à proximité du camp de Sabra) est emmené de force par les phalangistes, et libéré par des soldats israéliens. Ils témoignent qu'ils ont vu, en traversant Sabra, des bulldozers en action et, outre de nombreux corps, des groupes de personnes rassemblées sous la menace des armes des miliciens[réf. nécessaire].

Creusement d'une fosse commune pour enterrer des centaines de cadavres de civils.

Le général israélien Yaron exige alors du chef des phalangistes chrétiens qu'il retire ses hommes. Les phalangistes obéissent, et les derniers d'entre eux quittent les camps à huit heures du matin. Femmes et enfants ont été rassemblés dans un stade voisin, tandis que les hommes étaient exécutés sur place ou emportés en camion. On découvre alors que les phalangistes ont tué, outre des combattants palestiniens, des civils en grand nombre. Des employés de la Croix-Rouge et des journalistes arrivent sur place et informent le monde entier. Quand Ariel Sharon et Rafael Eitan annoncent que les tueries ont cessé et que les phalangistes ont été expulsés des camps, il est trop tard. Il y aurait eu 900 réfugiés palestiniens tués. Les chiffres de morts et de disparus demeurent dans le plus grand flou. Ils varient en , selon les estimations du Rapport Kahane, de 500 à 5 000, un nombre indéterminé de cadavres ayant été emportés par camion par les phalangistes lors de leur retrait des camps. Cette fourchette sera revue ultérieurement entre 800[7] et 3 500 victimes[1], essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards[7].

Réactions internationales

Dès le massacre connu, les réactions internationales dans la presse sont unanimes pour le condamner.

Réactions en Israël

Les réactions les plus virulentes proviennent d'Israël. À la Knesset, des députés interpellent Ariel Sharon sur la responsabilité d'Israël. Le mouvement extra-parlementaire de gauche, La Paix maintenant, appelle à manifester. Dix jours après, 400 000 citoyens[43] révoltés par la politique du gouvernement, soit 8 % de la population, rejoignent ce mouvement qui aboutit à la plus grande manifestation qu'Israël ait jamais connue. Leurs revendications, réclamant une solution pacifique au conflit israélo-palestinien, aboutiront à la création d'une commission d'enquête, la Commission Kahane[44].

Résolution de l'Assemblée générale des Nations unies

Le , lors de la 108e réunion, l'Assemblée générale des Nations unies vote une résolution qualifiant les évènements de « massacre à grande échelle » et « acte de génocide »[45],[46] par 123 voix pour, 0 contre et 22 abstentions[47]. Bien que tous les délégués qui prennent part au débat soient d'accord sur le fait qu'un massacre s'est bien produit, son caractère génocidaire, ou les compétences de l'Assemblée pour caractériser un événement comme tel, auraient été remis en question par plusieurs d'entre eux selon William Schabas, pour qui « le terme génocide (…) a à l'évidence été choisi pour embarrasser Israël plutôt que par véritable souci de précisions légales[48] ». Un autre auteur, Leo Kuper, considère que la qualification de génocide prête à controverse[49].

Responsabilités libanaises

Élie Hobeika et Phalanges libanaises

Élie Hobeika en 1972.

Élie Hobeika était le responsable des services secrets libanais[50]. Son rôle de dirigeant et de responsable direct des massacres est unanimement reconnu. Selon Alain Ménargues, la milice chrétienne Les Jeunes avait été choisie par Hobeika pour commettre le massacre[51].

La réponse qu'il a donnée à ses troupes sur le sort à réserver à cinquante femmes et enfants, « This is the last time you're going to ask me a question like that, you know exactly what to do » C'est la dernière fois que vous allez me poser une question comme celle-là, vous savez exactement quoi faire »), en présence d'officiers israéliens, a clairement été interprétée par eux comme un ordre de meurtre des populations civiles[52].

Élie Hobeika poursuivra par la suite une carrière politique au Liban, à une époque où le pays est placé sous le strict contrôle de la Syrie[53]. Il sera notamment membre du parlement libanais, et membre du gouvernement. Il ne sera jamais interrogé par la justice libanaise[54].

Le , Élie Hobeika meurt dans un attentat à la voiture piégée devant son domicile de Beyrouth. Il devait témoigner deux jours plus tard à Bruxelles, à l'occasion d'une plainte déposée contre Ariel Sharon à Bruxelles par des survivants des massacres[55],[56]. Les Palestiniens accusent Israël, qui nie toute implication.

Dans un article publié en 2007 dans le quotidien israélien Haaretz, Tom Segev rapporte le témoignage de deux hommes politiques belges, Josy Dubié et Vincent Van Quickenborne, qui affirment avoir secrètement rencontré Élie Hobeika quelques heures avant sa mort. Selon Dubié, Hobeika était disposé à se rendre à Bruxelles, promettant de fournir les preuves de son innocence, accusant implicitement l'Armée du Liban sud, soutenue par Israël[57]. Dans ce témoignage, Josy Dubié confirme ses déclarations faites lors d'un entretien avec le quotidien belge Le Soir le , selon lequel « Le crime profite à ceux qu'Hobeika allait tenter de « mouiller » ». L'article mentionne les intérêts israéliens à la disparition d'Hobeika, ainsi que la thèse de l'ancien garde du corps d'Hobeika, Robert Hatem, mettant en cause la Syrie. L'article conclut par « Mais tout est possible. Elie Hobeika s'était fait trop d'ennemis »[58].

Le général Haddad et l'Armée du Liban Sud

La participation de l'Armée du Liban sud, alors stationnée au sud du fleuve Litani, est évoquée. Toutefois, les circonstances dans lesquelles ces troupes ont rejoint Beyrouth n'ont pas été élucidées. De la même façon, il n'a pas été possible de dire si ces troupes étaient intervenues de façon indépendante ou non et, dans ce dernier cas, sous commandement phalangiste ou sous commandement de leur responsable, le général Haddad[33].

Loi d'amnistie

Le , le nouveau président Amine Gemayel demande à Assad Germanos, le procureur du tribunal militaire libanais, de mener une enquête afin d'établir les responsabilités[59]. La commission d'enquête libanaise conclut à la responsabilité légale d'Israël, et suggère, sous le terme d'« éléments frontaliers », que les troupes de l'Armée du Liban sud, sous les ordres du général Saad Haddad, ont pu commettre les meurtres. A contrario, évoquant l'absence de preuves flagrantes que leurs dirigeants aient eu connaissance avancée[pas clair] des évènements ou qu'ils aient donné des ordres, elle exonère les phalangistes et les forces libanaises. Toutefois, dans un article publié en 1985, le professeur de droit Linda Malone relève que le procureur Germanos était un sympathisant phalangiste, et que la commission était elle-même très proche du gouvernement et du parti phalangiste[60].

Le , par une loi d'amnistie générale, le parlement libanais exempte rétroactivement de toute responsabilité pénale les miliciens de toutes les factions libanaises impliquées dans les crimes et massacres commis au Liban, y compris ceux de Sabra et Chatila, à l'exception de ceux impliqués dans l'assassinat ou la tentative d'assassinat de personnalités religieuses ou politiques et de diplomates arabes ou étrangers[61].

Responsabilités israéliennes

Manifestation devant l'ambassade d'Israël à La Haye contre les massacres au Liban, le .

La commission MacBride

Une commission internationale indépendante sur les violations israéliennes du droit international lors de l'invasion du Liban est organisée dès le printemps 1982. Elle est dirigée par le juriste irlandais Seán MacBride, cofondateur d'Amnesty International et président du Bureau international de la paix.

Au sujet des massacres de Sabra et Chatila, la commission considère Israël comme « juridiquement responsable du massacre du fait de sa position d'occupant »[10],[11],[62], et conclut qu'« Israël a participé à la planification et à la préparation des massacres et a joué un rôle de facilitateur dans les exécutions »[10]. Elle évoque notamment l'« autorisation » donnée par Ariel Sharon aux phalangistes « assignés » à entrer dans le camp, et l'« assistance » apporté par ses tirs de fusées éclairantes pendant le massacre[10].

La commission Kahane

À la suite de ces événements et sous la pression de l'opinion, le gouvernement israélien nomme une commission officielle d'enquête dirigée par Yitzhak Kahane, juge à la Cour suprême. Elle entend d'abord en audience publique Ariel Sharon, qui reconnaît avoir envoyé les phalanges dans les camps[8], n'avoir pas informé Menahem Begin, et avoir autorisé Rafael Eitan à reporter au lendemain le départ des phalanges, une fois connu le carnage[63].

Le , la commission confirme la culpabilité des milices chrétiennes libanaises, et reconnaît Ariel Sharon indirectement responsable[64] pour n'avoir pas prévu la tragédie qui résulterait de l'entrée des phalangistes dans les deux camps palestiniens[65],[12]. Le rapport met aussi en évidence que les services israéliens savaient que les phalangistes avaient pour intention d'appliquer des méthodes violentes, et qu'ils étaient au courant de massacres de femmes et d'enfants perpétrés par ces factions[66].

Au centre : le ministre de la Défense Ariel Sharon et le Premier ministre Menahem Begin sur le site de la forteresse de Beaufort après sa conquête par l'armée israélienne ().

Pour les mêmes raisons, la commission blâme d'autres responsables israéliens qui auraient dû, selon elle, prévoir les conséquences meurtrières d'une entrée des phalanges dans les camps palestiniens, et qui de ce fait portent eux aussi une part de « responsabilité indirecte » dans les massacres (la « responsabilité directe » étant, souligne la commission, exclusivement celle des auteurs du crime, c'est-à-dire les membres des Phalanges chrétiennes libanaises). Sont ainsi blâmés par la commission, à des degrés divers, outre le ministre de la Défense Ariel Sharon : le Premier ministre Menahem Begin, le ministre des Affaires étrangères Yitzhak Shamir, le commandant en chef de Tsahal Rafael Eitan, le chef des renseignements militaires Yehoshoua Saguy, le commandant de la région nord Amir Drori, et le général Amos Yaron.

La commission indique que, selon son enquête, d’autres parties pourraient être mises en cause, notamment les dirigeants libanais qui auraient refusé de faire entrer l’armée libanaise dans les camps pour mettre un terme aux massacres, ainsi que l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Morris Draper, qui a refusé de faire pression en ce sens. Toutefois, la Commission fait valoir que, s’agissant d’une enquête israélienne, son périmètre a été limité aux seuls les manquements des Israéliens[67].

Dans sa conclusion, la Commission Kahane affirme que « des massacres ont eu lieu auparavant au Liban, avec des victimes beaucoup plus nombreuses qu'à Sabra et Chatila, mais l'opinion publique mondiale ne s'en est pas émue et aucune commission d'enquête n'a été établie ». Elle souligne que l'objectif de son enquête est de préserver « l'intégrité morale d'Israël, et son fonctionnement en tant qu'État démocratique adhérant scrupuleusement aux principes fondamentaux du monde civilisé ». Et elle ajoute : « Nous ne nous berçons pas de l'illusion que les résultats de notre enquête suffiront à convaincre ou à satisfaire les gens nourris de préjugés et les consciences sélectives. Mais notre enquête ne leur était pas destinée. »[67]

Finalement, la recommandation la plus sévère est celle visant Ariel Sharon, qui doit quitter ses fonctions de ministre de la Défense le . Toutefois, il demeure présent au sein du cabinet en tant que ministre sans portefeuille jusqu'au , et reste membre de la commission ministérielle de la défense nationale[68].

Allégations contre l'armée israélienne

Plusieurs allégations controversées font état de la présence de soldats israéliens dans les camps pendant ou avant les massacres.

Deux femmes rescapées affirment vingt ans après dans un témoignage recueilli par le journaliste Pierre Péan, avoir vu dans le camp des soldats israéliens agir aux côtés des phalangistes pendant le massacre[8].

Toujours dans le même article, Pierre Péan attribue à un autre journaliste israélien Amir Oren, une analyse selon laquelle, dans un article de Davar du « les massacres faisaient partie d'un plan décidé entre M. Ariel Sharon et Béchir Gemayel, qui utilisèrent les services secrets israéliens, dirigés alors par Abraham Shalom, qui avait reçu l'ordre d'exterminer tous les terroristes. Les milices libanaises n'étaient rien moins que des agents dans la ligne de commandement qui conduisait, via les services, aux autorités israéliennes. » Cette analyse est démentie dix ans après par le mensuel « L'Arche ». La rédaction du Monde diplomatique reconnaîtra l'erreur, dans un rectificatif ajouté à la version de l'article de Pierre Péan publiée sur son site Internet, et citera la traduction des propos exacts d'Amir Oren, qui font apparaître une connaissance par Sharon des intentions des phalangistes de s'attaquer aux combattants palestiniens, mais qui précise « il n'y a rien dans cela qui démontre un lien avec le massacre des bébés, des femmes et des civils dans cet événement spécifique. ». Dans son article, Oren exclut que le ministre israélien de la défense ait convenu avec le chef phalangiste de massacrer les civils de Sabra et Chatila, mais il suggère que, connaissant les pratiques courantes de ses alliés, il a pris sciemment le risque d’une tuerie[8].

Le journaliste Alain Ménargues, dans son livre Les Secrets de la guerre du Liban, dont la parution a été décalée à 2004 dans le but avoué de protéger ses sources, invoque des éléments nouveaux faisant état d'une incursion préalable de commandos d'élite israéliens de la Sayeret Matkal dans les camps palestiniens où ils se seraient livrés à des exécutions sommaires de cadres de l'OLP[69].

Dans son documentaire animé, Valse avec Bashir, le réalisateur israélien Ari Folman témoigne avoir participé en tant que membre de l'armée israélienne à l'utilisation de fusées éclairantes, permettant la perpétuation du massacre de nuit. Il témoigne aussi que de nombreux soldats ont rapporté avoir constaté que des civils étaient exécutés, que le commandement en avait été informé, et que de toute façon ce dernier était présent dans un immeuble à proximité du camp, avec vue plongeante sur ce dernier, ne pouvant ignorer le massacre. Ari Folman accuse donc l'armée israélienne d'avoir participé au massacre, par son laisser-faire, et par un soutien logistique[70].

Tribunaux américains et israéliens

Ariel Sharon poursuit en justice le magazine Time pour diffamation devant les tribunaux américains et israéliens dans une action en diffamation de 50 millions de dollars, après que Time a publié un article dans son numéro du , laissant entendre que Sharon aurait discuté de la nécessité pour les phalangistes de se venger. Le jury trouve l'article faux mais non diffamatoire, au sens du droit américain, puisque devant le tribunal américain la défense n'a pas réussi à établir que les rédacteurs en chef et les écrivains du magazine avaient « agi par malveillance », comme l'exige la loi[71].

La plainte en Belgique

En Belgique, une plainte visant Ariel Sharon, Amos Yaron et d'autres responsables israéliens[72] est engagée par 23 rescapés des tueries en vertu de la loi dite « de Compétence universelle » adoptée en 1993 et étendue en 1999 dans ce pays pour permettre la poursuite d'auteurs de crimes contre l'humanité, quelle que soit leur nationalité ou le lieu où les faits ont été commis. En 2002, une décision de justice qualifie la plainte d'irrecevable au vu des immunités dont bénéficiaient les accusés. Mais, le , la Cour de cassation, plus haute instance judiciaire belge, rouvre la voie à des poursuites[73]. Cet épisode judiciaire belge fut un incident diplomatique avec l'État d'Israël, et fut vivement critiqué dans la presse israélienne[74]. Ariel Sharon ne sera pas jugé par la Belgique, la loi de Compétence universelle étant vidée de sa substance le avant la fin de ses fonctions de ministre.

La plainte ne mentionnait pas le rôle de Hobeika ou des phalangistes dans les massacres de Sabra et Chatila, « pour des raisons techniques » selon les juristes chargés du dossier[réf. nécessaire]. Celui-ci se disait prêt à témoigner en Belgique et disposant de « preuves irréfutables » permettant de l'innocenter mais il meurt assassiné par une explosion quelques jours avant sa déposition (cf. supra).

Dans la culture

Mémorial du massacre à Sabra.

Cinéma

Prix FIPRESCI, Festival de Berlin 2005, section « Panorama ».
Prix SRG idée suisse, compétition internationale, visions du réel, Nyon 2005.
Mention spéciale, prix premier, Festival international du documentaire, Marseille 2005.
Prix du documentaire d'investigation, Lisbonne 2005.
  • 2008 : Valse avec Bachir (ואלס עם באשיר) d'Ari Folman; Film autobiographique d'animation israélo-franco-allemand, Valse avec Bachir, réalisé en 2008 par le cinéaste Ari Folman, retrace l'histoire d'un soldat israélien, incapable de se rappeler le moindre souvenir de son expérience pendant l'opération « Paix en Galilée ». Il mêle animation et images réelles. Le film est unanimement loué pour ses qualités esthétiques, et nommé ou récompensé par de multiples prix ; mais il est jugé partial par plusieurs Libanais, car reflétant uniquement la position israélienne[75], et a été critiqué en Israël par le journaliste Gideon Lévy pour son aspect propagandiste, « Antiwar' film “Waltz with Bashir” is nothing but charade »[76].
Golden Globe du meilleur film en langue étrangère 2009
César du meilleur film étranger 2009

Littérature

Musique

  • Sabra O Chatila de Nass El Ghiwane, Album Double Best 1973-1984

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI