Sac au dos

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LangueFrançais
Parution 1877, 1880 (version définitive)
Recueil
Sac au dos
Publication
Auteur Joris-Karl Huysmans
Langue Français
Parution 1877, 1880 (version définitive)
Recueil
Intrigue
Genre Nouvelle littéraire naturaliste.
Personnages
  • Eugène Lejantel (étudiant en latin avant d'être mobilisé).
  • Francis Emonot (peintre avant d'être mobilisé).
  • Le chef major (un chef major violent avec ses soldats et qui n'hésite pas à les frapper durant l'histoire).
  • La sœur Angèle (une religieuse travaillant dans l'hôpital où Eugène et Francis vont passer la majorité de leur temps durant la guerre).
  • Reine (il s'agit d'une femme que Eugène rencontre dès sa sortie de l'hôpital quand il rentre vers Paris).
  • Le frère de Reine (il s'agit du personnage qui va récupérer Reine à sa sortie du train).

Sac au dos est une nouvelle de Joris-Karl Huysmans, publiée dans une première version en 1877 dans la revue L'Artiste à Bruxelles, avant d'être remaniée par son auteur pour être insérée dans le recueil Les Soirées de Médan publié en 1880.

Sac au dos appartient à la période naturaliste de Huysmans, alors proche du cercle d'Émile Zola.

Un jeune conscrit raconte le quotidien des soldats français durant la guerre franco-allemande de 1870.

Eugène Lejantel est un étudiant français qui passe un examen en langues anciennes au début de l'œuvre, afin d'obtenir son grade de bachelier. Il étudie le latin, et il passe sa première année avant d'être envoyé à l'armée en raison du début de la guerre Franco-Prusienne de 1870. Il est mobilisé et intégré à un groupe de soldats, et ils finissent par arriver à la gare d'Aubervilliers, ils reculent un peu et descendent et marchent jusqu'à Chalon puis au Mourmelon. Ils se retrouvent dès alors à un poste militaire où les conditions de vie sont précaires et où ils dorment sans couverture, Eugène tombe éventuellement malade à cause de l'eau du camp. Dans le camp, le major est présenté comme étant un personnage constamment en colère et violent face à ses soldats. Eugène est envoyé à l'hôpital où il se retrouve avec un ensemble d'autres soldats, c'est ici qu'il rencontrera Francis Emonot, qui sera son compagnon durant la majorité de l'histoire. Francis Emonot est quant à lui peintre, le chef major arrive éventuellement et frappe notre protagoniste et lui donne de l'eau albuminée et de la tisane à la réglisse.

Entre malades, ils mangent de la viande dans le dos du personnel médical. Certains des malades sont amenés à danser, avant d'être frappés par le chef major qui entre et qui les frappe. Puis, ils sont transportés en train pendant un voyage infernal, où ils se retrouvent avec un grand nombre d'autres malades. Pendant le voyage, les soldats sont affamés et leur état de santé est précaire. Eugène et Francis finissent à Arras au niveau d'un hôpital où le directeur leur donne l'autorisation de manger, ils mangent puis ils sont recondamnés à revoyager. Ils finissent cette fois-ci à Evreux où ils sont accueillis au sein d'un lycée ayant été transformé en hôpital en raison de la guerre, ils sont servis en nourriture mais l'expérience est traumatisante vu qu'ils voient des médecins effectuer des vivisections sur des patients. La sœur Angèle, une religieuse chargée de s'occuper des malades s'occupe cependant bien d'eux et sa présence leur remonte le moral. Afin d'échapper à leur quotidien dans l'hôpital, ils s'échappent, et ils vont manger avant d'aller aborder deux prostituées.

Le lendemain, ils ressortent et ils vont voir la famille Frêchéde (famille décrite comme hautement placée à Evreux étant également celle de l'un des amis d'Eugène) afin de leur demander de leur aide quant à leur situation au niveau de l'hôpital qu'ils souhaitent quitter. Ils obtiennent de l'aide de la part des Frêdéches et Francis quitte l'hôpital en premier, puis la sœur Angèle vient annoncer la nouvelle à Eugène qu'il aura bientôt l'occasion de revenir à Paris. Il la remercie, et les jours passent, et Eugène revient éventuellement à Paris en train, pendant son voyage il s'assoit à côté d'une femme nommée Reine qu'il voit endormie. Pendant son voyage, les deux discutent, elle s'endort et ensuite elle se réveille et puis ils s'embrassent accidentellement à cause d'un changement de passage du train qui les jette l'un sur l'autre. Elle l'embrasse et elle lui explique que si son frère n'est pas à la gare elle le suivra, s'il y est ils se reverront dans cinq jours. Le train s'arrête et son frère est là, il la récupère et puis cinq jours passent, les Prussiens occupent Sévreux et Eugène n'a plus jamais revu Reine. Cependant, il se montre heureux du fait qu'il ait l'occasion de vivre paisiblement chez lui dans le confort de sa maison et son intimité.

Analyse

Au sein de Sac au Dos, Joris Karl-Huysmans dénonce la guerre. En effet, les nombreuses scènes où l'on observe le protagoniste souffrir mettent en avant l'usage du pathétique pour mettre en exergue l'horreur de celle-ci. De plus, durant le voyage en train, la scène devient presque fantasmagorique avec le protagoniste croyant même que le train est en train de voler. Tous ces éléments convergent vers la même idée : la guerre éprouve l'Homme et il n'y a aucun gagnant à celle-ci. Nullement dans l'œuvre le protagoniste ne célèbre la guerre, et elle détruit sa santé et ce malgré le fait qu'il n'est même pas sur le champ de bataille. Le chauvinisme, des journaux ainsi que la propagande mettant en avant la victoire de Sarrebruck semblent directement être perçus par le protagoniste comme étant des mensonges. La thèse soulignée semble être ainsi, que la guerre n'avantage que ceux la déclarant, et non ceux qui la combattent. L'auteur semble même mettre en avant les effets mentaux de la guerre avec le personnage de Reine qui pourrait être une allégorie de la paix intérieure des soldats mobilisés avant la guerre, celle-ci disparaît à la fin. De façon analogue, les soldats en rentrant chez eux, ne retrouvent jamais cette sérénité qu'ils avaient avant le conflit : elle disparaît, avec l'illusion qu'on peut un jour la retrouver. Cela justifierait l'apparition brève de ce personnage, qui ne semble pas initialement avoir un intérêt narratif, mais qui pourrait bien puiser une raison d'être symbolique. Reine représente l'espoir de retrouver une vie normale après la guerre pour les hommes mobilisés, l'espoir de retrouver un sens face à l'absurdité de la mort et l'espoir de retrouver l'innocence qui précédait l'horreur. Cette innocence est arrachée au protagoniste, au moment où il semble la retrouver, avec le frère de Reine pouvant symboliser la réalité, qui contrairement à l'image de la femme, est brutale : tout simplement, car il n'y a aucun espoir pour un soldat ayant vécu l'horreur de s'en séparer jusqu'au jour où il meurt. Cette fin est néanmoins nuancée par un point positif : notre protagoniste retrouve son intimité, et cela lui suffit. Plus qu'autre chose, pouvoir être chez soi et profiter du confort de sa propre maison est peut-être ce qui vaut le plus à l'auteur, face à l'absurdité du monde et de ses conflits.

L'œuvre offre donc un blâme de la guerre. L'auteur dénonce aussi bien l’État qui l'orchestre que la réalité concrète de celle-ci : la mort, la maladie et la destruction de l'image de soi à travers la violence vécue. Une fois que l'on vit la guerre, la guerre vit avec nous, et elle ne se termine jamais : tel est le cœur même de l'œuvre. À travers Eugène Lejantel, il dénonce sa propre expérience de la guerre franco-prussienne. Tous deux aiment les lettres, la littérature et semblent offrir un reflet direct l'un de l'autre ; chaque scène et expérience douloureuse reflète la réalité que ce dernier a vécue et qu'il dénonce ainsi. L'auteur ne se contente pas de faire d'une simple nouvelle : il rédige un manuscrit engagé contre la guerre, ses auteurs et son théâtre. Ce théâtre où même lorsque la paix est signée, la guerre n'est jamais terminée.

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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