Eulalie de Mérida
sainte martyre en Espagne en 304
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Sainte Eulalie de Mérida est une vierge martyre née vers 290[1] et morte en 304[2], célébrée dans un hymne de Prudence (Peristephanon 3) et dans la célèbre Séquence de sainte Eulalie, premier texte littéraire en français.
| Sainte Eulalie de Mérida | |
Le martyre de sainte Eulalie, toile de John William Waterhouse, 1885, Tate Britain, Londres. | |
| vierge, martyre | |
|---|---|
| Date de naissance | v. 290 |
| Lieu de naissance | Mérida (Espagne), Augusta Emerita, province romaine de Lusitanie, Empire romain |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Mérida, Augusta Emerita, province romaine de Lusitanie, Empire romain |
| Vénérée par | Église catholique |
| Fête | 10 décembre |
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Elle fut condamnée à être brûlée vive pour avoir protesté du traitement barbare réservé aux chrétiens persécutés dans la ville. Comme ce supplice ne suffisait pas à la tuer, elle eut la tête tranchée[3].
Elle aurait dit après son jugement, au juge (dans plusieurs légendes hagiographiques, il s'agit du proconsul Dacien) :
« Isis Apollo Venus nihil est,
Maximianus et ipse nihil :
illa nihil, quia facta manu ;
hic, manuum quia facta colit ».
Ces quatre vers se traduisent ainsi : « Isis, Apollon et Vénus ne sont rien, pas plus que Maximien lui-même : ceux-là ne sont rien, car ils ont été faits de main d'homme ; celui-ci n'est rien, car il adore des choses faites de mains d'homme ». (Prudence, Peristephanon 3, 76-79)
Toponymie
France
Plusieurs communes portent son nom (par ex. Sainte-Eulalie). Dans de nombreux cas le nom d'Eulalie a été modifié jusqu'à devenir méconnaissable : Saint-Araille (Haute-Garonne), Saint-Aulaire (Corrèze), Saint-Aulais-la-Chapelle (Charente), Saint-Aulaye (Dordogne), Sainte-Alauzie (Lot), Sentaraille (Ariège), Xaintrailles (Lot-et-Garonne) et même Saint-Éloi (Ain).
Canada
Au Canada, Sainte-Eulalie est une municipalité du Québec située dans la municipalité régionale de comté de Nicolet-Yamaska et dans la région administrative du Centre-du-Québec.
Reliques
Plusieurs de ses reliques ont été énvoyées de sa région natale dans toute l'Espagne.
France
- Église Saint-Georges à Lyon : selon une tradition tardive relatée dans l'obituaire de Lyon[4] du XIIIe siècle, le roi Childebert Ier, en 547, aurait rapporté des reliques de la martyre qu'il aurait confiées à l'évêque de Lyon, saint Sacerdos, pour en doter un ancien couvent dédiée à la sainte au pied de la Saône, aujourd'hui devenu église Saint-Georges[5].
- Cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie à Elne : la première mention de l'édifice date de 571[6].
- Église Sainte-Eulalie à Saint-Aulaye : Sainte-Eulalie est l'église d'un ancien prieuré fondé au XIIe siècle. De cette époque datent l'abside, l'avant-chœur et la partie centrale de la façade occidentale. À la fin du Moyen Âge, au-dessus d'une voûte sur croisée d'ogives, le clocher est reconstruit. Un vitrail porte le nom de Sainte-Eulalie et une statue la représente.
- Église Sainte-Eulalie à Bordeaux, édifice gothique.
La Cantilène de sainte Eulalie
Au IXe siècle, son histoire fit l'objet du plus ancien poème en langue d'oïl, intitulé La Cantilène de sainte Eulalie ou Séquence de sainte Eulalie. Cette séquence (ou cantilène) est une transcription en langue vernaculaire d'un texte latin de 29 vers, composé aux environs de 880 à l'abbaye de Saint-Amand, dans le nord de la France, et qui commence ainsi :
Buona pulcella fut Eulalia, Bel auret corps, bellezour anima. Voldrent la veintre li Deo inimi, Voldrent la faire diaule servir. Elle no'nt eskoltet les mals conselliers Qu'elle Deo raneiet chi maent sus en ciel.
« Eulalia était une bonne fille, Elle avait un beau corps magnifique, une âme plus belle. Les ennemis de Dieu voulaient la vaincre, Ils voulaient lui faire servir le diable. Elle n’écoute pas les hommes mauvais qui conseillent Qu’elle renie Dieu qui vit là-haut dans le ciel. »
Littérature
Federico García Lorca poétise son martyre dans une des trois « romances » historiques de son Romancero gitano.
Dans le roman Du côté de chez Swann, le personnage du curé prétend qu'une déformation du nom de sainte Eulalie aurait donné saint Éloi :
« Ainsi votre patronne, ma bonne Eulalie, sancta Eulalia, savez-vous ce qu’elle est devenue en Bourgogne ? saint Eloi tout simplement : elle est devenue un saint »
— Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Paris, Gallimard, , « Combray, II »[7]