Sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland
sanctuaire marial situé dans le Jura, en France
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Le sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland est un haut-lieu de pèlerinage marial remontant au XIe siècle, situé sur la colline dite « Mont-Roland », à Jouhe dans le département du Jura.
| Sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland | |
Vue de l'église Notre-Dame, depuis l'entrée principale du sanctuaire. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique romain |
| Type | Sanctuaire |
| Rattachement | Diocèse de Saint-Claude |
| Début de la construction | |
| Site web | sanctuairemontroland.com |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Bourgogne-Franche-Comté |
| Département | Jura |
| Ville | Jouhe |
| Coordonnées | 47° 07′ 33″ nord, 5° 28′ 30″ est |
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Localisation
Le sanctuaire se situe sur un des chemins de Compostelle[1], dans le nord du département du Jura, en région Bourgogne-Franche-Comté. Il s'élève à 343 m d'altitude, sur la colline du Mont-Roland, située au sud de la commune de Jouhe. De cette position, à 5 km au nord de Dole, la ville la plus peuplée du département, il domine le massif jurassien, à l'est, et les plaines de Saône, au nord et à l'ouest.
Il est accessible par la route, via Jouhe ou Monnières, les autoroutes A36 (Ladoix-Serrigny - Allemagne) et A39 (Dijon-Est - Bourg-en-Bresse), via l'échangeur de Dole-Choisey ou celui de Dole-Authume, par le rail, via la gare de Dole-Ville (5 km), ainsi que par les airs, via l'aéroport de Dole-Jura (10 km).
Histoire
Moyen Âge
Selon la légende, constituée dès le Moyen Âge, une première chapelle, placée sous le vocable de Notre-Dame, aurait été fondée à cet emplacement, au IVe siècle, par saint Martin. Lui auraient succédé, au VIIIe siècle, une deuxième chapelle et un monastère, érigés à l'initiative de Roland « le Preux », neveu de Charlemagne, duquel le Mont tiendrait son nom[2],[3].
Au-delà de la légende, le sanctuaire de Mont-Roland est attesté, dès , dans une bulle du pape Urbain II. Il dépend alors du prieuré voisin de Jouhe, relevant lui-même de l'abbaye Saint-Pierre de Baume-les-Messieurs[4]. Pillé au milieu du XIVe siècle, par les Écorcheurs, il est reconstruit par deux puissants seigneurs, Jean de Vienne et Guy de Pontailler, et la chapelle devient une église[5].
En -, le chœur de l'église est reconstruit[5], et le sanctuaire est géré par une importante confrérie[4].
Temps Modernes
Au siècle suivant, des Jésuites, puis des bénédictins s'y établissent[5].
Lors de la guerre de Dix Ans (-), tandis que la Franche-Comté est sous la souveraineté de Philippe IV, roi d'Espagne et des Indes, les troupes de Gustave Adolphe, roi de Suède, alliées à celles de Louis XIII, roi de France, menées par le Prince de Condé, font siège devant Dole, en , et vandalisent l'église de Mont-Roland[6].
La statue byzantine médiévale, en bois de chêne[1], de la Vierge Marie en majesté est foulée, mais sauvée de justesse par le Prince de Condé, qui la fait porter chez les capucins, à une dizaine de kilomètres, à Auxonne, ville voisine alors au royaume de France[7],[5].
De retour en , les bénédictins font rétablir, à la hâte, l'église, mais doivent attendre , et l'intervention de princes espagnols et de Louis XIV, roi de France, pour recouvrer la statue. Il s'ensuit de cet épisode plusieurs miracles, dont cinq sont reconnus par l'Église catholique[8],[9].
De [10] à , le sanctuaire fut reconstruit par Jean Ragozzi, entrepreneur italien originaire de Rima diocèse de Novare, selon les plans de dom Vincent Duchêne, bénédictin en l'abbaye Saint-Vincent de Besançon. L'église, bien que plus harmonieuse, fut imparfaitement achevée aux environs de . Les bénédictins en seront chassés à la Révolution, et l'édifice vendu comme bien national. Les pierres seront vendues comme matériau de construction et la statue de Notre-Dame transférée dans l'église paroissiale Saint-Pierre de Jouhe, où elle se trouve toujours.
Époque contemporaine
Habitant de Jouhe, Justin Anatoile Chavelet (-), juge de paix du canton de Gendrey, reprend en les ruines du sanctuaire et reconstruit la conciergerie afin d'arrêter les pillages à la suite de la Révolution. Il vend le sanctuaire en aux Jésuites afin que le sanctuaire retrouve sa vocation religieuse[11]. Le sanctuaire renaît en , par son rachat par les Jésuites, qui font édifier, de à , par Alfred Ducat, l'église actuelle, consacrée en par Charles Fillion, évêque de Saint-Claude, installent à proximité une statue de la Vierge Marie en bronze[12], ainsi que le collège du même nom, à Dole.
De à est tracé un nouveau chemin prolongeant l'allée des Tilleuls jusqu'à la grand route (face Monnières).
L'autel de l'église est de nouveau consacré en , par Louis-Anne Nogret, évêque de Saint-Claude, à la suite d'une nouvelle profanation de l'église par les troupes prussiennes occupantes, au cours de l'année précédente. Une nouvelle Vierge y est placée, et couronnée par l'évêque, en .
En , les Jésuites sont expulsés de Mont-Roland en application de la loi de Jules Ferry sur les congrégations. De retour en , le chemin de croix monumental est installé le long du chemin tracé en -.
En les Jésuites sont de nouveau chassés. Le sanctuaire, mis en vente aux enchères, est racheté en grâce à la générosité de fidèles, dont le baron Henri Picot de Moras d'Aligny, conseiller général, le général Henri Geay de Montenon, et les sœurs de la Providence, permettant ainsi aux Jésuites d'y demeurer jusqu'en .
En , la foudre endommage la croix de pierre du clocher, restaurée l'année suivante.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les vitraux de l'église sont brisés en , par l'onde de choc provoquée par le bombardement des ponts de Dole, ainsi qu'en , par une tempête de neige.
La maison des chapelains est réaménagée et agrandie en , et la chapelle (crypte) Sainte-Colette est réalisée en [5]. Le sanctuaire subit d'importants travaux de restauration de à , et un nouvel orgue y est installé, inauguré et béni, en . L'hôtellerie est aménagée de à [13].
Administration
Au départ des Jésuites en , l'administration du sanctuaire de Notre-Dame de Mont-Roland revient au diocèse de Saint-Claude.
Recteur du Sanctuaire depuis , le père Maurice Boisson célébra sa dernière messe en [14]. Du séminaire du prieuré Notre-Dame de Vaux-sur-Poligny à la colline de Mont-Roland, il aura exercé de nombreuses missions au sein du diocèse, sans jamais avoir été attaché à une paroisse[15].
Pour l'année , c'est le père Philippe Adellon qui devient recteur du sanctuaire de Mont-Roland[16],[17].
À la suite de la fermeture administrative de la partie hébergement et restauration de l'accueil du sanctuaire en , le site du sanctuaire de Notre-Dame de Mont-Roland est rattaché au doyenné de Dole[18], et le père Laurent Bongain, curé doyen, vicaire général et épiscopal, en devient à son tour le recteur.
Nouvelle nomination, qui prendra effet le , du frère Walter Perin[19], moine bénédictin, nommé pour trois années chapelain du sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland et prêtre au service des paroisses du doyenné de Dole. Il résidera sur le site du sanctuaire de Mont-Roland[20].
Un nouveau recteur est nommé pour le sanctuaire de Mont-Roland le , don Xavier Camus, prêtre de la communauté Saint-Martin, qui est en même temps vicaire des paroisses du doyenné de Dole[21]. À partir du , trois sœurs de la congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie (sœur Marie-Sabine, sœur Augustine et sœur Aurélie), résideront au Mont-Roland et exerceront différentes missions[22].
Infrastructures

Le sanctuaire de Mont-Roland se compose de l'église dédiée à Notre-Dame (-), où se déroulent, outre les offices et la messe quotidienne, trois grands pèlerinages annuels (cf. ci-dessous la rubrique Pèlerinages), de la chapelle (crypte) Sainte-Colette (), d'un oratoire dédiée à Notre-Dame de Fátima, de plusieurs hébergements dont la maison des chapelains (), l'ancien couvent des Sœurs de la Providence, et l'hôtellerie (-)[13].
En L'Arche en Pays comtois[23] s'installe dans l'Hôtellerie du Sanctuaire de Mont-Roland[24],[25]. Une salle de séminaire sera installée dans le même bâtiment pour accueillir des conseils d'administration[26]. La restauration sera assurée par les artisans locaux, le service et l'accueil seront assurés par les personnes accueillies de L'Arche à Dole[27].
La station de radio RCF Jura, créée en et appelée jusqu'en Mont-Roland FM[28], a eu ses studios au sanctuaire jusqu'en , avant de déménager à Dole, près de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste[29].
Un accueil est encore assuré pour les pèlerins sur la route de Compostelle qui passent au sanctuaire. Et l'été des activités diverses sont proposées.
Des sentiers de randonnée pédestre[30], récemment aménagés, partant du sanctuaire, permettent d'apprécier la splendeur du panorama qu'offre le site et de visiter les environs[31]. Le sanctuaire est une étape importante du chemin de Compostelle (Besançon-Chalon) en provenance de l'abbaye Notre-Dame d'Acey, et en direction du Puy-en-Velay.
Pèlerinages
Le sanctuaire accueille, outre le très ancien pèlerinage régional du , à chaque mois de mai, depuis , un pèlerinage des Portugais à Notre-Dame de Fátima, et depuis , un pèlerinage des gens du voyage chaque première semaine de mai à la Vierge[32],[13].
Jumelage
En , un jumelage entre les diocèses de Saint-Claude et de Thiès, au Sénégal[33], scelle définitivement les liens entre le sanctuaire jurassien et la paroisse sénégalaise de Mont-Rolland, établie en , grâce à l'action du père Magloire-Désiré Barthet, ancien élève du collège Notre-Dame de Mont-Roland de Dole[34] mu au Sénégal et de la mission de Notre-Dame de Mont-Rolland, qu'il y fonde la même année[35].
Personnalités liées au sanctuaire
D'illustres personnages sont venus à Mont-Roland en fondateurs, en bienfaiteurs ou encore comme simples pèlerins. Parmi eux[5] :
- Martin de Tours (-), saint-évêque de Tours, aurait fondé, selon la légende, la première chapelle Notre-Dame du Mont ;
- Roland le Preux (-), comte des Marches de Bretagne, neveu de Charlemagne, aurait, selon la légende, fondé la deuxième chapelle et le premier monastère du Mont, et donné son nom à la colline ;
- Béatrice Ire de Bourgogne (-), comtesse de Bourgogne, épouse de Frédéric Barberousse, empereur du Saint-Empire, fondatrice du monastère de Jouhe () ;
- Othon IV de Bourgogne (v. -), comte de Bourgogne et d'Artois, qui lègue, en , deux calices de métal précieux ;
- Jeanne de Bourgogne (v. -), comtesse de Bourgogne (puis reine de France), fonde en , trois grand-messes hebdomadaires ;
- Jean II de Chalon-Arlay (-), sire d'Arlay, offre une lampe et fonde une chapellenie en l'honneur de saint Martin, en ;
- Marguerite Ire de Bourgogne (-), comtesse de Bourgogne et d'Artois, fonde des messes en - ;
- Philippe le Hardi (-), duc de Bourgogne, vient en pèlerinage en et ;
- Jean de Neufchâtel (v. -), chanoine d'Autun, puis successivement trésorier de la cathédrale Saint-Jean de Besançon, évêque de Nevers, évêque de Toul, prieur de Jouhe, cardinal et chambellan de l'antipape Clément VII ;
- Jean de Vienne (-), amiral de France et Guy II de Pontailler (-), maréchal de Bourgogne, fondent une chapelle en ;
- Philippe le Bon (-), duc de Bourgogne, vient en pèlerinage en et , fonde une messe quotidienne et fait don de deux lampes en argent ;
- Les sœurs du précédent, viennent en pèlerinage en et ;
- Marguerite de Bavière (-), épouse de Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, et mère des précédents, vient en pèlerinage en et ;
- Colette de Corbie (-), réformatrice des ordres des Clarisses et des Franciscains, vient à Mont-Roland, en , lors de son voyage entre Besançon et Auxonne ;
- Antoine de Luxembourg (?-), qui désarçonné au combat en , appelle à son aide Dieu le Créateur, Notre Dame de Mont-Roland et Monseigneur de Saint-Claude ;
- Louise de Savoie (-), mère de François Ier, roi de France, brode des ornements pour l'autel de l'église, lors de sa captivité auprès de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne ;
- Henri II de Bourbon-Condé (-), sauve la statue de Notre-Dame de la destruction, par les troupes qu'il mène, en ;
- Charles Fillion, évêque de Saint-Claude, consacre l'église actuelle en ;
- Louis-Anne Nogret, évêque de Saint-Claude, consacre l'autel en ;
- Henri Picot de Moras d'Aligny (-), baron d'Aligny, conseiller général, fait partie des généreux donateurs ayant permis le rachat du sanctuaire ;
- Henri Geay de Montenon (-), commandeur de la Légion d'honneur, général de brigade, fait partie des généreux donateurs ayant permis le rachat du sanctuaire ;
- Lucien Daloz (-), archevêque de Besançon de à , fut retraité au sanctuaire, où il meurt le à 81 ans ;
- Claude Duchesneau (père) (-), membre de l'équipe du Centre national de pastorale liturgique (CNPL), donnant des cours à l'Institut catholique de Paris[36].