Santerre

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Le Santerre est un plateau situé à l'est du département de la Somme (de manière schématique et simplifiée), entre les vallées de la Somme (limites nord et est), de la Luce (limite ouest) et de l'Avre (limite sud)[1].

L’Avre est une rivière qui prend sa source au sud de la Somme (au sud d’Amy, dans l’Oise) et conflue avec la Somme à Camon près d'Amiens. La Luce est une rivière qui prend sa source à Caix (Somme) et conflue avec l’Avre près de Berteaucourt-lès-Thennes, à Thézy-Glimont.

L'essentiel du Santerre est situé sur un plateau crayeux. La partie supérieure de cette craie a été déposée au Crétacé supérieur sénonien dans ce qui était une mer tropicale. Localement, le plateau crayeux est recouvert de sables, de marnes, de calcaires ou d'argiles déposées au cénozoïque ou encore d'une couche épaisse de limons déposés au quaternaire. Le Santerre est d'ailleurs réputé pour ses limons fertiles. L'eau de la nappe phréatique est contenue dans l'argile et la craie d'époque crétacée et « remonte » par capillarité dans le limon. L'épaisseur de la couche de craie du Santerre est évaluée à 300 à 400 m. Le limon, par nature ne s’effondre pas sur lui-même, mais se tasse et se transforme en boue lors d'inondations, la terre humide « collant aux chaussures et au corps », comme cela a été le cas pour les Poilus ou les Tommies de la Première Guerre mondiale.

Économie

La région qui vit naître Antoine Parmentier (enfant de Montdidier) est réputée pour son agriculture intensive (céréales, betterave, pomme de terre). L'industrie agro-alimentaire y est particulièrement présente avec des sucreries, comme à Roye et Eppeville, des conserveries (Bonduelle) et le traitement du glucose à Nesle.

Les remembrements et concentrations de terres cultivées y ayant été plus précoces et plus intensifs (conséquences de la Première Guerre mondiale puis, bien plus tard, de l'ouverture de l'autoroute A1) que dans les autres régions du département ayant pu préserver plus longtemps un aspect de bocage, son image de morne plaine, monotone et ennuyeuse, est encore assez pesante.

Cette réputation négative de paysage plat, uniquement agricole et « bêtement » utilitaire (absence de beaux villages anciens pour cause des destructions totales de la Première Guerre mondiale) a encore été renforcée par la gare TGV Haute-Picardie, surnommée par dérision la gare des betteraves au milieu des années 1990, lors de la création de la ligne TGV-Nord ; néanmoins, cette gare située sur les communes d'Ablaincourt-Pressoir et d'Estrées-Deniécourt (canton de Chaulnes), dont l'activité ne cesse de s'amplifier, permet les liaisons de toute la zone située entre Amiens et Saint-Quentin avec Paris (Roissy), Lille, Bruxelles et l'ensemble de la France grâce au contournement de Paris via la gare de Marne-la-Vallée / Chessy ; une liaison avec Londres est également possible par Eurotunnel, après avoir rejoint Lille ou Paris.

Autour de cette gare et aussi en raison de la présence de deux autoroutes à proximité (axe nord-sud avec l'A1 et axe est-ouest avec l'A29), une zone d'activité agro-industrielle (e.g. Panavi, la Vermandoise) et de services (e.g. Maia-Sonnier pour les travaux publics, et Irisbus pour l'entretien de bus) s'est progressivement mise en place.

Il peut aussi être rappelé que le projet d'implantation d'un aéroport international (abusivement désigné le troisième aéroport parisien) fut vivement combattu dans les années 2001 et 2002 par des élus et la population concernée :

  • les nuisances liées au trafic aérien intensif inquiétaient ;
  • la perte de dizaines de milliers d'hectares de terres agricoles aussi fertiles était considérée comme un gâchis ;
  • la suppression de « sites de mémoire » par le déplacement envisagé de nombreuses tombes de soldats ayant versé leur sang pour et sur cette terre choquait profondément (et a alerté les gouvernements australien, canadien et britannique, les concessions ayant été attribuées ad vitam aeternam) ;
  • sans parler de problèmes de préservation de l'environnement car ce projet aurait imposé de doubler la ligne TGV avec Paris-Nord ;
  • ni évoquer la probable décroissance du trafic aérien à terme, celui-ci s'appuyant uniquement sur une ressource énergétique fossile (le pétrole) dont l'épuisement total est très prochain (échéance 2050 ou 2070, à réévaluer en fonction de la réestimation permanente des réserves et de l'évolution de la consommation mondiale).

On a ainsi vu pendant des mois des frontons de mairies décorés de larges banderoles et, quelques années plus tard, il n'était pas rare de trouver encore des panneaux restés fixés à l'entrée de quelques localités ou quelques slogans de protestation peints sur des murs.

La région attend en revanche beaucoup du projet de canal à grand gabarit Seine-Nord Europe, destiné à relier à compter de la fin des années 2010 les bassins de la Seine et de l'Escaut puis du Rhin, pour lequel les travaux de creusement ont débuté à compter de 2012 ; ce canal devrait suivre un itinéraire proche de l'actuel canal du Nord ; deux plates-formes portuaires multimodales sont prévues dans le Santerre : celles de Nesle et de Péronne Haute-Picardie, lesquelles plates-formes devraient aussi drainer une activité industrielle liée à l'agriculture ou, comme envisagé, à la production d'énergie issue de l'exploitation de la biomasse (plantes ou débris d'origines agricole ou sylvicole).

Mais, en 2012-2013, le projet est en cours de réévaluation en liaison avec la Commission européenne, le financement complet du projet par la France s'avérant difficile.

Toponymie

Certains historiens[2] pensent que le nom de Santerre – de Sanguinis Terra – aurait été donné à cette région après le carnage, l'effusion de sang (« sang qui s'est abondamment écoulé sur la terre »), qu'il y eut entre les troupes de Mérovée et les Huns d'Attila en 451, dans les plaines situées au nord de Rosières-en-Santerre, à l'est de Lihons[3].

D'autres historiens pensent que le nom de Santerre signifie Sana Terra (terre saine), car il s'agit d'une des terres (limons) les plus fertiles de France.

Histoire du Santerre

Pour approfondir

Notes et références

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